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de tout et de rien - Page 2

  • Chronique de l'effort #22

    Ou ma vie d'hôtesse de caisse.

    C'est-à-dire bien avant que j'entreprenne des études de communication et que je découvre que la communication, c'était du gros barratin.

    Bref.

    Quelle que soit la fonction occupée, un professionnel se doit de s'intégrer dans l'entreprise. Et pour s'intégrer, il est primordial d'adhérer à sa culture. Mais la culture d'entreprise étant essentiellement informelle, il est difficile d'en prendre connaissance. On s'en fait donc une idée au fur et à mesure, pour ne pas dire à l'usure, en observant, en recoupant, en déduisant.

    Dans cette optique, l'on commence par s'intéresser à la communication à destination du public puisque, se dit-on, le message choisi par les conseillers de l'entreprise et véhiculé dans les médias ne peut qu'être l'exact reflet de la personnalité morale.

    C'est ainsi qu'une observation attentive m'a appris que mon employeur de l'époque se définissait comme un agitateur culturel certifié non conforme. Séduite par le concept, je décidais aussitôt d'y adhérer ou plus exactement d'y faire adhérer mes mains. Oui, ne l'oublions pas, la caissière n'a pas de visage, c'est une personne insignifiante qu'on ne regarde pas et dont on voit juste les mains faire biper nos articles et prendre/nous rendre nos moyens de paiement. Mes mains, seul réel interlocuteur de la clientèle, se devait donc d'être de fiers ambassadeurs.

    Pour ce faire, je décidais très naturellement de faire au travail comme à la ville et de ne plus me départir de mes breloques dans les vestiaires. Je pouvais désormais aborer brillamment ma bague à chaque doigt.

    Las ! Mes menottes bling bling pleines de bagouses n'ont pas tardé à se faire passer les bracelets par la direction selon laquelle "conformément au code vestimentaire, il est demandé de ne pas faire de vagues en adoptant une tenue sobre, qui se noie dans la masse".

    Dixit l'agitateur non conforme. Donc.

  • Post restant

    blog.jpgL'on parle souvent d'écriture jetable s'agissant des contenus de blogs. Mais, comme à l'instar d'Albert Camus, je n'existe que parce que je suis capable de me révolter, je m'insurge.

    Certes, d'un point de vue du lectorat, la longévité des billets est relativement réduite ; certains parfois ressortant d'outre-tombe sur un malentendu. Mais faut-il forcément se placer du point de vue des statistiques de consultation ?

    Car à la vérité, si le cycle de vie de la note, à l'échelle du support et du public, est relativement court, il en va bien autrement pour l'auteur. En tout cas mézigue.

    Fidèle à la page palpable, à la preuve tangible de l'écrit, j'ai pris l'habitude d'archiver mon blog. Ce qui me permet, outre le fait de l'avoir véritablement sous la main, de pouvoir le diffuser à l'envi auprès d'un public ne disposant pas du web ou ne sachant pas l'utiliser - si, si, ça existe encore !

    Ainsi, il m'arrive régulièrement de me replonger dans ce que je peux désormais appeler mes anciens écrits. De fait, il devient inexact de parler d'écriture jetable résolument ancrée dans l'instant puisque de cette manière, le billet, en plus d'être un témoignage du présent devient une réelle mémoire du passé.

    Et le principe d'archivage transformant le simple témoignage du présent en véritable mémoire du passé érige immédiatement l'ensemble, de fait, en véritable outil de projection dans l'avenir puisqu'il permet de prendre du recul sur une tranche de vie, d'auto-critiquer une période de sa propre évolution et de se projeter en décidant, ou non, de se réorienter.

    En quelque sorte la vie a posteriori pour la vie a priori. Ce qui nous amène bien loin du seul instant T, convenons-en.

  • Accro à l'héroïne

    Et puis vient le moment de se rendre à l'évidence.

    De reconnaître sa dépendance.

    La poursuite des paradis artificiels,

    Fuyant une réalité pas toujours belle.

    Une vie par procuration, une temporaire évasion.

    Un moyen comme un autre de ne pas péter les plombs.

    Se taper ligne sur ligne jusqu'à friser l'overdose.

    Parfois en poésie, le plus souvent en prose.

    Ma drogue à moi ?

    Tess, Sophie, Jane, Emma...

  • Chronique d'une ambivalente #14

    Et puis j'ai eu une voisine du dessus...

    Parce que bon, il faut bien dire que depuis janvier, date de mon emménagement dans THE quartier de Paris, l'appartement situé au-dessus de chez moi était la "bibliothèque" du propriétaire, écrivain de son métier - oui, on ne se refuse rien apparemment.

    Je devrais dire écrivaillon étant donné son problème manifeste avec le concept de fin. En effet, pendant plus de trois mois, durée apparemment nécessaire pour les travaux de vingt-quatre malheureux petits mètres carrés, j'ai du subir perceuse, marteau et autres désagréments de rénovation. Et à chaque fois que je montais hurler - c'est à dire souvent -, il me disait que c'était le dernier ajustement. Incapacité totale à conclure, donc auteur de merde. A moins qu'il soit un expert pour ce qui est de me prendre pour une conne.

    Bref, dans nos démêlés, il m'a expliqué que le ravalement appartementesque avait pour but de transformer le lieu d'aisance - oui, je sais, mais j'ai dit auteur de merde... - en location. J'étais donc briefée, j'allais être incésemment sous peu reléguée à la seconde place de la pyramide.

    Depuis deux jours, cette hypothèse est devenue réalité.

    Depuis deux jours, le plafond me rentre dans la tête.

    Depuis un jour, je tape au plafond.

    Pourquoi, mais pourquoi les gens se sentent-ils obligés de pratiquer le planter de talons ?

    C'est ce que je déteste dans la vie en immeuble. Devoir supporter des malotrus n'ayant probablement vécu qu'en maison ou étant à mille lieues de s'être interrogés ne serait-ce qu'une fois sur les devoirs de la vie en communauté. C'est dans ces coups de temps-là que je rêve de me casser de la ville lumière. Une petite bicoque en province, sans aucun mur mitoyen. Pouvoir enfin danser, sauter, chanter... chose que je ne m'autorise pas car je respecte mes voisins MOI et que les moments où j'ai envie de me taper un délire sont peut-être ceux où mes voisins ont envie de se reposer. Mais pourquoi continuer à me brider me dira-t-on puisque mes voisins n'en ont que faire ? Tout simplement parce que je suis intrinsèquement respectueuse.

    Cette incompatibilité de points de vue me pousse à rêver d'évasion et d'isolement.

    Et en même temps, je dois bien avouer qu'à ma facette respectueuse s'ajoute la donnée peureuse. Certes, il y a des aléas dans la cohabitation. En revanche, si je hurle pour X ou Y raison, quelqu'un finira par venir. Or, dans une habitation indépendante, tu peux crever pour que quelqu'un t'entende.

    Subir ou mourir, il faut choisir.