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  • Sayonara Gangsters de Genichiro Takahashi

    À paraître le 20 mars 2013.sayonara gangsters.jpg

    Books Éditions - 223 pages

    Présentation de l'éditeur : La vie tranquille d’un professeur de poésie est bouleversée par sa rencontre avec un groupe de terroristes : les « gangsters ». Il entame alors un trépidant périple littéraire. Au cours de ce voyage, le lecteur fait de mémorables rencontres, parmi lesquelles : la muse du poète, « Livre de Chansons » ; un réfrigérateur flambant neuf, réincarnation de Virgile ; Henri IV, un matou bibliophile amateur de lait-vodka. Entre science-fiction, traité philosophique, poésie, roman noir et autobiographie, Sayonara Gangsters est une œuvre d’une originalité sidérante, souvent drôle voire hilarante, parfois incroyablement émouvante.

    Ma note :

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    Broché : 18 euros

    Un grand merci à Books Éditions pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    En général, je commence les notes des livres que je n'ai pas achevés par le numéro de page auquel j'ai interrompu ma lecture. Je ne parlerais pas ici d'abandon en page 113 puisque je sais que je finirai, au moment opportun, le livre de Genichiro Takahashi.

    Sayonara Gangsters est de ces livres, tel Enig marcheur de Russel Hoban, qui ne se lisent pas d'une traite. Complexes, ils se dégustent, se remachent, phrase après phrase, avec lenteur et attention pour être sûr de n'en pas louper la substantifique moelle... qui finit pourtant toujours pas m'échapper... J'ai beau entendre et comprendre l'engouement pour la littérature nippone, mes diverses tentatives m'ont fait comprendre que ce n'était pas ma came ; ces récits se heurtent à mon esprit par trop cartésien.

    Malgré tout, dès les premières pages, j'ai été fascinée autant que troublée par cette narration follement poétique. Ou lyriquement dingue. L'atmosphère surréaliste m'a imméditament conduite à la comparaison d'avec Boris Vian. D'une même plume fantasmagorique dissimulée sous de réalistes apparences laissant à penser au lecteur qu'il est victime d'hallucinations littéraires, l'auteur transmet beaucoup. Mais quoi ? Le sens profond est aussi certain qu'indéfinissable. Je ne saurais que dire si ce n'est qu'il semble évident que les inconditionnels de Murakami Ryû, d'Haruki Murakami ou du Vernon Sullivan de nos latitudes seront séduits par ce livre inclassable d'une ahurissante originalité.

    Ce texte inédit en France a paru en 1982 au Japon. Lauréat du prestigieux Prix Gunzo, il est rapidement devenu culte dans l'Empire du Soleil Levant et a érigé Takahashi comme l'une des figures du renouveau des lettres japonaises. À quelque trois décennies d'écart, parviendra-t-il à s'imposer auprès du lectorat français ? Pour ma part, je continuerai à piocher dans ce texte et il ne sera pas dit qu'il m'échappera définitivement !

    Ils en parlent aussi : Sha.

    Vous aimerez sûrement :

    Un été en vêtements de deuil d'Akira Yoshimu

    Les bébés de la onsigne automatique de Murakami Ryû

    La course au mouton sauvage d'Haruki Murakami

    Et le bébé était cuit à point de Mary Dollinger

    Extraits :

    Et c'est ainsi que nous avons commencé à nous nommer les uns les autres.

    Nous demandons à la personne dont nous désirons qu'elle nous nomme de nous donner un nom.

    C'est notre manière de faire la cour.

    J'ai donné mille noms et les ai perdus mille fois. J'ai circulé sans nom quelques temps avant de rencontrer Livre-de-Chansons.

    À force de donner des noms, on devient prudent.

    ...

    La première fois où Livre-de-Chansons m'a embrassé, Henri IV nous regardait attentivement dans son panier en clignant des yeux.

    Henri IV est un affreux matou géant noir qui boit des cocktails lait-vodka avant de s'endormir à nos pieds.

    ...

    Quand Livre-de-Chansons est toute nue, on a l'impression qu'elle porte encore un dernier jupon.

    "C'est ridicule ! Quand je me mets nue, je suis vraiment nue, mais quand tu te mets nu tu n'as pas du tout l'air nu", affirme Livre-de-Chansons avec sa logique toute aristotélicienne.

    ...

    Il est très triste de sentir quand on fait l'amour que nos corps sont simplement des machines à faire l'amour.

    Je me sens épanoui quand je fais l'amour avec Livre-de-Chansons.

    Faire l'amour est un dialogue.

  • La maison d'hôtes de Debbie Macomber

    la maison d'hôtes.jpgÀ paraître le 15 mars 2013.

    Éditions Charleston - 350 pages

    Présentation de l'éditeur : Après la mort tragique de son mari, Jo-Marie décide de changer de vie et reprend une maison d'hôtes dans la petite ville de Cedar Cove : la Villa Rose. Sa première cliente, Abby, a survécu à un accident de voiture, dans lequel sa meilleure amie a trouvé la mort. Elle n'a jamais eu le coeur à retourner dans la ville où elle est née, jusqu'à ce jour, dix ans après l'accident. Josh, le second client, doit prendre en charge son beau-père, un vieil homme à présent, avec qui il ne s'est jamais entendu. Derrière les portes de la jolie maison d'hôtes, ces personnages inoubliables trouveront l'amour, le pardon et la possibilité d'un nouveau départ. Un roman chaleureux et touchant sur les destinées humaines, à lire bien douillettement sous sa couette, avec des personnages que l'on rêverait d'avoir comme amis, dans une ville où l'on aimerait vivre, et une intrigue délicieusement captivante.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Florence Bertrand.

    Ma note :

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    Broché : 19,90 euros

    Ebook : 12,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

    Une maison d'hôtes. Un concept qui a le vent en poupe depuis quelques années. Mais la Villa Rose n'est pas un simple bed & breakfast comme tant d'autres. C'est un lieu magique où les cœurs brisés, les âmes en peine parviennent, grâce à l'étrange alchimie du lieu, à se reconstruire, à rebondir après que la vie les a jetés à terre. Mieux encore, ce havre de paix se situe dans une bourgade idyllique dans laquelle on aimerait vivre tant ses habitants sont accueillants, prévenants, amicaux et plus si affinités... Tout est orchestré pour que l'on se sente bien à Cedar Cove en général, à la Villa Rose en particulier.

    Sans tomber dans un absurde et peu crédible déni des difficultés intrinsèques à l'existence, l'histoire prouve qu'il ne faut jamais abandonner la partie, que l'espoir ne doit jamais s'éteindre car même si les blessures sont inévitables, tout finit toujours par s'arranger et les inexorables fins ne sont que préambules à d'autres commencements.

    Davantage encore qu'un écrin de sérénité emplie d'une atmosphère chaleureuse, le roman de Debbie Macomber est une leçon d'optimisme. En ces temps moroses - que l'on parle du contexte général ou simplement de météo -, ce n'est vraiment pas un luxe ; j'irais même jusqu'à dire que c'est une indispensable médication qui mériterait d'être remboursée par la Sécurité sociale. De la littéra-peuthique, en somme ! Bref, un concentré de bonnes ondes à ne pas manquer.

    Alors d'accord, c'est assez convenu, l'on sait exactement - ou presque - où l'on va... Mais à l'ère de l'incertitude angoissante globalisée, qui oserait dire qu'il n'a pas besoin d'une petite dose de tranquillité, de sécurité, de convictions ? Et c'est exactement ce que fait La maison d'hôtes : ce roman console, apaise. L'on sort complètement rasséréné de ce roman choral touchant. Ce ne sont pas de simples personnages attachants que l'on quitte en refermant ce livre, ce sont de véritables amis, une famille.

    Le maître mot de cette histoire étant l'optimiste, nul adieu en perspective mais un simple au revoir puisque La maison d'hôtes n'est que le premier volet de six tomes constitutifs de la saga Retour à Cedar Cove... Il y a fort à parier que les prochains épisodes de cette romance seront aussi parfaitement maîtrisés par celle qui compte comme l'une des reines incontestées du roman féminin.

    L'interview de Debbie Macomber par les Lectrices Charleston.

    Ils en parlent aussi : Pauline, Artémis, Callixta, Fangtasia, Mle Alice.

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    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

    Les roses de Somerset de Leila Meacham

    Rien ne va plus, La poursuite du bonheur & L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extrait :

    L'adolescente insouciante d'autrefois est morte (...). Sa vie entière a changé après l'accident - et même sa personnalité. Avant, elle était sociable, amicale, elle aimait s'amuser. Elle est devenue réservée, sombre, silencieuse.

  • Avant d'aller dormir de S.J. Watson

    Éditions Sonatine - 410 pagesculture,citation,littérature,livre,thriller,angleterre,roman,polar

    Présentation de l'éditeur : La révélation 2011 du thriller. Un premier roman que les amateurs du genre n'oublieront pas. À la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent. Ne le dis à personne d'Harlan Coben, Shutter Island de Dennis Lehane, Tokyo de Mo Hayder... Il est des livres dont la publication marque irrémédiablement le genre et hisse leur auteur au rang des incontournables du polar. Gageons qu'Avant d aller dormir de S.J. Watson va tout de suite aller rejoindre ce cercle très fermé. Avec une héroïne à laquelle on s'attache instantanément, un récit à la construction aussi machiavélique qu'époustouflante et un suspense de tous les instants, une seule question hante l'esprit du lecteur une fois la dernière page refermée : à quand le prochain Watson ? Les éditeurs évoquent souvent « un livre qu'on ne peut pas lâcher ». Voici un livre qu'on ne peut véritablement pas lâcher !

    Traduit de l'anglais par Sophie Aslanides.

    Ma note :

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    Broché : 21 euros

    Poche : 7,60 euros (à paraître le 7 mai 2013)

    Un grand merci à Sonatine Éditions & aux Éditions Pocket pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première de la sortie poche.

    Avant d'aller dormir est de ces romans qui ont fait beaucoup de bruit au moment de leur sortie. Salué par la critique, vanté par des pointures tels Sophie Hannah, Denis Lehane, Harlan Coben ou encore Mo Hayder - excusez du peu - et encensé par les lecteurs, ce n'est pourtant pas sans appréhension que j'ai abordé cette lecture. Déjà parce que plus on parle d'un livre, plus les attentes deviennent démesurées et sont donc souvent déçues. Ensuite parce que je ne suis pas férue du genre et qu'à force de lire les mots "angoisse", "stress" et autre qualificatifs anxiogènes, j'étais a priori passablement tendue ; sensation que je ne convoite pas particulièrement au moment de m'abandonner aux bras de Morphée.

    Mes doutes se sont pourtant progressivement dissipés au fil du récit et c'est enchantée que j'ai achevé, plus que rapidement, ce thriller psychologique. Petit conseil à toutes les personnes qui seraient tentées par cette lecture : évitez de l'entamer une veille de jour travaillé sous peine de n'être pas vraiment productif... Une fois amorcé, impossible de se défaire de ce page turner.

    Watson plonge le lecteur dès les premières lignes dans le présent incessant de Chris. Amnésique depuis une vingtaine d'année, chaque nuit efface sa mémoire. Ses seuls souvenirs sont ceux qu'elle retranscrit dans son journal qu'il lui faut relire chaque matin. Le rythme, parfaitement maîtrisé, permet d'évoluer en symbiose avec les émotions de la protagoniste. L'on mène donc, à ses côtés, l'enquête de sa propre vie et c'est avec elle que l'on affronte les incohérences entre ses mémoires et ce que lui raconte son entourage. Dès le début, le doute est semé et il ne nous lâche pas de tout le récit...

    Bien que très exploitée, l'idée de l'amnésie est ici traitée avec beaucoup d'originalité et l'auteur la développe à merveille. Même si chaque matin, l'on repart à zéro, l'écueil de la répétition est magistralement évité. J'ai tenté de trouver des incohérences tant il est difficile de ne pas commettre ne serait-ce qu'un tout petit impair dans ce genre de narration mais rien à faire, l'intelligence de l'auteur est d'autant plus surprenante que ce roman est son premier !

    Je ne le qualifierais pourtant pas d'angoissant. La tension va certes crescendo mais elle n'est pas insoutenable et la violence gratuite n'a pas droit de cité. La définition la plus juste à mon sens serait : une première oeuvre glaçante très prometteuse, menée tout en finesse, dont les droits d'adaptation ont d'ores et déjà été achetés par Ridley Scott. Gageons qu'avec un tel scénario, le passage de l'écrit à l'écran sera une réussite.

    Ma seule réserve sera pour les adeptes de l'angoisse menée sur un rythme trépidant. La dimension thriller n'arrivant que tardivement dans le récit, ils seront certainement déçus. Il n'y a pour autant aucune sensation de longueur...

    Ils en parlent aussi : Bruno, La Bouquineuse, Gruz.

    Vous aimerez sûrement :

    La vie d'une autre de Frédériques Deghelt

    La fille américaine de Monica Fagerholm

    À moi pour toujours & Les revenants de Laura Kasischke

    658 de John Verdon

    L'arbre au poison d'Erin Kelly

    Le dîner d'Herman Koch

    Vengeances de Philippe Djian

    Shutter Island de Denis Lehane

    Extraits :

    Je suis né demain

    Aujourd'hui je vis

    Hier m'a tué.

    Parviz Owsia

    ...

    Je n'arrive pas à imaginer comment je supporterai de découvrir que ma vie est derrière moi, qu'elle s'est déjà déroulée et qu'il n'en reste pas une trace. Pas de coffre aux trésors plein de souvenirs, pas la moindre richesse issue de l'expérience, pas de sagesse accumulée à transmettre. Que sommes-nous d'autre que la somme de nos souvenirs ?

  • Les liaisons ferroviaires de Jean-Pierre Martin

    culture,citation,roman,littérature,livreÀ paraître le 6 mars 2013.

    Éditions Champ Vallon / J'ai lu - 189 pages

    Présentation de l'éditeur : "L'amour au temps du TGV", ou comment, à l'heure où tout s'accèlère, la seule façon de se consacrer pleinement à la rencontre amoureuse est d'être coincé dans un train. Dans la microcosme du Nice-Bruxelles, chacun se livre à l'observation attentive des autres passagers : regards, pensées trahies par de menus gestes, ceux qui montent, ceux qui descendent, ceux qui lisent, ceux dont le destin va changer...

    Ma note :

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    Broché : 17,30 euros

    Poche : 6,90 euros

    Figurant sur la liste des dix ouvrages sélectionnés pour le Prix France Culture - Télérama 2011, le court roman de Jean-Pierre Martin a été très favorablement accueilli par la critique au moment de sa sortie.

    Un temps voyageuse ferroviaire hebdomadaire puis usagère quotidienne du métro, c'est avec un plaisir anticipé que j'ai envisagé cette lecture qui me parlerait de ces hasardeuses saynètes qui l'on vit ou observe immanquablement sur les rails.

    Car telle est la règle du chemin de fer : réunir des personnes qui n'ont pour seule raison de se rencontrer que le hasard d'un même trajet, au même moment. Des réunions aléatoires donnant naissance à des compartiments et wagons hétéroclites.

    Un éclectisme que Jean-Pierre Martin décide de mettre en scène.

    De rencontres fortuites en discussions improvisées, en passant par les monologues intérieurs, les protagonistes de ce roman polyphonique s'observent, se découvrent, s'ignorent, se désirent.

    L'ensemble aurait pu être crooustillant, mené tambour battant. Je l'ai trouvé ennuyeux et longuet malgré sa concision. Finalement, il est aussi assommant que ces voyages auxquels on ne peut couper. Malgré quelques réflexions sociologiques, psychanalytiques ou philosophiques bien senties et un ensemble très bien écrit, l'auteur ne parvient pas à enlever le sujet. Il colle soporifiquement à la réalité là où l'on aurait attendu de l'abracadabrant, de l'énorme, de l'inattendu. Il livre des instantanés de vie trop réalistes, certes finement observés mais sans originalité.

    Le TGV n'est qu'un prétexte métaphorique du rythme effréné de la vie moderne pour s'interroger sur les moeurs actuelles en matière de séduction et d'amour. Ce théâtre en miniature de l'époque contemporaine met en scène des personnages intéressants mais là où tout se prêtait au vaudevillesque, les amours restent désespérément plates. Une distribution cosmopolite pour un scénario sans facéties. La partition manque cruellement de rythme, sa régularité est aussi soporifique que le tchou tchou du train.

    Télérama disait de l'auteur qu'il avait réussit la prouesse de doubler Choderlos de Laclos. Je crois pour ma part que ces Liaisons ferroviaires n'ont rien de dangereuses. Elles sont le train-train du train, sans audace et ce huis-clos à 300 km/h manque sérieusement de fantaisie.

    Bref, malgré mon entrain initial face à un pitch prometteur, je suis finalement restée à quai.

    Ils en parlent aussi : Hélène, Christine, Laura, Les Saisons.

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    Les témoins de la mariée de Didier Van Cauwelaert

    La nuit de dure pas d'Olivier Martinelli

    Extraits :

    "En wagon, les gens bien élevés n'engagent jamais de conversation avec des inconnus. On peut demander ou donner avec bonne grâce un renseignement utile, mais ensuite on ouvrira un livre, un journal pour couper court à l'entretien.

    Berthe Bernage, Manuel du savoir-vivre et des usages du monde

    ...

    Ça tient à presque rien, une rencontre. C'est une histoire de funambule. Il faut apprendre à tenir sur un fil. Le sort du monde peut se jouer au bout d'une petite phrase. Mon destin suspendu à ma réplique.

    ...

    - Au fait, c'est vrai que Lacan a dit : l'amour, c'est donner ce qu'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas ?

    - Oui, c'est vrai.

    - Alors là, moi, je suis pas d'accord, mais pas d'accord du tout, je pense au contraire que l'amour c'est donner ce qu'on a à quelqu'un qui en veut. Même si on a pas beaucoup.

    ...

    (...) j'admire la variété prodigieuse des comportements sexuels dans le monde animal, elle me ferait presque réfuter l'idée de l'inexistence de Dieu. Il y a bien quelques espèce monogames où mâles et femelles forment des couples stables, au moins le temps d'élever leur progéniture. (...) Mais la vie en couple stable, n'en déplaise au pape, est un comportement nettement minoritaire, beaucoup plus rare qu'on a voulu le faire croire.

    ...

    Rien ne me ravit comme un passafer qui lit Shakespeare, Épictète, Guilleragues, Bossuet, Montaigne, Pascal, Conrad, Malcolm Lowry, Philip Roth, Semprun, Amos Oz ! Et que je te l'accompagne de mon petit ronron, que je le câline, mon voyageur des Lettres. Malheureusement, il y a toujours dans un train des amateurs de Paulo Coelho ou de Guillaume Musso, ce genre-là. Ça m'énerve.

    ...

    L'amour n'a jamais connu de loi ? Si. Trois. Primo, La loi du stimulus. Nous sommes des chiens de Pavlov, nous salivons. Segundo, la loi de la désignation. Si l'autre a trouvé un os, et à l'air de trouver ça bon, on a envie de le lui piquer. Tertio, la loi de la désaliénation. Ceux ou celles qui restent fixés pendant des années sur l'objet perdu, qui sont restés accrochés à la nostalgie d'un amour passé, l'amour de leur vie, comme si une seule personne avait pu combler leur désir, ceux ou celles qui ne veulent pas apprendre le désamour, ceux-là sont inabordables, leurs vies sont aliénées, on les repère à cent mètres, ils ne voient même pas que ce peut être possible, une rencontre, ils sentent le cadavre de leur relation archéologique, ils adorent l'objet perdu comme un totem, le célèbrent rituellement jusque dans la détestation, et pour eux, chaque matin qui se lève, loin d'être un promesse, sonne le rappel des jours anciens.

    ...

    J'ai une amie qui est avide de relations avec les hommes, avide de leur plaire et qui ne sait pas faire autrement que de se retrouver avec eux dans un lit, non pour son plaisir, dont elle reconnaît elle-même qu'il est mince, mais afin de continuer à leur plaire.

    ...

    Ce souvenir refaisait régulièrement surface, et il en rougissait encore. De sorte qu'il n'avait plus jamais pris le risque de s'exposer à ce genre de rebuffades. Depuis, il avait passé comme un pacte secret avec lui-même : ne pas prendre de risque ; ne rien tenter ; ne pas forcer le destin.

    ...

    Mark Twain : "La vieillesse est si longue qu'il ne faut pas se hâter de la commencer trop tôt.".

    ...

    Et je sais que la séduction est toujours plus singulière et plus sublime que le sexe, que c'est à elle que nous attachons le plus de prix.

    ...

    Un vrai livre, quelles que soient les circonstances qui vous l'ont fait écrire à un moment de votre vie, aussi hasardeuses soient-elles, ces circonstances, un vrai livre va toujours chercher très loin, dans les ramifications de votre système nerveux, dans des choses enfouies de votre enfance, il vient toujours au devant de vos préoccupations les plus secrètes, et même si son sujet semble a priori éloigné de vous, même si ses personnages ne vous ressemblent pas vraiment, un livre digne de ce nom vous parle de vous malgré vous, il vous hèle, vous interpelle in petto, violente votre intimité, sans quoi, ce n'est pas un livre. Un vrai livre part de vous et tend très loin ses filets, un vrai livre pratique en sommes la pêche hauturière avec les moyens du bord.

  • L'impossible Miss Ella de Toni Jordan

    À paraître le 28 février 2013.l'impossible miss ella.jpg

    Éditions Héloïse d'Ormesson - 300 pages

    Présentation de l'éditeur : Della est une jeune femme comme les autres, à ceci près qu'elle a fait du mensonge un art de vivre et de l'escroquerie sa profession. Sous les traits d'Ella, brillante biologiste, saura-t-elle convaincre Daniel Metcalf, irrésistible milliardaire, de financer son projet de recherche ? Avec vingt-cinq mille dollars à la clé, l'arnaqueuse de haut vol n'a pas le droit à l'erreur. Pour prouver à l'ingénu que le tigre de Tasmanie n'est pas une espèce éteinte, elle engage une extraordinaire expédition dans la jungle. Un coup monté presque parfait, si l'amour ne s'immisçait dans la manigance. Une comédié romantique - et scientifique - pétillante.

    Traduit de l'anglais (Australie) par Laurence Videloup.

    Ma note :

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    Broché : 21 euros

    Un grand merci aux Éditions Héloïse d'Ormesson et à Babelio pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première dans le cadre de l'opération Masse critique.

    Un clan composé d'à peu près Robin des bois vivant d'arnaques alambiquées dans le cadre australien... Un pitch a priori prometteur pour de dépaysantes et décapantes aventures !

    Seulement, si ce sont les mots "extraordinaire expédition dans la jungle" qui ont retenu votre attention dans la présentation de l'éditeur, passez votre chemin. Malheureusement, l'auteur ne met que peu l'Australie et ses richesses environnementales à l'honneur dans son récit : l'on a quasiment jamais l'impression d'y être et la grande scène de l'expédition pourrait aussi bien se passer sur la colline d'en face ou le parc du coin qu'il n'y aurait pas de différence.

    Si l'on ajoute à cette flagrante absence de mise en valeur du cadre un certain manque de crédibilité du prétendu savoir-faire de soit disant arnaqueurs de haut vol, l'on peut légitimement penser que ce texte, faute de vraisemblance, n'a pas grand intérêt, voire est un échec.

    Pourtant, si tant est que l'on recherche un moment de lecture synonyme de légèreté, le livre de Toni Jordan remplit sa mission en terme de divertissement. Les personnages décalés, pour ne pas dire loufoques, parviennent à embarquer le lecteur dans leurs folles aventures. L'on sourit, l'on compatit, l'on s'attendrit... et l'on éprouve malgré tout l'impatience de savoir comment tout va se terminer.

    À noter le talent particulier de l'auteur pour l'écriture des quelques scènes sensuelles. Si ce genre de passages sont rarement convaincants, soit laissant de marbre soit ridicules ou vulgaires, ils sont ici particulièrement bien dosés, juste ce qu'il faut, ni trop ni trop peu.

    À défaut donc d'être dépaysante, cette lecture s'avère amusante, touchante et à certains moments émoustillante. Et c'est déjà pas mal. Ce n'est certes pas très profond mais la lecture n'a pas à toujours être un acte intellectuel engagé que diable !

    Ils en parlent aussi : Yael, Judith, Ladesiderienne.

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    Extraits :

    - (...) Qui fait les lois de cette société ?

    - Les riches et les sans-coeur.

    - Et pourquoi font-ils ces lois ?

    - Pour protéger leurs avantages personnels, résultats de leur origine privilégiée et de siècles d'oppression des plus faibles.

    - Et que pensons-nous de ces lois ?

    - Nous les rejetons. Totalement.

    ...

    - Donc, on a pensé que les humains, dans la matrice, reproduisaient les différentes phases de l'évolution de l'espèce. Que les embryons sont d'abord des poissons, puis des salamandres, des tortues, puis des poulets, avant de devenir humains. Immense théorie. Dommage qu'elle ne soit pas vraie. Elle a l'air vraie. On devrait tous la porter en nous, porter le poids de notre passé, les vestiges de ce que nous étions.

    - Quand vous formulez les choses comme ça, je ne l'aime pas cette théorie. Quel terrible fardeau ! Porter avec soi tout ce qu'on a été, dit-il d'une voix qui semble assourdie par l'obscurité.

    - J'imagine que vous avez raison, tout le monde a droit à un nouveau départ.