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  • Face cachée de Sylvain Runberg et Olivier Martin

    Editions Futuropolis - 152 + 152 pages

    Présentation de l'éditeur : Satoshi travaille comme financier dans une société à Tokyo. Sa vie est uniquement rythmée par le travail. Les journées sont longues, et il ne peut rejoindre sa famille (en banlieue) que durant les week-end. Il passe ses nuits dans un capsule hôtel, parfois en compagnie de Mayumi, la jeune secrétaire de 26 ans. Au bureau, tout le monde ignore leur liaison. Marquée par le divorce de ses parents, Mayumi rêve d'un grand et bel amour. Mais Janichi, le collègue arriviste et jaloux de Satoshi s'intéresse de très près à cette jeune fille et finit par deviner que les deux collègues sont amants. Il découvre également que le couple de Satoshi bat de l'aile, et compte bien en tirer profit. Mais les apparences sont encore bien plus trompeuses. Et Satoshi cache des choses qui pourraient s'avérer encore plus dangereuses pour lui si elles venaient à être sues. Sylvain Runberg et Olivier Martin se lancent dans un long manga intimiste digne des meilleurs auteurs japonais. Un récit psychologique qui nous plonge au coeur d'une société nippone, où les convenances et les apparences servent souvent à cacher des situations dramatiques...

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    Se lancer dans le manga quand on est originaire de France et de Belgique, c'est s'exposer potentiellement à la vindicte populaire tant les amoureux du genre sont d'exigeants puristes. Mais pour Sylvain Runberg et Olivier Martin, relever ce défi semble n'être qu'une simple formalité ; preuve en est le Silver Award du 4e Prix International du Manga 2011 décerné au premier volet de ce troublant diptyque.

    D'un classique triangle amoureux, les auteurs nous entraînent dans une observation scrutatrice de la société nipponne moderne. Entre pression socio-professionnelle, faux-semblants, solitude, adultère et blessures intimes, les fausses pistes sont nombreuses et il est bien impossible d'anticiper le dénouement de cette histoire tragique. Le scénario brillant est surprenant et réhaussé par un traitement somptueux au lavis qui renforce l'élégance, le mystère et la profondeur du récit. Une narration subtile et poignante au coeur d'un Japon ultra-codifié et lissé où les aspérités individuelles, à force d'être gommées, ne demandent qu'à se révéler, qu'à exploser...

    Attention à ne pas se laisser décourager par le premier tome qui ménage tant le suspens qu'il nous laisse gravement sur notre faim.

  • Blankets manteau de neige de Craig Thompson

    blankets.jpgEditions Casterman - 582 pages

    Présentation de l'éditeur : Je voulais le ciel. Et j'ai grandi en m'efforçant d'obtenir de ce monde... un monde éternel.

    Cet album croule littéralement sous les critiques dithyrambiques et sous les prix (pas moins de cinq Awards aux Etats-Unis ainsi que le prestigieux Prix de la critique décerné en France par l'Association des critiques et des journalistes de bande dessinée).

    Ce roman graphique relate l'enfance et l'adolescence de l'auteur dans une bourgade du Wisconsin aux hivers interminables.

    Au gré de l'évocation des joies et des traumatismes de sa jeunesse, Craig Thompson nous propose une fresque de l'Amérique profonde des années 1980-90 où le fondamentalisme religieux, la violence, le racisme et l'intolérance sont monnaie courante. Mais c'est avant tout le portrait d'un jeune homme en pleine construction qui découvre l'amour, s'affranchit de son éducation, se révèle à lui-même par ses pensées et ses doutes pour devenir l'homme qu'il est vraiment.

    Cette auto-fiction très nostalgique sur le passage à l'âge adulte n'a pas réussi à me toucher. J'ai trouvé que l'ensemble manquait d'émotions - une tonalité aussi froide qu'un manteau de neige en somme - et que cette absence de puissance dans l'évocation de la mélancolie faisait barrage à la force de la biographique et réduisait l'ensemble à une simple fiction mal maîtrisée.

    A cela s'ajoute le point faible, récurrent dans la collection Ecritures de Casterman, d'ouvrages extrêmement lourds (détail fatal pour les problèmes de dos, de mains, d'épaules...) dont la lecture est particulièrement pénible.

  • Walking dead de Robert Kirkman & Charlie Adlard

    Editions Delcourt

    Tome 1 - Passé décomposé - 142 pages

    Tome 2 - Cette vie derrière nous - 143 pages

    Tome 3 - Sains et saufs ? - 136 pages

    Tome 4 - Amour et mort - 136 pages

    Tome 5 - Monstrueux - 132 pages

    Tome 6 - Vengeance - 132 pages

    Tome 7 - Dans l'oeil du cyclone - 135 pages

    Présentation de l'éditeur : Le monde tel que nous le connaissions n’existe plus. La Terre, ravagée par une mystérieuse épidémie, est devenue un cimetière à ciel ouvert. Pire, les morts ne meurent plus et errent à la recherche des derniers humains pour s’en repaître. Parmi les survivants, Rick, policier, se réveille d’un long coma pour découvrir ce que son monde est devenu. Le choc passé, il doit désormais apprendre à survivre…

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    J'ai tendance à ne pas trop m'écouter. Et j'ai bien raison. De moi à moi, je serais plutôt encline à éviter les histoires d'horreur étant d'un naturel pétochard ascendant cauchemardeuse. Mais étant du genre à prendre mon propre contre-pied pour ne pas avoir d'oeillères, j'ai me suis lancé à moi-même le défi de tenter l'expérience d'une histoire de zombies. Moralité : la désobéissance a du bon puisque mon moi renégat a fait à mon moi flipette qui en est resté comme deux ronds de flan le cadeau d'une série exceptionnelle et pour le moins addictive.

    J'en ai jusqu'à présent lu sept tomes, il en existe quinze et la série n'est pas achevée. Je ne saurais dire si l'on finit par se lasser mais à mon stade de lecture, je ne suis absolument pas tannée, bien au contraire, je suis complètement galvanisée et je piaffe d'impatience de pouvoir me plonger dans la suite.

    Pour les réticents comme moi au registre effroi, le parti-pris du noir et blanc, même s'il ne dissipe pas la laideur des personnages zombifiés, permet de rendre l'ensemble supportable et de ne pas heurter ni la rétine ni la sensibilité. De plus, l'histoire est davantage centrée sur les personnages bien vivants qui cherchent à survivre en sécurité dans un monde post-apocalyptique où les règles ont changé. Il s'agit plus du récit de l'adaptation humaine que d'une guerre impitoyable et gratuite entre vivants et morts-vivants.

    Bien sûr, dans de telles conditions, les personnages, forts nombreux, ont tendance à tomber comme des mouches et les rebondissements, nombreux, vous tiennent particulièrement en haleine. Les auteurs ont superbement retranscrit les psychologies humaines face à des conditions extrêmes de danger et de stress. Les prouesses sont autant scénaristiques que graphiques.

    Si besoin était de le préciser, j'adore.

  • Jeanine de Reiser

    jeanine.jpgEditions Glénat - 70 pages

    Présentation de l'éditeur : Portrait d'une femme libérée toujours aussi savoureux, provocateur. Et lucide. Dans un monde étriqué où la Femme est censée rester à sa place (c'est-à-dire derrière sa gazinière), Jeanine a décidé de résister. Donc Jeanine va de mec en mec, n'élève qu'à demi ses nombreux enfants et laisse s'accumuler la vaisselle sale. Mais ce n'est pas tout. Car Jeanine est menteuse, paresseuse, vulgaire jusqu'à pousser l'insulte au rang de discipline artistique, buveuse, joueuse, bref : tous les défauts ! Enfin, c'est ce que pensent les mecs, terrifiés face à cette femme ultra-libérée. Mais aussi les vieilles rombières, jalouses de sa liberté de ton et d'actes. Car elle a tout compris, Jeanine. Et Jean-Marc Reiser, aussi, qui sous ses dehors volontiers provocateurs compose ici une ode à la féminité triomphante, doublée d'une charge magnifique contre la veulerie masculine. Une oeuvre qui comme son héroïne n'a pas pris une ride.

    Si, de manière générale, les bandes dessinées de Reiser m'ennuient et me rebutent à force de vulgarité, j'ai un vrai faible pour Jeanine.

    Jeanine est certes une femme grossière de bien des manières doublée d'une mère indigne. Mais Jeanine s'assume et elle est libre. Si Reiser chante de manière paroxysmique l'émancipation de la femme, il lui rappelle par ce jusqu'au-boutisme que point trop n'en faut ! Les côtés orduriers, vils et veules de cette drôle de nana et de ses nombreux amants sont parfaitement mis en scène pour le plus grand plaisir des zygomatiques.

    Adeptes de la bienséance s'abstenir, shocking !

  • Y : le dernier homme de Brian-K. Vaughan et Pia Guerra

    Editions Panini Comics

    Scénario : Brian-K. Vaughan - Dessin : Pia Guerra

    Tome 1 - No man's land - 80 pages

    Tome 2 - Un petit coin de paradis - 150 pages

    Tome 3 - Un petit pas - 200 pages

    Tome 4 - Stop / Encore - 230 pages

    Tome 5 - Alliance contre nature - 182 pages

    Tome 6 - Entre filles - 120 pages

    Tome 7 - Le scoop - 135 pages

    Tome 8 - Monnaie de singe -  120 pages

    Tome 9 - Terre mère - 180 pages

    Tome 10 - Trajet d'Y - 180 pages

    Présentation de l'éditeur : Dans le courant de l'été 2002, un fléau d'origine inconnue a détruit chaque spermatozoïde, chaque fœtus et chaque mammifère pourvu d'un chromosome Y... à l'exception d'un jeune homme et de son singe apprivoisé. Cette "maladie" a instantanément exterminé 48 % de la population mondiale, soit à peu près 2,9 milliards d'hommes. Aidé par la mystérieuse Agent 355, Yorick Brown, le dernier humain mâle, doit maintenant affronter de dangereuses extrémistes tandis qu'il est partagé entre l'espoir de retrouver sa petite amie à l'autre bout du globe et la volonté de découvrir ce qui a fait de lui l'unique survivant. Y les français l'appellent "i grec". Grec comme la tragédie, comme le destin qui frappe à l'improviste. Les anglais le prononcent "why". Pourquoi. Comme l'interrogation devant la mort qui surgit. Y. l'initiale de Yorick Brown, le dernier homme vivant sur une Terre ravagée par un mystérieux virus qui n'a laissé à sa surface que des femmes. Y. Le chromosome qui donne aux enfants mâles leur sexe, croix incomplète qui les distingue des femmes, désormais dirigeantes d'un monde dans lequel Yorik Brown se retrouve l'objet de toutes les convoitises et de toutes les détestations. Y. Croisée des chemins, fourche des destins, tournants des vies. Carrefour où Yorick Brown et son capucin Eperluette devront choisir quelle voie suivre.

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    Voilà un sacré morceau de science-fiction ! A cause d'un virus hostile aux hommes, le monde se retrouve aux mains des femmes. Feront-elles mieux que ceux qui les ont trop longtemps soumises et qui ont toujours gardé en mains les rennes, les postes clés, le pouvoir ?

    C'est ce que ce récit d'anticipation sur fond de politique et de science, mêlant habilement amour, humour, thriller et fantastique, s'attache à démontrer. Au gré d'incessants rebondissements parfois légèrement compliqués à suivre et sur la fin un petit peu lassants avouons-le, c'est une véritable réflexion philosophique qui nous est proposée au coeur d'un monde post-apocalyptique. L'intrigue est habilement ficelée, oscillant entre passé et présent, et à la mérite de ne pas se finir en eau-de-boudin, comme trop souvent dans le genre.

    Mention spéciale à l'édition qui offre un format léger très confortable.