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  • Les arts

    Pour tous les aficionados des expos tout autant que pour les néophytes qui auraient une fâcheuse tendance à lézarder chez eux en bayant aux corneilles plutôt qu'à se cultiver, profitez du mois d'octobre placé sous le signe de l'art contemporain.

    Alors ok, les plus flemmards argueront que la création actuelle les laisse de marbre, mais entre nous, en farfouillant ici, je doute qu'entre la photo, la sculpture, la peinture, la vidéo, le design, l'architecture et autres performances graphiques, chacun ne trouve pas un petit peu de bonheur.

    Pour le plaisir de vos mirettes ! 

  • Il Bibliotecario d'Arcimboldo

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    Il Bibliotecario - Giuseppe Arcimboldo - 1566

    Huile sur toile - 73 x 54 cm

    Ce tableau, du peintre milanais maniériste plus connu pour ses astucieux portraits élaborés avec des fruits, des végétaux ou des animaux, me rappelle inlassablement combien j'aimerais cesser de travailler alimentaire afin de passer tout mon temps à lire et écrire... Ou gagner une importante somme d'argent me permettant d'ouvrir ma petite librairie toute conceptuelle...

    Soupir. 

  • Moins d'un quart de seconde pour vivre de L. Trondheim et J.C. Menu

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    Edition L'Association - 32 pages

    Plus qu'une simple BD, cet ouvrage est un véritable concept : une succession de cent strips constitués de seulement huit cases, dessinées par Jean-Christophe Menu et reproduites à l'envi puis enrichies par les textes de Trondheim.

    Cette apparente pauvreté pour ne pas dire absurdité graphique en totale opposition avec le genre laisse place à des textes aussi farfelus que profonds. Tous les angoissés existentiels se retrouveront de manière jubilatoire dans les personnages récurrents aux problématiques complexes aussi abstraites que cartésiennes.

    La prouesse stylistique totalement atypique donne un résultat aussi étonnant que détonant à ne pas manquer.

    J'ai découvert, grâce à la qualité des présentations d'Amazon et à mes recherches complémentaires, que ce pari stylistique est un véritable exercice oulipien. L'Oulipo est l'acronyme d'Ouvroir de Littérature Potentielle, mouvement créé en 1960 (d'abord institué sous le nom de Séminaire de Littérature Expérimentale) par le poète Raymond Queneau et le mathématicien François Le Lionnais et dont les membres, mordus de littérature, se réunissent pour travailler sous contraintes de forme, puissants stimulants de l'imagination.

    Le courant synthétique de l'Oulipo imagine et expérimente de nouvelles contraintes littéraires tout à fait spectaculaires. Il se définit comme suit : "Oulipiens, rats qui ont à construire le labyrinthe dont ils se proposent de sortir". Le courant analytique quant à lui recherche les "plagiaires par anticipation" en étudiant les oeuvres du passé à la lumière des nouveaux moyens créés par le courant synthétique.

    Ne devient pas membre de l'Oulipo qui veut. Il faut être coopté, élu à l'unanimité et ne jamais avoir demandé à faire partie de l'association. L'élu devient membre à vie et même après sa mort, excusé pour cause de décès (!). Quelques Oulipiens célèbres : Italo Calvino, François Caradec ou encore Marcel Duchamp.

    Ces esprits pointus se réunissent publiquement une fois par mois à la Bibliothéque François Mitterrand. Pour tous les curieux qui souhaiteraient assister aux joutes et aux jeux avec la langue française, la narration et l'humour des héritiers de Queneau et Perec, rendez-vous de 19h à 20h le jeudi 25 septembre (entrée libre).

  • Danaé de Gustav Klimt

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    Danaé - Gustav Klimt - 1907

    Huile sur toile 77 x 83 cm

    Voici l'une des toiles que je préfère d'un de mes peintres favoris.

    Si je l'interprète d'un oeil novice, j'y vois la plus voluptueuse représentation de la femme enfant. Femme dans ses formes généreuses et la sensualité qu'elle exhale. Enfant dans sa position foetale et l'innocence qui s'en dégage. Une ode sybaritique. Lovée dans des tissus chatoyants aux couleurs profondes et capiteuses, je l'imagine exaucée et rêveuse, de cette somnolence d'après l'amour, mais séductrice toujours dans sa position à la nonchalance étudiée. Et l'érotisme atteint son paroxysme grâce au titre de l'oeuvre qui nous livre le nom de la belle ingénue, susurrable comme une confidence : Danaé, femme aux mille couleurs dont l'effigie pourrait être ce petit papillon très coloré d'Afrique qu'on appelle la danaïde.

    D'un oeil un peu plus averti, ce tableau est la représentation érotique par le maître du mythe de Danaé, lascive, extatique et symbole de fécondité.

    Dans la mythologie grecque, Danaé était la fille d'Eurydice et du Roi d'Argos Acrisios qui, averti par l'oracle qu'il serait tué par son petit-fils et incapable de tuer sa propre enfant, préféra enfermer la malheureuse dans une haute tour d'airain aux fenêtres closes d'épais barreaux. Mais c'était sans compter sur le célèbre croqueur de femmes pour ne pas dire érotomane Zeus qui se transforma une nuit en pluie d'or pour braver les grillages obstructifs et séduire la princesse. Naquit de cette union un fils, Persée.
    Acrisios, toujours incapable d'attenter à la vie de sa fille et de son petit-fils mais bien décidé à échapper à sa funeste destinée, enferma la mère et l'enfant dans un coffre qu'il jeta à la mer. Le courant les porta jusqu'à l'île de Sérifos dont le Roi Polydectès s'éprit de Danaé et écarta le possessif Persée en lui ordonnant de ramener la tête de la Gorgone Méduse, monstre dont le regard changeait les hommes en pierre. La bravoure et la ruse du jeune homme eurent raison de la femme à la chevelure de serpents et le héros put ainsi ramener sa mère à Argos... et par bien d'autre rebondissements (le charme de la mythologie) accomplir la prophétie.

    Danaé est désormais le symbole de la terre souffrant de sécheresse et sur laquelle une pluie fertilisante descend du ciel.

    Avec cette explication, je sais maintenant qu'elle n'est pas encore repue d'amour mais, la pluie d'or entre ses cuisses charnues, en pleine extase... Et la vision n'en est que plus délicieuse.

  • De la monographie à la monomanie

    40f29000ea9543ab5cbd66bddfbd50d4.jpgDans la série noire des mauvaix choix culturels, l'exposition Mon Ennemi, Mon Frère, Mon Bourreau, Mon Amour de Kara Walker.

    Séduite de prime abord par les différents articles glanés ici ou là avant d'être définitivement convaincue de ne pas rater cet incontournable par les informations régionales dont l'avis présumé sûr avait loué - et pour cause - la magnifique exposition Weegee au Musée Maillol, la déception fut malgré tout au rendez-vous.

    Cette presque quadra afro-américaine, aux talents artistiques reconnus au regard de la pléthore de prix qu'elle a déjà reçus pour son oeuvre, propose une partie de son travail dans les espaces insolites du Musée d'Art moderne. Le visiteur pourra visiter de petites pièces carrées intimistes ainsi que de grands espaces aux murs courbes, en passant par des salles obscures de projection ; les canapés dispatchés ici ou là ne gâchant en rien le plaisir.

    Sauf que. L'extase sur les propositions monographiques de l'auteur qui revisitent, via des jeux de silhouettes en5add30ced56265f30871d388456bd7cc.jpg contre-jour, l'histoire de l'esclavage, n'est que de courte durée. Elle cède bien vite la place à une lassitude voire à un dégoût des trois standards plus que répétitifs (obsessionnels ?) retenus par l'artiste : pipe, sodomie, défécation.

    Le thème censément central de l'esclavage n'a pour ma part d'écho que dans la violence de ces scènes pseudo-érotiques. Au final, le fond artistique nuit à la forme très esthétique.

    Jusqu'au 9 septembre au Musée d'Art moderne - 11, avenue du Président Wilson - Paris 16