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  • Le Syndrome du Prisonnier de Lewis Trondheim

    Editions Delcourt, coll. Shampooing - beaucoup de pages pas numérotées581376070.jpg

    Quatrième de couv' : Un livre avec beaucoup de pas grand-chose.

    Certes, l'angoisse et le cynisme sont moins palpables que dans Moins d'un quart de seconde pour vivre ou Carnet de bord tome 3. Mais avec quelle pertinence, avec quelle justesse Trondheim nous dépeint-il les petits tracas, Les petits riens, du quotidien accompagnés des histoires intérieures, des "egotrips", que tout un chacun ne manque pas de se raconter, sans jamais vraiment l'avouer. L'auteur a su mettre en pratique avec talent l'incipit de cet album :

    Mais ce qui compte vraiment, c'est d'accumuler les trésors de l'instant présent... Un jour, ils te serviront.

    Shigeru Mizuki

    ... le tout, avec cette infatigable plume passant aussi facilement du crobard simpliste au croquis le plus minutieux.

    Vivement le prochain ! Et au regard de sa biblio..., l'embarras du choix sera ENOOOORME !

  • Gone Baby Gone de Ben Affleck

    Policier, drame avec Amy Ryan, Casey Affleck, Michelle Monaghan, Morgan Freeman, Ed Harris...5a79ad207c6af628fd5ad065aac1bcb2.jpg

    Durée : 1h55min.

    Synopis : Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives privés du coin, Patrick Kenzie et Angie Gennaro. Patrick et Angie connaissent bien le quartier, au point de savoir que Hélène, la mère d'Amanda, est une droguée. Plus ils enquêtent, plus ils découvrent l'envers de la ville dans ce qu'il a de plus sombre. Ils s'enfoncent au-delà des mensonges et des faux-semblants, vers les secrets les plus noirs de la ville, là où règnent les dealers, les criminels et les pédophiles. Cela ne les aide pas dans leur enquête et Amanda reste introuvable. Face à la pression médiatique, Remy Bressant, un enquêteur qui ne lâche jamais, et le capitaine de police Jack Doyle vont aussi s'attaquer à l'enquête. La vérité finira par surgir, mais elle aura un prix. Chaque ville a ses secrets, chaque humain sa conscience...

    Si les talents d'acteur de Ben Affleck ne m'étaient apparus, du haut des mes incommensurables lacunes cinématographiques, que comme secondaires pour ne pas dire décevants, je l'ai redécouvert hier au soir dans sa facette réalisateur, autrement plus flatteuse si l'on en juge d'après l'impact de sa première oeuvre sur moi. A partir d'un fait divers tristement banal - dont la protagoniste ressemble de manière troublante à la petite Madie -, Ben Affleck, appuyé par la profondeur d'interprétation d'un frère prometteur et de pointures qu'il n'est plus besoin de présenter, nous plonge factuellement, plastiquement et verbalement dans les bas fonds des USA, sans extrême violence aucune et en titillant, de la manière encore un peu fraîche du novice, le malaise du spectateur.

    De rebondissements en rebondissements, ce film n'est certes pas celui dont on se souviendra ne serait-ce que dans dix ans, mais il revêt au moins le mérite de ne pas engluer comme tant d'autres le spectateur dans une passivité navrante en l'invitant à se positionner dans sa propre intégrité, à mi chemin entre le Dura lex, sed lex et la loi du Talion.

  • Carnet de bord tome 3 de Lewis Trondheim

    Editions L'Association, coll. Côtelette - 55 pagesea860d6a96e2ff0e2766a826824406a0.jpg

    Après le fabuleux Moins d'un quart de seconde pour vivre, Trondheim m'a réenchantée une nouvelle fois ; c'est décidé, je vais tout acheter (au compte goutte...).

    Ce carnet autobiographillustré retrace les vacances en Espagne et le déménagement du dessinateur, de ce ton comico-cyniquo-réaliste qui fait tout son charme.

    Cette lecture, fruit d'une délicate attention de Noël, est pour le moins tombée à point nommé, étant moi-même en pleine migration résidentielle. Nulle subjectivité pour autant, la qualité tant graphique que rédactionnelle est au rendez-vous pour un pur moment de détente.

  • De Sacha à Guitry

    Après mes déboires estivaux, j'ai oublié, en l'espace d'une soirée, la prestation théâtreuse de Belle du seigneur en me plongeant dans la Comédie, la vraie, la grande, l'inénarrable, avec De Sacha à Guitry, interprétée par Jean Piat et scénographiée par Gérard Kéryse.

    Le Robert d'Artois des Rois maudits de mon enfance, du haut de ses insoupçonnables 83 ans, assure seul en scène un spectacle aussi désopilant que profond sur les textes sensationnels du controversé Sacha Guitry. Feu le comédien, auteur de pièces, metteur en scène, dialoguiste, scénariste et réalisateur dont je ne connaissais que la citation "Je suis contre les femmes, tout contre", s'est révélé à moi comme un inégalable amoureux des mots, de l'amour plus que des femmes - ce qui lui valut sans doute sa réputation de grand misogyne -, bref de la vie. Ses textes, magnifiquement mis en valeur par l'interprétation exceptionnelle de Jean Piat, sont un véritable concentré de perspicacité, d'humour et de philosophie. L'expression "avoir de l'esprit" prend toute sa mesure pendant ces 90 minutes d'acrobatie verbale jubilatoire.

    Si je m'écoutais, j'y retournerais. Mais je ne voudrais pas vous priver de l'opportunité de savourer les dernières représentations de ce spectacle haut en couleurs.

    Car il y a un Sacha charmant, caustique, désinvolte et léger mais il y a aussi un Guitry plus grave, lucide, moraliste à sa manière et qui, sans jamais se prendre au sérieux, parle à chaque génération. Sacha fascine. Sacha irrite. Sacha séduit. On le dit misogyne, égoïste : il s'en défend avec esprit, Guitry, ou Sacha, il vit de cette joie particulière : la joie des autres. L'évoquer, lui, sur un théâtre, était une tentation à laquelle j'ai cédé... Il s'avance sur la scène et il parle de tout, du bonheur, de Mozart, des acteurs, des auteurs, des femmes bien sûr, de la jeunesse, de sa scolarité "tourmentée" et même... de la Libération de Paris où son destin d'exception va le conduir 60 jours en prison. Promenade passionnante à travers une oeuvre à l'humour décapant que le temps n'a pas abîmée et où se révèle l'intelligence de l'homme, son rayonnement et aussi et surtout son amour du public et... de la France !

    Jean Piat 

    Comédie et Studio des Champs-Elysées

    15, avenue Montaigne - 75008 Paris

    Réservations : 01 53 23 99 19

    Dernières dates du 26 au 29 décembre 

  • Le Rêve de Cassandre de Woody Allen

    Policier, comédie dramatique avec Colin Farrell, Ewan Mc Gregor, Tom Wilkinson...

    Durée : 1h48min. 

    Synopsis : Sur un coup de coeur, deux frères s'offrent un voilier qu'ils baptisent Cassandra's Dream. Une vraie folie car ni l'un ni l'autre n'ont réellement les moyens d'assumer ce signe extérieur de richesse. Terry travaille dans un garage tandis que son frère Ian dirige le restaurant de leurs parents. Lorsque le premier est confronté à une importante dette de jeu et que le second s'éprend d'Angela, ambitieuse comédienne de théâtre, ils sont obligés de solliciter l'aide de leur o62af476ab0f8441f0d5b081720e9d66a.jpgncle Howard qui a fait fortune en Californie. En contrepartie de ce solide coup de pouce financier, il leur demande de lui rendre un petit service.

    Mon premier Woody Allen - aussi incroyable que cela puisse paraître... - est vraiment loin d'être une déception. L'histoire, servie par le jeu excellent du charmant Colin - en toute objectivité, cela va sans dire (!) -, nous amène aux frontières de l'amour fraternel.

    Loin des gimmicks du suspens, le public est tenu en haleine par la gestion hors du commun de l'intrigue, opérée par l'illustre réalisateur. Dans une atmosphère intimiste savemment orchestrée, les limites de la conscience sont repoussées jusqu'à la dernière minute. Le spectateur ne peut quitter la salle sans se projeter et s'interroger sur ses propres réactions...

    J'associerai pour ma part à ce film le vers du poème La Conscience de Victor Hugo, tiré de La Légende des Siècles :

    L'oeil était dans la tombe, et regardait Caïn.