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  • Métamorphose en bord de ciel de Mathias Malzieu

    métamorphose en bord de ciel.jpgEditions Flammarion - 157 pages

    Présentation de l'éditeur : Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques le propulsent au sommet de la gloire. Jusqu'à ce qu'un médecin qui le soigne pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable. Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu'il appelle " la Betterave ". Lors d'une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l'hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de voler rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose le pacte suivant : "Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, ruais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l'amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter." Dans la tradition de ses contes pour grands enfants, Mathias Malzieu nous raconte l'histoire merveilleuse d'un homme qui veut tuer la mort et tutoyer les cieux. Ce faisant il nous livre une réflexion rare sur le pouvoir de la vie, et de l'amour.

    Après ma découverte concluante de Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, il n'a pas fallu que la représentante des éditions Flammarion insiste beaucoup pour me convaincre de choisir de recevoir ce titre en service de presse pour le lire et bien sûr le recommander. Bien entendu, j'aurais préféré recevoir l'édition de luxe illustrée par des peintres et plasticiens émérites et donnant lieu à une exposition jusqu'au 1er mai à la Galerie l'art de rien (M° Abesses ou Anvers - Paris 18 - 01 42 52 75 84), mais bon, on ne peut pas tout avoir.

    Mathias Malzieu confirme donc avec ce nouvel ouvrage, si besoin était, son incomparable talent pour conter le merveilleux, le fantastique, l'onirique, le poétique, bien que le tragique. Il sait incontestablement mettre de la lumière dans le sombre. Mystérieux, envoûtant.

  • Petit concours musical : CD à gagner !

    Roé est en concert demain soir à la Bellevilloise - 19/21, rue Boyer - 75020 Paris.

    Le premier qui me donne le nom de son dernier album, ainsi que les titres 3 et 9 gagne le cd cinq extraits de ce même album.

    Laissez vos coordonnées sur charlottesapin at hotmail dot com

  • Kiki de Montparnasse de Catel & Bocquet

    kiki.jpgEditions Casterman - 374 pages

    Scénario : José-Louis Bocquet - Dessin : Catel

    Quatrième de couv' : Jamais Kiki ne fera la même chose trois jours d'affilée, jamais, jamais, jamais !

    Présentation : Dans le Montparnasse de bohème et de génie des années 1920, Kiki réussit à s'extraire de la misère pour devenir l'une des figures les plus charismatiques de l'avant-garde de l'entre-deux-guerres. Compagne de Man Ray auquel elle inspirera ses photos les plus mythiques, elle sera immortalisée par Kisling, Foujita, Per Krohg, Calder, Utrillo ou Léger. Mais si Kiki est la muse d'une génération qui cherche à évacuer la gueule de bois de la Grande Guerre, elle est avant tout une des premières femmes émancipées de ce siècle. Au-delà de la liberté sexuelle et sentimentale qu'elle s'accorde, Kiki s'impose par une liberté de ton, de parole et de pensée qui ne relève d'aucune école autre que celle de la vie...

    Grandeur et décadence de LA muse des années folles. En effet, de son vrai nom Alice Ernestine Prin, Kiki, tour à tour chanteuse, danseuse, gérante de cabaret, peintre et actrice de cinéma, fut surtout l'égérie et l'amante des plus grands artistes de l'époque (Soutine, Modigliani, Picasso, Cocteau, Breton, Eluard...) qu'elle réunit dans son giron, passant ainsi de la petite bâtarde miséreuse provinciale à la Reine de Montparnasse... Avant de mourir seule, décatie, ravagée par la drogue et l'alcool (une fin aussi abrupte que la façon dont elle est traitée dans l'ouvrage : seulement 10 pages sur presque 400 !).

    Bien plus qu'un grand destin retracé, ce livre est également un premier pas dans l'histoire de l'art de cette époque. Entre Dadaïstes et Surréalistes, les noms célèbres défilent mais il faudra, pour en savoir davantage, se reporter aux biographies de fin d'ouvrage ou à d'autres sources puisqu'ici, les maîtres ne sont pas appréhendés dans leur être, leur profondeur ou leur art, mais uniquement dans leur rapport, parfois furtif, d'avec Kiki.

    Mais ce livre est avant tout le cri d'une femme. Le cri d'une femme qui veut exister dans une époque qui le lui interdit. Le cri d'une femme qui doit se vendre pour survivre. Le cri d'une femme qui jusqu'au bout, même abandonnée, ne de départira jamais de sa gouaille.

    Seule erreur à mon avis, celle de traiter l'ouvrage en noir et blanc. L'on peut en effet s'interroger sur ce choix de la forme alors que le fond nous parle de photo, de peinture.

    Au final, ça se lit bien mais ce n'est pas un incontournable. Disons que c'est une bonne ébauche pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur cette époque. Artistique or not.

  • J'étais l'origine du monde de Christine Orban

    Editions Albin Michel - 138 pagesorban.jpg

    Quatrième de couv' : "Que pouvait-il me demander de plus ? L'inimaginable, il l'a pourtant imaginé. Il ne m'a pas dit : 'Je veux peindre ton sexe, les jambes ouvertes.' Non, ce fut dit différemment. Mais dit. Comment a-t-il osé ? Comment ai-je pu accepter ?" En 1866, Gustave Courbet peignait "L'origine du monde", oeuvre sulfureuse et teintée de mystère, longtemps tenue à l'abri des regards indiscrets. Christine Orban fait revivre sous sa plume Joanna Hifferman, modèle imaginaire de ce tableau unique, fruit d'une démarche artistique poussée à l'extrême et de la folie amoureuse d'un homme. Après avoir livré son corps, c'est le trouble d'un choix que la femme vient exposer crûment. Que sont la honte et la pudeur face au génie ?

    En novembre 2006, le voisinage de la Galerie Helenbek de Nice a fait interdire l'exposition en vitrine d'un tableau hommage à Gustave Courbet, représentant un sexe féminin. Les assauts de pudeur de la population niçoise face à cette oeuvre ont bien démontré que le temps, dont on dit qu'il efface les blessures, n'agit pas de même avec la pruderie, la pudibonderie des âmes puritaines. Je conseille vivement à ces retardataires d'un bon siècle dont l'esprit est le plus mal placé, tout autant qu'aux autres, la lecture de ce magnifique livre qui dépeint une fiction que je me plais à imaginer vraie, en véritable amoureuse de la passion et non de la pornographie.Le démon des mots Charlotte Sapin

    Extraits :

    La nuit tombait, je me suis éloignée de quelques pas vers la mer plate des fins de journée, un vent léger jouait avec ma robe et mes cheveux. Gustave m'a suivie et il est resté à mes côtés à regarder l'horizon comme moi. Après un long silence, il m'a dit : "Je vais vous aimer." Et il est reparti près du feu.
    L'Origine de monde est-elle née, dans son esprit, ce soir-là ?

    Il m'a laissée seule avec ces mots ; à moi de décider l'usage que je voulais en faire. A moi de savoir si je voulais être aimée par lui ou pas.

    L'amour m'effraie. On monte très haut dans le ciel et on n'est jamais sûr de rien, juste de la chute. J'avais donné ma candeur, mes rêves à un homme qui n'en avait rien fait. Je pensais être guérie, et pourtant les paroles de Gustave m'ont troublée. Cette simple promesse d'amour dénotait une singulière connaissance de soi et de son propre génie.
    Je pensai que seul Dieu, en nous plaçant ce soir-là sur une plage, l'un en face de l'autre, savait la suite de l'histoire : j'étais naïve. Courbet avait choisi sa proie. Il n'était pas près de la lâcher. Il avait trouvé le modèle dont il rêvait pour faire reculer les bornes de son art. L'évidence pour cet homme rustre et profond n'était pour moi encore qu'un motif d'étourdissement.

    ...

    Dans l'intimité de l'amour, cette vérité fugace, je peux montrer, donner beaucoup de moi, mais aucun homme ne m'avait demandé encore d'être la figure peinte, le symbole désigné et fixé à jamais de cet abandon.

    L'amour charnel c'est un souffle de vie sans postérité.

    J'étais prête à offrir mes jambes ouvertes sur un sofa à Gustave, pas à Courbet.

  • Un Prophète de Jacques Audiard

    Policier, drame avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif...un prophète.jpg

    Durée : 2h35min.

    Interdit aux moins de 12 ans.

    Synopsis : Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des "missions", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau...

    Tarif et désagréments divers sont à mes yeux des raisons suffisantes pour ne pas apprécier particulièrement le cinéma (le lieu). Mais quand Haut et Fort m'offre des places (j'ai gagné un concours donc inutile de les envahir de vaines supplications) et qu'une fois sur place je constate que la salle ne réunit en tout et pour tout que six personnes, le visionnage du Grand Prix du soixante-deuxième festival de Cannes se transforme en vrai partie de plaisir.

    A condition bien sûr de n'avoir pas l'âme sensible. Parce qu'il faut bien le dire, la mention "interdit aux moins de 12 ans" n'a rien de superfétatoire. Le film est dur, violent, désabusé... vrai. Si le réalisateur se défend d'une quelconque volonté revendicative, son film n'en a pas moins une dimension de documentaire dont il faut tirer des enseignements. Certes, la prison est la "solution" actuelle pour ceux n'ayant pas respecté les règles. D'accord, elle est le lieu où un Malik El Djebena quasi analphabète peut s'armer de lettres pour son improbable réinsertion future. Mais elle est surtout un espace surpeuplé où se côtoient saleté, violence sous toutes ses formes, trafics en tous genres et corruption. Un endroit où une petite frappe doit, pour survivre, devenir un criminel. Et puis c'est l'engrenage...

    Difficile de s'attacher à cet anti-héros. Pourtant, ses états d'âmes ne se réduisent à peau de chagrin qu'en passant par la case prison. Et, malgré tout, l'homme reste doué de sentiments, le loup redevient agneau pour un enfant. Pour un instant.

    De quoi relancer le débat sur les prisons françaises dont on connaît les piètres résultas largement pointés du doigt par les instances européennes... Mais qui s'en soucie vraiment ? Espérons que ce très long métrage extrêment bien réalisé et fantastiquement interprété provoquera l'indispensable déclic à qui de droit...