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amour - Page 5

  • Chronique amoureuse #19

    Et puis tu as le mec qui te laisse refouler du goulot.

    Non pas que j'ai tendance à puer du bec (j'insiste), mais comme tout un chacun, après une soirée arrosée, enfumée et une courte nuit de sommeil en (a priori) délicieuse compagnie, j'ai tendance à me réveiller avec la bouche pâteuse et l'haleine fétide.

    Cette fois-là, je n'avais pas planifié de découcher et n'avais donc prévu aucun kit de survie (culotte de rechange, brosse-à-dents, laque). Devant me rendre sur les bancs de l'amphithéâtre de la fac de droit que je fréquentais alors (plus qu'occasionnellement), je me devais au moins de me laver les dents (l'absence de changement de sous-vêtements étant moins repérable). Je demande donc tout naturellement à mon hôte de me prêter sa brosse-à-dents... et essuie un refus catégorique au motif que :

    - Non, vraiment, je peux pas, c'est trop personnel, tu comprends mon père est dentiste.

    - Et ben heureusement qu'il est pas gynéco, on se serait drôlement ennuyés sinon.

    N'empêche que dans ce cas, je serais sûrement rentrée directement chez moi la veille au soir et aurais probablement évité de nombreuses déconvenues. A commencer par les regards pincés des personnes auxquelles je me suis adressée ce matin-là.

  • Chronique amoureuse #18

    Et puis un jour, tu découvres que certains fantasmes doivent le rester.

    Non mais c'est vrai quoi, j'entends déjà ricaner dans les chaumières et fuser les petites réflexions du genre "Ca alors ! Comme ça il ne faut pas réaliser tous ses fantasmes ? Tu m'en diras tant !". N'empêche qu'avant qu'on te dise ou que tu découvres par toi-même que boire beaucoup et vite ne fera pas que ta soirée sera géniale vite mais qu'elle sera plus courte, ben tu ne le savais pas. Pour les fantasmes et la question de leur réalisation (ou non), c'est pareil. Alors profil bas s'il te plaît.

    Savoir conserver le fantasme intact, donc. Telle est la question. Ou plutôt la réponse. Car oui, qu'on se le dise, se contenter des petits sourires échangés en coin avec le Monsieur vestiaires de la piscine d'un camping du fin fond du Cher l'été de tes quinze ans plutôt que d'envoyer une lettre à la piscine d'un camping du fin fond du Cher l'été de tes quinze ans adressée au "Jeune homme des vestiaires" pour lui déclarer ta flamme, t'évitera de découvrir que derrière l'image du petit mec belle gueule bien gaulé qui enflamme tes nuits adolescentes se cache un lourdaud fan de foot à l'accent berrichon à couper au couteau*. CQFD.

    *la rédaction décline toute responsabilité quant aux préjugés honteux visant les lourdauds, les fans de foot et la culture berrichonne.

  • La nonne et le brigand de Frédérique Deghelt

    la nonne et le brigand.jpgEditions Actes Sud - 409 pages

    Présentation de l'éditeur : En reposant le recueil, elle effleura une couverture de cuir, crut d'abord qu'il s'agissait d'un carnet de correspondance mais ne put s'empêcher de l'ouvrir. C'était l'emballage d'un cahier dont les pages étaient couvertes d'une petite écriture ronde presque enfantine. Je ne savais pas ce que c'était l'amour, alors sans ce savoir je n'étais qu'une petite chose lancée sur les routes et sans arme pour affronter la vie. Il n'y avait que cette phrase sur la première page, écrite à l'encre bleue, presque délavée. Lysange eut comme le sentiment que ces phrases s'adressaient directement à elle et cela lui ôta tout scrupule pour commencer à lire ce qui avait tout l'air d'être un journal de bord.

    C'est l'histoire d'une femme, Lysange, qui découvre le journal intime d'une certaine Soeur Madeleine qui parle d'un homme loin d'être un saint, un certain Angel. Ayant adoré La vie d'une autre et encore plus La grand-mère de Jade, c'est avec gourmandise que je me suis lancée dans la lecture de ce nouveau roman de Frédérique Deghelt.

    Une lecture en trois temps. Le premier, l'impatience. Parce qu'il faut tout de même attendre la page 107 pour amorcer la lecture du journal de la nonne. Le second, l'agacement. Parce qu'une fois la page 107 passée, les chapitres alternent entre le carnet de cette nonne et les réflexions de la lectrice du carnet sur sa propre vie, or l'on ne voudrait lire que la vie de Madeleine et les pensées amoureuses de Lysange, si elles sont magnifiques au début, sont vite pesantes. Le troisième, la délectation. Parce que passé le cap de l'agacement, l'on est emporté par les deux existences, tant celle de Madeleine que celle de Lysange. Et comme à son habitude, l'auteur sait nous réserver un final aussi inattendu que délicieux. Pour conclure donc, un très beau livre, dans le lignée de la bibliographie de l'écrivain.

    Extraits :

    J'ai connu un homme dans un aéroport qui est une sorte de réponse à mes questions, un homme qui d'un regard me bouleverse et me fait rencontrer les incohérences de mes désirs les plus enfouis. J'ai connu un homme comme jamais je n'en avais rencontré. Je me replonge avec délice dans des images si folles qu'elles ont maintenant l'air nées de mon imagination. Fiction totale. Magie du souvenir qui agit comme un anesthésiant de la vraie vie. Et de tout ce qui y ressemble... Aurais-je pu nous éviter ?

    ...

    Ce qu'on vit n'a pas de sens, je me le dis souvent et, contrairement à ce que les autres croient, cela donne une signification immense à l'instant présent. Quand on peut se dire sur un simple regard, sans toi je suis sans vie, alors on sait que quelque chose est train d'arriver qui au mieux va nous illuminer, au pire nous changer. Etre à ce point enchanté, c'est à la fois merveilleux et terrible.

    ...

    Vous croyez vous donner, mais vous n'êtes à personne. Votre égoïsme vous oblige à être libre. Je vous aime ainsi. Le savoir me permet de vous aimer en vous comprenant. Je ne répondais rien. Je croyais même qu'il disait n'importe quoi. Mais j'avais pris l'habitude d'engranger les remarques de mes amants. Je pensais que les hommes qui nous aiment nous voient malheureusement très bien et qu'il faut retenir ce qu'ils disent de nous ; les douces remarques comme les plus sévères. Au bout de la vie peut-être, et grâce à leur regard, on pourrait se connaître un peu.

  • La vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre

    Editions POL - 348 pagesculture,littérature,livre,amour,roman

    Présentation de l'éditeur : La vie est brève et le désir sans fin est un livre sur les affres de l’amour, vues du point de vue masculin. Il met en scène deux hommes, l’un marié, à Paris, l’autre pas, à Londres, tous les deux amoureux de la même femme, assez énigmatique, et qui va de l’un à l’autre. Il y a celui qui hésite, et celui qui attend, tous les deux souffrent. Comment choisir ? Qui choisir ? Ce roman est l’histoire d’une inépuisable et inéluctable souffrance amoureuse plus forte que tout. Et elle est racontée de l’inimitable manière qu’à Patrick Lapeyre de la vie comme elle ne va pas. Petites touches d’une acuité et d’une intelligence qui laissent confondu. Evénements apparemment anodins qui ne le sont en fait pas du tout. Poétique de la métaphore, métaphores tellement inattendues et qui sont en réalité rien moins, une à une et peu à peu, qu’une pensée du monde. Humour profondément lucide et humain, généreux. D’où vient, lisant ce livre d’une insondable mélancolie que l’on ne puisse faire autrement que sourire, constamment sourire. Peut-être du bonheur d’avoir été reconnu ?

    Voilà typiquement le genre d'oeuvre dont je me demande comment elle a pu remporter une telle adhésion et être couronnée de succès. Si le titre est prometteur (effrayant pour certains), le contenu est à mon sens décevant. Les personnages sont désintéressants au possible, d'une vacuité sans nom : entre Louis, le mari loser taxeur trompeur, Murphy, le trader travailleur flambeur beau-parleur et Nora, l'hystérique vénale qui les fait tous deux tourner en bourrique (mais que peuvent-ils bien lui trouver ?), l'on se demande où l'auteur veut nous amener. L'on s'attend à de la passion fugace à répétition, à de la séduction chronique, à de l'ivresse charnelle et sentimentale toujours convoitée... L'on a que de la relation pathologique, sado-masochiste, exclusive, dépeinte dans une succession d'événements sans réel lien.

    La vie est vraiment trop brève pour ça.

  • Juste une mise au point

    La crise, les impôts, Noël, les soldes, l'augmentation sensibles des prix traditionnelle du 1er février... Autant de raisons qui font que le bas de laine est, pour beaucoup, passablement raplapla. Et pourtant, il faudrait encore mettre la main à la poche pour la sacro-sainte Saint-Valentin, si tant est que l'on rentre dans la logique commerciale et que l'on pense qu'il faille une date spécifique pour faire étalage de ses sentiments.

    Il existe pourtant une solution originale, non pécuniaire et engagée de se plier à ce calendrier qui est toutefois le nôtre : le message mystère. Ce dispositif inattendu est mis en place du 7 au 16 février par l'Association Valentin Haüy qui oeuvre au service des aveugles et des malvoyants. Cékoidonc ? Et bien tout simplement un message codé en braille. Il suffit de se connecter sur le site http://mystere.avh.asso.fr , de rédiger un message pour son amoureux ou son amoureuse et de le lui envoyer. A elle ou lui, attisé par la curiosité, de se connecter pour en découvrir la traduction.

    En participant à ce projet inédit, non seulement vous éviterez de faire grincer les dents de votre banquier, mais vous contribuerez à faire découvrir à l'élu de votre coeur l'utilité du braille et plus largement l'action de l'association qui aide les aveugles et malvoyants à sortir de leur isolement, à développer leur autonomie et à leur donner les moyens de vivre le plus normalement possible. Last but not least, les auteurs des plus beaux messages seront récompensés d'un dîner pour deux personnes au restaurant Dans le Noir à Paris (son concept est de vous faire dîner dans l'obscurité) ou d'un lot de 4 dvd en audio-description.

    Article sponsorisé