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éducation - Page 4

  • Chronique écolière #3

    Lorsque j'étais petite, l'on pourrait dire qu'en plus de n'être pas grande, j'étais une petite fille modèle. Davantage Madeleine et Camille de Fleurville ou Marguerite de Rosbourg que Sophie Rostopchine en somme. Mais quid de l'enfant sage comme une image ? Ben, c'est comme le Port-Salut, c'est marqué dessus. Sage donc. Comme une image rapport que l'illustré moufte rarement, on est bien d'accord sur le concept. Mais à la bonne éducation, la perfection enfantine allie en outre la tenue tirée à quatre épingles type robe claudine et surtout, l'excellence scolaire.

    Ah ça, j'étais bonne élève... D'aucuns me prédisaient même un grand avenir. Je peux dire que ça me fait bien marrer aujourd'hui. Un peu jaune quand même... Mais là n'étant pas le sujet, nous aborderons ultérieurement les façons de passer à côté d'un avenir prometteur. Ou pas. Bref, tout ça pour dire que j'étais tellement bonne élève que je tombais malade exclusivement pendant les vacances scolaires. De l'abnégation du petit singe savant, je vous jure !

    Oreillons, vacances de Pâques de petite section. Rougeole, vacances d'hiver de moyenne section. Rubéole, vacances d'hiver de grande section. Varicelle carabinée, vacances d'été de transition du CM1 au CM2. Appendicite, vacances d'hiver de CM2. Tout cela sans compter les inflammations ganglionnaires, angines et autres gastro.

    Et après, les gens s'ébaubissaient de ma passion pour la classe ! Ca se voit qu'au simple mot "vacances", c'est pas leurs anticorps qui prenaient la tangente !

  • Papeterie en ligne pour rentrée 2.0

    Il me souvient de ce temps a posteriori insouciant où, les vacances à peine proclamées, nous courions bras dessus bras dessous avec ma copine pour faire l'acquisition de notre livre sacré - l'Agenda de la rentrée scolaire prochaine - afin de pouvoir le customiser à l'envi en attendant de reprendre les cours qui, malgré nos critiques, nous manquaient sensiblement, étant l'essentiel de notre vie sociale.

    Pour ce qui était du reste des fournitures, bien entendu, il était nécessaire d'attendre la reprise effective des cours pour que chaque professeur puisse nous faire part de ses lubies. Et là, nulle course enthousiaste et précipitée mais plutôt une marche à reculons pour retarder l'affrontement d'avec la foule en délire concentrée dans le rayon Rentrée et la file interminable et râleuse agglutinée en caisse.

    Mais, bien que je sois, si besoin est de le rappeler, suffisamment jeune pour ne pas être obsédée outre mesure par mon horloge biologique même si d'aucuns me rebattent les oreilles en me précisant que l'heure tourne vite, tout ceci est d'un oldschool sans nom ! Pourquoi, mais pourquoi donc faire perdurer la tradition de nos parents consistant à se coltiner les grandes surfaces bondées, les queues d'une effrayante longueur (tsst tsst tsst...), les références de produits introuvables et les caprices des adolescents en matière de marques ? Sommes-nous corvéables à merci ? (enfin surtout vous puisque je rappelle que moi, je ne m'auto-envahis pas de moutards)

    Non Miqueline, non ! Nous ne le sommes pas. Nous voulons galérer moins pour nous éclater plus. De fait, plus un seul de nos orteils ne foulera le sol de la papeterie du coin puisqu'il existe désormais ma-papeterie.com. Du cartable à la calculatrice en passant par les agendas, les cahiers, les stylos/crayons, le nécessaire de correspondance professionnelle, le matériel de dessin, de décoration ou de scrapbooking... ce ne sont pas moins de 15 000 produits aux meilleurs prix, du discount aux plus grandes marques : Addex, Bic, Clairefontaine, Daniel Hechter, Disney, Enzo Varini, Exacompta, Fischer, Kipling, Moleskine, Pilot, Pollen, Quicksilver, Quo Vadis, Rhodia, Shaeffer, Stabilo, Stypen, Uhu, Vuarnet, sans oublier les licences Arthur et les minimoys, Barbie, Chipie, Spiderman, WALL-E, Tartine et Chocolat, Ben, Converse, Desperate Housewives, Le Coq Sportif, Oxbow, Quiksilver, Vans...

    Certes, plus besoin de patience en caisse. Mais qu'en est-il des négociations insupportables d'avec l'adolescent boutonneux exigeant des fournitures de marque bien loin de nos considérations budgétaires ? Et bien l'avantage est que, si nous ne sommes pas vieux, les ingrats, eux, le pensent. Et comme nous ne sommes pas contrariants, nous allons leur laisser croire en simulant un manque d'aptitude manifeste à surfer et en imposant un refus catégorique de lâcher la souris. Le manque de ténacité étant une des caractéristiques premières de l'âge de crise, l'adolescent finira par abandonner sa liste sur le coin de table en nous laissant mener la barque, bon gré mal gré, pour le plus grand plaisir de notre banquier. Et si d'aventure la navigation balourde n'avait rien de factice, réjouissez-vous de l'ergonomie du nouveau site : 12 "rayons" très distincts et un outil de recherche rapide.

    Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, sachez également qu'à l'occasion de son lancement, ma-papeterie.com a créé un code spécial : papeterie soit 5% de réduction sur vos achats jusqu'au 31 août et que 50 places pour le film WALL-E - en salle le 30 juillet prochain - sont à gagner.

    Bon ben, j'ai plus qu'à faire des gosses moi...

    Ouais, c'est ça !

    Article sponsorisé

  • Chronique de l'effort #20

    Ou ma vie d'hôtesse de caisse.

    Par définition, le client est à ses boutiques ce que le chien est à son maître : fidèle. De fait, quand vous travaillez dans le commerce, s'établit petit à petit une forme de relation durable avec différentes personnes. Il existe, comme pour tous types de relations interpersonnelles, diverses sortes d'interactions : courtoise, obséquieuse, vacharde, comique, de séduction et plus si affinités... pour ne citer que celles-là.

    Parmi toutes ces accointances, l'on pourrait légitimement penser que la plus insupportable d'entre elles est celle d'avec le client que l'on pourrait définir comme suit : le gros con méprisant limite insultant jamais content. Mais que nenni ! Car ce spécimen fait partie de ceux avec lesquels froideur, emportement voire impolitesse ne valent pas de blâme... sauf si le chef fait partie de son espèce.

    Non, la relation la plus excédante est celle d'avec cette personne qui, sous prétexte qu'elle vient s'acheter livres et CD trois fois par semaine et "vous avez vu, sans infidélité, toujours à votre caisse", pense qu'elle vous connaît, pire, que vous êtes proches. Du coup, les familiarités fusent et vous ne pouvez en aucun cas recadrez l'importun. C'est ainsi qu'en mars 2001, alors que je revenais passablement ballonnée d'un déjeuner entre collègues où nous avions fait gras, je me suis vue féliciter par l'un de mes dévoués cabots. Professionnelle jusqu'au bout, j'ai souri - hypocritement - en m'interrogeant sur ce qui pouvait bien me valoir des congratulations si affectées. Ce n'est qu'en relevant les yeux de ma caisse et en constatant le regard béat - bêta ? - délicatement posé sur ma protubérance abdominale que j'ai compris que j'étais boudinée à un point tel que je passais pour une femme enceinte. Du moins dans l'oeil du boulard scrutateur qui détecte le moindre petit kilo superflu et qui, sous prétexte que vous avez l'air épanoui pour des raisons très personnelles, fait une association d'idées en raccourci puisqu'il vous "connaît".

    Le pire ? J'ai dit merci alors qu'avancer l'argument de l'aérophagie aurait certainement brisé le mythe et incité le gaffeur a changer de caisse... Du coup, par la suite, dès que je le voyais pointer sa truffe de fouineur, je prenais l'air compassé de celle qui a vécu une récente tragédie. Il ne disait plus rien, l'air trop mal de celui qui s'est mêlé précocément de ce qui ne le regardait pas. Douce vengeance. 

  • Chronique amoureuse #10

    Quelle donzelle un tant soit peu abordable n'a jamais vécu ce moment pénible de soirée où, après avoir délicatement éconduit un certain nombre de prétendants, elle se fait entreprendre par un énième chacal qui, la soirée étant déjà bien avancée, est passablement éméché et donc développe un discours complétement absurde et inintéressant et ce, de surcroît, en postillonnant gaiement (même si pour certains, le vide intersidéral de l'homélie et l'écume jaillissante n'ont rien à voir avec quelque consommation déraisonnable de toute substance alcoolisée que ce soit, mais passons) ?

    Aucune donc.

    D'aucuns péroreront probablement sur le fait qu'il n'y a pas à tergiverser, il suffit de congédier l'importun de manière ferme et définitive. Sauf que.

    D'aucunes savent pertinemment que, bien que certaines exceptions soient existantes, la survie de la femme - instinctive - consiste à opérer une relation passablement sociale pour évincer le mâle prochainement atteint dans son orgueil, sous peine de le voir s'énerver voire insulter ou pire pourrir la soirée de sa conquête manquée dans une logorrhée imbitable à tendance agressive.

    Et bien mesdames et mesdames, j'ai un truc ! Bon, pas pour esquiver les boulets qui, contrairement à d'autres malheureuses espèces, ne sont pas en voie d'extinction. Mais pour obvier aux postillons et potentiellement écourter le squattage intempestif du con centré de testostérone.

    A l'occasion d'une escapade cigarette désormais à l'extérieur de tout lieu fréquenté (grrr), moment particulièrement convoité par les traqueurs de ces dames, il s'agit de veiller à toujours garder la posture suivante :

    627087553.jpg

    Oui parce qu'il faut savoir que le bonhomme de base répondant au profil du chasseur de femelle n'a aucune notion de la zone d'agression, dispose de fait d'une désagréable tendance à converser avec sa proie à moins de cinq centimètres et donc de l'arroser joyeusement des crachats de son incontinence salivaire. En intercalant sa main, prolongée d'une clope, entre sa petite personne et l'importun, la distance de sécurité est infailliblement conservée puisqu'aussi bourré et balourd soit-il, il rechigne manifestement à se faire cramer le faciès. Distance qui peut évidemment être modulée en fonction de la posture adoptée et dont l'agrandissement est proportionnel au découragement de l'indélicat, qui renonce relativement rapidement.

    Naturellement, il est inutile de se mettre à fumer pour survivre dans la jungle du convoitage amoureux, pour ne pas dire sexuel. Ca marche aussi en interposant son verre.

  • Chronique amoureuse #9

    Si la langue française est réputée pour être aussi riche que complexe, elle se révèle l'être tout particulièrement sur le terrain de la concupiscence. En cela, pourquoi, à l'instar de l'éducation civique qui a vocation à démystifier le fonctionnement occulte de nos institutions, l'Education nationale n'enseigne-t-elle pas la grammaire amoureuse et ses subtilités à sa fougueuse jeunesse ?

    Je t'arrête tout de suite, les cours de lettres ne sont absolument pas compétents pour combler cet immense vide laissé par le système éducatif de quelque contrée que ce soit dans ce qui, bien objectivement, devrait être la priorité de tous, davantage que l'argent par exemple. Ou la guerre, parce que c'est mal. Et je n'aime pas l'hypocrisie.

    Bon trêve de MissFrancisme, comme tu es exigeant, je te donne la preuve par l'exemple. En cours de Français, l'expression "en tout bien tout honneur" signifie "avoir des intentions honorables", "sans relations sexuelles illicites dans le cadre d'une relation amoureuse". Or, en classe du verbe d'Eros, cette même expression est immanquablement la formalisation verbale, convenons-en quelque peu hypocrite, d'une inexorable conclusion. Et tu vois bien que ça continue, puisque en Français, conclure est un achèvement alors qu'en langage galant, conclure est un commencement.

    Non, vraiment, tant de subtilité mériterait d'être enseignée.