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Télévision - Page 5

  • Muer

    Quand on perd un proche ou que l'on n'a pas été en contact avec une personne de notre connaissance depuis un long771f834851886a019bdfca07cdb10e06.jpg moment, on a des souvenirs, des images, de multiples réminiscences... sauf de leurs voix.

    Si la mémoire est riche, la mémoire est muette.

    Il serait temps de repenser les grilles de programmes télévisés et de commencer un travail de mémoire pour les Popstars et autres Star Academy.

    Enfin, je dis ça... 

  • Paris sous les bombes

    06ae9d40871991502ea8df5712856fce.jpgBon, puisque c'est hyper à la mode de parler de la guerre, des résistants genre Guy Môquet* et tout le tintouin d'une part et que d'autre part, j'en ai ras le bol de faire l'éloge de ce que je lis, ce que je vois et cetera, je vais être, dans cette note, totalement in & opposite.

    Donc.

    Hier soir, au lieu de vivre une vie palpitante de pure parisienne dans la ville lumière ou une expérience par procuration devant la Star'Ac', je me suis collé devant France 2 qui diffusait un téléfilm dramatique intitulé La vie sera belle réalisé par Edwin Baily.

    Résumé : durant l'Occupation, la peur et l'insécurité croissent à mesure que les tensions augmentent. Dans ce contexte, une seule alternative possible : il faut adhérer ou résister, en d'autres termes subir ou agir. Ainsi, au lycée Buffon, cinq élèves, Jean Artaud, Pierre Thomas, Lucien Laclos, Jacques Naudin et Pierre Grellier, sous l'impulsion d'un de leurs professeurs, Raymond Bourcier, décident à la fin de l'année 1941 de partir en guerre contre l'occupant. En mai 1942, à Paris, ils commettent une série d'actes de résistance contre plusieurs officiers allemands. Un mois plus tard, ils sont faits prisonniers par la police française qui les livre aux nazis...

    Et bien si la mémoire de ces jeunes résistants doit être honorée, je pense tout simplement qu'ils ont dû se retourner dans leur tombe en voyant ce téléfilm absolument complétement définitivement excessivement mal réalisé. D'une histoire captivante, dure et admirable, Edwin Baily a exécuté une prouesse de platitude telle que moi, madeleine en chef de mon statut, n'ai même pas eu les yeux humides. Pas étonnants avec des bouses pareilles que la première chaîne (mais à quel classement...) fasse des scores d'audience hallucinants.

  • Sale ça...

    En seconde partie de soirée, hier soir sur France 2, le magazine de société Infrarouge présentait le sujet Pédophilie au féminin : le tabou, réalisé par Jean-Pierre Igoux. Résumé - les hommes n'ont pas le triste apanage de l'agression sexuelle sur des enfants ou des mineurs : certaines femmes se livrent en effet aux mêmes actes criminels.

    ac97aea24fd84d688ceeb150a079c149.jpgAu delà des inénarrables drames humains, si ce n'est insurmontables du moins traumatisants à vie, ce qui m'a décontenancée est une double approche assez paradoxale. Tout d'abord, si imaginer une femme commettre de tels actes est une remise en question des fondements même de la vie, d'où ce tabou persistant encore aujourd'hui, la femme n'est pourtant ni meilleure ni pire que l'homme agresseur sexuel. Et parallèlement à cette théorie égalitariste, le sujet expliquait que si l'agression sexuelle d'une homme tournait exclusivement autour du sexe, les femmes en revanche accomplissaient ce genre d'atrocités par vengeance, désir de manipulation et perversité. En cela, je p593d753446ef80a0270f7ca684af3336.jpgense que la femme est supérieure à l'homme, malheureusement dans le mauvais sens.

    En plus des témoignages de victimes et de professionnels de la justice et de la psychiatrie, je trouve qu'il aurait pu être "intéressant" d'avoir des points de vue d'agresseuses... si tant est que les "alibis" puissent enrichir un sujet qui ne devrait pas exister.

    Sans transition (PPD sort de ce corps) : ce soir, premier cours de danse afro-cubaine avec Doudou. 

  • Little Budhia

    Dans les yeux d'un enfant, vous n'êtes jamais uniquement un papa, une maman, une nounou, un frère ou une soeur, un oncle ou une tante... Vous êtes un dieu vivant dont chaque parole est d'évangile. Entrer en contact avec n'importe quel enfant est donc une responsabilité qu'il faut toujours garder à l'esprit lorsqu'on est un adulte. Chaque mot, chaque geste, chaque activité doivent être minutieusement choisis pour ne pas perturber le bambin. Combien d'exemples avons-nous tous autour de nous de "mauvaise compréhension" ou plutôt d'interprétation par les petits de nos expressions de "grands", bien souvent très imagées, que l'innocence prend au premier degré ? La plupart du temps, ce décalage et cette naïveté sont l'objet de gentilles taquineries de nous autres adultes. Qu'il est drôle de faire marcher pour ne pas dire courir un marmot en lui racontant de douces inepties. Qu'il est bon de jouer un instant le rôle de ce dieu dont la brebis instigatrice nous déchoira bien trop tôt. Que tout cela est facile...

    Tellement facile que certains hommes ont décidé, du haut de leur suffisance et de leur cupidité, de faire rimer candeur e171b3299b70e60f0a9d1fa1386100e9.jpgavec exploitation. Ainsi, Biranchi Das, un riche Indien sans scrupules, a acheté à une mère démunie son fils mendiant pour la dérisoire somme de 800 roupies (environ 16 euros). Bien loin de toute philanthropie, la transaction n'avait pour seul intérêt que le talent de coureur du gamin. Du haut de ses quatre ans, Budhia peut aujourd'hui se prévaloir d'avoir un nouveau papa qui le fait courir marathon sur marathon et dont la dernière lubie a été de convoquer les media d'ici et d'ailleurs pour voir son cher protégé relever le défi suivant : engloutir la modique distance de 70 kilomètres. Le challenge n'étant pas suffisant en lui-même, ajoutons que le généreux Biranchi Das interdit formellement à Budhia de boire la moindre goutte d'eau pendant l'effort... mais, tel qu'il le ferait pour un âne avec une carotte, lui brandit une bouteille sous le nez pour le faire avancer. Le petit bout a donc, malgré la polémique déchirant fanatiques de cette gloire nationale et gens raisonnables ne passant pas pour autant à l'action, vaillament couru, déshydraté, avant de s'effondrer net au 67e kilomètres, l'air hagard et coupable du traitre qui n'a pas exaucer le voeu insensé de son maître. Et si je dis maître, c'est qu'au-delà de l'esclavage manifeste de cet enfant, il s'agit véritablement d'endoctrinement. Car aux déclarations de danger imminent de mauvais développement et même de décès du corps médical, le bon samaritain Das ne répond qu'une évidence : "Mais s'il meurt, il mourra en martyre". Et Budhia de dire, entre deux vomissements et alors qu'il n'est plus capable du moindre discernement, "on ne m'arrêtera jamais de courir parce que je serais un grand champion... et que si je gagne, j'aurai un vélo !".

    La procédure d'adoption n'a pour l'heure pas été interrompue par les autorités malgré les expertises médicales ayant mis en évidence la malnutrition, les carences étonnemment importantes et les problèmes déjà naissants au niveau des articulations et du coeur du prodige.

    Les mots pour dire l'atrocité me manquent...

    Cours, Budhia, cours ! vu sur Arte.

  • Ternaire en Terre Mère

    Que fait-on le dimanche quand on a fait une grosse soirée très fatigante le vendredi soir et qu'on a soigné le mal par leda3c9abb6bdf6e0770b3a40a7b7dd03d.jpg mal en refaisant une énorme soirée - LA soirée - le samedi soir ? Et bien, tout d'abord on doooort. Et ensuite, on comate devant le petit écran.

    Si ce genre de passe-temps s'avère parfois être une véritable mission quand on a eu toute sa vie les seules chaînes hertziennes et que du jour au lendemain on se retrouve avec un bouquet infini de programmes grâce à l'offre Adsl, d'où un zappage intempestif parfois usant, hier, ô miracle, je suis rapidement tombée sur un reportage passionnant et haut en couleurs : Danses de Jupiter sur France Ô.

    Superbement réalisé par Renaud Barret et Florent de la Tullaye, ce documentaire présentait à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, la vie de musiciens se battant pour survivre dans les ghettos. Parmi eux, le charismatique leader Jupiter du groupe Okwess International, qui brandit depuis vingt ans sa musique comme une arme et raconte, dans des rythmes et des mélodies riches aux couleurs de son pays, sa ville et son combat.

    La première impression a été une sorte d'étonnement quasi hallucinatoire en m'immiscant dans des existences désoeuvrées et désargentées évoluant au milieu de décombres et immondices. Mais des existences inventives qui au-delà de la misère sont en recherche incessante pour fabriquer toujours plus d'objets nouveaux, faits de bouts de bois ou de boîtes de plastique remplies qui de sable, qui de cailloux, afin d'en extraire des sonorités sans cesse renouvelées.

    De l'ingéniosité musicale.

    Exaltations mélodiques et mélodieuses, sonorités originelles et intemporelles, harmonies pénétrantes et transcendantes laissent place petit à petit à une interrogation. Celle de savoir à quoi bon s'accrocher, dans des conditions de vie insoupçonnées pour l'occidentale privilégiée que je suis, à une musique qui ne changera pas l'injustice et la précarité ambiantes.

    Et puis très rapidement, une réflexion. Qui suis-je pour savoir si la musique, la danse et les échappées artistiques collectives ne sont pas les seules offrandes non pécuniaires pour accepter. Pour supporter. Pour survivre.

    Ce reportage m'a permis d'appréhender une apparente vérité de la créativité interdisciplinaire. La littéraire que je suis avait déjà constaté l'influence de la souffrance sur la qualité de l'écrit. Il en va au final de même pour toutes les disciplines. Seule l'épreuve, qu'elle soit morale, physique, circonstancielle... est à même de mettre en exergue la pureté des lignes, la profondeur des sons. L'esthétique. L'absolu.

    A voir absolument en cas de rediff'.