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SF, fantasy, fantastique - Page 5

  • Quartier lointain, l'intégrale de Jirô Taniguchi

    Editions Casterman - 405 pagesquartier lointai.jpg

    Présentation de l'éditeur : Transporté dans la peau de l'adolescent qu'il était à 14 ans, Hiroshi redécouvre son passé en questionnant sa famille et ses amis. Il le revit également, et lorsque le jour approche où son père a disparu sans explication, Hiroshi se demande s'il peut changer ce passé ou s'il doit le revivre, impuissant. L’adaptation au cinéma de Quartier lointain est l’occasion de redécouvrir ce magnifique récit de Taniguchi dans une édition intégrale. Le « pitch » a de quoi faire rêver : comment un homme de 48 ans se réveille un jour dans le corps de ses 14 ans avant de revivre ses années d’adolescence… Mais peut-on modifier son passé ?

    S'il est certains ouvrages dont on se demande pourquoi ils sont encensés par la critique voire comment ils ont pu remporter des suffrages élitistes, aucune interrogation. Si Quartier lointain a obtenu le Prix du meilleur scénario au Festival d'Angoulême 2003, le Prix Canal BD des librairies spécialisées en 2003, le Prix de la meilleure BD adaptable au cinéma au Forum de Monaco 2004 et, par voie de conséquence, été adaptée au cinéma en novembre 2010, c'est tout simplement parce que cette bande dessinée est fabuleuse.

    Voilà qui me réconcilie avec la littérature japonaise. Traité avec une infinie subtilité, ce voyage introspectif ne peut laisser indifférent. Que ferait-on si l'on pouvait revivre sa propre histoire avec toute l'expérience accumulée au cours de sa vie ? De belles heures de retour sur soi-même pendant et bien après la lecture...

  • Hier tu comprendras de Rebecca Stead

    hier tu comprendras.jpgA paraître le 6 janvier 2011

    Editions Fernand Nathan - 264 pages

    Présentation de l'éditeur : 1979. Miranda vit avec sa mère et son beau-père dans un quartier populaire de New York, partageant son quotidien de jeune adolescente avec son meilleur ami Sal. Mais, un jour, de curieux événements surviennent : sans raison apparente, Sal se fait frapper par un garçon et il cesse soudain d’adresser la parole à Miranda ; la clé de secours de l’appartement de Miranda disparaît, et celle-ci trouve une lettre énigmatique qui lui est adressée. Cette lettre déclare : « Je viens pour sauver la vie de ton ami, et aussi la mienne. J’ai deux services à te demander ». De jour en jour, Miranda reçoit d’autres lettres de ce mystérieux expéditeur, qui semble connaître son avenir. Petit à petit, la jeune fille reconstitue le puzzle composé par son correspondant, pour découvrir les raisons de son appel à l’aide, empêcher une mort annoncée et retrouver son amitié perdue...

    Voilà un roman construit sur le déplacement dans l'espace-temps tout-à-fait agréable à lire, même si la mention "à partir de douze ans" s'adresse, selon moi, aux très bons lecteurs. En quelques occasions, le texte manque quelque peu de clarté et rend peut-être difficile la compréhension pour un lecteur peu attentif. Mis à part cela, le côté fiction hors les vampires et autres sorciers habituels de la littérature jeunesse est vraiment appréciable et offre quand même au lecteur désireux de s'évader une dimension parallèle tout en restant bien ancré dans le réel. Un bon début pour la rentrée littéraire à venir.

  • L'essence de l'art de Iain M. Banks

    Editions Le Bélial' - 271 pagesl'essence de l'art.jpg

    Présentation de l'éditeur : La Culture... Une vaste société galactique, anarchique, protéiforme, pacifique. Une société qui nous observe depuis les entrailles d'Arbitraire, vaisseau géant doué de raison en proie à un profond dilemme à mesure que nous autres, pauvres humains, nous déchirons sans relâche et détruisons notre planète sous ses yeux électroniques. Faut-il intervenir, quitte à provoquer un bouleversement qui pourrait s'avérer le plus terrible des remèdes ? En d'autres termes : notre civilisation mérite-t-elle d'être sauvée, et si oui à quel prix ? Car après tout, se frotter ainsi à la barbarie humaine peut s'avérer plus fascinant qu'on ne l'imagine... N'y a-t-il pas ici un risque pour la Culture elle-même ?

    Voilà une présentation qui donne envie tant la fiction évoquée semble proche de la réalité. Sauf que. J'avais jusqu'à présent découvert, par la généreuse entremise de Babelio, de véritables petits bijoux littéraires tels que Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, La vie d'une autre ou encore Bamako climax. L'idée ici était de doter les lecteurs d'oeuvres de SF & Fantasy. Je dois bien avouer qu'en dehors de quelques ouvrages de J.R.R. Tolkien et de Marion Zimmer Bradley, je ne suis pas grande amatrice de ce style. Ou plutôt, la découverte de certaines bd de qualité (Metronom', Les derniers jours d'un immortel) m'a fait apprécier le genre sur ce support davantage qu'en version roman. Mais n'étant pas lectrice à oeillères, j'aspire à toujours élargir mes centres d'intérêts de lecture histoire de me convaincre une bonne fois pour toutes que non, définitivement, je n'arriverai jamais à tout lire ; ce qui me comble autant que ça me frustre.

    Enfin bref, trève de digression. L'essence de l'art, donc. Je ne vous en direz pas grand chose dans la mesure où le livre m'est tombé des mains. Cela s'explique probablement par le fait que la lecture de cet ouvrage nécessite, si j'ai bien tout compris (ce qui est loin d'être le cas), la lecture préalable d'un cycle de six romans, Le cycle de la Culture. Les huit nouvelles de l'ouvrage évoque ce cycle mais pas toutes. Sauf que pour moi, aucune n'avait ni queue ni tête et je trouvais l'écriture assez rebutante. Résolument trop SF pour une béotienne du genre telle que moi. Donc pour les fans de fiction connaisseurs de l'oeuvre de Banks, ce livre est vraisemblablement une perle, pour les autres (comme moi), circulez, y'a rien à voir.

  • Metronom' de Corbeyran et Grun

    Editions Glénat - 56 pagesmetronom.jpg

    Tome 1 : Tolérance zéro

    Quatrième de couv' : Dans un avenir proche, au sein d'une société totalitaire qui écrase l'individu au profit de la toute-puissance et du mensonge étatiques, une femme mène un combat pour découvrir les raisons de la disparition mystérieuse de son mari parti en mission spatiale...

    Préface de Enki Bilal : Ecrire de la science-fiction pure est presque devenu mission impossible : tout ce qu'avaient envisagé les grands textes fondateurs du XXe siècle est advenu, à l'exception du voyage dans le temps. C'est ce que dit en substance Pierre Christin, orfèvre en cette matière-là aussi. J'y souscris sans état d'âme, sans pour autant considérer le terrain définitivement asséché, notre monde se régénérant de manière obsessionnellement immuable, avec toujours les mêmes tares, les mêmes fautes, le même cynisme. Corbeyran et Grun pointent du bout du doigt ces zones qui font toujours mal, avec une conviction et une force dont le classicisme assumé est un véritable atout. Les matières écrites et peintes sont en fusion et en harmonie, ce qui, dans le genre, est assez rare. On entre de plain-pied dans une zone grise qui est, comme il se doit, notre miroir, et où l'on voit l'homme se débattre. Un monde à la fois proche et lointain, familier et inquiétant, traversé de crises successives mais fondamentalement immobile. C'était demain, ce sera hier, c'est clairement dit.

    Un premier opus très prometteur d'une série au coeur d'un régime liberticide qui combat, entre autres, "l'une des plus insidieuses formes d'incivisme : le suicide". Cet univers n'est pas sans rappeler celui d'Orwell dans 1984 mais n'a rien d'une redite ou d'un ersatz. "Catalogué" dans la catégorie SF, ce premier chapitre, ne serait-ce que par son titre, sonne pourtant très réaliste...

    Le graphisme très esthétique nous plonge parfaitement dans l'ambiance sombre d'une politique de l'écrasement de l'individu poussée à son paroxysme. Il est incontestablement d'inspiration bilalienne ; inspiration réussie puisque le maître a signé la préface.

    Le suspens est à son comble. A quand le tome 2 ?

  • Les derniers jours d'un immortel de Bonneval & Vehlmann

    derniers jours.jpgEditions Futuropolis - 150 pages

    Présentation de l'éditeur : Depuis l'Incal, on sait que la science-fiction ne se limite pas au space opéra mais peut aussi être conte philosophique. Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval relèvent le défi avec brio, évoquant avant tout les pauvres humanoïdes que nous sommes, privilégiant les évolutions, révolutions, mutations psychologiques et philosophiques, aux progrès technologiques. Dans un futur lointain, l'univers a révélé de nombreuses autres civilisations, regroupées dans la «Communauté Universelle». Des espèces, très différentes les unes des autres, cohabitent tant bien que mal. Elijah fait partie de la «Police Philosophique» et doit, à ce titre, régler les conflits qui se produisent, le plus souvent dus à une méconnaissance de l'Autre. Une guerre intestine a d'ailleurs éclaté entre les Ganédons et les Aleph 345. La cause : un crime vieux de plusieurs milliers d'années, ayant provoqué une colère immémoriale qui resurgit et met en péril l'équilibre même de l'univers. La menace est réelle et effroyable. Elijah doit immédiatement en faire sa priorité, sans pour autant abandonner les dossiers en cours. Contre son gré et ses convictions, il se crée un second «écho», sorte de clone dans lequel sont implantées ses données personnelles. Faut ce qu'il faut ! Pourtant, interrogations et doutes de plus en plus prégnants l'assaillent. La décision de son ami de toujours (c'est-à-dire depuis des siècles !) de mettre fin à ses jours n'est pas étrangère à ce mal être. Pourquoi décider de mourir quand on peut vivre éternellement, en excellente santé, avec l'apparence que l'on souhaite et que l'on peut modifier à sa convenance ? Mais justement, dans un monde où la mort n'existe quasiment plus, où la procréation est strictement limitée, que devient la VIE ? Sans son pendant, peut-elle encore avoir un sens ?

    Si science-fiction rime avec action, c'est ici beaucoup plus avec réflexion. Vivre éternellement mais s'oublier pan après pan ? Vivre dans un monde où il faut sans cesse concilier les différentes communautés universelles alors qu'aujourd'hui les seules terriennes s'en montre si difficilement capables ? Autant de questions auxquelles chacun apportera sa réponse... après avoir découvert celle d'Elijah sous le lavis noir aérien et géométrique très sixties/seventies de Gwen de Bonneval, au fil de l'intrigue de Fabien Vehlmann. Un véritable conte philosophique sur la mémoire, l'amitié, l'amour et le sens de l'existence.

    Nous avons beau être devenus immortels, tout reste toujours une question de temps.