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SF, fantasy, fantastique - Page 4

  • Hunger games 2 de Suzanne Collins

    Editions Pocket Jeunesse - 398 pageshunger games.jpg

    Présentation de l'éditeur : Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit surtout d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des Jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...

    Après un premier tome exceptionnellement qualitatif, je redoutais que le second opus, L'embrasement, ne tienne pas le rythme. Quelle erreur ! Une fois encore, l'on se plonge à peine dans la lecture qu'il devient, toutes affaires cessantes, la priorité du moment.

    L'auteur parvient, d'une écriture fluide, à maintenir un degré de suspens digne de toutes les attentions, ne se départit pas de sa finesse d'analyse des comportements et colle parfaitement aux préoccupations de sa cible première - les young adults - (quoi que d'une manière un peu trop puritaine, typiquement américaine) tout en l'orientant toujours aussi subtilement du bon côté de la réflexion.

    Cette saga est vraiment de très haut vol et je m'en vais de ce pas dévorer le troisième.

  • Hunger games de Suzanne Collins

    Editions Pocket Jeunesse - 398 pageshunger games.jpg

    Présentation de l'éditeur : Les Jeux de la Faim. La règle est simple : 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras. Dans chacun des douze districts de Panem, une société reconstruite sur les ruines des États-Unis, deux adolescents sont choisis pour participer aux Jeux de la Faim. Le principe est simple : tuer ou se faire tuer pour remporter l'épreuve et assurer la prospérité de son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les « élus » du district Douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé... 

    Attention, poids lourd ! Si j'ai tendance à m'enthousiasmer pour la littérature jeunesse, je reconnais que rares sont les livres de cette catégorie, à l'instar de la célébrissime saga Harry Potter, à pouvoir subjuguer le public adulte qui n'en est pas la cible première. Mais là, là, il s'agit bien d'une série pour tous.

    L'auteur réussit avec talent à construire une société qui n'est pas sans rappeler l'univers concentrationnaire de 1984 tout en y incluant les codes de la génération 2011. Mais ici, la télé-réalité n'est plus un jeu, du moins pour les participants qui doivent se plier à des règles repoussées jusqu'à leur paroxysme. Pour autant, il ne s'agit pas de faire étalage de violence gratuite dont le jeune public est abreuvé jusqu'à plus soif, d'où les dérives bien connues de notre époque. Le texte est intelligent, plein d'éthique mais jamais moralisateur. De quoi faire réfléchir le lecteur en le faisant passer par de nombreuses émotions (angoisse, tendresse, révolte, etc.). N'est-ce pas le but d'une lecture enrichissante ?

    Attention tout de même à ne pas le mettre entre des mains trop anxieuses. L'ayant dévoré en une journée, j'ai réussi, du haut de mes 32 printemps, à passer une nuit agitée... Quoiqu'il en soit, j'ai hâte d'assister à l'adaptation cinématographique de ce page-turner qui promet d'être palpitante.

    Je m'en vais de ce pas dévorer le tome 2, puis le 3.

  • Rentrée littéraire : La chambre à remonter le temps de B. Berton

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    Editions Gallimard - 376 pages

    Présentation de l'éditeur : Benjamin et Céline, parents d'une petite fille depuis peu, s'installent dans une maison du Mans. Benjamin s'aperçoit qu'une des pièces fontionne comme une machine à remonter le temps. Au fur et à mesure, il augmente la fréquence de ses voyages temporels dans cette machine, afin d'échapper aux disputes avec Céline et à l'atmosphère pesante du quartier.

    Ca commençait pourtant bien. Une bonne intrigue, une atmosphère étouffante traduisant bien le contexte, du suspens malgré une certaine lenteur et surtout une donnée science-fictionnelle intéressante qui change des trop fréquentes histoires réalo-patho-nombrilistes de la littérature française. Et puis les pages ont défilé sans que je vois poindre le sacro-saint dénouement. A vingt pages du point final, à l'avant-dernier chapitre, l'auteur de l'auto-fiction fait un laïus sur les fins en eau-de-boudin, laissant espèrer qu'il n'en sera rien et que donc l'éclairage va se faire brutalement, abruptement, forcément au regard du nombre de pages restant. Mais il n'en fut rien, je suis restée sur ma faim. Désappointement. Colère. Sensation de temps perdu.

    Extraits :

    Céline était une personne qui affrontait la souffrance en solitaire. Cela avait toujours été sa réaction lorsque de sales trucs lui arrivaient. Elle avait horreur de fendre l'armure et de partager avec quiconque, fût-ce moi, ce qui la touchait profondément.

    ...

    J'étais l'un de ces millions de travailleurs en pilotage automatique qui hantent les entreprises et trouvais chaque fois miraculeux que des gens se sentent concernés à ce point par la grande comédie professionnelle.

    ...

    Je séchai le travail les jours suivants. (...) Ma démarche était hasardeuse en ce temps où le gouvernement tentait de remettre utilement le monde au travail et de durcir la politique de lutte contre les arrêts de complaisance. Les Français étaient des fainéants invétérés mais semblaient, comme moi, avoir perdu la tête ces derniers temps. Ils avaient plébiscités un gouvernement droitier qui avait augmenté la durée du travail et n'avait que le mot "efficacité" à la bouche. Nicolas Sarkozy avait été élu haut la main alors que la majorité de mes concitoyens ne rêvaient que de rester chez eux à ne rien faire, de travailler dans l'administration, lambiner au bureau, partir en retraite à 55 ans ou quitter à 16 heures pour profiter du jardin et des enfants. Nous sommes une nation paradoxale qui aime parfois se penser le contraire de ce qu'elle est. Cela m'arrivait à moi aussi. J'aimais croire que j'étais un être d'exception, que j'avais au fond de moi un potentiel (de quoi ?) inexploité et qui un jour irradierait ma propre vie et mes contemporains. En attendant qu'il se révèle à moi, cela ne m'empêchait pas d'agir médiocrement, tout en conservant une excellente image de moi, comme posée en promesse sur la table.

  • Peste de Chuck Palahniuk

    Editions Denoël - 433 pagesculture,littérature,livre,citation,sf,etats-unis,usa

    Présentation de l'éditeur : Mais qui est donc Buster Casey, alias Rant ? Dans un futur où une partie de la population est " diurne " et l'autre " nocturne " selon un couvre-feu très strict, Peste prend la forme d'une biographie orale faite de rapports contradictoires émanant de témoins qui ont connu le mystérieux Buster de près ou de loin. Garçon aux moeurs étranges, friand de morsures animales en tous genres pour certains, génial tueur en série ou répugnant individu pour d'autres, le véritable Buster Casey semble, au fil des récits, de plus en plus insaisissable et protéiforme. De quoi alimenter le mythe... Évangile subversif et grotesque où le rire donne la réplique à l'horreur, Peste décrit un monde qui marche sur la tête, où la vie est à mourir d'ennui et la mort positive et créatrice. Chuck Palahniuk explore, encore et toujours, les tréfonds de la vie moderne et dresse le portrait en creux d'une Amérique en mal de repères.

    Ce livre m'a été prêté par un bon client de la librairie avec qui j'ai en commun une véritable passion pour John Irving. Un peu étonnée de cette recommandation, j'ai mis un temps fou à me plonger dans ce livre de l'auteur du célèbre Fight Club, peu férue du registre littéraire. Et puis, je me suis fait un peu violence et quelle surprise ! J'ai adoré.

    D'abord le style est génial. Si je ne suis pas adepte de la biographie, celle-ci - aussi fictive soit-elle - est présentée sous forme de micro-interviews qui rendent le genre bien plus vivant que le schéma habituel.

    Par ailleurs, je suis souvent peu séduite voire dérangée par le trop grand écart entre les mondes proposés par la fiction ou la fantasy et la réalité. Or, ici, l'on est vraiment ancré dans un monde très proche du nôtre, si ce n'est quelques détails qui passent presque inaperçus au début ou qui ne gênent pas la compréhension mais qui s'éclaircissent au fur et à mesure de la lecture.

    Enfin, je me suis régalée de la documentation de l'auteur (cf extraits) qui donnent follement envie d'en savoir plus sur le manque d'éthique scientifique, particulièrement américain.

    En bref, de grosses réserves a priori, une excellente expérience a posteriori. Atypique, intrigante, cynique, cette fiction vaut vraiment le détour.

    Extraits :

    Echo Lawrence (chauffarde) : Ecoutez, un truc que Rant disait aux gens : "Tu es un être dfférent pour chaque personne que tu rencontres." Et parfois, Rant disait : "Tu n'existes jamais que dans le regard des autres." Et si vous voulez graver une inscription sur sa tombe, sa phrase préférée était : "Ton avenir de demain ne sera pas le même que ton avenir d'hier."

    ...

    Dr Phoebe Truffeau : Alors même que le virus commence de se multiplier et de se répandre par les nerfs sensoriels et moteurs, le sujet contaminé peut ne développer aucun symptôme pendant des mois, alors qu'il abrite la maladie et contamine d'autres sujets. Ce scénario du porteur sain semble être le cas en ce qui concerne le supposé superagent contaminant Buster Casey.

    Non, les épidémiologistes n'utilisent pas le terme de "sujet zéro". Tous sujets reponsables de dix contaminations ou plus sera à présent appelé superagent contaminant. Ce que Mary Mallon, "Mary Typhoïde", était à la typhoïde, ce que Gaétan Dugas était au sida, Liu Jian-lun au SRAS, Buster Casey l'est devenu pour la rage.

    ...

    Dr Phoebe Truffeau (épidémiologiste) : Il existe un précédent dans l'Histoire. En 1763, durant la guerre qui opposa les Britanniques aux Français pour la possession de territoires sur le continent nord-américain, l'immense population des indigènes américains se rangea en majorité du côté des Français. Dans un geste d'apaisement, en apparence, les Britanniques leur fournirent des couvertures utilisées précédemment dans les hôpitaux pour soigner les malades atteints de variole. Sans aucune défence naturelle contre la Variola major, d'innombrables Indiens d'Amérique moururent ainsi.

    ...

    Dr Phoebe Truffeau : En 1932, une étude gouvernementale identifiait à peu près quatre cents Afro-Américains comme porteurs de la syphilis. Plutôt que de les traiter, les responsables ont laissé l'épidémie se propager pendant quarante ans, afin d'étudier les différents schémas de contamination et d'autopsier les victimes au fur et à mesure. Connue sous le nom de "l'expérience de Tuskegee", cette étude menée par le ministère de la Santé publique américain ne prit fin qu'en 1972, quand un protagoniste, scandalisé, passa l'information au Washington Evening Star.

    ...

    Dr Phoebe Truffeau : En 1940, on inocula en secret la malaria à quatre cents prisonniers incarcérés dans la région de Chicago, pour que les officiels de la Santé publique puissent tester de nouveaux traitements contre cette maladie.

    ...

    Dr Phoebe Truffeau : Au milieu des années 60, l'anthropologiste américain James Neel inoculait aux membres de la tribu Yanomani, au Venezuela, le virus de la rougeole, sous une forme particulièrement virulente. Neel et son équipe de chercheurs, au lieu de traiter les malades, étudièrent la manière dont évoluait le mal dans la population, parmi laquelle des milliers d'individus moururent, afin de tester une théorie eugéniste controversée.

    ...

    Neddy Nelson : Savez-vous qu'avant ces abominables expérimentations à Auschwitz, le Dr Joseph Mengele était un anthropologiste extrêmement respecté ? Savez-vous que Mengele avait voyagé en Afrique pour y collecter du sang humain et des échantillons de virus ? Que le rêve de sa vie était d'identifier des facteurs prouvant qu'il existe une différence entre les races humaines ? Et ensuite, de créer un épidémie ciblée, raciale ?

    Savez-vous que nombre des découvertes de Mengele sont parvenues aux Etats-Unis sous le nom "d'Opération paperclip", sur quoi la CIA a blanchi et donné une nouvelle identité aux scientifiques nazis s'ils acceptaient de poursuivre les recherches.

    ...

    Neddy Nelson : Avez-vous lu le rapport Kissinger, censé avoir été remis au Conseil national de sécurité en 1974 ? Celui dans lequel Henry Kissinger prévient que la plus grande menace pour les Américains est la surpopulation dans les pays du tiers-monde ? Qu'est-ce que ça dit, déjà ? Qu'on a besoin des ressources minérales et naturelles de l'Afrique ? Que ces républiques bananières vont bientôt se casser la figure au fur et à mesure que leur population augmente ? Que le seul moyen qu'aura l'Amérique pour assurer sa prospérité et sa stabilité sociale, ce sera de dépeupler le tiers-monde ?

    Et il faudrait être surpris que le sida soit apparu vers 1975 ?

    Comprenez-vous bien ce qu'implique le mot de "dépeupler" ?

    ...

    Neddy Nelson : Ca ne vous semble pas bizarre, qu'un rapport gouvernemental prône le dépeuplement de l'Afrique, et qu'en l'espace de vingt-cinq ans des générations entières soient décimées ? Ca ne vous semble pas suspect, que d'anciennes colonies européennes possédant d'immenses richesses naturelles telles que l'or et les diamants, des pays comme le Botswana, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud, aient été les plus violemment touchés par l'épidémie de sida ?

  • Seuls de Gazzotti et Vehlmann

    Editions Dupuis

    Tome 1 - La disparition - 48 pages

    Tome 2 - Le maître des couteaux - 48 pages

    Tome 3 - La clan du requin - 48 pages

    Tome 4 - Les cairns rouges - 48 pages

    Tome 5 - Au coeur de Maelström - 48 pages

    Tome 6 - La quatrième dimension et demie - 48 pages

    Présentation de l'éditeur : Ils sont cinq... mais ils sont seuls. Il y a d'abord Yvan, 9 ans, l'artiste rigolo et carrément lâche. Il y a ensuite Leïla, 12 ans, la garçonne énergique et optimiste. Viennent ensuite Camille, 8 ans, la naïve généreuse et moralisatrice et Terry, 5 ans et demi, le gamin turbulent et attachant. Et puis, il y a aussi Dodji, 10 ans, l'ours au grand coeur. Ces cinq enfants se réveillent un matin et constatent que tous les habitants de la ville ont mystérieusement disparu. Que s'est-il passé ? Où sont leurs parents et amis ? Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans une grande ville vide et vont devoir apprendre à se débrouiller... seuls !

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    Parce que j'ai reçu en librairie un box plus que fourni de cette série à l'occasion de la sortie du tome 6, je me suis dit qu'il serait bon que je la lise enfin afin d'avoir les arguments pour la vendre massivement. Convaincue a priori que j'allais passer un simple bon moment en lisant une gentillette petite histoire pour la jeunesse, je me suis surprise à dévorer d'une traite les six tomes de ce thriller fantastique.

    Si les premier et cinquième opus se sont vus décerner, à juste titre, le Prix jeunesse 9/12 ans du Festival d'Angoulême 2007 et 2010, je pense toutefois que la série peut se révéler un peu trop angoissante pour certains jeunes lecteurs. Pour les moins sujets aux terreurs nocturnes comme pour les adultes, cette saga est un réel plaisir. Suspens à gogo et frissons garantis. Pourquoi tout le monde a disparu ? Quels sont tous ces évènements étranges ? De nombreux éléments de réponse déjà dans ces six premiers albums mais la question reste entière puisque la série est en cours.

    Pour les fans : un site dédié mais surtout, un jeu pour tenter de devenir le prochain héros de la série.