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Science - Page 3

  • Le syndrome du connard

    Permettez, avant que de commencer à écrire cette note, que je rie sous cape en pensant à tous ces poils qui se hérissent et ces coeurs qui503131763.jpg s'emballent ou s'arrêtent de palpiter - selon - à la simple lecture de ce titre. Détendez-vous, mes amants, mes amours, mes emmerdes d'autrefois ! Nulle chronique amoureuse à l'horizon, ce n'est pas aujourd'hui que vous en prendrez pour votre grade.

    Houston on a un problème.

    Ouiiii ?

    Les hommes sont déçus de ne pas être à l'ordre du jour. 

    Voyez-vous ça ! Alors quand on parle d'eux, ils protestent en nous accusant éhontément de cette mauvaise foi dont ils ne se départiront décidément jamais et quand on décide de les absoudre jusqu'à la prochaine inspiration, ils ronchonnent encore et toujours. Quelqu'un dans la salle peut-il m'expliquer pourquoi le célèbre aphorisme est "Souvent femme varie, bien fol qui s'y fie" ?

    Quoiqu'il en soit, réjouis-toi, ou pas, mais aujourd'hui je ne parlerai ni de toi, ni de toi, ni de toi, ni... Bref.

    Quid donc du susdit syndrome ? Le syndrome du connard, c'est moi. Plus exactement, j'en suis atteinte. Car, le syndrome du connard touche indistinctement les femmes et les hommes. Mais comme la règle veut que le masculin l'emporte, même si ça sonne bien, aucun "syndrome de la connasse"... Enfin, si, mais c'est autre chose. Heu... CQFD, point à la ligne.

    Pour plus de limpidité sur le sujet qui nous préoccupe ce jour, je dirais que le syndrome du connard est au malade imaginaire moyen ce que le syndrome de Cotard est à l'hypocondriaque psychotique. Puis-je... être plus explicite ? Je puis, je puis. Concrètement, ça veut dire qu'entre mes maux de tête - qui ne peuvent aucunement être liés au fait que je lis et que je surfe beaucoup trop - et la pléthore de reportages anxiogènes sur la nocivité des ondes, je suis quasi sur le point, pour freiner le développement de ma manifeste tumeur au cerveau, de ne sortir qu'avec un couvre-chef tapissé de papier d'alu. Un autre exemple pour la forme ? Mon mal de gorge et ma légère toux - qui ne sont évidemment pas les fruits des variations climatiques de ces derniers temps - semblent être les premiers symptômes d'un cancer de la gorge ou de la langue ou des deux voire pire.

    Houston...

    Ouiiii ?

    Mouahaha !

    ... Je sais...

  • Bravo M. Leclerc

    Loin de moi l'idée de faire l'apologie des distributeurs qui sont à l'origine des plus fortes augmentations de prix en cette période où notre pouvoir1275321041.jpg d'achat se réduit chaque jour davantage. Mais, quitte à subir une avalanche d'insultes de la part des pharmaciens et autres lobbistes assimilés, je tenais à saluer l'initiative publicitaire de Michel-Edouard Leclerc* concernant la vente des médicaments non remboursés.

    Naturellement, la corporation est montée sur ses grands chevaux. Mais en tant que consommatrice, je trouve ce premier pas particulièrement pertinent. Ne nous rebat-on pas sempiternellement les oreilles s'agissant du déficit de notre future feue Sécurité Sociale ? Or, si le pharmacien étaient à l'origine un expert en potions qu'il préparait minutieusement à la commande à l'aide de son mortier et de son pilon, il n'est aujourd'hui qu'un commerçant s'octroyant une marge considérable sur le prix de base d'un produit qu'il se contente de sortir d'un tiroir. Une marge telle - largement responsable du déficit - qu'il peut se permettre de racheter, sans apport, une officine à 3,2 millions d'euros et de la rembourser en seulement 12 ans ! Si les médicaments étaient en dépôt chez les médecins et vendus à prix coûtant, non seulement l'économie serait substancielle mais, de surcroît, la limitation de stockage du professionnel le conduirait à ne disposer que des médicaments essentiels et donc de réduire le problème de la prescription à outrance.

    Une vision certes utopique puisqu'à n'en pas douter les laboratoires feraient exploser les prix de base mais qui ouvre la voix à une nécessaire réflexion.

  • Question de priorités

    1557984566.jpgIl semblerait que la sainte trinité selon le scientifique soit la connaissance de l'univers, l'origine de la vie et le fonctionnement du cerveau.

    ...

    Tout ça me laisse pantoise.

    Personnellement, je serai plutôt lire, écrire et rire.

    Ou bien manger, bien dormir, me faire plaisir.

    Ou encore doucement le matin, pas trop vite l'après-midi et à fond la nuit.

    Et vous ? 

  • J'pète les plombs...

    La dernière fois, j'ai reçu une facture d'électricité complètement astronomique au regard de ma surface d'habitation. Tu vas me dire "ça n'a rien à fusible.jpgvoir". Moi je te dis que si, sans argumenter, parce que j'ai ma conscience pour moi. Donc bankrupted because of EDF.

    Après moult négociations avec l'opératrice pour comprendre le pourquoi du comment, elle m'explique que je dois faire des tests avec mon compteur pour voir s'il n'est pas défaillant, mais que pour ce qui est de la facture litigieuse, j'ai pas le choix pour cette fois-ci, je dois raquer. L'expression "payer la douloureuse" a pris toute sa mesure dans mon esprit...

    J'ai donc docilement entrepris les tests sur le boîtier pompe à fric de ma modeste demeure. Avant de tout faire sauter, j'ai commencé par couper tout ce qui pouvait l'être ; pas les fils hein, les équipements ! Chose faite, je retourne vers la molette à la rotation étourdissante qui te murmure visuellement le schling ! schling ! de chaque euro arraché à ta poche. Que vois-je ? La diligence giratoire est désespérante. Je me dis donc : cool, ça veut dire qu'il y a un problème, je vais disjoncter, ça va continuer à révolutionner et là, je pourrai les accuser de voleurs. Sauf qu'une fois le disjoncteur disjoncté, tout mouvement rotatif s'est arrêté.

    Loin de m'avouer vaincue, je me suis dit : "ah ouais, je peux pas vous prendre en flag' de vol caractérisé des économies que je n'ai pas ? Et bien à malin, malin et demi !" J'ai donc décidé de laisser disjoncté toute la journée en pensant intérieurement un niark niark bizarrement accompagné en parallèle d'une sensation de je ne sais quoi, comme quand on est persuadé d'avoir oublié quelque chose sans parvenir à remettre l'idée dessus.

    Ce n'est que le soir que j'ai réalisé l'origine de ce sentiment indéfinissable... En coupant mon compteur, j'avais par là même privé d'alimentation mon frigo et mon congélateur...

    Heureusement que ça faisait trois semaines que j'avais le complète flemme d'aller faire les courses. 

  • Les particules élémentaires de Michel Houellebecq

    Editions Flammarion - 317 pageshouellebecq.jpghouellebecq.jpg

    Quatrième de couv' : Les particules élémentaires est la chronique du déclin d'une civilisation - la nôtre - qu'illustre l'existence plate et morose de deux demi-frères, Michel et Bruno, confrontés à leur misérable condition. Car tandis que Bruno s'abîme dans une quête désespérée du plaisir sexuel, la vie amoureuse de Michel continue d'être un pitoyable désastre. Ni résigné, ni satisfait, ce dernier, chercheur en biologie, reste persuadé que ses travaux seront déterminants pour l'avènement d'une nouvelle espèce, asexuée et immortelle, et la disparition - enfin ! - de l'humanité.

    Déconcertée. Voilà le mot qui me vient à l'esprit quand je repense à cette lecture, fruit d'une délicate attention. Cynique, philosophique, scientifique, humoristique, pornographique... Malgré un certain nombre de pensées consensuelles mêlées à quelques épanchements provocateurs, l'on peut souligner un sens extrême de la formule chez notre E.T. local de la littérature. Mon seul regret est que cette rhétorique, parfois d'un manichéisme quasi enfantin, se confonde dans une histoire relativement insipide. Voulue sans aucun doute mais trop bien réussie finalement. Mais peut-on vraiment parler de déception au regard du nombre exceptionnel de perles que j'ai retenues de cette découverte ?

    Extraits :

    Ce livre est avant tout l'histoire d'un homme, qui vécut la plus grande partie de sa vie en Europe occidentale, durant la seconde moitié du XXe siècle. Généralement seul, il fut cependant, de loin en loin, en relation avec d'autres hommes. Il vécut en des temps malheureux et troublés. Le pays qui lui avait donné naissance basculait lentement, mais inéluctablement, dans la zone économique des pays moyen-pauvres ; fréquemment guettés par la misère, les hommes de sa génération passèrent en outre leur vie dans la solitude et l'amertume. Les sentiments d'amour, de tendresse et de fraternité humaine avaient dans une large mesure disparu ; dans leurs rapports mutuels ses contemporains faisaient le plus souvent preuve d'indifférence, voire de cruauté.

    ...

    Les hommes qui vieillissent dans la solitude sont beaucoup moins à plaindre que les femmes dans la même situation. Ils boivent du mauvais vin, ils s'endorment et leurs dents puent ; puis ils s'éveillent et recommencent ; ils meurent assez vite. Les femmes prennent des calmants, font du yoga, vont voir des psychologues ; elles vivent très vieilles et souffrent beaucoup. Elles vendent un corps affaibli, enlaidi ; elles le savent et elles en souffrent. Pourtant elles continuent car elles ne parviennent pas à renoncer à être aimées. Jusqu'au bout, elles sont victimes de cette illusion. A partir d'un certain âge, une femme a toujours la possibilité de se frotter contre des bites ; mais elle n'a plus jamais la possibilité d'être aimée. Les hommes sont ainsi, voilà tout.

    ...

    "J'ai jamais pu encadrer les féministes... reprit Christiane alors qu'ils étaient à mi-pente. Ces salopes n'arrêtaient pas de parler de vaisselle et de partage des tâches ; elles étaient littéralement obsédées par la vaisselle. Parfois elles prononçaient quelques mots sur la cuisine et les aspirateurs ; mais leur grand sujet de conversation, c'était la vaisselle. En quelques années, elles réussissaient à transformer les mecs de leur entourage en névrosés impuissants et grincheux. A partir de ce moment - c'était absolument systématique - elles commençaient à éprouver la nostalgie de la virilité. Au bout du compte, elles plaquaient leurs mecs pour se faire sauter par des machos latins à la con.

    ...

    "Quand il faut modifier ou renouveler la doctrine fondamentale, les générations sacrifiées au milieu desquelles s'opère la transformation y demeurent essentiellement étrangères, et souvent y deviennent directement hostiles." (Auguste Comte - Appel aux conservateurs)

    ...

    Il n'a pas su comprendre que le sexe, une fois dissocié de la procréation, subsiste moins comme principe de plaisir que comme principe de différenciation narcissique ; il en est de même du désir de richesses.

    ...

    Décidément, les femmes étaient meilleures que les hommes. Elles étaient plus caressantes, plus aimantes, plus compatissantes et plus douces ; moins portées à la violence, à l'égoïsme, à l'affirmation de soi, à la cruauté. Elles étaient en outre plus raisonnables, plus intelligentes et plus travailleuses.

    Au fond, se demandait Michel en observant les mouvements du soleil sur les rideaux, à quoi servaient les hommes ? Il est possible qu'à des époques antérieures, où les ours étaient nombreux, la virilité ait pu jouer un rôle spécifique et irremplaçable ; mais depuis quelques siècles, les hommes ne servaient visiblement à peu près plus à rien. Ils trompaient parfois leur ennui en faisant des parties de tennis, ce qui était un moindre mal ; mais parfois aussi ils estimaients utile de faire avancer l'histoire, c'est-à-dire essentiellement de provoquer des révolutions et des guerres.

    ...

    Les enfants, quant à eux, étaient la transmission d'un état, de règles et d'un patrimoine. C'était bien entendu le cas dans les couches féodales, mais aussi chez les commerçants, les paysans, les artisans, dans toutes les classes de la société en fait. Aujourd'hui, tout cela n'existe plus : je suis salarié, je suis locataire, je n'ai rien à transmettre à mon fils. Je n'ai aucun métier à lui apprendre, je ne sais même pas ce qu'il pourra faire plus tard ; les règles que j'ai connues ne seront de toute façon plus valables pour lui, il vivra dans un autre univers. Accepter l'idéologie du changement continuel c'est accepter que la vie d'un homme soit strictement réduite à son existence individuelle, et que les générations passées et futures n'aient plus aucune importance à ses yeux.

    ...

    Entre deux et quatre ans, les enfants humains accèdent à une conscience accrue de leur moi, ce qui provoque chez eux des crises de mégalomanie égocentrique. Leur objectif est alors de transformer leur environnement social (en général composé de leurs parents) en autant d'esclaves soumis au moindre frétillement de leurs désirs ; leur égoïsme ne connaît plus de limites ; telle est la conséquence de l'existence individuelle.

    ...

    De retour dans sa cuisine, il prit conscience que la croyance, fondement naturel de la démocratie, d'une détermination libre et raisonnée des actions humaines, et en particulier d'une détermination libre et raisonnée des choix politiques individuels, était probablement le résultat d'une confusion entre liberté et imprévisibilité.

    ...

    "J'avais couché avec des dizaines d'hommes et aucun ne valait la peine qu'on s'en souvienne. Nous pensons aujourd'hui qu'il y a une époque de la vie où l'on sort et où l'on s'amuse ; ensuite apparaît l'image de la mort. Tous les hommes que j'ai connus étaient terrorisés par le vieillissement, ils pensaient sans arrêt à leur âge. Cette obsession de l'âge commence très tôt - je l'ai rencontrée chez des gens de vingt-cinq ans - et elle ne fait ensuite que s'aggraver. J'ai décidé d'arrêter, de sortir du jeu. Je mène une vie calme, dénuée de joie. Le soir je lis, je me prépare des infusions, des boissons chaudes. Tous les week-ends je vais chez mes parents, je m'occupe beaucoup de mon neveu et de mes nièces. C'est vrai que j'ai besoin d'un homme, quelquefois, j'ai peur la nuit, j'ai du mal à m'endormir. Il y a les tranquilisants, il y a les somnifères ; ça ne suffit pas tout à fait. En réalité, je voudrais que la vie passe très vite."

    Michel resta silencieux ; il n'était pas surpris. La plupart des femmes ont une adolescence excitée, elles s'intéressent beaucoup aux garçons et au sexe ; puis peu à peu elles se lassent, elles n'ont plus très envie d'ouvrir leurs cuisses, de se mettre en lordose pour présenter leur cul ; elles cherchent une relation tendre qu'elles ne trouvent pas, une passion qu'elles ne sont plus vraiment en mesure d'éprouver ; alors commencent pour elles les années difficiles.

    ...

    Les jeunes filles d'aujourd'hui étaient plus avisées et plus rationnelles. Elles se préoccupaient avant tout de leur réussite scolaire, tâchaient avant tout de s'assurer un avenir professionnel décent. Les sorties avec les garçons n'étaient pour elles qu'une activité de loisirs, un divertissement où intervenaient à parts plus ou moins égales le plaisir sexuel et la satisfaction narcissique. Par la suite elles s'attachaient à conclure un mariage raisonné, sur la base d'une adéquation suffisante des situations socio-professionnelles et d'une certaine communauté des goûts. Bien entendu elles se coupaient ainsi de toute possibilité de bonheur - celui-ci étant indissociable d'états fusionnels et régressifs incompatibles avec l'usage pratique de la raison - mais elles espéraient ainsi échapper aux souffrances sentimentales et morales qui avaient torturé leurs devancières. Cet espoir était d'ailleurs rapidement déçu ; la disparition des tourments passionnels laissait en effet le champ libre à l'ennui, à la sensation de vide, à l'attente angoissé du vieillissement et de la mort.

    ...

    L'humour ne sauve pas ; l'humour ne sert en définitive à peu près à rien. On peut envisager les événements de la vie avec humour pendant des années, parfois de très longues années, dans certains cas on peut adopter une attitude humoristique pratiquemment jusqu'à la fin ; mais en définitive la vie vous brise le coeur. Quelles que soient les qualités de courage, de sang-froid et d'humour qu'on a pu développer tout au long de sa vie, on finit toujours par avoir le coeur brisé. Alors, on arrête de rire. Au bout du compte il n'y a plus que la solitude, le froid et le silence. Au bout du compte, il n'y a plus que la mort.