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Roman épistolaire, journal - Page 5

  • Rentrée littéraire : Les chagrins de Judith Perrignon

    A paraître le 18 aoûtles chagrins.jpg

    Editions Stock - 204 pages

    Présentation de l'éditeur : Il n'y a plus trace de rien là-bas. On a déversé des tonnes de sable, vissé des balançoires, planté des arbres et décrété l'insouciance. Mais la mémoire complote. Les chemins serpentent. Le terrain fait des vagues. Le tobbogan est habillé d'une tour qui ne guette plus rien. Sous le sable de ce square parisien, il y a la poussière et les secrets d'une prison de femmes. La Petite Roquette. Tout le monde a préféré l'oublier. Sauf Angèle. Nul ne lui avait dit qu'elle était née ici, quelque part sous les balançoires, le 16 novembre 1967, un quart d'heure avant l'extinction des feux. Mais sa mère vient de mourir. Helena Danec 1945-2007. Elle laisse des lettres, un vieil article de presse, et le nom de l'homme qu'elle aimait. Alors le passé ne demande qu'à surgir, qu'à faire entendre ses vertiges, sa musique, ses questions. Il voudrait comprendre. Il emprunte toutes les voix : celle d'Angèle, celle de Mila sa grand-mère, celle d'un vieux journaliste qui en sait beaucoup plus long que ce qu'il avait écrit, et même celle de l'homme qui s'est enfui. Tous racontent l'histoire d'Helena. Son chagrin. Leurs chagrins.

    Pour ne pas démentir la réputation de la littérature française, l'histoire n'est pas franchement joyeuse mais n'est pas pour autant déprimante. C'est la quête d'une fille qui découvre sa mère par-delà la mort. Qui apprend que la pire des prisons est davantage psychique que physique. Qui découvre qu'une même personne en est plusieurs, dans les différents temps de sa vie et dans les multiples yeux qui la contemplent.

    Après La couleur des sentiments de Kathryn Stockett et Le sel de Jean-Baptiste Del Amo, Les chagrins tend à prouver que cette rentrée littéraire est résolument sous le signe du roman à plusieurs voix. Et c'est tant mieux puisque la formule fonctionne à merveille.

  • 84, Charing Cross Road de Helene Hanff

    Editions Autrement - 159 pageshanff.jpg

    Présentation de l'éditeur : Par un beau jour d'octobre 1949, Helene Hanff s'adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s'écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l'intime, presque à l'amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu, 84, Charing Cross Road fait l'objet, depuis les années 1970, d'un véritable culte des deux côtés de l'Atlantique.

    Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates et Lady Susan m'avaient convaincue de ma passion admirative pour les romans épistolaires. 84, Charing Cross Road ne dément pas ce goût prononcé, même si l'analyse du texte par Isabelle Hausser en fin d'ouvrage souligne à juste titre qu'il s'agit bien plus qu'un simple roman épistolaire.

    Cette correspondance est un fruit sucré, un diamant inaltérable, une beauté incarnée. Elle prouve, s'il était besoin, que la littérature et les livres sont un bienfait pour l'âme et qu'ils ont le pouvoir de rendre les gens meilleurs. Helene Hanff était un modèle d'intelligence mais surtout de générosité, une femme drôle, coriace, cultivée, en avance sur son temps, bref, une vraie lady. Comme le prouve son parcours chaotique d'écrivain dont le couronnement fut cette correspondance (adaptée à Broadway et au cinéma), son plus grand talent était dans la vie, dans son humanité.

    Le style des lettres, d'Helene Hanff tout particulièrement, est un tel délice qu'on en vient presque à regretter que les quelque vingt années d'échanges de courriers aient été réduites à moins de 200 pages.

    Un incontournable de toute bibliothèque digne de ce nom.

  • Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

    De Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

    Editions du Nil - 391 pagescercle.jpg

    Quatrième de couv' : "Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusquà leur lecteur idéal..." Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand : le "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates". De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...

    Après Bonne à tout faire de Saira Rao, Brel par Leloir et Tant que je serai noire de Maya Angelou, j'ai eu la chance de recevoir de Babelio exactement le livre que je voulais - parmi tous ceux pour lesquels j'avais postulé plus ou moins convaincue pour certains... - et qui trônait déjà depuis un moment dans ma wish-list Amazon.

    Suite à la lecture de Lady Susan de mon adorée Jane Austen, je crois pouvoir affirmer que ce livre au titre pour le moins original m'a convaincu de mon amour pour le style épistolaire. Style aux apparences faciles - après tout, tout le monde sait écrire des lettres ! - mais qui, si l'on y réfléchit un tant soit peu, est particulièrement complexe puisque les courriers doivent être crédibles tout en définissant les personnages, les lieux, les faits... Et ici, l'exercice est accompli de mains de maîtres par l'auteur et sa nièce tant d'un point de vue technique que d'un point de vue de l'originalité de l'histoire où se côtoient humour et émotions. L'on est littéralement happé par l'intrigue à tel point que l'on ne peut se défaire de son bouquin, si ce n'est pour penser à organiser ses prochaines vacances sur l'île de Guernesey.

    Il est bien normal que ce livre ait rencontré un immense succès dont malheureusement l'auteur n'aura pu profiter, étant décédée peu de temps après avoir su que son livre - son premier - allait être publié et traduit dans de nombreuses langues. Quel meilleur hommage que de le lire ?

  • Lady Susan de Jane Austen

    lady susan.jpgEditions Gallimard - 116 pages

    Quatième de couv' : Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...

    Après Raison et sentiments, Orgueil et préjugés, Northanger abbey et Emma, Jane Austen reste définitivement une valeur sûre de la littérature. Au travers d'un chassé-croisé de correspondances entre les différents protagonistes, l'auteur dépeint ici plus que dans tout autre de ses romans l'hypocrisie et la manipulation. Le verbe et les usages sont certes d'époque, mais les thématiques n'en sont pas moins d'actualité.

    Si d'aucuns peuvent reprocher à Jane Austen une oeuvre quelque peu réitérative, Lady Susan est à n'en pas douter le roman épistolaire qui leur donnera tort.

    It's exactly my cup of tea !