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Psy - Page 4

  • Chronique féministe #6

    féminisme7.jpgParce qu'être féministe, ça n'est pas toujours donner raison aux femmes et tort aux hommes, je m'insurge.

    Je m'insurge contre ces harpies qui nous jouent la surenchère de l'émancipation et, ce faisant, deviennent à l'image des ces rustres salaces que nous critiquons tant. Qu'ont à se prouver ces femmes - du moins d'un point de vue génétique - qui, plutôt que de placer une petite blague de cul bien sentie se vautrent systématiquement dans la vulgarité et détournent automatiquement toute conversation en ce sens - si tant est qu'il y ait un mâle à l'écoute ?

    Mais pire, je me révolte contre ces furies - souvent les mêmes - qui castrent méthodiquement les hommes ayant l'audace de laisser paraître ce que l'on appelle "leur côté féminin", qui n'est ni plus ni moins que leurs émotions. Hors l'émotion n'est pas l'apanage du sexe dit faible. N'oublions pas que lors même que les femmes n'étaient - et ne sont encore en certains lieux - que des ventres soumis, les hommes souffraient également du système établi par et pour eux-mêmes. Dans une moindre mesure, certes, mais nulle souffrance, nulle brimade n'est négligeable. Un homme n'est pas sensible, un homme ne larmoie pas... Foutaises ! Un homme qui s'émeut, un homme qui s'interroge, un homme qui se livre sous le jour de ses faiblesses et de ses doutes n'en est pas moins un homme. Bien au contraire.

    Alors mesdames les mégères - peut-être devrais-je vous appeler messieurs puisque vous faites tout pour ressembler à ceux que nous avons tant dénoncés -, arrêtez de traiter l'homme nouveau de chochotte et de réclamer de l'homme, du vrai. Il est bel et bien celui-là.

    Mais restez malgré tout sur vos gardes, car derrière nombres de belles paroles du nouvel homme se cachent enocre trop souvent les actes de celui d'hier...

  • Effet mère

    S'attendrir sur un couple de futurs jeunes parents à l'air énamouré.enceinte.jpg

    S'émouvoir d'un petit bout si fragile qui sur d'autres doit compter.

    S'émotionner en pensant que l'amour et le petit bout pourraient débarquer.

    Puis se rappeler de cette immense responsabilité, bien souvent mal assumée.

    Surtout se remémorer la déliquescence de l'humanité, trop difficile à léguer.

    Donc instantanément oublier.

  • Chronique écolière #5

    Ah les proverbes !ciseaux.jpg

    Il me souvient de ce temps où je fréquentais davantage les bancs de la cafét' (plus underground que celle d'Hélène et les garçons) que ceux de l'amphithéâtre et où un camarade de promo et moi bataillions sévère à celui qui aurait le dernier dicton. Ce programme d'entraînement cérébral, certes moins complet mais aussi moins onéreux (dictionnaire vs console + jeux) et bien plus louable que celui du Docteur Kawashima, pouvait nous occuper des heures durant. Parce qu'il faut bien le dire, notre magnifique idiome regorge d'aphorismes, quoiqu'il ne s'agisse aucunement d'une spécialité régionale : l'adage n'est pas une denrée rare dans ce monde de moralisateurs.

    Sauf que moi, ça me fait quand même bien marrer cette manie de ne jamais appliquer dans la réalité les censément vérités énoncées. L'on peut nous rebattre les oreilles du fait que l'habit ne fait pas le moine, l'évidence est que nous sommes constamment jugés sur notre apparrence.

    C'est là que j'en arrive à mon propos du jour. Une maxime nous propose le principe selon lequel la vérité sort de la bouche des enfants. Mais à y regarder de plus près, personne n'écoute les petits d'Homme. Ou plus exactement, personne ne donne l'occasion aux bambins de s'exprimer - quoique là, en fait, je parle plutôt de mon époque car aujourd'hui, il faudrait plutôt apprendre à certains à la fermer, mais passons, là n'est pas le thème.

    Ainsi, alors que j'étais à la maternelle, la maîtresse nous proposa l'activité découpage. Et moi, j'adorais ça. Enfin jusque-là. Parce que ce jour-là, la maîtresse a demandé aux gauchers de lever la main. Ce que je fis, docile gauchère que je suis. Et de me retrouver avec une paire de ciseaux adaptée. Génial. Sauf que moi, j'écris de la main gauche mais je découpe de la main droite. J'ai essayé de le dire mais la maîtresse ne voulait pas m'écouter parce que "tu n'es pas toute seule ma petite Charlotte". J'ai essayé de le pleurer mais la maîtresse ne voulait toujours pas m'écouter parce que "tu fais des caprices ma petite Charlotte !". Et moi, d'exécuter de maladroits zigzags faute d'adéquate dextérité et de me faire houspiller pour mon travail de cochon. C'est trop injuste.

    Voilà comment on apprend aux enfants qu'ils n'ont pas leur mot à dire et que tout n'est que cases dans lesquelles il faut rentrer.

    Si un jour j'ai des enfants, j'espère avoir la justesse de leur apprendre à créer leur propre case.

    Ndlr : nous avertissons nos lecteurs que certaines phrases sans fondement peuvent prendre l'apparence de devises mais qu'il ne s'agit aucunement de vérités. Exemple : travailler plus pour gagner plus.

  • Homme sweet Homme

    Parce que, où que les yeux se posent, tout n'est que désespoir, échec, souffrance, la question reste de savoir si le monde est devenu terriblement difficile ou si, comme toute fin de race, l'Homme du XXIe siècle est devenu trop faible pour supporter, tout simplement, la vie.

    statue homme.jpg
  • Et le bébé était cuit à point de Mary Dollinger

    bébé.jpgJacques André éditeur - 61 pages

    Quatrième de couv' : Blanche, sous l'emprise d'une mère indigne et d'un prince qui se veut charmant, travaille dans une entreprise agro-alimentaire dirigée par un ogre. Sa vie est morne, la solitude la ronge. Puis elle croise un chat, botté, et tout devient possible. Lorsque vous aurez lu ce court roman, vous ne porterez plus le même regard sur les chats en général, et le vôtre en particulier. Un conte cruel, écrit par une humoriste à l'anglaise mais d'une tendresse toute française, qui vous rappellera ce qui s'est toujours raconté depuis la nuit des temps : les hommes et les femmes s'aiment, mais ne savent ni le montrer ni le démontrer. Quand au bébé, sa cuisson reste une affaire bien délicate.

    Après m'avoir gentiment fait parvenir ses deux premiers romans Au secours Mrs Dalloway et Journal désespéré d'un écrivain raté, Mary Dollinger m'a envoyé son petit numéro trois. J'aurais aimé pouvoir en faire une critique parfaite. Malheureusement, je ne peux que m'extasier sur le style et les multiples interrogations post-lecture qui ont le mérite d'être bien loin de l'indifférence. Car entre relation complexe mère-fille, symbolique de la castration et félinité mystique, je dois bien avouer qu'à l'instar d'Endiablade de Mikhaïl Boulgakov et de La course au mouton sauvage d'Haruki Murakami, des clés m'échappent, me donnant la nette impression d'atteindre les limites de mon intelligence.

    Je ne peux que me réjouir du fait que, d'une manière que je n'avais pas a priori envisagée, je vais contribuer malgré tout au plaisir de l'auteur et de ses lecteurs plus érudits que moi. Alphonse Allais ne disait-il pas :

    Il faut être trois pour apprécier une bonne histoire : un pour la raconter bien, un pour la goûter et un pour ne pas la comprendre. Car le plaisir des deux premiers est doublé par l'incompréhension du troisième.

    Mary, si tu veux bien me pardonner et me faire part de tes éclairages, je les attends avidement.