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Première oeuvre - Page 10

  • Rich boy de Sharon Pomerantz

    culture,littérature,livre,roman,etats-unis,usaEditions Flammarion - 493 pages

    Présentation de l'éditeur : Robert Vishniak est l'enfant chéri d'Oxford Circle, un quartier juif ouvrier de Philadelphie. Beau garçon et intelligent, il pénètre dans le monde fermé des universités de la Nouvelle-Angleterre, où les rejetons de familles riches et influentes côtoient des élèves d'origine plus modeste comme Robert qui doivent travailler pour acheter leurs livres. Cet univers lui ouvre les portes des plus hautes sphères de la société new-yorkaise des années soixante, où tout ce que Robert a appris sur les femmes, la séduction et les peines de coeur s'avère payant. Fresque magistrale sur la lutte des classes, des sexes et des sentiments, Rich boy regarde en face notre désir de réussite et de rédemption, et le prix que nous devons payer pour y arriver. Après Fitzgerald et Gatsby, Bellow et Augie March, Wolfe et son Bûcher des vanités, Sharon Pomerantz dépeint à son tour Manhattan avec toute son avarice, son ambition, son snobisme, ses passions, ses aspirations et son aveuglement. "Ce formidable roman expose les vérités cachées et les hypocrisies contenues dans les notions de classe sociale, d'identité, et dans l'expérience typiquement américaine du self-made man." Booklist

    Les auteurs américains n'ont vraiment pas leur pareil pour transcender des sujets usés jusqu'à la moelle. C'est donc captivée du début jusqu'à la fin que j'ai revisité les thèmes du rêve américain, de l'initiation sexuelle et sociale d'un jeune garçon, de la lutte des classes, de l'antisémitisme, de la famille, de la compartimentation de la société américaine, du fric du fric du fric, etc.

    Au travers de la vie pour le moins bouleversée et bouleversante de Robert Vishniak, l'on observe sous différents angles le très particulier système américain et l'on s'interroge sur la poursuite d'un bonheur au critères prédéfinis sans prendre en compte l'individualité. Pour l'auteur, qu'on le veuille ou non, l'on n'échappe jamais à ses origines ni aux schémas formatés de la société, particulièrement états-unienne. De quoi réfléchir, nous faire rêver, nous désenchanter mais nous faire sourire malgré tout. Un très beau texte, une vie passionnante, des rebondissements palpitants.

    Je suis définitivement une inconditionnelle de la littérature américaine.

  • Rentrée littéraire : L'arbre au poison d'Erin Kelly

    Editions JC Lattès - 380 pagesl'arbre au poison.jpg

    Présentation de l'éditeur : Au cours de l'été étouffant de 1997, Karen, étudiante brillante et studieuse, rencontre Biba, une orpheline originale qui mène une existence bohème dans une demeure délabrée de Highgate, en compagnie de son frère, Rex. Séduite, Karen se laisse entraîner dans leur univers fascinant et se retrouve mêlée à leur histoire familiale compliquée. Très vite, l'idylle va tourner au cauchemar... Jusqu'à la dernière page, ce roman psychologique, sombre et poétique, tient le lecteur en haleine.

    Un nouveau livre est tombé dans mon escarcelle par l'entremise du désormais médiatique Babelio. Si je me suis attachée à l'occasion de cette rentrée littéraire à ne lire pratiquement que des livres critiqués, L'arbre au poison est l'occasion de me rattraper auprès des moins chanceux du plan de com' mais non moins méritants.

    Erin Kelly nous propose ici un savant mélange de saga familiale, de roman d'amour et de polar. Des personnages construits, une atmosphère singulière et surtout, un sens du mystère particulièrement affûté font de l'ensemble une véritable réussite. L'histoire aux multiples rebondissements - bon, oui, une fois de plus il s'agit d'un page-turner - nous démontre encore et encore si besoin était que tout peut toujours basculer en un instant sans retour possible. L'on est tour à tour enjoué, étonné, horrifié, désabusé, touché, j'en passe et des meilleurs, par ce qui se joue sous nos yeux avec une dose massive de suspens et l'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur ce que nous ferions en pareille situation.

    Une approche de la relativité de la morale qui n'est pas s'en me rappeler un autre très bon livre : Le dîner d'Herman Koch.

    Extrait :

    En ce qui me concernait, j'étais encore assez immature pour ne pas être totalement dépouillée de mon innocence et tout juste assez âgée pour me rendre compte de ce qui se passait et l'apprécier pleinement. J'ignorais cependant que l'innocence est souvent confrontée à deux adversaires : l'expérience et la culpabilité.

  • Rentrée littéraire : Eux sur la photo d'Hélène Gestern

    Editions Arléa : 273 pageseux sur la photo.jpg

    Présentation de l'éditeur : Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Ses indices : deux noms et une photographie retrouvée dans des papiers de famille, qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu’Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père. Commence alors une longue correspondance, parsemée d’indices, d’abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu’on leur avait dit. Et leurs découvertes, inattendues, questionnent à leur tour le regard qu’ils portaient sur leur famille, leur enfance, leur propre vie. Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur le secret de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie. Elle suggère que le dévoilement d’éléments inconnus, la résolution d’énigmes posées par le passé ne suffisent pas : ce qui compte, c’est la manière dont nous les comprenons et dont nous acceptons qu’ils modifient, ou pas, ce que nous sommes.

    Une auteur qui nous livre un premier roman magnifique, voilà la rentrée littéraire comme je l'aime. Certes, le style épistolaire qui m'est si cher (Lady Susan, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, 84 Charing Cross Road, Les chagrins...) n'y est pas pour rien. Si l'écrivain y adjoint en plus du secret familial, de l'amour et des réflexions sur l'existence, alors il faudrait que l'écriture manque sérieusement de consistance pour que je lâche prise. Ce qui n'est ici évidemment pas le cas. Les échanges par courrier, mail et sms très bien exécutés (rappelons que l'exercice est périlleux) sont cernés de chapitres descriptifs des nouvelles photographies qui s'ajoutent aux découvertes de nos deux détectives en racines familiales. L'écriture est tellement juste que ces clichés ne peuvent faire autrement que de s'imprimer dans la rétine du lecteur qui n'en verra évidemment aucune. La quête de réponses et l'évolution de la relation entre les deux correspondants sont suffisamment addictives pour que le livre se laisse dévorer rapidement et même si l'on avance de manière un peu convenue vers le dénouement, le texte ne démérite à aucun moment et confirme, si besoin était, que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures (ou comment rejeter l'idée que certains sujets littéraires ont été consommés jusqu'à la lie). Une très belle découverte qui mérite d'être poussée.

  • Rentrée littéraire : Les morues de Titiou Lecoq

    les morues.jpgEditions Au Diable Vauvert - 450 pages

    Présentation de l'éditeur : C'est l'histoire des Morues, trois filles et un garçon, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain, continue comme un polar, vous happe comme un thriller de journalisme politique, dévoile les dessous de la privatisation des services publics et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'internet. C'est le roman d'une époque, la nôtre.

    L'auteur du blog girlsandgeeks.com nous offre avec Les morues un roman résolument moderne, entre chick'litt' pas noeunoeud, polar politique et portrait de société. Alors certes, il y a plein d'histoires en une et l'on peut avoir l'impression que ça part dans tous les sens sans vraiment qu'aucune des intrigues ne soient abouties mais je trouve personnellement que c'est ce qui donne à ce texte un tel ancrage dans la réalité et qui pousse l'identification à son paroxysme. C'est de la vraie vie, ça n'a rien de caricatural et ce sont des qualités rares chez ces auteurs qui se veulent témoins de leur époque mais bien souvent à côté de la plaque. Le tout est dynamique, émouvant, original et vraiment divertissant. Un très agréable premier roman.

  • Rentrée littéraire : L'histoire de l'Histoire d'Ida Hattemer-Higgins

    A paraître le 31 août 2011ida-hattemer-higgins-rentree-litteraire-flammarion.jpg

    Editions Flammarion - 396 pages

    Présentation de l'éditeur : Margaret, jeune femme torturée, se retrouve un jour déguenillée, tremblante et complètement perdue, en lisière de forêt aux alentours de Berlin. Elle n'a plus aucun souvenir, ni de la veille, ni des mois précédents. Deux ans plus tard, la jeune femme commence à avoir d'inquiétantes hallucinations : elle voit Berlin déformée, personnifiée. Des fantômes d'anciens nazis apparaissent aux balcons, les immeubles deviennent des formes de chair, d'os et de sang, un faucon à tête de femme la guette d'un air menaçant... Ida Hattemer-Higgins nous parle de l'amnésie, du défaut de mémoire, qu'il soit individuel ou national. Elle nous parle d'oubli, de déni, de mythes et de rédemption. Un premier roman inoubliable, écrit par une jeune femme prodigieusement douée.

    L'auteur a mis pas moins de quatre années pour venir à bout de ce premier roman. On le comprend aisément à sa lecture tant l'histoire est élaborée. Par le prisme de l'Histoire, l'auteur nous parle de ces histoires individuelles de mémoire, de culpabilité.

    J'ai tout d'abord abandonné très rapidement ma lecture, déroutée par le caractère semi-fantastique de la narration. Puis, adepte de la seconde chance, j'ai repris la tâche pour n'avoir plus qu'une envie, celle d'avoir le fin mot de cette sorte de conte métaphorique. Malgré quelques longueurs sur la fin de l'ouvrage - toujours du fait du récit fantastique -, j'ai vraiment apprécié ce livre que je ne peux comparer à aucune autre de mes lectures et qui donne un éclairage tout-à-fait audacieux sur cette ère sombre de l'Histoire que fut le Nazisme et tout ce qu'il a engendré (ou plutôt anéanti).

    La présence assez importante du personnage de Magda Goebbels - dans un portrait fantastique, encore - m'a permis de découvrir et de m'intéresser à cette femme et à ses revirements amoureux pour le moins radicaux. J'en ressort avec l'envie de lire un roman qui avait échappé à ma sélection malgré de nombreuses chroniques : Qui a tué Arlozoroff ? de Tobie Nathan.