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Première oeuvre - Page 8

  • Roman de l'au-delà de Matthias Politycki

    roman de l'au-delà.jpgEditions Jacqueline Chambon - 134 pages

    Présentation de l'éditeur : Il est parfois des matins où l’air déjà tiédi, la lumière dorée augurent bien de la journée. C’est ainsi que le Pr Schepp, entrant dans son bureau d’humeur joyeuse, reste figé d’effroi en découvrant, assise à sa table de travail, sa femme immobile, inanimée, morte. Une mort qui le ramène quarante ans en arrière, à l’époque de leurs fiançailles. Influencés sans doute par le tableau d’Arnold Böcklin, ils avaient fait un serment : le premier qui mourrait attendrait l’autre sur le rivage, afin de rejoindre ensemble l’Île des morts. Mais à mesure que les heures passent, alors que déjà les ombres s’allongent et qu’une odeur douceâtre envahit sournoisement la pièce, le professeur, toujours plongé dans le manuscrit que corrigeait son épouse, découvre, atterré, une femme tout autre qu’aimante, une étrangère. Qui ne l’attendra plus dans l’au-delà.

    Voilà ce que j'appelle un roman époustouflant. Dans ce conte onirique où se mêlent l'étrange et l'inquiétant, Matthias Politycki nous conduit, avec une infinie poésie et un soupçon de cruauté, sur des sentiers métaphysiques au frontière de la folie.

    Impossible pour le lecteur de ne pas se laisser surprendre en permanence par la narration atypique, la structure gigogne des intrigues aux rebondissements aussi incessants qu'inattendus et le dénouement imprévu et pour le moins déroutant. Ce grand final prêtera d'ailleurs à interprétation selon les lecteurs, mais je n'en dis pas plus...

    Au fil de cet étonnant récit, l'on s'interroge sur l'amour, la mort, la réalité telle qu'on la perçoit et telle qu'elle est vraiment et les mensonges que l'on se fait à soi-même et aux autres pour ne pas bouleverser l'existence. Mais ne l'est-elle pas, ne doit-elle pas l'être de toute façon ? Et peut-on vraiment connaître ceux avec qui l'on partage notre existence ou n'en a-t-on jamais qu'une représentation qui nous arrange ?

    De quoi soulever bien des questions, chercher bien des réponses et surtout, vous mettre un brin mal à l'aise. Un roman singulier qui sort résolument du lot.

  • On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Barbara Samson

    on n'est pas sérieux....jpgEditions Fixot - 155 pages

    Présentation de l'éditeur : « Ce fut ma première et ma dernière grande histoire d'amour? » Par ces mots, lors de la soirée Sidaction en avril 1994, Barbara Samson bouleversait des millions de téléspectateurs. À dix-sept ans, parce que le garçon qu'elle aimait ne lui avait pas dit qu'il était séropositif, Barbara avait été contaminée par le virus du sida.C'est cette histoire qu?elle raconte ici. Et aussi, par-delà le drame, l'histoire d'une adolescence, les espérances et les doutes, la recherche de l?amour, le don éperdu de soi, tout ce qu'elle partage avec des milliers d'autres garçons et filles. Un témoignage simple et fort, pour que son drame soit évité à d'autres, et que l'amour ne soit plus jamais porteur de mort.

    Très peu pour moi en général les témoignages à la rubrique sordide. Le 20h me suffit. C'est ma curiosité professionnelle et non mon voyeurisme qui m'a poussé à me lancer à l'assaut de ce récit tragique. Parce que préconisé par des enseignants en lycée à leurs élèves, j'ai voulu voir de quoi il retournait.

    La couleur est annoncée par la jaquette, c'est glauque. Mais l'écriture est le juste reflet de la parole et de la pensée d'une jeune fille (aucunement dépassé bien que le texte commence à dater) et je trouve ce choix de lecture très pertinent de la part des profs qui le recommandent. Au regard des statistiques toujours sombres et de l'ignorance de beaucoup de jeunes en matière de Sida, ce livre devrait être obligatoirement inscrit au programme. Parce que malheureusement, toujours et plus que jamais au "goût" du jour.

    Impossible de sortir indemne de ce texte, qui agace, qui apitoie, qui révolte, qui émeut. Et qui met en garde. Si ce ne sont pas les enseignants, à vous parents de le mettre entre les mains de vos adolescents. Puisqu'il n'est pas toujours facile de parler, cet ouvrage est une formidable opportunité de ne pas nourrir de regrets. De sauver des vies.

    Extraits :

    C'est peut-être cela que l'on cherche toute sa vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible, pour devenir soi-même avant de mourir.

    Louis-Ferdinand Céline

    ...

    On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, le coup de foudre vous atteint en plein coeur, comme une chose évidente, l'événement qui nous est dû depuis toujours. On ne l'appelle pas coup de foudre, on ne le nomme pas. Il est sensations, chaleur sur les joues, palpitations légèes au creux de la poitrine, vide dans les entrailles. Le corps retient son souffle, avance, pose pour ce regard, rien que pour lui, impatient d'être beau, anxieux de disparaître comme il est apparu, avec tout son mystère.

    C'est si beau, le mystère. Si éphémère et si violent de douceur, cet échange silencieux entre deux personnes. L'une qui arrive, l'autre qui attendait.

    Je rêve ma vie depuis ma petite enfance.

    Je voudrais m'aimer, être belle, calme, inaccessible, le genre de fille que l'on respecte, que l'on approche avec précaution, que l'on aime par-dessus tout. Et par-dessus tout je voudrais que l'on m'aime. Un jour le prince viendra.

    ...

    Si je lui disais que je n'aime de moi que l'idée que l'on m'aime ?

  • L.A. Story de James Frey

    la story.jpgEditions J'ai lu - 701 pages

    Présentation de l'éditeur : Les trottoirs de Hollywood Boulevard, Melrose Place ou Mulholland Drive résonnent d'une foule de visages anonymes venus rêver d'une vie meilleure. Parmi eux, Maddie et Dylan, un jeune couple en fuite ; Old Joe, le clochard de Venice Beach, ou encore Esperanza, cette jeune et brillante Mexicaine qui, d'humiliation en humiliation, voit s'éloigner ses espérances. Tous croient en la puissance de la cité des Anges - ville du crime, du show-biz et de la mafia. Et tous se cognent contre les murs. Car dans cette odyssée urbaine, Los Angeles n'a que faire du rêve américain.

    Avec Le dernier testament de Ben Zion Avrohom, James Frey avait marqué mon esprit de sa plume corrosive et subversive. Je ne pouvais pas n'en pas lire un autre. Mon choix s'est porté sur celui-ci après de chaudes recommandations.

    Pfiou ! Une fois de plus, ça décoiffe. Contrairement au Bûcher des vanités de Tom Wolfe qui se veut la bible romanesque new yorkaise alors que c'est juste boring, L.A. Story est l'essence même de la cité des anges, bien loin des clichés à la Beverly Hills & Cie. C'est trash, désenchanté, violent et dégradant derrière les paillettes et ça sonne juste. Frey nous décrit ici le cauchemar américain par le prisme de losers magnifiques et renforce le choc entre le rêve et la réalité en intercalant des chapitres retraçant l'histoire de la ville tant convoitée où se glissent des statistiques à faire froid dans le dos.

    C'est captivant, édifiant et ça remet les idées en place. Et un page turner de plus, un !

    James Frey rentre définitivement dans mon top ten des auteurs américains incontournables au sens incomparable de la narration.

    Extrait :

    Il y a approximativement 1 200 000 étudiants dans le comté de Los Angeles. Huit pour cent sont noirs, vingt pour cent latinos, treize pour cent asiatiques, douze pour cent viennent de l'étranger. Quarante-cinq pour cent de ceux qui entrent à l'université en sortent avec un diplôme. Les établissements les plus importants sont l'université de Californie à Los Angeles, avec 37 000 étudiants, et l'université d'Etat de Californie à Long Beach avec 31 000 étudiants. Le Hebrew College Union en possède 57, la Rand School of Policy en à 60. L'une d'entre elles à un budget annuel de 800 000 dollars. Une autre un budget de 1 milliard 700 millions. Il y a dix facultés de droit à Los Angeles, deux facultés de médecine, deux facultés de chirurgie dentaire, et treize séminaires. Cinquante-six universités délivrent des diplômes de professeurs, deux des diplômes d'astrophysique théorique avancée. Au total, les départements couvrent plus de six cents sujets, dont la production de sirop d'érable, la musicologie homosexuelle, le nazisme, la danse du Péloponnèse, le phallus, le terrorisme non violent, la psychologie solaire, la thérapie des rêves brisés ainsi que la conception et la production des séries télé.

    Une fois leurs études terminées, s'ils les terminent, certains étudiants retournent dans les cinquante Etats et cent quatre-vingt-dix pays d'où ils sont venus. Mais soixante pour cent d'entre eux restent à Los Angeles. Ils travaillent dans tous les métiers possibles, dans tous les domaines, bien que moins de trois pour cent de tous les étudiants diplômés de toutes les universités de Los Angeles travaillent dans leur domaine spécifique. Ils rejoignent une force de travail de sept millions d'autres diplômés, la deuxième force de travail de diplômés du troisème cycle au monde.

  • Le bûcher des vanités de Tom Wolfe

    Editions Le livre de poche - 920 pagesle bucher des vanités.jpg

    Présentation de l'éditeur : Tom Wolfe devrait devenir aussi la coqueluche du public français, et son Bûcher des vanités la plus sinistre, la plus drôle, la plus juste des présentations de la vie new-yorkaise. Il s'avale avec un plaisir qui ne se dément pas. Nicole Zand, Le Monde. Le roman choc de Tom Wolfe. Où il est question de la chute d'un gagneur de Wall Street. Sur fond de convulsive fresque new-yorkaise. Vraiment saisissant ! Jean-Louis Kuffer, Le Matin. Succès phénoménal aux États-Unis, voilà un pavé qui n'a pas fini de ricocher !... C'est « the » roman encore jamais écrit sur cette ville et ses épicentres mondialement nerveux : la Bourse et les conflits raciaux, l'argent, la politique, la presse, la justice, le courage et la lâcheté, du grand spectacle en cinémascope. Véronique Le Normand, Marie-Claire. Cauchemardesque, fascinant, drôle et passionnant, Le Bûcher des vanités s'impose sans doute comme le livre qu'il faut avoir lu sur ce qui est aujourd'hui la « ville moderne » par excellence. Patrick de Jacquelot, Les Échos. N'auriez-vous les moyens ou le temps de n'en lire qu'un seul, que ce soit ce Bûcher des vanités, cet incendie de mots éclairant la nuit contemporaine. Jean David, V.S.D.

    Pouah ! Ce soit-disant incontournable de la littérature américaine est d'un ennui mortel. Et il paraît que le film n'est pas mieux. Je n'irai certainement pas le vérifier, une fois m'a suffit.

    C'est longuissime à mourir et au final, je me suis dit "tout ça pour ça !". En fait, sa seule réussite est d'être à l'image du monde abjecte - Wall Street - qu'il représente. Mais il me semble inutile de s'enquiller un tel pavé pour en arriver à cette conclusion. Et pour ce qui est d'être le reflet de la vie new-yorkaise, je ne trouve pas de tout que le texte soit représentatif.

    Bref, berk. Encore un de ces "classiques" dont le succès m'échappe.

    Extraits :

    C'était dans l'air ! C'était comme une vague déferlante ! Partout ! Impossible d'y échapper !... Le Sexe !... A prendre, à saisir !... Il submergeait la rue avec une témérité insensée... Il était étalé sur toutes les boutiques ! Si vous étiez un jeune homme et à moitié en vie, quelles chances aviez-vous ?... Techniquement parlant, il avait été infidèle à son épouse. Eh bien, oui, effectivement... Mais qui diable pouvait rester monogame dans ce, ce, ce raz de marée de concupiscence qui déferlait sur le monde ? Dieu Tout-Puissant ! Un Maître de l'Univers ne pouvait pas être un saint, après tout... C'était inévitable.

    ...

    Poe, qui a vécu ses dernières années juste au nord d'ici, je crois, dans une partie de New York qu'on appelle la Bronx... dans un petit cottage avec du lilas et un cerisier... et une femme mourant de tuberculose. C'était un ivrogne, oui, bien sûr, et un psychotique peut-être, mais avec la folie des visions prophétiques. Il a écrit une histoire qui nous dit tout ce que nous avons besoin de savoir sur le moment que nous vivons maintenant... "Le Masque de la Mort Rouge"... Une peste mystérieuse, la Mort Rouge, ravage la contrée. Le prince Prospero - Prince Prospero - même le nom est parfait - le prince Prospero rassemble les meilleurs des gens dans son château avec deux ans de provisions de bouche et d'alcool, et ferme les portes au monde extérieur, contre la virulence de toutes les âmes moins bien nées, et commence un Bal masqué qui doit durer jusqu'à ce que la peste se soit éteinte d'elle-même au-delà des murailles. La fête est sans fin et sans pause et elle a lieu dans sept grands salons, et dans chacun les divertissements sont plus intenses que dans le précédent, et les invités sont attirés, peu à peu, jusqu'au septième, qui est entièrement tendu de noir. Une nuit, dans cette dernière pièce, apparaît un hôte revêtu du costume le plus approprié et le plus horriblement beau que cette assemblée de masques réjouis ait jamais vu. Cet hôte est habillé comme la Mort, mais d'une manière si convaincante que Prospero s'en offense et ordonne qu'on le jette dehors. Mais personne n'ose le toucher, et la tâche revient dont au Prince lui-même, et à l'instant où il touche ce masque terrible, il tombe raide mort, car la Mort Rouge est entrée dans la maison de Prospero... Prospero, mes amis... Maintenant, la partie la plus exquise de cette histoire c'est que les hôtes ont, d'une manière ou d'une autre, toujours su ce qui les attendait dans cette pièce, et pourtant, ils étaient irrémédiablement attirés vers elle, car l'excitation est si intense et le plaisir si débridé, et les vêtements, et la nourriture, et les boissons, et la chair si somptueux - et c'est tout ce qu'ils ont. Familles, maisons, enfants, la grande chaîne de l'être, l'éternelle marée des chromosomes ne signifie plus rien pour eux. Ils sont liés entre eux, et ils se tournent autour, sans fin, particules d'un atome maudit - et que pourrait bien être la Mort Rouge, sinon une sorte d'ultime stimulation, le nec plus ultra ? Donc, Poe a été assez gentil de nous écrire le dénouement il y a plus de cent ans.

  • Cible mouvante de Ross MacDonald

    cible mouvante.jpgEditions Gallmeister - 278 pages

    Présentation de l'éditeur : Comme beaucoup de millionnaires du sud de la Californie, le magnat du pétrole Ralph Sampson a d'étranges fréquentations. II y a ce saint homme qui vénère le soleil et auquel Sampson a autrefois offert une montagne entière, et cette actrice oubliée, versée dans l'astrologie et les pratiques sadomaso. Mais voici que le détective privé Lew Archer est engagé par la femme de Sampson pour retrouver son excentrique mari dont les "amis" ont peut-être arrangé le kidnapping. Pour mener à bien son enquête, il devra naviguer entre les sanctuaires des mégariches californiens et les boîtes de jazz sordides. Cette première enquête de Lew Archer plonge dans un univers où s'entremêlent sexe, avidité et rancoeurs familiales. Un classique du roman noir qui transcende le genre.

    Si j'ai choisi ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique du mois de mai organisée par Babelio, c'est parce que je n'achète jamais de polars, n'étant pas férue du genre. J'ai donc décidé que désormais, cette opportunité serait l'occasion de recevoir des livres que je ne lirais pas par ailleurs, même si je continue à postuler pour mes ouvrages de prédilection bien sûr mais le hasard à bien fait les choses en m'évitant un cantonnement trop facile.

    Ce roman policier typique a eu au moins le mérite de me retenir jusqu'au point final. Mais, si je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, je dois quand même avouer qu'il ne répond pas vraiment à la conception que je me fais d'un polar. Certes, il se lit très facilement mais pour ce qui est du suspens, là, c'est plutôt le vide intersidéral. L'auteur n'a pas le style qui tient en haleine. On suit de façon plan-plan l'enquête et le dénouement n'a rien de très étonnant. Peut se lire sans réfléchir et ne donne pas du tout l'envie de se prendre pour un fin limier. Au final, le livre est un peu fadasse.

    Extraits :

    - D'où diable avez-vous surgi comme ça ? demandai-je à Taggert.

    - Du grand partout, pile dans l'ici-même.

    - Ne jouez pas à ça avec moi, dis-je en grognant. Je ne suis pas d'humeur.

    - Désolé, dit-il d'un ton sérieux. Je cherchais Sampson. Il y a un tripot là-bas, le Wild Piano. Sampson m'y a emmené, un soir, et je me suis dit que je pourrais y prendre de ses nouvelles.

    - C'est aussi ce que je m'étais dit. Vous avez vu comme on m'a répondu.

    - Comment vous êtes-vous retrouvé là ?

    J'avais la flemme de lui expliquer.

    - J'y suis entré sur un coup de tête. Et j'en suis sorti sur un coup de poing.

    ...

    J'avais vu plus d'une fois des feulements de chat virer aux gros coups de griffes.

    ...

    - Tu aurais dû rester, dis-je. Ce job t'apportait un tas de satisfactions.

    - Et sacrément peu d'argent. J'y suis resté dix ans et j'en suis parti plein de dettes. (Il m'adressa un regard narquois.) Et toi, pourquoi es-tu parti de la police de Long Beach, Lew ?

    - Pas vraiment pour des raisons d'argent. J'étais allergique à la troudeballo-succion. Et je n'aimais pas les magouilles politiques.  De toute façon, ce n'est pas moi qui suis parti, on m'a viré.