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Première oeuvre - Page 4

  • Une vie plus une vie de Maurice Mimoun

    une vie plus une vie.jpgÉditions Albin Michel - 200 pages

    Présentation de l'éditeur : « Maurice Mimoun est un chirurgien fameux, aimé fidèlement par ceux qui grâce à lui ont pu retrouver leur apparence physique même après les plus désastreuses blessures. À la compétence médicale est liée chez lui une exceptionnelle connaissance de la vie ; c’est grâce à elle que ce livre a pu naître : le vrai roman d’un vrai romancier. Dans ses personnages il ne faut pas chercher quelque autobiographie dissimulée, mais les grands thèmes de l’existence humaine : le corps, la douleur, l’amitié, la peur, la fatigue, la fidélité, la trahison, la vieillesse… Et la mort - avec une étonnante imagination onirique il s’interroge : sera-t-il possible un jour de la chasser de nos vies ? » Milan Kundera

    Ma note :

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    Broché : 15 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Dans les couloirs des hôpitaux, les centres de rééducation, les cabinets de kinésithérapie ou même indépendamment de tout cadre de santé... N'en déplaise aux intéressés, les chirurgiens ne jouissent pas à proprement parler d'une réputation glorieuse, humainement parlant. Souvent jugés d'une suffisance arrogante, nombre de patients déplorent leur manque d'égard, leur déplorable écoute, leur mépris de la communication et leur absence d'émotionnalité. Bref, souvent réduits à des numéros de chambre ou des pathologies plutôt que d'être considérés comme des individus en souffrance, les malades doivent trop souvent ajouter à leurs maux la douleur provoquée par le manque d'humanité des coupeurs de mou. Si vous en doutez encore, interrogez les habitués des blouses blanches (votre humble serviteuse) ou lisez Hors de moi de Claire Marin.

    Pourtant, Une vie plus une vie, véritable Jules et Jim dans les couloirs d'un hôpital, en abordant tous les grands thèmes de la vie avec émotions et sensibilité, témoigne d'une indiscutable humanité et d'une connaissance aigüe et attentionnée de l'âme humaine. En revisitant le triangle amoureux dans ce premier roman, il y a fort à parier que le Docteur Maurice Mimoun, directeur du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique de l'hôpital Saint-Louis et du centre de traitement des brûlés, redore un peu le blason des couturiers de la chair. Et se fasse une place de choix dans le monde des lettres puisque le taiseux romancier tchèque Milan Kundera a brisé son légendaire silence sur la production contemporaine pour louer le texte de Maurice Mimoun dont il signe d'ailleurs l'élogieuse quatrième de couv' et le bandeau.

    Depuis l'enfance, Rania, Simon et Tom entretiennent une amitié fusionnelle qui évolue naturellement en grandissant. Mais l'alchimie amoureuse qui règne entre eux est complexe. Devenue chirurgienne, Rania devrait logiquement choisir le discret et sensible Simon, brillant chercheur en cancérologie. C'est pourtant l'arrogant et hypocondriaque homme d'affaires Tom qui deviendra son époux... Ce choix est-il raisonnable ? Raisonné ? L'amitié pourra-t-elle survivre à l'amour ? À la mort ?...

    C'est donc bien d'amitié et d'amour dont il est question dans ce roman, avec tout ce que ces notions impliquent d'incompréhensible et d'irrationnel. Au-delà d'une analyse des sentiments, ce texte romantique amène à une profonde réflexion existentielle en évoquant brillamment l'éthique médicale, la quête d'éternité, la folie et, évidemment, la mort.

    C'est sans doute parce que le médecin ayant troqué son scalpel pour une plume est un témoin privilégié des êtres dans leur fébrilité la plus nue entre Vie et Mort qu'il parvient avec intensité et authenticité à retranscrire leurs blessures, leurs solitudes, leurs secrets, leurs angoisses, tout autant que leurs plaisirs, leurs désirs, leurs moments de communion, leurs instants magiques.

    De ce premier roman, Maurice Mimoun confie que "ciseler les mots est aussi difficile que faire de la chirurgie". Il faut croire que la maîtrise du bistouri prédispose à celle de la plume puisque le chirurgien-écrivain signe un roman délicat, esthétique et émouvant, empreint de lyrisme et de poésie. Entre réalité et onirisme, il fouille sans pathos les états affectifs de l'âme et interroge avec finesse les désirs d'éternité.

    Ils en parlent aussi : Télérama, Marie-Claire, Claire.

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    Sashenka de Simon Montefiore

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    La silencieuse d'Ariane Schréder

    Les déferlantes de Claudie Gallay

    Ce parfait ciel bleu de Xavier de Moulins

    Extraits :

    Il faut n'écrire que des livres dont l'absence fait souffrir.

    Marina Tsvetaïeva

    ...

    Le début de l'amour, c'est peut-être ça, un mouvement inversé qui vient contredire un rythme. Un contre-courant.

    ...

    - Quand deux arbres grandissent côte à côte, leurs couronnes se pénètrent, se mélangent. Quand les arbres sont timides, leurs branches ne s'élancent pas l'une vers l'autre, mais seulement vers le haut. Elles s'évitent, se bloquent à quelques dizaines de centimètres de distance. Vue du sol, une fente claire se dessine autour de la couronne. C'est la fente de timidité.

    - Étrange !

    - Il y a peu d'arbres timides.

    Tandis qu'elle lui parlait, elle réalisa qu'elle se tenait elle-aussi à une dizaine de centimètres de Simon.

  • La femme du tigre de Téa Obreht

    Éditions Calmann-Lévy / Livre de poche - 427 pagesla femme du tigre.jpg

    Présentation de l'éditeur : Dans un pays des Balkans qui se remet d'un siècle de guerres, Natalia est chargée de vacciner les pensionnaires d'un orphelinat. Autour d'elle, tout n'est que superstitions. Les épidémies seraient des malédictions, les morts, des forces vives. Natalia rattache ces croyances absurdes aux contes que lui a transmis son grand-père. Mais l'histoire la plus extraordinaire, celle de la femme du tigre, il l'a emportée dans la tombe. En confrontant présent, souvenirs et légendes, Natalia comprendra les errements des générations passées, et les travers de la sienne.

    Traduit de l'anglais par Marie Boudewyn.

    Ma note :

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    Broché : 20,80 euros

    Poche : 7,10 euros

    Un grand merci aux Éditions du Livre de poche pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Abandon en page 191. N'ayant jusqu'alors jamais été déçue par la sélection Prix des lecteurs du Livre de poche donc ce titre fait partie pour le cru 2013, j'ai repoussé au maximum mes limites de lecture pour rentrer dans le premier roman de cette jeune auteur serbo-américaine.

    Téa Obreht a beau être la plus jeune lauréate de l'Orange Prize 2011, avoir reçu le Prix Pages des Libraires 2011, figurer sur la liste du New Yorker des "vingt auteurs de moins de quarante ans à suivre" et les critiques d'ici ou là ont beau être plus élogieuses les unes que les autres, las ! Impossible pour moi d'être absorbée par ce récit.

    D'aucuns le qualifient d'émouvant, de drôle, de magique... D'autres saluent l'adresse narrative de l'auteur, son souffle, sa profondeur... De ce texte mêlant passé et présent, faits historiques et légendes traditionnelles, je n'ai pas réussi à détecter l'ambition de l'auteur de redonner une unité à une région décomposée et divisée par les conflits. J'ai trouvé l'ensemble assez décousu, sans véritable fil conducteur si ce n'est excitant du moins donnant un minimum envie de tourner la page. Bref, je me suis ennuyée. Si Téa Obreht possède de réelles dispositions d'écriture, elle manque à mon humble avis d'un certain sens de l'intrigue.

    Peut-être ce livre n'est-il pas arrivé au bon moment dans mon chemin de lectrice ? Peut-être lui redonnerai-je une chance ? Peut-être n'est-il tout simplement pas à mon goût...

    Ils en parlent aussi : Kathel, Yspaddaden, Lady K.

    Extrait :

    "Tu ne trouves pas ça magique ? Tout le monde dort sauf nous."

  • Jours heureux à Flins de Richard Gangloff

    jours heureux à flins.jpgÉditions Albin Michel - 229 pages

    Présentation de l'éditeur : Mai 68, Flins, l’usine-modèle de ce qu’on appelle alors la Régie Renault. Pendant que la société se soulève, à mille lieux des « cadences infernales », Bertrand l’utopiste, Marie la révoltée, Luc le débrouillard, Ginette la bonne copine pas farouche et Gilbert, le populaire patron du comité d’entreprise, fréquentent « Le Cinq », un bar clandestin, tout en se moquant des ordres lancés par une hiérarchie grotesque. Ils font des courses sauvages en R8 Gordini et arrêtent les chaînes de montage lorsque l’envie de batifoler les prend. Combines, truandes, coulage… on profite de la vie dans une bonne ambiance. Jusqu’au jour où la paye des employés est volée, probablement grâce à des complicités internes, semant la panique au sein de l’usine. Qui sont les auteurs de ce braquage ? Dans cette désopilante chronique où une bande de copains se débrouille pour s’en sortir, Richard Gangloff dresse le tableau iconoclaste d’une époque dont nous avons tous une certaine nostalgie.

    Ma note :

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    Broché : 17 euros

    Ebook : 11,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce premier texte de l'auteur.

    Dans la catégorie premier livre où tout est aussi vrai que romancé et surtout aussi drôle, émouvant et haletant qu'une histoire des Pieds Nickelés : Jours heureux à Flins de Richard Gangloff, parution de ce mois de mars des éditions Albin Michel.

    Par le biais des folles aventures d'une bande de camarades travailleurs de l'usine Renault-Flins, l'auteur donne à (re)vivre une certaine réalité du monde ouvrier de la fin des années soixante, dont les incontournables événements de mai 68.

    Fruit de son expérience, de ses rencontres et de son imaginaire, Jours heureux à Flins n'est ni un reportage, ni un livre témoignages, ni un manifeste pour la lutte des classes - même si les gars cool sont les petites mains et les ringards, les cols blancs. Mais sous ses allures de roman divertissant avec pour trame de fond un pan entier du patrimoine français, Richard Gangloff amène, sans toutefois en faire un roman engagé, une certaine réflexion sur le monde du travail d'hier et d'aujourd'hui.

    Malgré l'exploitation, les cadences infernales, la vision offerte par l'écrivain donne à croire, vu de 2013, qu'il y avait des avantages, une certaine considération, un certain respect du travailleur et surtout une possibilité à jouer avec le système pour compenser le quotidien - au risque quand même de se brûler les doigts... -, qui n'existent plus à l'heure actuelle. Et que, malgré une lutte des travailleurs non encore aboutie et le fait que le travail était au centre de la vie, il y avait de vraies raisons de s'en accomoder ou de réels potentiels à s'en affranchir, contrairement à aujourd'hui.

    De ce récit et ses vrais-faux personnages aux tribulations épiques émane une tendresse qui parvient à rendre nostalgique même le lecteur n'ayant pas vécu cette époque ; nostalgie pour ma part renforcée par le souvenir des anecdotes de ces anciens de ma famille passés par Flins.

    Un passé pas si lointain où la solidarité avait encore un sens... Un bien joli roman dont on aimerait qu'il (r)éveille certaines consciences...

    Retrouvez la page Facebook du roman avec documents d'archives et vraies photos des personnages à la clé !

    Ils en parlent aussi : Véronique, 20 minutes.

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    Le club des incorrigibles optimistes & La vie rêvée d'Ernesto G. de Jean-Michel Guenassia

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    La calèche de Jean Diwo

    Marthe et Mathilde de Pascale Hugues

    Le café de l'Excelsior de Philippe Claudel

    Extraits :

    Avant de s'asseoir pour écrire,

    Il faut se lever pour vivre...

    François Truffaut

    ...

    (...) connaître son point faible, c'est déjà une force.

  • Les arbres voyagent la nuit d'Aude Le Corff

    les arbres voyagent la nuit.jpgÉditions Stock - 293 pages

    Présentation de l'éditeur : Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l’école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n’est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu. Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l’approcher. C’est autour de la lecture du Petit Prince qu’ils échangent leurs premières confidences. En côtoyant Manon, le vieil homme va rencontrer d’autres voisins : Sophie, une femme singulière qui le met mal à l’aise, et Pierre, le père de la fillette. C’est tous ensemble qu’ils entreprendront un voyage inattendu jusqu’au Maroc.

    Ma note :

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    Broché : 19 euros

    Ebook : 13,99 euros

    Un immense merci à l'auteur pour m'avoir généreusement proposé de découvrir son roman en avant-première, pour son adorable dédicace et aux Éditions Stock pour avoir mis le livre à ma disposition.

    Je ne cesserai jamais de le répéter, j'ai un sérieux faible pour les premiers romans. Ils ont comme un supplément d'âme qui donne à sentir que l'auteur, si ce n'est débutant du moins primo-édité, met ses tripes dans son verbe, trempe sa plume dans son sang. C'est donc avec une gourmandise et une tendresse non dissimulées que je me lance dans les oeuvres premières en général et que je suis partie à l'assaut de celui d'Aude Le Corff en particulier, qui fait ses armes aux éditions Stock, excusez du peu.

    Loin d'être freinée dans mon élan enthousiaste a priori, j'ai découvert un livre magnifique dépassant largement mes attentes. Comme promis en jaquette - rédigée à la perfection par l'auteur elle-même si je ne m'abuse -, l'on y trouve de nombreux personnages, un sacré mélange générationnel, un drame, des blessures diverses. Et puis de jolies choses... Tout ce beau monde est réuni pour un périple le conduisant, ainsi que le lecteur, de la France au Maroc en passant par l'Espagne.

    En bon road trip qui se respecte, le voyage est, pour chacun des protagonistes, moins géographique que spirituel. Véritable quête identitaire où l'on se trouve soi-même en cherchant l'autre, ce bout de chemin partagé tout en émotions est étonnant dans son rythme. Si dans un premier temps, la vie semble figée, le vol suspendu du temps laisse rapidement place à l'urgence de l'expédition. Pourtant, la douceur de l'écriture est constante mais la cadence de lecture quant à elle est effrénée dès les premiers paragraphes tant ils vous happent dans ce morceau de présent que l'on fait sien pour un moment et dont on veut à tout prix connaître le dénouement.

    Aude Le Corff parvient avec brio et surtout authenticité à se glisser dans la peau d'une enfant, d'adultes de tous sexes, d'un vieil homme. Une aisance qui laisse deviner une personne sensible, fine observatrice, attentive aux gens. Et de nous embarquer dans son histoire au style infiniment poétique parsemé de déclarations d'amour à la littérature laissant entrevoir aussi l'amoureuse des lettres.

    Si j'aime à rêver par le prisme de grandes destinées, j'ai une affection particulière pour les héros ordinaires qui se cognent à la vie, auxquels on s'identifie plus profondément tant ils nous ressemblent dans leurs bonheurs et leurs épreuves, réalités simples et complexes de la vie, la vraie. L'on ne peut que s'attacher à Manon, Anatole, Sophie, Pierre, Anaïs et leur souhaiter le meilleur. Mais la vie étant rarement un conte de fée, comment finira cette fable du réel ? Il faut le lire pour le découvrir !

    Après cette première oeuvre plus que réussie soutenue par les prestigieuses éditions Stock, il y a fort à parier que le nom d'Aude Le Corff saura s'inscrire dans le temps et sur d'autres couvertures. C'est tout ce que je lui souhaite, en plus du voeu que Les arbres voyagent la nuit se vende et se lise, car ce livre de toute beauté le mérite sincèrement.

    Si besoin était d'en rajouter pour achever de vous convaincre de lire cette petite pépite, je dirais que la présentation du livre, dans sa dimension du lien fort entre le vieil Anatole et la petite Manon, m'avait instantément remis en mémoire L'élégance du hérisson. Si la ressemblance entre ces deux histoires s'arrête là, elles ont un second point commun mais non des moindres : l'intelligence et la beauté de la narration. Alors si vous avez aimé l'un, précipitez-vous sur l'autre !

    Ils en parlent aussi : Delphine.

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    L'élégance du hérisson de Muriel Barbery

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    Un été de trop d'Isabelle Aeschlimann

    Dieu est un pote à moi de Cyril Massarotto

    Ce parfait ciel bleu de Xavier de Moulins

    L'amour sans le faire de Serge Joncour

    Extraits :

    Quelles perspectives lui offre-t-on en prolongeant cette agonie ? Supporter une existence devenue morne et pesante, sans but ni projet ? Contempler avec impuissance ses forces s'envoler une à une ? Consulter sans relâche kinés et médecins pour atténuer quelques secondes la douleur qui le mine, mais aussi pour sentir encore le contact de mains mêmes inconnues sur un corps qui n'attire plus personne ? Subir l'humiliation des sphincters qui lâchent, des premiers incidents en public, en baissant les yeux devant les passants amusés qui n'ont pas conscience que, bientôt, leur tour viendra ?

    ...

    Pourquoi le temps s'écoule-t-il à sens unique ? L'homme ne peut aller que dans une seule direction, de la jeunesse vers la vieillesse, de la naissance vers la mort, de la fraîcheur vers la décrépitude, de l'aube vers le crépuscule. Les cerisiers dépérissent en automne et refleurissent au printemps, dans un éternel recommencement que nous ne connaîtrons pas.

    ...

    Quand Anaïs lisait, elle n'entendait plus rien, son environnement s'effaçait, son esprit s'envolait.

    ...

    - Comment on sait qu'on est dans un rêve ou qu'on ne l'est pas ?

    Il sourit :

    - Très bonne question.

    - Il suffit de se pincer, et si on dort, on se sent tomber dans un précipice et on se réveille, non ?

    - Oui, mais qu'est-ce qui te dit que tu ne te réveilles pas dans ton rêve, et que ton rêve n'est pas la réalité ?

    ...

    La réalité prend parfois des allures surprenantes, surtout quand on traverse des épreuves pénibles.

    ...

    On perd l'habitude d'exprimer ses sentiments avec les années. Or, sans manifestation de tendresse, que reste-t-il à l'autre ? Un affreux sentiment de vide et de solitude ; l'impression de ne plus exister.

    ...

    - Le plus dur quand on est catalogué atypique, c'est-à-dire potentiellement dangereux, c'est que certain ne font même pas l'effort de nous connaître et d'aller au-delà de l'apparence. On est noir, transexuel, handicapé, dont jugé à travers un prisme qui nous déforme. On suscite peur et méfiance, il vaut mieux nous éviter.

  • Avant d'aller dormir de S.J. Watson

    Éditions Sonatine - 410 pagesculture,citation,littérature,livre,thriller,angleterre,roman,polar

    Présentation de l'éditeur : La révélation 2011 du thriller. Un premier roman que les amateurs du genre n'oublieront pas. À la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent. Ne le dis à personne d'Harlan Coben, Shutter Island de Dennis Lehane, Tokyo de Mo Hayder... Il est des livres dont la publication marque irrémédiablement le genre et hisse leur auteur au rang des incontournables du polar. Gageons qu'Avant d aller dormir de S.J. Watson va tout de suite aller rejoindre ce cercle très fermé. Avec une héroïne à laquelle on s'attache instantanément, un récit à la construction aussi machiavélique qu'époustouflante et un suspense de tous les instants, une seule question hante l'esprit du lecteur une fois la dernière page refermée : à quand le prochain Watson ? Les éditeurs évoquent souvent « un livre qu'on ne peut pas lâcher ». Voici un livre qu'on ne peut véritablement pas lâcher !

    Traduit de l'anglais par Sophie Aslanides.

    Ma note :

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    Broché : 21 euros

    Poche : 7,60 euros (à paraître le 7 mai 2013)

    Un grand merci à Sonatine Éditions & aux Éditions Pocket pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première de la sortie poche.

    Avant d'aller dormir est de ces romans qui ont fait beaucoup de bruit au moment de leur sortie. Salué par la critique, vanté par des pointures tels Sophie Hannah, Denis Lehane, Harlan Coben ou encore Mo Hayder - excusez du peu - et encensé par les lecteurs, ce n'est pourtant pas sans appréhension que j'ai abordé cette lecture. Déjà parce que plus on parle d'un livre, plus les attentes deviennent démesurées et sont donc souvent déçues. Ensuite parce que je ne suis pas férue du genre et qu'à force de lire les mots "angoisse", "stress" et autre qualificatifs anxiogènes, j'étais a priori passablement tendue ; sensation que je ne convoite pas particulièrement au moment de m'abandonner aux bras de Morphée.

    Mes doutes se sont pourtant progressivement dissipés au fil du récit et c'est enchantée que j'ai achevé, plus que rapidement, ce thriller psychologique. Petit conseil à toutes les personnes qui seraient tentées par cette lecture : évitez de l'entamer une veille de jour travaillé sous peine de n'être pas vraiment productif... Une fois amorcé, impossible de se défaire de ce page turner.

    Watson plonge le lecteur dès les premières lignes dans le présent incessant de Chris. Amnésique depuis une vingtaine d'année, chaque nuit efface sa mémoire. Ses seuls souvenirs sont ceux qu'elle retranscrit dans son journal qu'il lui faut relire chaque matin. Le rythme, parfaitement maîtrisé, permet d'évoluer en symbiose avec les émotions de la protagoniste. L'on mène donc, à ses côtés, l'enquête de sa propre vie et c'est avec elle que l'on affronte les incohérences entre ses mémoires et ce que lui raconte son entourage. Dès le début, le doute est semé et il ne nous lâche pas de tout le récit...

    Bien que très exploitée, l'idée de l'amnésie est ici traitée avec beaucoup d'originalité et l'auteur la développe à merveille. Même si chaque matin, l'on repart à zéro, l'écueil de la répétition est magistralement évité. J'ai tenté de trouver des incohérences tant il est difficile de ne pas commettre ne serait-ce qu'un tout petit impair dans ce genre de narration mais rien à faire, l'intelligence de l'auteur est d'autant plus surprenante que ce roman est son premier !

    Je ne le qualifierais pourtant pas d'angoissant. La tension va certes crescendo mais elle n'est pas insoutenable et la violence gratuite n'a pas droit de cité. La définition la plus juste à mon sens serait : une première oeuvre glaçante très prometteuse, menée tout en finesse, dont les droits d'adaptation ont d'ores et déjà été achetés par Ridley Scott. Gageons qu'avec un tel scénario, le passage de l'écrit à l'écran sera une réussite.

    Ma seule réserve sera pour les adeptes de l'angoisse menée sur un rythme trépidant. La dimension thriller n'arrivant que tardivement dans le récit, ils seront certainement déçus. Il n'y a pour autant aucune sensation de longueur...

    Ils en parlent aussi : Bruno, La Bouquineuse, Gruz.

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    Le dîner d'Herman Koch

    Vengeances de Philippe Djian

    Shutter Island de Denis Lehane

    Extraits :

    Je suis né demain

    Aujourd'hui je vis

    Hier m'a tué.

    Parviz Owsia

    ...

    Je n'arrive pas à imaginer comment je supporterai de découvrir que ma vie est derrière moi, qu'elle s'est déjà déroulée et qu'il n'en reste pas une trace. Pas de coffre aux trésors plein de souvenirs, pas la moindre richesse issue de l'expérience, pas de sagesse accumulée à transmettre. Que sommes-nous d'autre que la somme de nos souvenirs ?