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Polar, thriller, roman noir - Page 6

  • Regarde les hommes mourir de Barry Graham

    13e Note Editions - 351 pagesculture,citation,littérature,livre,roman,nouvelles,etats-unis,usa,polar,essai

    Présentation de l'éditeur : Quand un moine bouddhiste explore le mythe d'un Phoenix crypto-fasciste, écrasé sous le soleil du désert, ça donne du polar chauffé à blanc où s'enchaînent non-stop bastons mémorables et scènes de cul torrides, dans une interrogation vertigineuse sur le bien et le mal, l'amour et la haine, l'individu et la société, la sagesse et la folie. « Ils ont pris en stop un type âgé d'une quarantaine d'années. Ils ont roulé dans le désert, ont garé le camion et sont tous descendus. Jésus et ses amis ont ordonné au mec de leur donner son argent et sa carte d'identité, ce que le mec a fait. Il leur a dit qu'il avait peur d'eux, leur a dit qu'il ne préviendrait pas les flics, qu'il souhaitait juste voir grandir son fils. Ils l'ont flanqué au sol et frappé à coups de pied jusqu'à ce que son pantalon soit plein de merde et que du jus de cervelle s'écoule de ses narines. »

    Après le sublimissime La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, j'ai opéré une seconde plongée dans le catalogue des éditions 13e Note. Une deuxième découverte tout aussi concluante que la première et qui confirme ce que je soupçonnais : cet éditeur - dont j'apprécie beaucoup le format des livres - penche résolument du côté de l'underground.

    Ici, deux nouvelles et un témoignage de l'auteur sur la peine de mort. A la lecture de la jaquette, l'on peut légitimement s'attendre à du trash de haut vol et se sentir quelque peu rebuté. Mais si l'on garde à l'esprit que l'écrivain est un moine bouddhiste, l'instinct nous dit que rien n'est gratuit dans cette oeuvre. Et le mien ne m'a pas trompée. Alors oui, c'est bourré de misère, de violence, de mort. C'est des vies de gens perdus. Mais des gens. Des femmes et des hommes avant tout dont les chemins sont ceux d'une perdition quasi assurée mais qui ont un coeur, qui ont un recul autre que celui de leur arme et qui vous émeuvent malgré des choix indéfendables.

    Quand on pense à Dutroux, à Fourniret, à un père qui tue son enfant en le faisant tourner dans le sèche-linge en mode essorage, ou..., ou..., ou... tant les exemples sont nombreux et semblent se multiplier dans une société qui perd tous ses repères, la pensée que des gens comme ça ne méritent qu'une balle entre les deux yeux est de plus en plus généralisée. Et puis on lit Regarde les hommes mourir et l'on se dit que l'on ne peut pas se cantonner à une vision aussi simpliste et expéditive. Oui, mais... En même temps... Alors bon... Bref, c'est un long débat qui aura toujours deux camps. Mais cette lecture vaut pour les deux. Alors, lisez-le.

    Extraits :

    Il faut de l'amour, tu vois, pour vivre sa vie

    Pour donner, il en faut aussi

    Ca je le sais, ça je le sais

    Mais c'est si dur à montrer

    Entre nous

    Je sais pas comment on fait.

    David Shepherd Grossman

    ...

    La solitude peut vous mettre dans de drôles d'états, ou vous rendre plus fort. Elle peut également vous briser et ça, impossible de le savoir par avance. Personne ne la choisirait s'il pouvait l'éviter. Je ne l'avais pas choisie. Mais soudain, je n'avais plus nulle part où aller.

  • Les revenants de Laura Kasischke

    Christian Bourgois Editeur - 588 pagesles revenants.jpg

    Présentation de l'éditeur : Élève brillante, Nicole était douce et sociable (cheftaine scout, membre de plusieurs associations d’étudiantes). Elle meurt subitement dans un accident terrible. À l’automne suivant, tandis qu’un nouveau semestre commence, Craig, l’ancien petit ami de Nicole est renvoyé de l’université médiocre où il était entré par relations. Tenu pour responsable de la mort de Nicole mais relâché faute de preuves, il ne parvient pas à surmonter le drame, ne cesse d’y repenser et a l’impression de voir Nicole partout. Perry, son colocataire, était dans le même lycée que Nicole. Lors d’un séminaire sur la mort par Mira Polson, professeur d’anthropologie, il fait part de ses interrogations et de ses doutes quant à la disparition de la jeune fille. Il dit avoir connu la vraie Nicole : une personne manipulatrice, malhonnête, et séductrice. De son côté, Shelly Lockes, unique témoin de l’accident, conteste la version officielle, selon laquelle Nicole, baignant dans une mare de sang, n’aurait pu être identifiée que grâce à ses bijoux. Selon elle, la jeune fille était inconsciente mais ne présentait aucune lésion. D’étranges événements surviennent alors: mystérieux appels téléphoniques, cartes postales énigmatiques, apparitions de Nicole… ou d’une fille qui lui ressemble. La rumeur enfle à Godwin Hall, précipitant Craig, Perry, Mira et Shelly au coeur d’un ténébreux mystère qui va transformer leurs vies pour toujours : se pourrait-il que, trop jeune pour mourir, Nicole soit revenue ?

    Les Revenants est une perle rare : un roman littéraire servi par une prose splendide, aussi efficace que les grandes fresques que l'on dévore d'une traite, un défilé de créatures et de situations angoissantes. C'est comme si Les raisins de la colère avaient été réécrits par H.P. Lovecraft.

    Chicago Tribune

    L'écriture de Kasischke agit comme celle d'un bon poème : elle nous laisse entrevoir la possibilité d'un autre monde et nous y transporte... Ses mots nous projettent sur une autre facette de l'existence, tout en reflets.

    New York Times Book Review

    La menace plane sur chacune de ses histoires, sans que l'issue soit jamais celle que l'on pressentait. A coups de symboles discrets, de descriptions à l'acuité troublante, Laura Kasischke épand du rouge sang sur la blancheur immaculée des apparences, et la tension monte, sans que l'on puisse jamais la conjurer.

    Sabine Audrerie, La Croix

    A la croisée des chemins de la pure littérature, du roman noir et du fantastique, ce livre est de ces page-turner qui ne bénéficient pas d'un plan média à la mesure de leur excellence. Heureusement, les libraires et/ou blogueurs littéraires sont là pour parler haut et fort de ces textes qu'il serait dommage de manquer.

    Les revenants nous plonge dans cet univers aussi fascinant que décrié des campus américains, nous épouvante avec des histoires de morts-vivants, nous envoûte à coups de psychologies aussi affûtées que border-line. L'écriture est précise, le scénario est absolument maîtrisé et jamais ô grand jamais, si l'on est un tant soit peu de bonne foi, l'on ne peut dire "je le savais".

    Bref, Laura Kasischke, inconnue de mon panthéon littéraire, m'a subjuguée, presque-traumatisée (il est important de le préciser pour les âmes les plus sensibles : le sommeil n'est pas perturbé à la lecture de ce roman) et hallucinée avec ce livre que l'on qualifie comme étant son meilleur. Ce qui ne m'empêchera pas d'aller à la découverte de ses textes précédents. S'il est des livres de la rentrée littéraire cru 2011 qu'il serait dommage de rater, celui de cette auteur américaine (ils sont vraiment trop balaises ces écrivains made in USA !) compte parmi ceux-ci : un vrai délice qui est loin mais très très loin d'être de la guimauve.

    Télérama en parle

    Le Monde en parle

  • Rentrée littéraire : L'arbre au poison d'Erin Kelly

    Editions JC Lattès - 380 pagesl'arbre au poison.jpg

    Présentation de l'éditeur : Au cours de l'été étouffant de 1997, Karen, étudiante brillante et studieuse, rencontre Biba, une orpheline originale qui mène une existence bohème dans une demeure délabrée de Highgate, en compagnie de son frère, Rex. Séduite, Karen se laisse entraîner dans leur univers fascinant et se retrouve mêlée à leur histoire familiale compliquée. Très vite, l'idylle va tourner au cauchemar... Jusqu'à la dernière page, ce roman psychologique, sombre et poétique, tient le lecteur en haleine.

    Un nouveau livre est tombé dans mon escarcelle par l'entremise du désormais médiatique Babelio. Si je me suis attachée à l'occasion de cette rentrée littéraire à ne lire pratiquement que des livres critiqués, L'arbre au poison est l'occasion de me rattraper auprès des moins chanceux du plan de com' mais non moins méritants.

    Erin Kelly nous propose ici un savant mélange de saga familiale, de roman d'amour et de polar. Des personnages construits, une atmosphère singulière et surtout, un sens du mystère particulièrement affûté font de l'ensemble une véritable réussite. L'histoire aux multiples rebondissements - bon, oui, une fois de plus il s'agit d'un page-turner - nous démontre encore et encore si besoin était que tout peut toujours basculer en un instant sans retour possible. L'on est tour à tour enjoué, étonné, horrifié, désabusé, touché, j'en passe et des meilleurs, par ce qui se joue sous nos yeux avec une dose massive de suspens et l'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur ce que nous ferions en pareille situation.

    Une approche de la relativité de la morale qui n'est pas s'en me rappeler un autre très bon livre : Le dîner d'Herman Koch.

    Extrait :

    En ce qui me concernait, j'étais encore assez immature pour ne pas être totalement dépouillée de mon innocence et tout juste assez âgée pour me rendre compte de ce qui se passait et l'apprécier pleinement. J'ignorais cependant que l'innocence est souvent confrontée à deux adversaires : l'expérience et la culpabilité.

  • Rentrée littéraire : Les morues de Titiou Lecoq

    les morues.jpgEditions Au Diable Vauvert - 450 pages

    Présentation de l'éditeur : C'est l'histoire des Morues, trois filles et un garçon, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain, continue comme un polar, vous happe comme un thriller de journalisme politique, dévoile les dessous de la privatisation des services publics et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'internet. C'est le roman d'une époque, la nôtre.

    L'auteur du blog girlsandgeeks.com nous offre avec Les morues un roman résolument moderne, entre chick'litt' pas noeunoeud, polar politique et portrait de société. Alors certes, il y a plein d'histoires en une et l'on peut avoir l'impression que ça part dans tous les sens sans vraiment qu'aucune des intrigues ne soient abouties mais je trouve personnellement que c'est ce qui donne à ce texte un tel ancrage dans la réalité et qui pousse l'identification à son paroxysme. C'est de la vraie vie, ça n'a rien de caricatural et ce sont des qualités rares chez ces auteurs qui se veulent témoins de leur époque mais bien souvent à côté de la plaque. Le tout est dynamique, émouvant, original et vraiment divertissant. Un très agréable premier roman.

  • Le dîner d'Herman Koch

    le diner.jpgEditions Belfond - 329 pages

    Présentation de l'éditeur : Succès phénoménal aux Pays-Bas, alliance détonante d'une comédie de moeurs à l'humour ravageur et d'un roman noir à la tension implacable, Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale. Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam. Hors-d'oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe. Un café, un digestif, l'addition. Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?

    Atypique. Voilà certainement le premier mot qui vient à la lecture de ce roman. Dérangeant est incontestablement le second. La critique dithyrambique de ce livre laisser présager un succès convenu, certes original, mais tout de même dans le moule du best-seller standard. Il n'en est pourtant rien. La composition est hors-norme. L'on assiste à une sorte de huis-clos au coeur d'un lieu public (!) dans une atmosphère pesante tout-à-fait appropriée au propos. D'aucuns trouveront certainement des longueurs mais je pense pour ma part que cette espèce de lenteur est indispensable pour refléter le poids qui pèse sur chacun des protagonistes. Entre atmosphère familiale et débat moral, Le dîner est une oeuvre qui amène à s'interroger - a fortiori quand on est parent - sur ce que l'on ferait en pareille situation. Un récit qui rappelle que la justice est un principe qu'on ne pense que rarement à remettre en question lorsque l'on n'est pas concerné.