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Nouvelles - Page 2

  • Rentrée littéraire : La Vie de Régis de Sá Moreira

    la vie.jpgA paraître le 22 août 2012

    Editions Au Diable Vauvert - 120 pages

    Présentation de l'éditeur : "Je suis sortie sur le parking, il faisait froid, c'était agréable, un homme m'a demandé mon numéro de téléphone, je ne sais pas ce qui m'a pris, je lui ai tout de suite donné..." "C'était la première fois que j'osais aborder une inconnue et il a fallu que ce soit la bonne. Nous nous sommes mariés deux mois après. Tout ce travail sur ma timidité pour un seul numéro, j'aurais bien voulu en profiter un peu plus, au moins tenter ma chance avec la fille de l'agence de voyages..." "Il passait devant l'agence tous les jours, presque toujours à la même heure. Je ne le connaissais pas mais quand il a cessé de passer, je me suis inquiétée. Qu'est-ce que ça veut dire connaître les gens ? Je ne suis même pas sûre de connaître l'homme avec lequel je vis..." "Encore heureux. Je suis sûr que si elle me connaissait elle partirait en courant. D'autres l'ont fait avant elle...". Des personnages se succèdent et se croisent, auxquels on s'attache le temps de quelques lignes, d'une pensée, d'un fragment d'histoire, par une fenêtre ou un rideau, un souvenir, un quai de métro, un souffle, tout ce qui constitue le fil du hasard. L'étudiante, le jardinier, la star, l'astronaute, l'enfant, le boulanger, le prof d'histoire, et même ici Dieu et la Mort... ont un point commun : cette vie continue, qui coule, circule et relie. Pris de vivacité et de fraîcheur, on entre surpris, promené comme à la marelle par un texte profond et tendrement drôle. Vite on en savoure chaque paragraphe, on le relit, on reconnaît les personnages, on se demande où cela va nous mener. Peu à peu, on devient l'autre, tous les autres, le texte déborde notre vie. On se surprend à regarder autour de soi, à observer son voisin. La vie est un miraculeux hommage à la communion muette des âmes, à notre humanité.

    Un grand merci à Babelio et aux éditions Au Diable Vauvert pour m'avoir permis de découvrir en avant-première le nouveau livre de Régis de Sá Moreira.

    De cet auteur, j'avais lu Le Libraire. Déjà, j'avais qualifié l'ouvrage de véritable OLNI : objet littéraire non-identifié. Dans sa nouvelle parution, l'écrivain aux racines brésiliennes se démarque une fois encore par une écriture atypique, surprenante, inattendue.

    Difficile de définir ce texte : s'agit-il d'un roman, de micro-nouvelles interdépendantes ? Quelle que soit l'étiquette qu'on lui accole, il est incomparable. Le concept ? Des paragraphes, des séquences de vies qui s'enchaînent. L'idée ? Nous sommes tous liés d'une façon ou d'une autre.

    J'ai été particulièrement fascinée par les émotions créées au fil de ma lecture. Certains aperçus d'existences m'ont laissée totalement indifférente, d'autres m'ont émue par leur justesse et quelques-unes m'ont frustrée tant j'aurais souhaité en savoir plus. Ce sont ces dernières qui feront je crois naître une âme d'écrivain en chaque lecteur qui ne pourra s'empêcher de continuer lui-même cette suite qui lui est refusée.

    Mon conseil est de picorer cet hommage à la vie car si l'originalité délicieuse de l'écriture est incontestable, la lassitude peut être au rendez-vous d'une lecture à haute dose.

    Extraits :

    Je l'ai su dès que je l'ai vue qu'elle ne tiendrait pas le rythme. Nous sommes des lectrices professionnelles, pas des ménagères romantiques. Même les auteurs ont peur de nos invitations, ils préfèrent se cacher chez eux et envoyer leurs romans à ces connes de bloggeuses...

    ...

    Je l'aime. Il fallait bien que quelqu'un l'aime et c'est tombé sur moi. Je n'ai pas choisi, c'est la vie qui me l'a mis dans les bras, je n'ai pas choisi mais disons que j'ai accepté. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il vaut mieux aimer un gros con que ne pas aimer un type génial. C'est l'amour qui compte, pas les petites personnalités, sinon il y a longtemps que tout le monde se détesteraient. Ou resterait tout le temps seul comme notre voisine d'en face...

    Ce que je préfère dans la solitude c'est que personne ne sait ni même ne s'intéresse à ce que je fais. Là par exemple, il est presque 2 heures du matin, je peux me lever, faire semblant que c'est la matin, m'habiller comme un sac, prendre un taxi pour aller à la gare boire un café et revenir me coucher, personne ne le saura jamais ! Même sur mon lit de mort, je serai la seule à savoir que j'aurai fait ça une nuit...

    Faux, je rentre chaque soir par le dernier train et je suis sûr que je l'aurais remarquée, assise au café de la gare. Je remarque toujours les belles femmes qui s'habillent mal, je trouve que le contraste rehausse leur beauté, surtout si en plus elles ont les cheveux sales. Je me souviens quand j'ai rencontré ma femme, on aurait dit une bête sauvage...

    ...

    Si je me rase j'ai l'air trop jeune et les gens me demandent où est l'obstétricien. Je me pose moi-même la question et je me mets à douter de moi, c'est fou ce sentiment d'imposture qui persiste au coeur même de mon activité, je n'ai jamais pu m'en séparer. Je me console en me disant que ça doit arriver à tout le monde, même au Président de la République...

  • Regarde les hommes mourir de Barry Graham

    13e Note Editions - 351 pagesculture,citation,littérature,livre,roman,nouvelles,etats-unis,usa,polar,essai

    Présentation de l'éditeur : Quand un moine bouddhiste explore le mythe d'un Phoenix crypto-fasciste, écrasé sous le soleil du désert, ça donne du polar chauffé à blanc où s'enchaînent non-stop bastons mémorables et scènes de cul torrides, dans une interrogation vertigineuse sur le bien et le mal, l'amour et la haine, l'individu et la société, la sagesse et la folie. « Ils ont pris en stop un type âgé d'une quarantaine d'années. Ils ont roulé dans le désert, ont garé le camion et sont tous descendus. Jésus et ses amis ont ordonné au mec de leur donner son argent et sa carte d'identité, ce que le mec a fait. Il leur a dit qu'il avait peur d'eux, leur a dit qu'il ne préviendrait pas les flics, qu'il souhaitait juste voir grandir son fils. Ils l'ont flanqué au sol et frappé à coups de pied jusqu'à ce que son pantalon soit plein de merde et que du jus de cervelle s'écoule de ses narines. »

    Après le sublimissime La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, j'ai opéré une seconde plongée dans le catalogue des éditions 13e Note. Une deuxième découverte tout aussi concluante que la première et qui confirme ce que je soupçonnais : cet éditeur - dont j'apprécie beaucoup le format des livres - penche résolument du côté de l'underground.

    Ici, deux nouvelles et un témoignage de l'auteur sur la peine de mort. A la lecture de la jaquette, l'on peut légitimement s'attendre à du trash de haut vol et se sentir quelque peu rebuté. Mais si l'on garde à l'esprit que l'écrivain est un moine bouddhiste, l'instinct nous dit que rien n'est gratuit dans cette oeuvre. Et le mien ne m'a pas trompée. Alors oui, c'est bourré de misère, de violence, de mort. C'est des vies de gens perdus. Mais des gens. Des femmes et des hommes avant tout dont les chemins sont ceux d'une perdition quasi assurée mais qui ont un coeur, qui ont un recul autre que celui de leur arme et qui vous émeuvent malgré des choix indéfendables.

    Quand on pense à Dutroux, à Fourniret, à un père qui tue son enfant en le faisant tourner dans le sèche-linge en mode essorage, ou..., ou..., ou... tant les exemples sont nombreux et semblent se multiplier dans une société qui perd tous ses repères, la pensée que des gens comme ça ne méritent qu'une balle entre les deux yeux est de plus en plus généralisée. Et puis on lit Regarde les hommes mourir et l'on se dit que l'on ne peut pas se cantonner à une vision aussi simpliste et expéditive. Oui, mais... En même temps... Alors bon... Bref, c'est un long débat qui aura toujours deux camps. Mais cette lecture vaut pour les deux. Alors, lisez-le.

    Extraits :

    Il faut de l'amour, tu vois, pour vivre sa vie

    Pour donner, il en faut aussi

    Ca je le sais, ça je le sais

    Mais c'est si dur à montrer

    Entre nous

    Je sais pas comment on fait.

    David Shepherd Grossman

    ...

    La solitude peut vous mettre dans de drôles d'états, ou vous rendre plus fort. Elle peut également vous briser et ça, impossible de le savoir par avance. Personne ne la choisirait s'il pouvait l'éviter. Je ne l'avais pas choisie. Mais soudain, je n'avais plus nulle part où aller.

  • Embrasez-moi d'Eric Holder

    embrasez moi.jpgEditions Le Dilettante - 221 pages

    Présentation de l'éditeur : « Qu’est-ce qui m’arrive ? » semblent dire, à chaque fois, les protagonistes de ces sept histoires d’amour par surprise. L’auteur de Mademoiselle Chambon éclaire l’instant où tout bascule, avec la délicatesse qu’on lui connaissait, mais aussi, ici, une verdeur inattendue. Si l'on avait prédit à Aurore qu'elle coucherait avec deux hommes le même soir, et qu'un d'entre eux deviendrait le père de sa fille... Si l'on avait averti Farid qu'en séduisant Brigit, sa vie tournerait au cauchemar... Si l'on avait dit à la belle madame Bercoff qu'elle s'enticherait d'un idiot... Mais l'amour frappe par surprise, sept fois dans ce recueil de nouvelles pour le moins inattendues. Car les mots qui le composent ne s'arrêtent pas au seuil de la chambre. Ils suivent les nouveaux amants dans leur lit, sans cesser de découvrir, avec eux, les chemins mystérieux de l'entente. « Bien, puisque nous allons parler de sexe, de quoi allons-nous parler ? Pour moi, j’ai choisi sa crudité. La vision d’organes, surtout s’ils sont surpris de façon inopinée, tient d’une bagarre de rue. Il en ressort une violence qui laisse pantois. Ce choc, je ne l’ai jamais mieux éprouvé qu’au détour, à la chicane d’une histoire vraie qu’on me racontait, étonnant retour des choses ».

    Si Eric Holder nous avertit a priori de son parti pris pour la crudité, cette information semble quelque peu superfétatoire - pour ne pas dire complètement décalée - a posteriori. Non pas que je sois férue de littérature pronographique - pas plus qu'érotique d'ailleurs - mais pour le coup, le Mr d'Emma Becker était beaucoup plus chirurgical que cet ensemble de nouvelles somme toute très convenues. L'on notera toutefois un style élégant très agréable à lire, mais définitivement, ce genre n'a pas ma préférence.

  • Rentrée littéraire : Je vous prête mes lunettes d'Anna Rozen

    culture,littérature,livre,nouvelles,rentrée littéraireA paraître le 14 septembre 2011

    Editions Le Dilettante - 158 pages

    Présentation de l'éditeur : L’une est amoureuse, en permanence et obstinément. L’autre est jalouse, seule contre toutes, farouchement jalouse a priori et quoi qu’il arrive, c’est plus fort qu’elle. Le troisième a perdu le goût. Anna Rozen a braqué ses lunettes à elle sur ces trois personnages-là, facétieuse, elle vous les prête.

    Abandon en page 83, soit deux nouvelles lues sur les trois. Si l'auteur propose avec talent de se mettre dans la tête de ses protagonistes, dans leurs pensées, l'on a davantage l'impression d'être plongé dans les délires de personnes vraiment étranges. Peut-être le côté dérangeant tient-il du fait que l'on retrouve un peu des fantasmes que l'on se monte à soi-même ? Mais cela tient surtout au fait je pense que cette imagination est trop intime pour être partagée, pour passer pour autrer chose que de la folie.

    Et puis, je ne suis vraiment pas férue du style nouvelles, il faut bien le dire.

  • La vieille dame qui n'avais jamais joué au tennis de Zidrou

    la vieille dame....jpgEditions Dupuis - 125 pages

    Présentation de l'éditeur : Du moment qu'on rit des choses, elles ne sont plus dangereuses." affirmait Raymond Devos. Comme tous les gens qui savent nous faire rire de nous-même, Benoît Zidrou connaît le poids des choses, la gravité de la vie. En 1997, Philippe Delerm rencontrait un immense succès avec "La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules". L'évocation simple de petits plaisirs suffisait à lui ouvrir le coeur de milliers de lecteurs. Benoît Zidrou nous invite à un voyage similaire avec les gens qui nous entourent. Qui ose faire connaissance avec la vieille dame d'en face ? Sait-on qu'elle rêve de jouer sur le court central de Roland Garros ? Qui peut dire que cet homme gris et triste, qui a laissé un fossé se creuser entre lui et ses enfants, sera le premier qui prendra dans ses bras ce petit bout d'homme au corps déformé par la maladie ? Pour mettre en scène ses quinze nouvelles, Benoît Zidrou a cherché des auteurs sachant manier la bonne dose de réalisme et l'expressivité requise pour être toujours juste : un talent qu'on retrouvait chez tous les auteurs de l'école de Marcinelle (Franquin, Morris, Will...). Les neuf dessinatrices et dessinateurs rassemblés ici (Colombo, Cordoba, Gili, Homs, Hureau, Lafebre, Sempere, Siri, Van Beughen) ont tous cette qualité propre aux grands auteurs de BD : leurs histoires prennent vie sous nos yeux. On les lit la larme à l'oeil et le sourire aux lèvres. On connaissait Benoît Zidrou pour son talent de gagman, on peut désormais savourer son sens de la vie.

    Cette bande dessinée est le parfait opposé des Fables amères de Chabouté. Non pas d'un point de vue qualitatif puisque ces deux ouvrages sont absolument magnifiques, d'une justesse troublante, mais d'un point de vue de la finalité. Si Chabouté tentait de faire passer le malaise de certaines situations, de créer le pincement de coeur qui serait peut-être à l'origine d'une remise en question, Zidrou cherche simplement avec ces nouvelles à mettre du baume au coeur. Et ça fonctionne. C'est bon, c'est chaud, c'est doux, ça fait du bien. La lecture idéale pour mettre un peu de soleil dans les ciels gris.