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Musique - Page 9

  • La soeur de Mozart de Rita Charbonnier

    Editions du Seuil - 397 pages

    Quatrième de couv' : Mozart avait une soeur aînée. Virtuose du clavecin elle aussi, Nannerl se produisait en duo avec son frère dans toutes les cours d'Europe jusqu'au jour où son père décide de la cantonner à Salzbourg. Alors que Wolfgang est porté aux nues, Nannerl, victime de son sexe et de son siècle, grandit, dans l'ombre de ce génie écrasant. Bridée, jalouse, passionnée, elle aura malgré tout un destin de femme étonnamment moderne...

    dfd3e80e9b3672b5763a61301360fad9.jpgL'objet de ma énième petite mort - de la jouissance littéraire... - fut aussi galvanisant qu'il était prometteur. D'une écriture souple et harmonieuse mêlant en première partie la narration au genre épistolaire, l'auteur, Rita Charbonnier, critique musicale-théâtrale et scénariste, nous livre dans son premier roman un style tout autant qu'une intrigue dignes de Jane Austen elle-même, excusez du peu et fait revivre sous sa plume des personnages illustres tels que Mozart, vous l'aurez compris, suivi de l'inflexible figure paternelle, ou encore Salieri... et de moins connus tels que Nannerl, sa soeur ici protagoniste, tardivement.

    La musicalité du récit parvient à nous replonger dans la fantastique oeuvre cinématographique de Milos Forman Amadeus. Car écrire la musique, avec maestria, nous permet de l'entendre. Une vie parallèle pour un écho sempiternel.

    Si l'écriture de Rita Charbonnier fait revivre des personnages et des événements réels, elle a su extraire de sa passion pour la musique et la famille Mozart une fiction dont la véracité souhaite résonner intégralement. Ce requiem littéraire pour une soeur sondée jusque dans l'âme par son auteur me laisse penser que si Flaubert était Emma, Nannerl est aujourd'hui Rita...

    Extrait :

    ... c'est peut-être ce que Wolfgang a voulu rendre : chacun de nous vit dans l'attente de quelque chose, mais la réalité des faits est toujours différente de toutes les conjectures et même de toutes les visions ; dans la réalité s'introduit toujours un élément que l'esprit le plus fantaisiste n'aurait pu imaginer, cela n'a donc aucun sens de se lamenter sur de prétendus échecs qui risquent de cacher les vrais succès...

  • Ternaire en Terre Mère

    Que fait-on le dimanche quand on a fait une grosse soirée très fatigante le vendredi soir et qu'on a soigné le mal par leda3c9abb6bdf6e0770b3a40a7b7dd03d.jpg mal en refaisant une énorme soirée - LA soirée - le samedi soir ? Et bien, tout d'abord on doooort. Et ensuite, on comate devant le petit écran.

    Si ce genre de passe-temps s'avère parfois être une véritable mission quand on a eu toute sa vie les seules chaînes hertziennes et que du jour au lendemain on se retrouve avec un bouquet infini de programmes grâce à l'offre Adsl, d'où un zappage intempestif parfois usant, hier, ô miracle, je suis rapidement tombée sur un reportage passionnant et haut en couleurs : Danses de Jupiter sur France Ô.

    Superbement réalisé par Renaud Barret et Florent de la Tullaye, ce documentaire présentait à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, la vie de musiciens se battant pour survivre dans les ghettos. Parmi eux, le charismatique leader Jupiter du groupe Okwess International, qui brandit depuis vingt ans sa musique comme une arme et raconte, dans des rythmes et des mélodies riches aux couleurs de son pays, sa ville et son combat.

    La première impression a été une sorte d'étonnement quasi hallucinatoire en m'immiscant dans des existences désoeuvrées et désargentées évoluant au milieu de décombres et immondices. Mais des existences inventives qui au-delà de la misère sont en recherche incessante pour fabriquer toujours plus d'objets nouveaux, faits de bouts de bois ou de boîtes de plastique remplies qui de sable, qui de cailloux, afin d'en extraire des sonorités sans cesse renouvelées.

    De l'ingéniosité musicale.

    Exaltations mélodiques et mélodieuses, sonorités originelles et intemporelles, harmonies pénétrantes et transcendantes laissent place petit à petit à une interrogation. Celle de savoir à quoi bon s'accrocher, dans des conditions de vie insoupçonnées pour l'occidentale privilégiée que je suis, à une musique qui ne changera pas l'injustice et la précarité ambiantes.

    Et puis très rapidement, une réflexion. Qui suis-je pour savoir si la musique, la danse et les échappées artistiques collectives ne sont pas les seules offrandes non pécuniaires pour accepter. Pour supporter. Pour survivre.

    Ce reportage m'a permis d'appréhender une apparente vérité de la créativité interdisciplinaire. La littéraire que je suis avait déjà constaté l'influence de la souffrance sur la qualité de l'écrit. Il en va au final de même pour toutes les disciplines. Seule l'épreuve, qu'elle soit morale, physique, circonstancielle... est à même de mettre en exergue la pureté des lignes, la profondeur des sons. L'esthétique. L'absolu.

    A voir absolument en cas de rediff'. 

  • Un Paris audacieux

    Parfois et bien souvent d'ailleurs, la vie se déroule sous nos pas et nous avançons dans nos existences comme des automates, sans vraiment prendre un moment pour réfléchir ou simplement pour savourer.

    Et puis d'autres fois, sans y penser davantage, le Temps semble ralentir sa course effrénée et ces instants suspendus se transforment en exquises délectations existentielles.

    Vendredi soir. La semaine de travail s'achève, la vie reprend ses droits. Pérégrinations ferroviaires d'un bout à l'autre de Paris au milieu d'un magma humain incessain parfois détestable mais à la mixité incomparable. Si appréciable. Arrivée et premiers pas au Parc de la Villette. Amis et nouvelles têtes. Mais les amis de mes amis... ont plus de chances que les autres de rentrer dans mes petits papiers. On se jette une petite bière rapidement puis on amorce la remontée d'une immense allée pour arriver au Zénith. Cette virée aux allures de randonnée champêtre en plein coeur de la capitale a des saveurs bucoliques inattendues loin de me déplaire. Et puis, ça y est. On dégaine les places, on se tient tranquille pene4c158baff5fd6926f4a71349ce097f3.jpgdant la fouille au corps, on passe les barrières et imperceptiblement on accélère le pas. Souffle court, battements de coeur palpables à l'oeil nu. Bienvenue dans le Temple du Reggae. Le Garance Festival peut commencer.

    La foule est au rendez-vous mais pas suffisamment compacte pour éveiller des élans d'oppression ou des frustrations corporelles d'immobilité. Toute latitude nous est donc offerte pour nous laisser pénétrer par les vibrations profondes du son originel d'Horace Andy et par les sonorités mystiques de Morgan Heritage. Imprégnation musicales, volutes paradisiaques, communion des corps et des esprits... Je suis habitée, la transe me guette. Sensation diffuse, étrange... Jouissive. Paupières closes et inextinguible sourire.ab317394b1b3f0bbfbcac90a03efe8b0.jpg

    Quatre heures de transcendance plus tard et les zygomatiques en feu, l'allée pour quitter le Zénith n'est plus seulement immense, elle est interminable. Mais rien ne peut entamer notre bonne humeur. Il pleut, le dernier métro ne nous a pas attendu et les taxis semblent avoir été happés par un trou spatio-temporel. Mais rien ne peut entamer notre bonne humeur.  Une interminable marche sous la pluie. Un taxi enfin. Une traversée du Paris by night comme je les aime. Et puis notre cocon. Et le frigo plein ! Qui dîne, dort. Mmmmhhhh...

    Samedi. Matinée pas très grasse mais parfaite. Depuis des semaines qu'on attendait ça, le voilà, enfin : le week-end sans aucune obligation. Flâneries incessantes et fin d'après-midi exploratoire de notre tout nouveau quartier. Test décisif de la lectrice exigente que je suis : la librairie du coin. Suspens... Oh-my-god ! Je vais passer ma vie ici cette librairie est magnifique c'est celle dont j'ai toujours rêvé il y a des livres partout jusqu'au plafond et puis en plus c'est génial sur de nombreux bouquins il y a des critiques des différents vendeurs peut-être aussi des habitués en plus comme un fait exprès ils ont mis les éditions Gallimard à l'entrée comme s'ils savaient que j'allais venir non il faut que je résiste j'ai déjà une réserve plus qu'honorable à lire à la maison oui mais ils sont trop beaux non ce n'est pas raisonnable.

    - 45 euros s'il vous plaît. Je vous fais des paquets ?

    - Non merci, c'est pour moi.

    - C'est pour les vacances ?

    - Euh, non c'est ma consommation habituelle.

    ...

    - Vous pourriez me faire une carte de fidélité ?

    Petit apéro en terrasse, pour une fois qu'il ne pleut pas. Serveuse aux intonations Titi. Les minutes s'égrainent et nous ne courons pas pour les suivre.

    Le charme parisien. 

  • Les Bobos Marley

    S'il est une discipline où mes goûts sont pour le moins éclectiques, celle-ci est à n'en pas douter la musique. Mais alors91c5897a38a6637855216ddaa1304a47.jpg qu'on peut me qualifier de fétichiste concernant les livres, je n'ai en revanche jamais été une véritable mélomane. La musique, j'aime, un point c'est tout. Bien loin de moi donc les fan attitudes et les recherches frénétiques pour compulser tous les ouvrages m'en apprenant un peu plus sur l'histoire de tel ou tel mouvement musical.

    Parmi les différents courants qui ont donc mes faveurs, j'apprécie particulièrement et depuis bien longtemps le reggae. Après les cassettes il y a longtemps et les cd plus récemment, j'ai, lundi 18, franchi un nouveau cap : le live avec, excusez du peu, Monsieur Sizzla à l'Elysée Montmartre.

    Quelle ne fut pas ma surprise !

    Moi pauvre profane, moi ridicule Béotienne qui pensait me plonger dans un milieu 100 % roots, j'ai découvert que définitivement, tous les milieux été "infestés". Les Bobos Marley étaient partout. Des djeun's cent pour cent stylés qui faisaient les troncs quand la musique était du reggae originel et qui presque pogotaient quand explosait la dance-hall... Tout se perd...

    Pourquoi la nouvelle génération se sent-elle toujours obligée d'une façon ou d'une autre de vous faire sentir que vous n'êtes plus tout à fait dans le coup ? Salauds de jeunes va :o)