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Littérature québécoise - Page 3

  • Charlotte de Louise Tremblay d'Essiambre

    charlotte.jpgGuy Saint-Jean Editeur - 667 pages

    Quatrième de couv' : Elles sont trois soeurs. Un père absent. Une mère présente, trop présente : migraineuse, alcoolique, hypocondriaque, Blanche est un dragon. Chez les Deblois, on vit au rythme de ses crises, de ses colères et de ses folies. On vit mais à peine, en somme. Montréal, automne 1942. Charlotte s'en va. Dix-huit ans à étouffer dans cette maison, c'est bien suffisant. Bien sûr, il aurait fallu veiller sur ses soeurs plus jeunes, plus fragiles. Mais il faut vivre, aussi. Et vivre loin. Clore enfin cette parenthèse d'adolescence où toutes les responsabilités lui revenaient. Où l'amour frappait maladroitement à la porte. Où s'évader dans les livres ne suffisaient pas. Alors, voilà, Charlotte s'en va.

    Cette saga a conquis des milliers de lecteurs québécois et ça n'est pas pour rien. Décidément, cette nation regorge d'artistes de talents en tous genres.

    "Des mots sensibles, des phrases poignantes, des descriptions évocatrices et des dialogues prenants" (Journal de Montréal), autant de raisons qui nous happent littéralement au coeur de cette famille atypique et de ses secrets les plus lourds.

    Si le premier tome de ce quadriptyque est davantage centré sur Charlotte, l'auteur nous fait passer d'un personnage à un autre, de vécus en ressentis respectifs, avec une aisance toute irvingienne (non je ne suis pas mono-maniaque, John Irving est grand, c'est tout).

    Le must étant que si le charme agit, il reste trois autres volets à découvrir.

    L'inconvénient étant que si le second tome est sorti le 17 juin, le troisième est prévu pour le 16 septembre et le dernier n'est pas encore annoncé...

    Extraits :

    Je vais partir.

    Je dois partir.

    Tout laisser derrière, tout quitter, faire le vide autour de moi pour retrouver ma dignité et tout recommencer.

    Je vais fuir comme si j'étais coupable. Je suis peut-être coupable d'avoir trop aimé.

    On me dit forte et c'est comme si j'entendais le reproche dans la voix. Je n'ai besoin ni de sollicitude, ni de soins, ni de présence inquiète, alors je ne suis d'aucun intérêt. Par contre, on attendait de moi que je sois efficace alors qu'on attendait des autres qu'ils soient malades. Et n'est-ce pas que j'ai été efficace tout au long de ces années ? Malgré cela, j'ai l'impression que c'est un crime que d'être forte et en santé. J'ai l'impression qu'on me montre du doigt. Je suis celle qui dérange le cours établi des choses. Je suis différente.

    (...) Et tant pis pour les autres, ce n'est pas ma faute s'ils n'ont rien compris. J'ai si souvent eu cette impression qu'ils ne cherchaient même pas à comprendre qu'aujourd"hui, je suis indifférente.

    ...

    Charlotte ne s'ennuyait jamais ou si peu. Elle arrivait en pensée à faire vivre tout un éventail de personnages, d'enfants seuls comme elle, d'orphelins malheureux. Ses idées, ses observations, elle les transformait en géants, en fées ou simplement en amis imaginaires venus combler le vide autour d'elle.

  • La fille invisible de Villeneuve & Rocheleau

    Editions Glénat Québec - 48 pagesfille invisible.jpg

    Quatrième de couv' : A la rentrée, la grosse conne sera morte. La grosse conne, c'est Flavie, quinze-ans-presque-seize. Jeune fille à la fois timide et curieuse, Flavie croit pourtant qu'elle est une catastrophe sur deux pattes, un désastre ambulant. Au début de l'été, elle décide de se prendre en mains afin de devenir une nouvelle Flavie : une saine alimentation, plus de desserts et une heure de jogging par jour. C'est le début d'une chute vertigineuse. D'abord du poids de Flave, puis de son existence toute entière.

    Bien que passablement traité en raccourci et de façon quelque peu optimiste au regard de la réelle difficulté à guérir vraiment, cette BD aborde le thème de l'anorexie chez les jeunes filles, victimes de leurs souffrances intérieures bien plus que des diktats de la mode.

    Il s'agit plus d'un livre à mettre entre les mains des malades pour tenter de leur donner une lueur d'espoir qu'entre les mains de l'entourage faute d'une réelle dimension pédagogique.