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Littérature anglaise - Page 9

  • Les Contes de Beedle le Barde de J.K. Rowling

    Editions Gallimard - 128 pagesbeedle.jpg

    Quatrième de couv' : Les Contes de Beedle le Barde sont les cinq contes de fées qui bercent l'enfance des jeunes sorciers. Chacun de ces contes a sa magie particulière qui enchantera les lecteurs et les fera tour à tour rire ou frissonner. Les commentaires passionnants et malicieux du professeur Albus Dumbledore qui accompagnent chaque récit seront appréciés des sorciers comme des Moldus. Le professeur y donne de nombreuses clefs et dévoile, par la même occasion, maint détail de la vie de Poudlard. Un ouvrage magique à garder comme un trésor, enrichi des illustrations originales de J.K. Rowling.

    Au commencement, un plaisir, celui de retrouver la plume de J.K. Rowling sur le thème apprécié du monde d'Harry Potter, et une bonne action, celle de faire l'acquisition d'un livre dont les recettes servent à soutenir le Children's High Level Group (health, education, welfare).

    A l'arrivée, une déception. Une déception pour qui connaît la plume de l'auteur et ne peut manquer de remarquer le manque de précision, le caractère peu fouillé des explications des contes. J.K. Rowling nous avait habitués à plus de minutie et nous prouve ainsi, si besoin l'était encore, que le charity business reste plus que jamais un business avant d'être une véritable oeuvre de charité.

    L'univers HP reste au demeurant plaisant et les inconditionnels passeront facilement outre le caractère bâclé de l'ouvrage pour compléter la collection et se replonger dans la fantasmagorie l'espace d'un instant.

  • Lady Susan de Jane Austen

    lady susan.jpgEditions Gallimard - 116 pages

    Quatième de couv' : Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...

    Après Raison et sentiments, Orgueil et préjugés, Northanger abbey et Emma, Jane Austen reste définitivement une valeur sûre de la littérature. Au travers d'un chassé-croisé de correspondances entre les différents protagonistes, l'auteur dépeint ici plus que dans tout autre de ses romans l'hypocrisie et la manipulation. Le verbe et les usages sont certes d'époque, mais les thématiques n'en sont pas moins d'actualité.

    Si d'aucuns peuvent reprocher à Jane Austen une oeuvre quelque peu réitérative, Lady Susan est à n'en pas douter le roman épistolaire qui leur donnera tort.

    It's exactly my cup of tea !

  • Mrs Dalloway de Virginia Woolf

    mrs dalloway.jpgEditions Gallimard - 321 pages

    Quatrième de couv' : Le roman, publié en 1925, raconte la journée d'une femme élégante de Londres, en mêlant impressions présentes et souvenirs, personnages surgis du passé, comme un ancien amour, ou membres de sa famille et de son entourage. Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, le mouvement et l'immobilité. La qualité la plus importante du livre est d'être un roman poétique, porté par la musique d'une phrase chantante et comme ailée. Les impressions y deviennent des aventures. C'est pourquoi c'est peut-être le chef-d'oeuvre de l'auteur - la plus grande romancière anglaise du XXe siècle.

    D'aucuns suivant un tant soit peu les écrits futiles de ce présent blog - ainsi que ceux de son prédécesseur - savent qu'il m'est impossible de ne pas achever la lecture d'un livre commencé, aussi mauvais soit-il - selon des critères qui n'engagent naturellement que la subjectivité de mes goûts.

    Mais ne pas renoncer ne signifie pas ne pas différer. C'est ainsi qu'après avoir amorcé, sous l'impulsion d'Au secours Mrs Dalloway de Mary Dollinger, le plus célèbre des romans de Virginia Woolf, j'ai lâchement remis et remis et remis la lecture de cette oeuvre majeure qui n'avait pas eu le don de faire opérer sa magie sur moi.

    Pas moins de deux années plus tard et faute de mieux, je me suis lancée le défi d'enfin terminer les quelque trois cents pages. La conclusion, bien que cette traversée littéraire ne fut pas aussi laborieuse que cela, est que si je suis une amoureuse de la littérature anglaise, je préfère résolument à toute autre celle du XIXe (Austen, Brontë, Hardy, Eliot...).

    Je dois bien dire que j'ai quelque peu de mal à comprendre pourquoi il est dit en jaquette qu'il s'agit d'un "grand monologue intérieur". J'y ai vu pour ma part une succession de monologues intérieurs, mais nullement exclusifs à l'héroïne. Cela dit, l'écriture est tellement complexe, alambiquée, fastidieuse... que jamais je n'aurai la prétention de dire que j'ai tout compris.

    Si j'aime les syntaxes recherchées et le verbe élaboré, je dois reconnaître qu'en la matière, comme pour Proust, trop, c'est trop. Un excès de complexité annihile l'indispensable naturel de l'écriture et ôte tout plaisir à la lecture, qui devient un défi grammatical à relever. Et pour moi, lire doit être avant tout un délice et non un exercice.

    Je ne me cantonnerai naturellement pas à cette seule approche, histoire de donne sa chance au "produit" (des recommandations ?...) et pense me pencher sur la vie à la fois palpitante et tragique de l'auteur...

    Extraits :

    Elle aurait de beaucoup préféré être de ces gens qui, comme Richard, faisaient les choses pour elles-mêmes ; alors qu'elle, se disait-elle en attendant de traverser, la moitié du temps, elle ne faisait pas les choses tout simplement, pour elles-mêmes ; mais afin que les gens pensent ceci ou cela ; et c'était complètement idiot (...) car personne ne s'y laissait prendre une seconde. Ah, si elle avait pu refaire sa vie !

    ...

    Elle savait ce qui lui manquait. Ce n'était pas la beauté ; ce n'était pas l'intelligence. C'était quelque chose de central qui irradie ; une certaine chaleur qui crève les surfaces et rend frémissant le froid contact entre un homme et une femme, ou entre des femmes.

    ...

    Bon, je me suis bien amusé ; et c'est fini, se dit-il, en levant les yeux vers les corbeilles suspendues de géraniums pâles. Et le voilà réduit en poudre, son moment d'amusement, car il l'avait plus ou moins fabriqué de toutes pièces, il le savait bien ; il l'avait inventée, cette aventure avec la jeune femme ; il l'avait fabriquée, comme on se fabrique les trois quarts de sa vie, se dit-il, et comme on se fabrique soi-même ; il avait fabriqué cette jeune femme ; il avait créé ce moment charmant, avec quelque chose en plus. Mais chose bizarre, et vraie : on ne pouvait rien partager de tout cela - et cela se réduisait en poudre.

    ...

    Quelle affreuse soirée ! Il était d'humeur de plus en plus maussade, et pas seulement à cause de l'incident ; à cause de tout. Et il ne pouvait même pas la voir ; mettre les choses au point ; avoir une explication avec elle. Il y avait toujours du monde - elle continuerait comme s'il ne s'était rien passé. C'était cela qui était exaspérant chez elle - cette froideur, cette insensibilité, quelque chose de très profond chez elle, il l'avait senti à nouveau en lui parlant ce matin ; quelque chose d'impénétrable. Pourtant, Dieu sait qu'il l'aimait. Elle avait le don de vous mettre les nerfs en pelote, oui, de vous les rouler en tire-bouchon.

    ...

    C'était affreux, criait-il, affreux, affreux !

    Et pourtant, le soleil répandait sa chaleur. Et pourtant, on finissait par se remettre. Et pourtant, la vie savait ajouter à un jour un autre jour.

    ...

    Ces bandits, les dieux, ne gagneront pas entièrement la partie - son idée était que les dieux, qui ne perdaient pas une occasion de meurtrir, contrecarrer, gâcher les vies humaines, étaient pris à contre-pied, si, malgré tout, vous vous conduisiez avec classe. (...) Par la suite, elle était devenue un peu moins affirmative ; elle en était venue à la conclusion que les dieux n'existaient pas ; on ne pouvait en vouloir à personne ; et elle avait adopté la religion des athées, consistant à faire le bien pour l'amour du bien.

    ...

    On ne peut pas mettre des enfants au monde dans un monde tel que celui-ci. On ne peut pas perpétuer la souffrance, contribuer à la reproduction de ces animaux libidineux, qui n'ont pas d'émotions durables, rien que des caprices et des vanités qui les font dériver trnaôt par-ci, tantôt par-là.

    ...

    Elle avait besoin d'être soutenue. Ce n'était pas qu'elle fût faible. Mais elle avait besoin qu'on la soutienne.

  • Harry Potter 8, 9 et 10 de J.K. Rowling

    Bien.

    Maintenant que j'ai rameuté tous les fanatiques du plus célèbre des sorciers, je peux le dire très honnêtement : il n'y aura pas - en tout cas pas que je sache - de suite aux sept tomes déjà parus.

    Mais.

    Il existe deux petits livres à ajouter à la collection et bientôt un troisième, de la même auteur malgré les apparences et qui se lisent avec le même plaisir que l'heptalogie :

    Le Quidditch à travers les âges de Kennilworthy Whisp

    quidditch.jpgEditions Gallimard Jeunesse en collaboration avec Whizz Hard Books - 129b, chemin de Traverse - Londres

    Quatrième de couv' : S'il vous est jamais arrivé de vous demander quelle est l'origine du Vif d'or, comment les Cognards sont apparus ou pourquoi les Wigtown Wanderrers portent l'image d'un couteau de boucher sur leurs robes, vous devez lire Le Quidditch à travers les âges. Cette édition limitée est la reproduction exacte du volume conservé à la bibliothèque de Poudlard où il est consulté presque chaque jour par les fanatiques de Quidditch. Le produit de la vente de ce livre sera intégralement reversé à l'organisation caritative anglaise Comic Relief qui utilisera les sommes recueillies pour aider les enfants des pays les plus pauvres et leur assurer de meilleures conditions d'existence - une action encore plus importante et plus extraordinaire que la capture du Vif d'or en trois secondes et demie par Roderick Plumpton en 1921. Albus Dumbledore

    Les animaux fantastiques de Newt Scamander

    Editions Gallimard Jeunesse en collaboration avec Obscurus Books - 18a, chemin de Traverse - Londresanimaux fantastiques.jpg

    Quatrième de couv' : Il est rare qu'une maison de sorciers ne compte pas dans sa bibliothèque un exemplaire des Animaux fantastiques. Désormais, et pour une période limitée dans le temps, les Moldus vont avoir à leur tour la possibilité d'apprendre où vit le Quintaped, ce que mange le Puffskein et pourquoi il vaut mieux ne pas laisser dans le jardin une soucoupe de lait destinée à un Knarl... Le produit de la vente de ce livre sera entièrement versé à l'organisation humanitaire Comic Relief, ce qui signifie ques les francs, les euros ou les Gallions que vous dépenserez pour l'acheter auront un pouvoir magique plus grand encore que celui des sorciers. Si vous pensez que ce n'est pas une raison suffisante pour faire l'effort de dépenser un peu de votre argent, j'espère que le jour où vous vous ferez attaquer par une Manticore, des sorciers plus charitables passeront par là et se porteront à votre secours. Albus Dumbledore

    Les Contes de Beedle le Barde - à paraître le 4 décembre

  • Et le bébé était cuit à point de Mary Dollinger

    bébé.jpgJacques André éditeur - 61 pages

    Quatrième de couv' : Blanche, sous l'emprise d'une mère indigne et d'un prince qui se veut charmant, travaille dans une entreprise agro-alimentaire dirigée par un ogre. Sa vie est morne, la solitude la ronge. Puis elle croise un chat, botté, et tout devient possible. Lorsque vous aurez lu ce court roman, vous ne porterez plus le même regard sur les chats en général, et le vôtre en particulier. Un conte cruel, écrit par une humoriste à l'anglaise mais d'une tendresse toute française, qui vous rappellera ce qui s'est toujours raconté depuis la nuit des temps : les hommes et les femmes s'aiment, mais ne savent ni le montrer ni le démontrer. Quand au bébé, sa cuisson reste une affaire bien délicate.

    Après m'avoir gentiment fait parvenir ses deux premiers romans Au secours Mrs Dalloway et Journal désespéré d'un écrivain raté, Mary Dollinger m'a envoyé son petit numéro trois. J'aurais aimé pouvoir en faire une critique parfaite. Malheureusement, je ne peux que m'extasier sur le style et les multiples interrogations post-lecture qui ont le mérite d'être bien loin de l'indifférence. Car entre relation complexe mère-fille, symbolique de la castration et félinité mystique, je dois bien avouer qu'à l'instar d'Endiablade de Mikhaïl Boulgakov et de La course au mouton sauvage d'Haruki Murakami, des clés m'échappent, me donnant la nette impression d'atteindre les limites de mon intelligence.

    Je ne peux que me réjouir du fait que, d'une manière que je n'avais pas a priori envisagée, je vais contribuer malgré tout au plaisir de l'auteur et de ses lecteurs plus érudits que moi. Alphonse Allais ne disait-il pas :

    Il faut être trois pour apprécier une bonne histoire : un pour la raconter bien, un pour la goûter et un pour ne pas la comprendre. Car le plaisir des deux premiers est doublé par l'incompréhension du troisième.

    Mary, si tu veux bien me pardonner et me faire part de tes éclairages, je les attends avidement.