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Littérature anglaise - Page 5

  • Un portrait de Jane Austen de David Cecil

    Editions Payot & Rivages - 286 pagesun portrait de Jane Austen.jpg

    Présentation de l'éditeur : Si les romans de Jane Austen (1775-1817) sont encore très lus - et très "vus" quand ils sont portés à l'écran -, on ignore généralement tout de cette fille de pasteur qui a grandi dans une famille nombreuse issue de la gentry et qui, demeurée célibataire, a toujours vécu avec sa mère et sa soeur Cassandra. Elle écrivait très discrètement sur un coin de bureau et son premier roman publié, Raison et Sentiments, ne l'a été qu'en 1811, signé d'"une dame" parce qu'elle ne cherchait pas la célébrité." Cette jeune dame, écrit pourtant Walter Scott, a le don le plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de rencontrer pour décrire les relations, les émotions et les personnages de la vie ordinaire." Car pour comprendre le génie de Jane Austen il faut se souvenir qu'elle est fille de l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle : elle a gouverné son existence et sa plume en conciliant précisément la raison et les sentiments selon un solide bon sens épicé d'un humour à toute épreuve. David Cecil (1902-1986), aristocrate britannique et professeur de littérature anglaise à Oxford, a publié en 1978 ce portrait littéraire considéré aujourd'hui comme un classique. II replace admirablement son personnage dans son époque et reprend de larges extraits de sa correspondance, presque inédite en français. Renonçant à toute lourdeur universitaire au profit de la sensibilité et du plaisir, il fait de cette biographie subtile et amusée un vrai roman à la Jane Austen...

    Mansfield Park, Persuasion, Lady Susan, Northanger Abbey, Raison et sentiments, Emma, Orgueil et préjugés... La totalité des textes de Jane Austen (à l'exception de ses oeuvres de jeunesse et de ses textes inachevés) m'ont littéralement subjuguée. Cette véritable passion littéraire est même venue à bout de mes réticences en matière de lecture de bio et autres essais. Peut-être est ce là le secret de ces lecteurs de pavés historiques : se pencher sur une existence ou une période qui a le don de fasciner.

    Quoiqu'il en soit, c'est avec une excitation non dissimulée que je me suis plongée dans la vie de cette plume qui trône dans mon top ten. Malheureusement, il ne reste que peu d'éléments permettant de connaître plus avant cette femme, singulière à sa façon et tout à la fois profondément de son époque et de son rang. Malgré une correspondance et des témoignages comptés, David Cecil réussit ici la performance de nous éclairer sur Jane Austen. Il parvient même à nous donner presque la sensation de lire un texte supplémentaire de cette auteur incontournable des lettres anglaises.

    Quelle délectation de parcourir les quelques mots de ses relations épistolaires où l'on reconnaît le style de la romancière mais où l'on découvre un peu de sa personnalité intime ! Les inconditionnels de la figure de proue de la littérature victorienne doivent, si ce n'est déjà fait, absolument se jeter corps et âme dans cette biographie fascinante de référence qui, si besoin était, incite follement à la relecture de cette oeuvre trop courte.

    Extraits :

    Les bonnes manières relèvent si bien du bon sens,

    Que les unes et l'autre sont indissociables.

    George Savile

    ...

    Rares et particulièrement satisfaisantes sont les sociétés qui réussissent, même de façon discontinue et imparfaite, à allier le bon sens, les bonnes manières, une intelligence cultivée, une piété tempérée par la raison et un solide sens de l'humour.

    Une telle société convenait parfaitement à Jane Austen.

    ...

    "J'ai passé une très agréable soirée, cependant, bien que tu n'y puisses découvrir aucune raison ; c'est que je ne pense pas nécessaire d'attendre, pour goûter aux satisfactions de la vie, d'avoir une bonne raison de le faire."

    Même si elle devait se contenter de partenaires mal assortis, Jane Austen s'efforçait de prendre plaisir à la soirée. Dans les phrases comme celle-là, elle nous rappelle Sydney Smith. Ainsi déclare-t-il : "J'estime et j'ai toujours estimé que choisir entre la vie et la mort est infiniment moins important qu'on ne le pense généralement ; mais si l'on choisit la vie, alors le bon sens exige que l'on s'amuse avec les meilleurs compagnons que l'on puisse trouver, et en toutes circonstances."

    ...

    Non sans ironie, elle note que la nature humaine est imprévisible : "Personne, s'écrie-t-elle ne correspond jamais à nos attentes, ni dans ses sentiments, ni dans ses actes, ni dans ses joies, ni dans ses souffrances !"

    ...

    "Mme Ferrars était (...) une personne laconique car, contrairement à la plupart des gens, elle ajustait ses paroles à la quantités de ses idées."

    Ce passage illustre d'autres aspects caractéristiques du génie à l'oeuvre dans les romans de Jane Austen : le portrait au vitriol associée à la délicatesse du style, (...).

    ...

    "Peux-tu seulement imaginer Mars Holder morte ! La pauvre femme a fait la seule chose au monde qui était en son pouvoir pour nous forcer à cesser de nous moquer d'elle.

  • Mr. Thake de J.B. Morton

    Ou les tribulations, les infortunes et les déboires d'un gentleman anglaismr thake.JPG

    Editions le dilettante - 284 pages

    Présentation de l'éditeur : Oswald Hattersley Blettisloe Thake, gentleman célibataire engoncé dans ses principes, est définitivement fâché avec son temps. Au fil de ses pérégrinations à travers l'Europe et l'Amérique des Années folles, il tombe de Charybde en Scylla, se laissant duper avec une naïveté confondante par toutes sortes d'escrocs, d'artistes, de veuves joyeuses et de demi-mondaines. The Adventures of Mr. Thake est un classique de l'humour anglais pour la première fois traduit en français.

    Inconditionnelle des romans épistolaires (Eux sur la photo d'Hélène Gestern, Les chagrins de Judith Perrignon, 84, Charing Cross Road d'Helen Hanff, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer, Lady Susan de Jane Austen), j'ai ici été passablement déçue.

    Malgré un humour très anglais, une succession de situations cocasses et un personnage particulièrement travaillé dans son caractère ingénu - pour ne pas dire lourdement naïf - je me suis rapidement fatiguée des arnaques à répétition dont le héros est victime. La crédulité du personnage est poussée à son paroxysme, ce qui le rend exaspérant et de fait, la lecture de ses déboires assez rapidement agaçante. Ces lettres, initialement parues dans un journal, ne supportent pas l'épreuve de la compilation. La petite dose est incontestablement la meilleure prescription pour ce genre.

  • Rentrée littéraire : Meurtres au manoir de Willa Marsh

    culture,littérature,livre,roman,rentrée littéraire,angleterreA paraître le 4 janvier 2012

    Editions Autrement - 275 pages

    Présentation de l'éditeur : « — Apparemment, dit-elle lentement, Thomas ne sera plus en mesure de… vous savez… Je n’aurai peut-être jamais d’enfant. Les tantes s’empressent de la rassurer : — Inutile de compter les poulets avant que les oeufs n’éclosent, conseille tante Gwyneth, tout en remplissant sa tasse de café chaud. — Il y a plus de manières de tuer un chat qu’en le noyant dans la crème, ajoute tante Olwen en faisant tourner les sablés. Soyez patiente. Vous verrez bien. Clarissa a l’étrange impression que quelque chose d’immense vient d’être suggéré. Elle regarde les tantes qui la toisent de leurs yeux luisants d’une étrange et intelligente lueur. » Clarissa s'ennuie à Londres et sa vie sentimentale est un catastrophe. Thomas est un veuf encore jeune, héritier d'un délicieux manoir Tudor. Le mari idéal, ou presque : il habite avec ses deux vieilles tantes, Olwen et Gwyneth. Elles ont l'air plutôt inoffensives, avec leur jupe en laine et leurs croquenots... Qui oserait soupçonner ces deux adorables vieilles chouettes de manigances diaboliques ?

    Première lecture du cru 2012. Pas désagréable mais pas franchement convaincante. J'ai apprécié la mise en scène so british d'intrigantes cherchant à se faire épouser par le meilleur parti qui soit, traitée d'une manière n'étant pas sans rappeler certains personnages de ma chère Jane Austen, en particulier Lady Susan. Par la suite, mon intérêt est resté captivé par la tournure quasi fantastique du récit. Malheureusement, j'ai trouvé le traitement de cette dimension pas tout à fait abouti et le final un peu en eau de boudin. Ma préférence reste définitivement au rationnel. Je reconnais toutefois à l'auteur le mérite de faire virer son récit dans des directions assez inattendues ; ce qui est probablement la raison pour laquelle je n'ai pas abandonné ma lecture.

  • Rentrée littéraire : L'arbre au poison d'Erin Kelly

    Editions JC Lattès - 380 pagesl'arbre au poison.jpg

    Présentation de l'éditeur : Au cours de l'été étouffant de 1997, Karen, étudiante brillante et studieuse, rencontre Biba, une orpheline originale qui mène une existence bohème dans une demeure délabrée de Highgate, en compagnie de son frère, Rex. Séduite, Karen se laisse entraîner dans leur univers fascinant et se retrouve mêlée à leur histoire familiale compliquée. Très vite, l'idylle va tourner au cauchemar... Jusqu'à la dernière page, ce roman psychologique, sombre et poétique, tient le lecteur en haleine.

    Un nouveau livre est tombé dans mon escarcelle par l'entremise du désormais médiatique Babelio. Si je me suis attachée à l'occasion de cette rentrée littéraire à ne lire pratiquement que des livres critiqués, L'arbre au poison est l'occasion de me rattraper auprès des moins chanceux du plan de com' mais non moins méritants.

    Erin Kelly nous propose ici un savant mélange de saga familiale, de roman d'amour et de polar. Des personnages construits, une atmosphère singulière et surtout, un sens du mystère particulièrement affûté font de l'ensemble une véritable réussite. L'histoire aux multiples rebondissements - bon, oui, une fois de plus il s'agit d'un page-turner - nous démontre encore et encore si besoin était que tout peut toujours basculer en un instant sans retour possible. L'on est tour à tour enjoué, étonné, horrifié, désabusé, touché, j'en passe et des meilleurs, par ce qui se joue sous nos yeux avec une dose massive de suspens et l'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur ce que nous ferions en pareille situation.

    Une approche de la relativité de la morale qui n'est pas s'en me rappeler un autre très bon livre : Le dîner d'Herman Koch.

    Extrait :

    En ce qui me concernait, j'étais encore assez immature pour ne pas être totalement dépouillée de mon innocence et tout juste assez âgée pour me rendre compte de ce qui se passait et l'apprécier pleinement. J'ignorais cependant que l'innocence est souvent confrontée à deux adversaires : l'expérience et la culpabilité.

  • Rentrée littéraire : Le pigeon anglais de Stephen Kelman

    le pigeon anglais.jpgA paraître le 15 septembre 2011

    Editions Gallimard - 328 pages

    Présentation de l'éditeur : Harrison, onze ans, originaire du Ghana, arrive en Angleterre accompagné de sa grande sœur et de sa mère. En attendant le reste de la famille, ils essaient de s'adapter à leur nouvel environnement qui n'a plus rien à voir avec leur Afrique natale : béton armé, HLM décrépis, guerre des gangs... Cette banlieue londonienne est l’une des plus dures et des plus violentes. Le quotidien de notre jeune héros s’accélère lorsqu’un matin il découvre le cadavre d'un adolescent poignardé dans une ruelle de sa cité. Harrison décide de mener l'enquête, de faire toute la lumière sur ce meurtre sanglant. Assisté de son meilleur ami et d'un pigeon qui devient son confident, il se transforme en un expert du crime. Mais il se révèle très doué, trop doué même, les coupables voient d'un mauvais œil ce petit fouineur… Le pigeon anglais est un roman enlevé, drôle et caustique, qui oscille entre comédie et tragédie. À travers les yeux d’un enfant, l’auteur nous livre un récit tristement actuel traitant de sujets difficiles tels que l'intégration ratée, l'abandon social, l'acculturation et la fascination pour la violence d’une jeunesse qui perd tout contact avec la réalité.

    Abandon en page 69, impossible d'accrocher. Le style parlé "petit nègre" n'est pas sans rappeler celui de Mabanckou dans son Demain j'aurai vingt ans de la rentrée littéraire 2010, mais semble ici totalement emprunté. L'action - le manque ? - ne m'a pas convaincue à poursuivre l'aventure. Problème de forme + manque de fond = pilon charlottesque. Circulez, y'a rien à lire.