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Littérature anglaise - Page 4

  • Rentrée littéraire : Tout va très bien de Charles Chadwick

    tout va très bien.jpgA paraître le 5 septembre 2012

    Editions Jacqueline Chambon - 813 pages

    Présentation de l'éditeur : Tom Ripple est un type qui ne fait pas de vagues. Anglais moyen, il porte un regard singulier sur son existence banale. Marié à une femme socialement très engagée il trouve plus reposant de se contenter de la vie plus ou moins telle qu'elle est. Rien ne le ravit tant que le petit train-train satisfait, la routine au ronron attachant. Il n'est pas non plus porté à vouloir découvrir la source et le sens des choses. Pourtant, sans raison apparente, il se met un jour à consigner sa vie par le menu. Avec un mélange d'honnêteté et de maladresse, d'humilité et d'autodérision, il raconte son quotidien de banlieusard sans histoire dans l'Angleterre des années 1970, ses relations avec ses voisins, son mariage qui se désagrège, ses enfants qui s'éloignent, la vie du petit village du Suffolk dans lequel il élit domicile, ses amours déçues, son retour à Londres, puis son ultime retraite dans une station balnéaire, la santé qui décline, les souvenirs qui refluent, et la fin d'un millénaire qui semble se confondre avec ses derniers jours. Ecrit sur vingt années et publié par un jeune auteur de soixante-dix ans, Tout va très bien compose une singulière et attachante épopée du quotidien. Avec ce gigantesque roman qui commence par une anecdote griffonnée sur un bout de papier et s'achève comme un monument destiné à entretenir un souvenir qui s'estompe, Charles Chadwick a écrit le grand monologue de l'homme ordinaire.

    Abandon en page 44. Si la jaquette ne m'avait pas vraiment émoustillée, j'avais décidé de laisser une chance à ce pavé, n'ayant jusqu'à présent jamais été déçue par les Editions Jacqueline Chambon (Roman de l'au-delà, La couleur des sentiments, Les descendants, La grande fête...).

    Malheureusement, j'ai trouvé le texte aussi terne que sa présentation. Le narrateur se perd dans ses tergiversations intérieures qui sont tristement ordinaires, comme promis. Même le soupçon d'humour anglais n'aura pas suffit à me convaincre de persister un tant soit peu, des fois que. Je dois bien avouer que ma décision de n'accorder que quelque cinquante pages à ce récit (ce qui, j'en conviens, est un peu juste) est grandement liée à l'absurdité - ne mâchons pas nos mots - du format. Etant handicapée du dos, ce parpaing littéraire était une véritable torture ; rédhibitoire ! Occasion m'est donnée de rappeler aux éditeurs que le poids des ouvrages est, en librairie, une critique récurrente et un frein à l'achat pour les clients âgés ou invalidés.

  • Walking dead de Robert Kirkman & Charlie Adlard

    Editions Delcourt

    Tome 1 - Passé décomposé - 142 pages

    Tome 2 - Cette vie derrière nous - 143 pages

    Tome 3 - Sains et saufs ? - 136 pages

    Tome 4 - Amour et mort - 136 pages

    Tome 5 - Monstrueux - 132 pages

    Tome 6 - Vengeance - 132 pages

    Tome 7 - Dans l'oeil du cyclone - 135 pages

    Présentation de l'éditeur : Le monde tel que nous le connaissions n’existe plus. La Terre, ravagée par une mystérieuse épidémie, est devenue un cimetière à ciel ouvert. Pire, les morts ne meurent plus et errent à la recherche des derniers humains pour s’en repaître. Parmi les survivants, Rick, policier, se réveille d’un long coma pour découvrir ce que son monde est devenu. Le choc passé, il doit désormais apprendre à survivre…

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    J'ai tendance à ne pas trop m'écouter. Et j'ai bien raison. De moi à moi, je serais plutôt encline à éviter les histoires d'horreur étant d'un naturel pétochard ascendant cauchemardeuse. Mais étant du genre à prendre mon propre contre-pied pour ne pas avoir d'oeillères, j'ai me suis lancé à moi-même le défi de tenter l'expérience d'une histoire de zombies. Moralité : la désobéissance a du bon puisque mon moi renégat a fait à mon moi flipette qui en est resté comme deux ronds de flan le cadeau d'une série exceptionnelle et pour le moins addictive.

    J'en ai jusqu'à présent lu sept tomes, il en existe quinze et la série n'est pas achevée. Je ne saurais dire si l'on finit par se lasser mais à mon stade de lecture, je ne suis absolument pas tannée, bien au contraire, je suis complètement galvanisée et je piaffe d'impatience de pouvoir me plonger dans la suite.

    Pour les réticents comme moi au registre effroi, le parti-pris du noir et blanc, même s'il ne dissipe pas la laideur des personnages zombifiés, permet de rendre l'ensemble supportable et de ne pas heurter ni la rétine ni la sensibilité. De plus, l'histoire est davantage centrée sur les personnages bien vivants qui cherchent à survivre en sécurité dans un monde post-apocalyptique où les règles ont changé. Il s'agit plus du récit de l'adaptation humaine que d'une guerre impitoyable et gratuite entre vivants et morts-vivants.

    Bien sûr, dans de telles conditions, les personnages, forts nombreux, ont tendance à tomber comme des mouches et les rebondissements, nombreux, vous tiennent particulièrement en haleine. Les auteurs ont superbement retranscrit les psychologies humaines face à des conditions extrêmes de danger et de stress. Les prouesses sont autant scénaristiques que graphiques.

    Si besoin était de le préciser, j'adore.

  • Sashenka de Simon Montefiore

    Editions Belfond - 731 pagessashenka.jpg

    Présentation de l'éditeur : Des dernières heures de l'empire des Romanov à la Russie post-perestroïka des années quatre-vingt-dix en passant par la terreur stalinienne, la destinée bouleversante d'une héroïne inoubliable. Dans la lignée du Docteur Jivago, une fresque éblouissante, par l'un des plus grands historiens de la Russie. Saint-Pétersbourg, hiver 1916. Devant l'institut Smolny pour jeunes filles, Sashenka Zeitlin, jeune bourgeoise de dix-sept ans, est arrêtée. Dans une Russie tsariste au bord du gouffre, alors que sa mère continue de s'enivrer de fêtes avec Raspoutine et sa clique, Sashenka, elle, a choisi son camp. Celui de la révolution... Quelque vingt ans plus tard, Sashenka incarne la femme soviétique modèle. Épouse d'un haut cadre du parti, mère comblée de deux enfants, elle va pourtant s'abandonner à une passion torride pour un séduisant écrivain dont les idées vont se révéler dangereusement compromettantes. Jusqu'à mettre en péril la vie de ceux qu'elle aime... et la sienne. Pendant plus de cinquante ans, son histoire demeurera cachée. Jusqu'à ce qu'une jeune historienne plonge dans les archives du KGB et dévoile le destin d'une femme face à un choix impossible...

    Destin de femme, saga familiale, roman historique, Sashenka est un condensé de toutes les littératures que j'apprécie. Et Simon Montefiore sait mélanger ces différents éléments de main de maître pour en faire une histoire émouvante au travers de ses personnages et enrichissante grâce à une connaissance précise de l'histoire russe ; le tout de manière fluide et en ménageant le suspens.

    La jeune baronne Alexandra Zeiltlin devenue la camarade Sashenka nom de code Isatis, est de l'étoffe de ces héroïnes, telle Jane Eyre, auxquelles on s'attache profondément. Elle nous fait traverser l'époque tsariste de Nicolas II, celle de la Terreur soviétique de Staline et nous conduit indirectement dans la Russie émancipée de toute dictature si ce n'est celle de la corruption, au gré des bouleversements politiques, des horreurs historiques et de sa construction en tant que fille, femme, mère, maîtresse et "militante". Saupoudrez le tout d'un soupçon d'enquête au coeur des archives secrètes et sanglantes du NKVD-KGB et vous obtenez un sacré pavé qui ne tombe pas, mais pas du tout, des mains, sauf mauvaise volonté évidente, je ne vois pas d'autre explication.

    Bref, cette fresque russe est une petite poupée qui berce un bon moment.

    Extraits :

    Au pays où le flot brille

    Sur le roc désert et noir...

    Une tendre magicienne

    M'a donné un talisman

    Et m'a dit avec tendresse :

    "Conserve mon talisman

    Il t'est offert, je le confesse,

    Dans un amoureux élan."

    Alexandre Pouchkine, Le Talisman

    ...

    Il se trouvait dans la capitale du plus grand empire au monde, gouverné par les hommes les plus stupides du pays, au coeur de la guerre la plus meurtrière de l'Histoire.

    ...

    "Si tu aimes, aime avec fougue ; si tu menaces, fais-le avec passion", avait écrit le poète Tolstoï.

    ...

    - (...) Vous et moi, Sashenka, nous sommes des vampires. Je me nourris du sang des travailleurs et vous de celui des capitalistes qui eux-mêmes vivent du sang des ouvriers. Plutôt darwinien, non ?"

    ...

    Une seconde suffit parfois à changer le destin.

  • Monkton le Fou de William Wilkie Collins

    monkton le fou.jpegEditions Phébus - 114 pages

    Présentation de l'éditeur : Contre quelle malédiction se battent les descendants de la famille Monkton ? Pourquoi le dernier d'entre eux, vivant jusque-là reclus, ajourne-t-il subitement un mariage inespéré pour se rendre en Italie ? Que représente pour lui cet oncle disparu dans un étrange duel sans que l'on puisse retrouver son corps ? Une certitude demeure : l'héritier des Monkton semble à son tour dévasté par une incommunicable obsession...

    C'est Jane Austen, dans je ne sais plus lequel de ces romans, qui m'avait mis le nom de Collins à l'oreille. Elle semblait porter une réelle admiration à cet auteur et étant moi-même admirative de l'oeuvre de cette grande dame des lettres anglaises, je me suis dit que je serais à n'en pas douter séduite par ce qui l'avait elle-même impressionnée.

    Dans le mille ! Comme l'a dit Henry James dans un éloge qu'il a fait à propos de William Wilkie Collins, "il a introduit dans l'espace romanesque les plus mystérieux des mystères : ceux qui se cachent derrière nos propres portes".

    Considéré comme le précurseur du roman policier anglais, j'ai perçu Collins, au travers de cette première lecture, comme le décrit James : un maître du mystérieux davantage que du polar, même si le récit est en quelque sorte une enquête. Il y a un petit côté gothique dans son écriture fluide et élégante sans être pompeuse. Les adeptes des histoires de fantômes ou d'esprits trouveront immanquablement beaucoup de charme à ce texte. Pour les peureux comme moi, rassurez-vous, ce n'est pas non plus le genre de littérature qui empêche de dormir. L'auteur sait cultiver le mystère et jouer sur certaines peurs irrationnelles sans tomber dans le glaçant effrayant traumatisant. En fait, il donne du cachet à un genre qui n'est vraiment pas a priori ma tasse de thé.

    Les écrivains anglais du XIXe siècle, quel que soit leur genre, ont vraiment une plume exceptionnelle, un style raffiné typique et un sens de la narration captivant.

  • Le Diable vit à la campagne de Rachel Johnson

    Editions De Fallois - 281 pagesle diable vit à la campagne.jpg

    Présentation de l'éditeur : Du très couru Notting Hill où vit tout ce que Londres compte de beautiful people aux beautés intactes du Dorset agricole, il n'y a que deux cents kilomètres. Que les Fleming ont franchis avec armes et bagages après avoir vendu leur maison de Colville Crescent. Mimi et Ralph, Mirabel, Casimir et Posy, leurs enfants, et le chien Calypso se sont installés dans une ferme ancienne : pierres blondes, glycines centenaires, fenêtres à meneaux. Le bonheur dans le pré ? Pas vraiment. Entre la vieille gentry locale et les néoruraux, la guerre fait rage. Les uns ont perdu tout le foin de leurs bottes, les autres affichent fièrement le blé qu'ils ont gagné. Chemins crottés contre pelouses manucurées, parties de chasse traditionnelles contre héliports ultra-sophistiqués, sablés pur beurre contre canapés pur bélouga. Au-delà des haies, il y a finalement autant de coteries et d'intrigues qu'à Notting Hill. Et tout autant de potins. Mimi, fraîchement transplantée, et Rose, sa nouvelle meilleure amie, qui vend à prix d'or ses confitures maison, tiennent la chronique des événements à tour de rôle. Entour-loupe à l'éolienne, bagatelles extraconjugales, scandale aux produits bio, rivalités des clans abondent comme les orties le long des chemins. Dans ce roman follement amusant, on découvre que le retour à la nature est beaucoup mieux en rêve que dans la réalité. Pour cette suite du Diable vit à Notting Hill, Rachel Johnson, en pleine possession de son humour anglais, réussit une nouvelle campagne.

    Abandon en page 72. Je m'attendais à découvrir un livre dans la veine de Tamara Drewe, avec une pointe d'humour so british. Mais pas du tout. Cette suite de Le Diable vit à Notting Hill (sur lequel je ne me précipiterai certainement pas) m'a profondément ennuyée. C'est lent, aucun des personnages n'a eu le pouvoir de me retenir... Bref, inutile d'enfoncer le clou, je n'ai pas aimé.