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Essai - Page 5

  • L'écologie en bas de chez moi de Iegor Gran

    l'écologie en bas de chez moi.jpgEditions POL - 185 pages

    Présentation de l'éditeur : Un voisin durable, c'est un voisin qui trie ses déchets et me surveille pour que j'en fasse autant. Une amitié durable, c'est une amitié où l'on ne met pas en danger l'avenir de la planète, même en paroles. On évite d'aborder les sujets qui fâchent. On gobe le discours moralisateur avec le sourire. On accepte l'opportunisme marchand en ouvrant son portefeuille. On se garde de penser sans gourou, sans nounou. On se retient. Ce livre raconte comment je ne me suis pas retenu.

    Les enragés de la cause environnementale ne manqueront pas de faire une syncope à la lecture de ce texte. Pour les plus modérés, ce texte sera plein de vérités quoique vaguement réac' et pour les écolo-sceptiques complets, sans doute l'équivalent d'une holly baïbeul. Mais aucun public ne pourra contester que l'auteur pratique tout sauf la langue de bois. Si, a priori, le feuillettement promet une lecture rebutante - il y a autant de notes de bas de page que de texte -, il n'en est rien. C'est très bien écrit et les a parte n'en sont pas vraiment et s'intègrent donc parfaitement dans la lecture. L'ensemble paraît bien documenté, l'on apprend plein de choses et l'on commence à relativiser ou l'on continue (selon). Malgré tout, le dernier tiers s'essoufle un peu.

    Extrait :

    Le prurit est une affaire de riches. Ceux dont les besoins élémentaires ne sont pas satisfaits ont d'autres priorités, n'en déplaise à Vincent. Ils sont dans l'entreprenariat de la survie. Quand ce n'est pas la nourriture qui manque, c'est le travail décent. Ou la sécurité élémentaire : ne pas se faire tuer. Trouver un toit. Une éducation pour les enfants, c'est déjà un luxe. Quand on ne sait pas ce que l'on va manger dans un mois, la planète, on s'en tape comme de l'an quarante, et l'on a raison.

    ...

    La surpopulation menace? L'humain pullule. Le vénérable commandant Cousteau lui-même l'a dit à l'époque : "Je voudrais que l'on réduise le nombre d'humains à 600 ou 700 millions d'un coup de baguette magique".

  • La Prophétie des Andes de James Redfield

    Et si les coïncidences révélaient le sens de la vie ?

    Editions Robert Laffont – 318 pages

    andes.jpgQuatrième de couv’ : A l’origine, un manuscrit fabuleux rédigé six cents ans avant J.-C. et une prophétie : notre société va subir un grand bouleversement. Intrigué, le héros de cette histoire s’envole pour le Pérou à la recherche du mystérieux grimoire, objet de toutes les convoitises, qui va transformer sa vie. Commence alors une aventure magique et enchanteresse, une dangereuse initiation : une quête en neuf étapes qui le mène du sommet des Andes au cœur de la forêt amazonienne sur la voie des révélations de la vie. Quand, au terme de son périple, le héros découvre le vrai sens de son existence, c’est notre propre quête qui débute. Pour James Redfield, si nous restons attentifs et savons percevoir le grand mystère de l’existence, nous nous apercevrons que nous avons été judicieusement placés, à l’endroit adéquat… pour changer quelque chose en ce monde.

    Ma fugace carrière de libraire m’a permis d’appréhender l’importante part de marché occupée par les témoignages et les récits mystiques ; deux styles bien loin de mes inclinations littéraires habituelles. Soucieuse d’être en mesure de renseigner au mieux la clientèle tout autant que désireuse de comprendre ce qui semblait susciter intérêt et engouement manifestes, je me lançais à l’assaut d’un des best-seller du genre.

    Je dois dire que j’hésite franchement dans le choix du substantif adéquat pour qualifier l’auteur ou tout homologue. Une telle exaltation n’appelle que deux possibilités mais diamétralement opposées : Bisounours ou Gourou.

    S’agissant à proprement parler de James Redfield et de La Prophétie des Andes, l’histoire est une légende captivante, la quête initiatique est assez palpitante. Dans son acception imaginaire. Mais si l’auteur se place d’un point de vue de la délivrance d’une vérité, je commence sérieusement à bloquer et à le penser illuminé.

    Certes, de nombreuses choses sont sensées au fil de la narration et si ce n’est réalistes, du moins convoitées par les meilleures âmes de ce bas monde. Ca, c’est pour la dimension Bisounours.

    Ce qui me dérange le plus, c’est cette façon d’ériger la pensée en Message et en pratiques à respecter, cette manière si semblable à toutes religions de dicter un mode de vie et de jouer sur les peurs des gens.

    Au final, quelles que soient les motivations de l’écrivain, il n’est pas fondamentalement désagréable de se plonger dans ce type de livre. Occasionnellement. Cela donne l’opportunité de rêver un peu, d’espérer que la course à sa perte de l’Homme n’est pas inexorable. Mais il semble, à mon sens, un peu dangereux de s’enfermer dans ce type de lecture. Trop en décalage d’avec la réalité, le risque est de se mettre en marge, d’une façon ou d’une autre, de l’évidence factuelle qui nous entoure.