Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Chronique de l'effort - Page 2

  • Chronique de l'effort #29

    Ou ma vie de libraire.

    Je dois dire que dans ce métier de reconversion qui est assez loin du fantasme que j'en avais (on transbahute davantage de cartons que l'on ne converse littérature), j'ai une chance incroyable.

    Oui, j'ai la veine incommensurable d'avoir atterri dans une bourgade emplie de génies. Certes, il s'agit moins d'un constat personnel que d'un ouï-dire... N'empêche que c'est proprement hallucinant le nombre de clients qui viennent m'acheter des ouvrages pour des enfants "particulièrement en avance sur leur âge", "très éveillés", "vraiment mûrs par rapport aux autres enfants".

    Ce que je peine à comprendre, c'est pourquoi, quand je me plie, nullement sceptique (...), à leur requête dépourvue d'orgueil sans fondement, en leur proposant un ouvrage destiné à un enfant d'au moins deux années de plus que leur petit quotientisé intellectuellement supérieur, je me vois systématiquement rétorquer que "non, vraiment, je crois que ça va être un peu trop compliqué".

    "... Vraiment ?"

  • Chronique de l'effort #28

    Ou ma vie de barmaid.

    Car oui, dans mon jeune temps, j'ai eu la chance d'accéder à ce rêve d'être, le temps d'une soirée étudiante, la serveuse sexy de feu la boîte branchée de la capitale de la moutarde.

    En quoi passer de l'autre côté du zinc peut représenter une sorte d'idéal ? Ben quand tu es jeune, tu aimes vivre la nuit et tu adores le bruit. De surcroît, tu te dis que tu vas pouvoir boire gratos (oui car le statut d'étudiant est souvent assorti des épithètes fauché et alcoolique), tu te dis que tous tes compatriotes de galère estudiantine (alcooliques et fauchés) vont te faire du charme pour avoir leur verre à l'oeil et surtout, que tu vas pouvoir t'attirer les bonnes graces de tes targets en les gratifiants de munitions généreusement offertes.

    Sauf que.

    Quand tu accèdes à la soirée paradisiaque par excellence d'un point de vue de la roucoulade universitaire en compagnie de ton Jules, tu te rends compte qu'être de l'autre côté du comptoir n'est pas une sinécure. Déjà, les présumés courtisans se révèlent être des sacoches impatientes qui piaffent parce que leur verre n'arrivent pas assez vite ; la boisson n'étant pas ton métier, tu n'as pas tout à fait le débit exigé pour la fonction. Là-dessus, tu réalises que dans ton fantasme, tu avais omis les séductrices pochtronnent qui font les yeux doux à ton mec pour négocier leur breuvage. Du coup, ta jalousie avancée te pousse à profiter plus que de raison de ton open bar personnel et tu finis complètement bourrée.

    Gueule de bois 1 - Rêve (en bois) 0

  • Chronique de l'effort #27

    Ou ma vie de libraire.

    Travailler dans une librairie, l'été, c'est préparer, outre la rentrée littéraire, la rentrée scolaire. L'essentiel des manuels scolaires est constitué des cahiers d'exercices de langues et là, c'est le drame :

    - Bonjour, je voudrais le Jette hein touche 4e, s' il vous plaît.

    - Le Get in touch, donc.

    ...

    - Vous avez le En joie en gliche 3e ?

    - Vous voulez dire le Enjoy english ?

    ...

    - C'est bien le Queue bien pour les 4e espagnol LV2 ?

    - Non, c'est le ¡Qué bien!

    Qui a dit que les Français n'étaient pas polyglottes ?

  • Chronique de l'effort #26

    On est libraire ou on ne l'est pas.

    sac à main2.jpg
  • Chronique de l'effort #25

    Ou ma vie de libraire.

    - Vous avez Zabid de Voliaire ?

    - Heu... Non.

    ...

    - Vous avez L'école des femmes de Victor Hugo ?

    - Heu... Non.

    ...

    - Vous avez L'Avare ?

    - Dans une édition particulière ?

    - Oui, Molière.

    - Heu... Oui.

    ...

    - Vous auriez un livre pour enfant où la grand-mère n'est pas représentée avec un petit chignon de cheveux gris et des lunettes rondes ?

    (Bien sûr, je me suis tapé tout le rayon Jeunesse, c'est évident.)

    ...

    - Je veux un livre d'Histoire pour mon petit-fils.

    - Alors, j'ai...

    - Non !

    - Sinon, j'ai...

    - Non !

    - Ou encore...

    - Non ! Tant pis, je vais réfléchir.

    (C'est ça, réfléchis surtout à ne pas revenir vieille peau.)