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Chronique amoureuse - Page 2

  • Chronique amoureuse #15

    C'est vrai qu'il existe différentes écoles.

    Il y ceux qui se montrent.

    Et il y a ceux qui ne se montrent pas. Ne dit-on pas d'ailleurs : pour vivre heureux, vivons cachés ?

    La question étant de savoir, si l'on adopte le second postulat, pourquoi l'on se dissimule. S'il s'agit d'une option concertée, nulle interrogation. Mais quand cette option s'impose à vous, notamment de manière systématique, le questionnement est légitime. Soit vous faites barrage sans vous en rendre compte. Soit vous semblez être l'objet de la honte.

    Le fait est qu'une vie dissolue peut conduire à tenter de se préserver des médisances d'autrui, tellement de rigueur aujourd'hui. Mais d'un autre côté, pourquoi sacrifier les instants déjà tellement comptés ? Doit-on, pour éviter les jugements qui, quoi qu'il arrive, ne cesseront jamais d'assaillir, rogner sur son bon plaisir ? Cette vie si courte semble justifier l'indispensable abandon des barrières de protection.

    Peut-être que la muraille a plus de force que la volonté... Mais si tel n'est pas le cas et que vous vous sentez d'assumer, quels que soient vos gestes, quels que soient vos faits, une question reste : qu'est-ce qui fait de vous l'inavouable immuable ?

  • Chronique amoureuse #14

    Que l'on soit homme ou que l'on soit femme, sur bien des points, vieillir est une tragédie. A commencer par le rapprochement d'avec la Fin.

    Mais le plus difficile reste probablement la déchéance physique.

    Et comme pour compenser le fait que la femme dispose d'une espérance de vie supérieure à celle l'homme, elle se décatit si ce n'est plus mal, du moins plus vite que son équivalent masculin ; toute inexorable exception à la règle écartée. Elle voit, par exemple, sa poitrine s'affaisser - si tant est que Dame Nature l'en ait dotée... Non, toute frustration morphologique mise à part, c'est un fait, point barre.

    Cela dit, l'homme n'est pas en reste si l'on compte les déplumages, briochages et autres ramollissages intempestifs.

    Mais, car il y a toujours un mais, il y a évidemment du bien dans le mal, sinon le Monde ne serait pas Monde. Et donc côté amants, il faut bien reconnaître que le mûrissement, comme pour le bon vin, à sa part d'enrichissant. Hormis une ou deux exceptions, l'homme gagne à être connu du haut de son vécu. Du mot choisi au geste précis, c'est indiscutable, l'expérience est soeur de jouissance.

    Bon, ça n'empêche pas que l'homme reste homme, sachant parfois faire preuve de manque de glamour en gardant ses chaussettes (ou autres moeurs bizarres) ou de manque de réceptivité en étant paradoxalement trop concentré (ou comment passer à deux doigts de l'absolu). Mais ces détails restent bien secondaires si à l'intensité du plaisir l'on se réfère...

    Mon conseil : oubliez vos armoires, mettez le vintage dans votre boudoir !

  • Chronique amoureuse #13

    guimauve2.jpgEt puis y'a le bande-mou.

    Entendons-nous bien, en temps normal, nous ne le fustigerions que sous cape rapport au fait que même si c'est hyper drôle - sauf en situation -, ça peut arriver.

    Mais en l'occurrence, nous allons nous marrer ouvertement parce que, sans être sponso par L'Oréal, il le vaut bien.

    Le bande-mou donc, comme son nom l'indique, n'a pas ce qu'on appelle l'érection béton. D'ailleurs il bande si peu que c'en est presque un non-sens.

    Le premier incident survient lors de votre première tentative. Vous êtes un poil déçue parce qu'il est censé avoir baisé la terre entière - d'un point de vue cité-centrique du terme - et que ce qui, pour vous, était une quasi promesse sur l'avenir s'avère n'être qu'une vaste fumisterie. Mais vous le pardonnez grâcieusement parce qu'il met ça sur le compte de l'émotion selon laquelle vous pouvez connaître mille femmes, pour chacune, chaque première fois est comme LA première fois. Et puis surtout parce qu'il se rattrape avec LE cunni du siècle.

    Lors de la deuxième tentative, même combat. Ou plutôt non-combat malgré un progrès de la molle à la demie-molle. Là, vous commencez à avoir la puce à l'oreille parce que le gars ne semble nullement perturbé par ses problèmes de tension. Pire, il adopte cet air d'auto-satisfaction masculin si exaspérant... et si souvent injustifié. Ndlr - mais oui cher lecteur, on sait bien qu'avec toi, elles ne simulent jamais et jouissent systématiquement. Il pousse même le culot jusqu'à te raconter que son ex est vraiment une garce de lui avoir balancé, lors de leur rupture, que de toute façon, il était même pas un bon coup. Ce qu'il ne conçoit manifestement pas, pas plus que vous puissiez être de l'avis de son ex.

    Là, vous vous dites que ce sont les endorphines qui le font délirer et qu'il va finir par prendre conscience de son "problème". Mais, alors que la troisième tentative n'a rien de plus glorieux, que ses potes débarquent - après hein ! - et que le ton graveleux de la discussion vous incite à un vieux tacle salace, le demi-impuissant a le toupet de pérorer devant l'assemblée que "vous disiez pas ça la dernière fois".

    !

    Quand la beaufitude s'ajoute à l'inaptitude...

    Tout ça pour dire que la morale, c'est qu'à quarante ans, c'est moche les ravages de l'alcool, du tabac, de la marie-jeanne, de la coke et que sais-je encore...

    Et qu'on dit jamais deux sans trois mais pas trois sans quatre.

  • Chronique féministe #5

    Sérieusement, c'est moi ou c'est eux ?

    Non mais je pose la question. A défaut de réponse - car y en a-t'il vraiment une, unique et universelle ? -, je m'épargnerai les procès d'intention pseudo-fondés sur la fallacieuse accusation d'une incapacité à ma personnelle remise en question.

    Cela dit, à l'interrogation éveillant présentement mon intérêt selon laquelle "suis-je trop implicite ou les garçons ne comprennent-ils rien à rien ?", J'accuse, comme disait mon pote Emile : c'est eux, c'est pas moi !

    Sérieusement, quand vous hébergez un gars rapport à son incapacité éthylique passagère à se mouvoir sur une distance supérieure à l'éloignement standard d'un canapé et d'un lit, qu'une fois pieuté le garçon se met à penser - convenons que dans son état, ce n'est pas raisonnable - et que de surcroît il veut vous faire partager le fruit de sa réflexion, que vous acceptez courtoisement - quoiqu'expaspérée - de tendre l'oreille et que vous entendez "tu sais à quoi je pense ?", vous répondez "non", parce que contrairement à ce que l'imbibé peut croire, vous n'êtes pas devin et vous vous abstenez de rétorquer "à quoi ?" dans l'espoir que le coma le rattrape. Mais non. Et quand le dipsomane vous déclare "je pense que j'ai envie de toi" et que vous lui répondez, cette fois-ci d'une courtoisie légèrement vitriolée appelant la fin du débat "et bien je crois qu'il va falloir changer de pensée", vous supposez légitimement avoir mis fin à la controverse de manière intelligible. Sauf que l'ivrogne ne l'entend pas de cette oreille et, l'évidence selon laquelle votre refus est motivé par une non aspiration à la conclusion d'avec lui ne semblant pas l'effleurer, vous oblige à le rembarrer sans détour et frontalement.

    Ou encore quand vous rencardez par sms un gars pour bricoler chez vous - au sens premier du terme, n'est-ce pas... -, qu'il vous dit "on se voit que pour ça ?", que vous lui répliquez que "ben non, on boira un verre et on papotera !", qu'il vous rétorque "et plus, c'est mort ?" - ndlr : oui, à quoi bon les jeux de séduction chronophages cardiaquement éprouvants et le feeling quand la technologie - et un caractère rustre dépourvu de tout romantisme - vous permet de gagner du temps ? -, vous opposez un "ben je peux aussi acheter des chips comme ça on grignotera ;-) et s'il s'agissait d'une demande sur la potentialité de moyenner, je te rappelle que je suis fâchée avec les hommes pour au moins les dix prochaines années. de surcroît, macho comme tu es et "féministe" comme je suis, c'est pas gagné...". Vous faites ainsi preuve d'humour, de modestie (une déclaration à votre endroit ne vous semble pas une évidence) et de diplomatie (vous ne rembarrez pas frontal et allez même jusqu'à vous flageller de votre frilosité émotionnelle bien indépendante du brave garçon, hum) et supposez légitimement avoir mis fin à la controverse de manière intelligible. Sauf que le bricoleur ne l'entend pas de cette oreille et vous oblige, par son sms "c'est pas gagné, ça veut dire quoi ?", à le rembarrer sans détour et frontalement : "littéralement, c'est pas gagné, ça veut dire que c'est perdu. pour reprendre ta terminologie : plus, c'est mort". Et le garçon, naturellement fier comme Artaban, de vous pourrir toute la soirée par messages interposés, captieux au possible, et de vous déclarer que tout était fini entre vous - ndlr : notons que rien n'avait commencé - et qu'il ne désirait plus vous compter parmi ses relations. Et vous, d'être Gros-Jean comme devant pour vos histoires de bricolage...

    La juste remise en question serait dites-vous de veiller à une sélection plus drastiques de mes options relationnelles masculines ?

    C'est pas faux...

  • Chronique amoureuse #12

    Et puis t'as beau être deux, des fois, tu te sens très seule. C'est ce qu'on appelle communément le "moment de solitude".

    Toi, homme qui a traversé ma vie, tu ne viendras plus te plaindre qu'ici je suis partiale en ne racontant que tes bourdes.

    Il est parfois de fâcheuses coïncidences.

    Ainsi, il m'est arrivé de sortir avec un garçon ayant perdu ses deux parents. Orphelin quoi.

    Déjà, tu t'imagines bien que c'est pas le truc qu'il m'a balancé de but en blanc, un pour pas me mettre mal à l'aise, deux pour ne pas risquer d'essuyer les, j'imagine, quasi systématiques regards compassionnels. N'existant cependant aucun moment propice à ce genre de révélation, il n'est pas difficile d'imaginer ma sensation d'isolement - ce qui peut paraître ironique - au temps venu de l'annonce.

    Mais là n'est pas le malheureux concours de circonstances. Enfin, me concernant, si je peux me permettre.

    Non, la pure déréliction fut à son paroxysme lorsqu'à l'occasion d'une petite session dans l'herbe au jardin des Tuileries, j'eus "l'excellente" idée de vouloir faire plus ample connaissance à l'aide d'un test dans le magazine que nous avions sous la main. Le test en question ? "Quel sens de l'humour possédez-vous ?" Oui, on est pas futile ou graveleux, même si au final, on se dit que parfois ça vaudrait mieux. Et puis, on est vachement sociale en fin de compte parce que ne dit-on pas "femme qui rit..."? J'ouvrais donc une voie magistrale à mon acolyte pour lui indiquer la plaisanterie à adopter afin de conclure. Enfin bref, tout ça pour dire que le questionnaire en question visait à déterminer si l'on était davantage français, british ou encore yiddish rapport à la rigolade.

    Et bien grâce à ce sondage, j'ai découvert qu'à l'instar de la nécessité de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, il pouvait être utile de lire au moins une fois la phrase dans sa tête avant de la déclamer. Sachant préalablement cela, j'aurais certainement discrétement zappé l'item suivant :

    Perdre un de ses parents est regrettable, les deux c'est de la négligence.

    (Tiré de L'importance d'être Constant d'Oscar Wilde)

    Et moi d'être consternée... puis de pouffer nerveusement... puis de mettre le magazine sous les yeux de mon compagnon pour bien lui prouver que non, c'est pas moi !

    Autant vous dire que nous en avons conclu que nous n'avions pas l'humour anglais.