Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Chronique féministe - Page 2

  • Chronique féministe #4

    Extrait d'un manuel catholique d'économie domestique pour les femmes, publié en 1960, incontestablement écrit par des hommes... :féminisme2.jpg

    Vous vous êtes mariée dans Dieu et les hommes.

    Vous devez être à la hauteur de votre mission.

    LE SOIR QUAND IL RENTRE

    Préparez les choses à l'avance afin qu'un délicieux repas l'attende. C'est un façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et que vous vous souciez de ses besoins.

    SOYEZ PRÊTE

    Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d'être détendue. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Sa dure journée a besoin d'être égayée, c'est un de vos devoirs de faire en sorte qu'elle le soit. Votre mari aura le sentiment d'avoir atteint un havre de repos et d'ordre et cela vous rendra également heureuse.

    En définitive, veillez à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle.

    REDUISEZ TOUS LES BRUITS AU MAXIMUM

    Au moment de son arrivée, éliminez tous les bruits de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Encouragez les enfants à être calmes. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire.

    ECOUTEZ-LE

    Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n'est pas le moment opportun. Laissez-le parler d'abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres.

    NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S'IL RENTRE TARD

    Ou sort pour dîner ou pour aller dans d'autres lieux de divertissement sans vous.

    NE L'ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS PLAINTES ET VOS PROBLEMES

    Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou d'aller s'étendre dans la chambre à coucher. Parlez d'une voix douce, apaisante. Ne lui posez pas de questions et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu'il est le maître du foyer et qu'en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté.

    LORSQU'IL A FINI DE SOUPER, DEBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE

    Si votre mari propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et, après une longue journée de labeur, il n'a nul besoin de travail supplémentaire. Encouragez-le à se livrer à ses passe-temps favoris et montrez vous intéressée sans toutefois donner l'impression d'empiéter sur son domaine. Faites en sorte de ne pas l'ennuyer en lui parlant car les centres d'intérêt des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes.

    Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre, préparez-vous à vous mettre au lit promptement.

    ASSUREZ-VOUS D'ÊTRE A VOTRE MEILLEUR AVANTAGE EN ALLANT VOUS COUCHER

    Essayez d'avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil car cela pourrait le choquer de s'endormir sur un tel spectacle.

    EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI

    Il est important de vous rappeler vos voeux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S'il estime qu'il a besoin de dormir immédiatement, qu'il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par ses désirs et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

    SI VOTRE MARI SUGGERE L'ACCOUPLEMENT

    Acceptez alors avec humilité tout en gardant à l'esprit que le plaisir de l'homme est plus important que celui d'une femme. Lorsqu'il atteint l'orgasme, un petit gémissement de votre part l'encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

    SI VOTRE MARI SUGGERE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES

    Montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez un éventuel manque d'enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s'endormira alors rapidement : ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

    VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE REVEIL

    Afin d'être debout peu de temps avant lui, le matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu'il se réveillera.

  • Femmes dans les arts d'Afrique au musée Dapper

    Présentation de l'exposition :

    Figures debout, agenouillées, assises, parfois accompagnées d'un enfant posé sur les genoux, porté sur la hanche ou dans le dos, les femmes sont fortement valorisées dans les arts africains.

    jumeaux.jpgDe la naissance au plus grand âge, en passant par les étapes obligées du mariage et de la mise au monde de nombreux enfants, les femmes occupaient en Afrique - et occupent souvent encore dans les sociétés villageoises - une place très particulière. Celle-ci reflète souvent une ambivalence marquée par une présence affirmée au sein de l'espace privé, celui de la famille, ou un effacement dans la sphère communautaire qui réunit les membres du clan.

    A travers près de cent cinquante oeuvres, dont beaucoup sont exceptionnelles, la nouvelle exposition du musée Dapper met l'accent sur l'étonnante diversité des représentations féminines. Celles-ci, principalement réalisées par des hommes (sculpteurs, forgerons), traduisent la dimension plurielle des conditions et des statuts dévolus aux femmes. Nécessaires et obligatoires, les pratiques culturelles conduites lors des initiations et des cérémonies marquent les moments forts des cycles de vie. Les oeuvres, qui subliment tout particulièrement la grossesse et la maternité, révèlent, tant par l'ornementation que par la gestuelle, le vécu des femmes.essamba.jpg

    De ce lieu de culture au cadre absolument ex-cep-tio-nnel, je retiens particulièrement le somptueux travail à l'argentique de la photographe camerounaise Angèle Etoundi Essamba à laquelle le musée Dapper a offert ses cymaises en ouverture de l'exposition (ci-contre, Les Amazones, Série "Noirs", 2002). Au coeur de la position duelle de la femme africaine et des rites cruels qui jalonnent encore aujourd'hui sa vie (scarification, excision, infibulation), je garde la vision complémentaire et égalitaire qu'en ont les Yorubas du Nigéria.

    Seul petit bémol : de nombreuses régions d'Afrique représentées, un nombre encore plus grand d'ethnies évoquées... Au final, complexité, embrouillamini et mémorisation proche de ground zero. Suggestion : des expositions consacrées à une seule région et ses différentes ethnies ou à une seule ethnie dans ses différentes régions.

    Musée Dapper
    35 bis, rue Paul Valéry - Paris 16
    Tél. : 01 45 00 91 75

    M° Victor Hugo, Charles de Gaulle-Etoile ou Kléber

    Jusqu'au 12 juillet 2009, tous les jours sauf le mardi de 11 h à 19 h.

    www.dapper.com

  • Chronique féministe #3

    Pourquoi ?féminisme3.jpg

    Pourquoi les hommes qui pensent que :

    • la femme n'a pas de besoins sexuels comme l'homme,
    • la femme, dans l'acceptation du fait qu'elle a des besoins identiques à l'homme, ne doit pas multiplier les conquêtes parce que, contrairement à l'homme, elle peut se retenir (auto-bestialisation masculine),
    • la femme, de toute façon, doit se retenir parce qu'elle, c'est pas pareil, c'est intérieur,
    • la femme qui ne se retient pas est une Marie-Madeleine alors qu'à situation égale, l'homme, lui, est un Don Juan,
    • la femme qui se fait agresser est toujours un peu fautive soit parce qu'elle ne s'est pas habillée suffisamment correctement, soit parce qu'elle dansait de manière trop suggestive, soit... soit... soit..., tout en sachant que l'homme ne peut résister à la tentation (auto-bestialisation masculine bis repetita),
    • la femme qui, par instinct de survie, ne se défend pas face à ce que l'on peut physiquement appeler son prédateur, est au fond un peu consentante,
    • la femme doit s'accomoder du fait que l'homme est une bête incapable de maîtriser ses pulsions (dixit ces messieurs comme vu précédemment) et que, si elle souhaite se vêtir à sa guise, se déhancher à l'envi ou quoi que se soit risquant d'éveiller les incontrôlables hormones mâles, elle doit comprendre que sa liberté passe par la soumission à une protection bienveillante à base de testostérone,

    refusent-ils systématiquement, d'un air offusqué, de se faire traiter de machos?

  • Chronique féministe #2

    Alors là, je vais clouer le bec à plus d'un qui, d'ores et déjà dans les starting block, s'attend à me voir débiner les mecs de manière plus ou moins fallacieuse et à réagir du tac au tac. Or, faut-il vraiment que je rappelle que je suis une personne si ce n'est intelligente du moins pas complètement stupide et pas belliqueuse outre mesure ne pensant pas - toujours - l'homme comme l'adversaire de la femme mais souhaitant juste poser ses pensées éparses, ses interrogations et ses propositions de solutions sur l'évolution de la femme dans son contexte social ?

    Aujourd'hui donc, nulle guerre des sexes à l'horizon. Mon interrogation du jour ne concerne les gars que de manière indirecte. Le thème retenu pour ce deuxième opus de la chronique nouvelle est la relation de la femme à ses semblables, au sens de l'identité des caractéristiques sexuelles.

    Alors on parle de solidarité féminine*, on nous bombarde la rétine de jolis scénarios du type Sex and the City* et tout le monde prend l'air étonné quand vous avouez que des copines, vous en avez pas beaucoup, vous traînez plutôt avec des mecs. Moi je dis : pourquoi tant d'hypocrisie ?

    Car à cela, rien d'étonnant si l'on s'accorde à reconnaître objectivement qu'aujourd'hui - en tout cas dans les sociétés que je connais -, une femme ne pense pas une autre femme comme une alliée mais comme une rivale. C'est là donc que le mec, encore et toujours, intervient indirectement.

    Combien de fois ai-je remercié la Nature de n'avoir pas placé des mitraillettes dans les yeux de mes congénères encore inconnues en différentes occasions ? Chaque fois que des mecs étaient présents. C'est dire.

    Combien d'amitiés entre filles ai-je observées qui jamais n'ont connu la houle la faute à un Jules ? Une seule, la mienne, et encore...

    Pour élargir en dehors des mecs des fois qu'ils pensent que le monde tourne autour d'eux, combien de femmes, une fois en haut de l'échelle, deviennent de vraies salopes avec leurs collaborateurs mais pire avec leurs collaboratrices histoire de ne surtout pas leur faciliter, voire leur rendre encore plus difficile, une ascencion déjà culturellement semée d'embûches qu'elles, elles ont dû surmonter ? Trop.

    Je pourrais donner encore de multiples exemples mais l'exhaustion n'est pas le but. Je m'interroge simplement sur le pourquoi ?

    Pourquoi les femmes sont-elles à ce point dépourvues d'instinct grégaire ? Même si les féministes de tous temps se sont vues barrer la route y compris et souvent de manière plus virulente par leurs égales, les femmes étaient me semble-t-il plus enclines par le passé à l'esprit de communauté. Quelle est l'origine de tant d'adversité, d'un tel antagonisme ? Le libéralisme relationnel pour ne pas dire sexuel aurait-il engendré une concurrence sans merci ? Et si la femme refuse d'accorder sa confiance à une autre femme parce qu'elle lui piquera forcément son mec, est-ce parce qu'elle se considère comme un être pulsionnel incapable de résister à la tentation au mépris d'une réelle relation ?

    Il me souvient d'une fille recontrée, amie d'amis. Notre décision commune de prendre en main l'organisation de la prochaine soirée nous amena à faire plus ample connaissance. C'est ainsi qu'elle m'avoua désespérée en avoir marre que ses copines passent leur temps à se déchirer pour des histoires de mecs et pire, lui piquent ses Roméo à elle. N'ayant jamais compris et donc mis les pieds dans ce genre de relation, je lui proposais très innocemment de lui prouver que toutes les filles n'étaient pas des garces. Une proposition d'amitié comme une autre en somme. C'est pleine de bons sentiments que je m'investis dans cette camaraderie nouvelle... jusqu'à ce qu'elle me pique mon mec.

    D'où mes réticences. Mais moi j'ai une excuse.

    Et puis pas si réticente que ça en fin de compte. Je suis toujours avenante avec les gonzesses que je peux croiser parce que je rêverais profondément d'avoir mon cercle de cop's, de rire comme des dindes, de raconter plein de trucs sur les mecs et tout et tout... Mais bon, la fille d'aujourd'hui n'est pas aware et te regarde comme une suspecte présumée coupable jusqu'à preuve du contraire.

    Et pauvre de moi, la Parisienne est encore plus hermétique que les autres.

    Et plus salope aussi.

    Pardonnez-leur, chères Olympe de Gouges* et autre Simone de Beauvoir*, elles ne savent pas ce qu'elles font.

  • Chronique féministe #1

    Et une nouvelle thématique, une, qui, à n'en pas douter après la Chronique amoureuse, me fera définitivement perdre mes trois pour cent deféminisme4.jpg lectorat masculin... sauf si naturellement cette portion congrue est composée de l'élite du genre qui, faute d'intrinséquement comprendre le propos, tentera tout du moins de l'entendre. Et de s'améliorer.

    Car, qu'on le sache - et qui d'entre nous mesdemoiselles et mesdames l'ignore encore ? -, au-delà de la condition humaine existe et persiste la condition féminine, aberration résiduelle historique de sociétés construites par et pour les hommes.

    Cette chronique s'attachera à narrer les réflexions et révoltes d'une femme, ancrée viscéralement dans son statut.