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Chick lit, romance - Page 4

  • Les filles de Mr Darcy d'Elizabeth Aston

    les filles de mr darcy.jpgEditions Milady Romance - 475 pages

    Présentation de l'éditeur : Vingt années après Orgueil et Préjugés, nous faisons la connaissance des cinq filles d’Elizabeth et Darcy. Alors que leurs parents sont en voyage à Constantinople, les demoiselles viennent passer quelques mois à Londres chez leurs cousins Fitzwilliam. La découverte de la vie citadine, des plaisirs qu'elle offre et des dangers qu'elle recèle, associée au caractère fort différent de ces jeunes personnes, va mener à des aventures – et des amours – inattendues, dans un cadre particulièrement mondain, où de nombreux individus se côtoient. De la Tante Lydia - toujours aussi frivole - à Caroline Bingley - devenue Lady Warren -, on retrouve avec plaisir certains personnages créés par Jane Austen.

    Après ma lecture plus qu'enthousiasmante de La mort s'invite à Pemberley de P.D. James, j'ai voulu réitérer l'expérience de ces plumes qui font revivre les inoubliables héroïnes de la brillante Jane Austen. Ici encore, c'est Orgueil et Préjugés qui impulse le récit. Décidément, le texte originel n'en finit pas d'inspirer écrivains et réalisateurs !

    Une petite mise en garde s'impose : contrairement à P.D. James, l'auteur ne se mesure pas vraiment à Jane Austen en exilant provisoirement Mr & Mrs Darcy à Constantinople. Et si certains des personnages secondaires du fameux Pride & Prejudice sont bien présents (Lydia, les Fitzwilliam, les Gardiner, Caroline Bingley...), ils sont soit relativement en arrière-plan, soit suffisamment dénaturés pour hérisser le poil des puristes.

    Passés ces menus détails, l'on ne peut que saluer la performance d'Elizabeth Aston qui nous entraîne à la suite des cinq filles Darcy faisant leur entrée dans le monde au coeur de l'impitoyable Londres. Bals, thés, intrigues amoureuses, déceptions et revirements de situation, tout y est ! Certes, l'étiquette semble un peu plus souple que celle décrite par la grande Jane, mais il faut garder à l'esprit que le récit, bien que toujours au XIXe siècle, se déroule vingt années plus tard. La modernité est en marche, les protocoles, les attitudes et les façons de penser avec. L'on n'arrête pas le progrès.

    Bien qu'Elizabeth Aston n'égale pas tout à fait l'excellence bluffante de P.D James, j'ai pris un immense plaisir à m'évader une fois de plus dans la romance victorienne. Les héroïnes d'Aston, femmes de caractère désireuses de s'émanciper, sont dans la droite ligne du féminisme avant-gardiste austenien. Elles sont merveilleusement mises en relief par des femmes plus effacées ou des langues de vipères dignes des intrigantes d'Austen. Les dialogues, aussi élégants, ciselés et ironiques que ceux qui les ont inspirés, finissent d'asseoir la crédibilité et des personnages et du récit.

    Je recommande vivement ce livre aux adeptes de romance et aux amoureux pas trop pointilleux de l'incomparable femme de lettres comptant parmi les plus grands écrivains anglais de tous les temps. Je vais pour ma part continuer à me régaler en lisant la suite de ce sympathique roman : Les Aventures de Miss Alethea Darcy. Austenite aigüe quand tu nous tiens...

    Extrait :

    Il n'était pas si simple de préserver sa vertu : la moralité, le bon sens et la raison faisaient de bien piètres barrières contres les assauts de la passion, de la tendresse, et, bien plus encore, de l'amour. Telle était sa récente découverte. C'était là une vérité jamais énoncée par les mères, les gouvernantes et les dames respectables quand elles parlaient réputations, personnes recommandables, ruines et femmes déchues.

  • Doux remèdes pour coeurs brisés de Cathy Kelly

    Editions Presses de la Cité / Pocket - 600 pagesdoux remèdes pour coeurs brisés.jpg

    Présentation de l'éditeur : Partie de la petite vile de Tamarin, en Irlande, Izzie a gagné New Yord où elle a monté sa propre agence de mannequins. Une vraie success story ! Ou presque : côté coeur, Izzie a eu la mauvaise idée de tomber amoureuse d'un homme marié... A Tamarin, sa tante Anneliese, elle, découvre qu'elle joue, à son insu, le rôle de la femme trompée. Réunie au cheve de Lily, la grand-mère d'Izzie gravement malade, les deux femmes puiseront dans sa sagesse le remède à leur coeur brisé.

    S'il est des lecteurs qui éprouvent parfois le besoin de lever le pied, toute lecture cessante, je dois confesser, pour ma part, que je reprends mon souffle au travers de ce que l'on appelle des lectures légères.

    Parce que j'avais particulièrement apprécié Les secrets de Summer Street pour leur frivolité subtile échappant à l'inconsistance trop souvent reprochée du genre, ni une, ni deux, j'ai opté pour la même auteur à l'occasion de ma nouvelle lecture-déconnexion.

    Pour l'évasion par la légèreté, aucun souci, on y est complètement. En revanche, il faut bien souligner que comparativement à ma précédente expérience d'avec l'auteur, le contenu ici est sensiblement plus falot. Je nuancerai donc en disant que Les secrets de Summer Street sont à la chick'litt' ce que Doux remèdes pour coeurs brisés est à la littérature de gare. Loin de moi l'idée de m'associer aux gaussements fats de lecteurs intellectualisants. Cette distinction nullement méprisante pour ces soit-disant sous-genres littéraires n'a pour seul but que de nuancer la teneur du contenu, histoire de se plonger dans la lecture en toute connaissance de cause.

    Je suis toujours un peu agacée du mépris affiché par certains liseurs pour telle ou telle sorte de littérature, jugées minables - ou inavouables car ne sous-estimons pas les fourbes qui aiment uniquement sous le manteau, incapables d'assumer. Un peu comme ces parents qui désespèrent de la lecture exclusive de bd/mangas par leur progéniture. Mais bouquiner des présupposées lectures indignes, n'est-ce pas lire avant tout ?

    Ici donc, Cathy Kelly offre un récit rafraîchissant, certes un peu fade et très convenu, mais j'ai parfaitement décroché et retrouvé mon souffle après des lectures nécessitant plus d'attention. Mission accomplie.

    Extrait :

    Simplement, certains jours, son esprit n'était plus qu'un nuage de peur, d'angoisse et de ténèbres. Elle ne savait pas pourquoi cela lui arrivait. C'était là, voilà tout.

  • Oh les filles ! de Sophie Michel & Emmanuel Lepage

    Editions Futuropolis - 2 tomes - 128 planches

    Dessin et couleur : Emmanuel Lepage - Récit : Sophie Michel

    Présentation de l'éditeur : Trois filles. Trois destinées croisées, et une même amitié complice. Une vie au quotidien, que traversent drames et bonheurs dans une symphonie de rires et de pleurs. Elles s'appellent Chloé, Leila et Agnès. Elles sont nées la même année, le même jour peut-être. L'une s'embrase comme un feu follet, l'autre aborde le rivage d'une mer du sud, la troisième apparaît dans les cris, déjà, du sentiment d'abandon. L'une est fille de fille-mère, l'autre de jeune Maghrébine, l'autre encore de bourgeoise pressée. Et les pères ? Ils esquivent, de gré ou de force, les tout premiers regards que leurs filles ne demandent qu'à fixer sur eux. Les hasards et les nécessités d'un sourire, d'une grimace, d'un regard ou d'un silence font se rencontrer les trois filles, à quatre ans, dans un même quartier d'une capitale, Paris sans doute. Elles vivent leur enfance les yeux levés dans la quête d'un sourire maternel, les yeux baissés dans l'incompréhension parfois, souvent du monde si étrange des adultes, les yeux humides d'un bonheur vécu comme une récompense, les yeux secs d'une rage qui enfle, les yeux noyés dans le chagrin d'un drame incompréhensible. Mais toujours, toujours, les yeux de l'une plongés dans les yeux de l'autre dans la reconnaissance de la seule fratrie qu'elles se désirent, celle de l'amour partagé. Elles ne se quitteront plus...

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    Il est des lecteurs de bandes dessinées qui attachent une importance cruciale au dessin. Impossible par exemple, comme je l'ai constaté plusieurs fois en librairie, de vendre à ces pointilleux du graphisme l'excellente série de Jul parue aux éditions Dargaud Silex and the city. Pour ma part, s'il est certains coups de crayon qui me déplaisent, c'est le scénario qui importe avant tout. Bien évidemment, quand l'esthétique transcende la narration, c'est tout bénéf'.

    C'est le cas de ce diptyque. Emmanuel Lepage, avec un dessin à la sensibilité exacerbée, sublime littéralement le tout premier récit de Sophie Michel qui, quant à elle, parvient à trouver les mots justes.

    Oh les filles ! est une chronique de l'intime, celui de trois fillettes, nées la même année, dans des milieux très différents. Mais l'amitié s'affranchit des disparités socio-culturelles et les trois soeurs de coeur vont grandir au fil des pages, unies envers et contre tout malgré des épreuves et des choix de vie bien distincts.

    Véritable étude de l'univers féminin, ce double album analyse avec beaucoup d'authenticité les rapports mère-fille, l'amitié et les rivalités entre copines mais surtout le passage de l'état de petite fille à celui de jeune femme avec tout ce que cela implique (rébellion, quête de soi, doutes, premiers émois...). La perte de l'innocence, sous toutes ses formes, est admirablement mise en scène avec beaucoup d'émotion.

    Un très agréable moment de lecture qui ne manquera pas de replonger les grandes filles dans leurs souvenirs de jeunesse et qui pourra accompagner les teenagers dans cette période trouble de l'adolescence en leur rappelant l'importance fondamentale de l'amitié et celle, tout aussi essentielle de la connaissance de soi pour trouver, si ce n'est une passion, tout du moins une activité épanouissante dans laquelle s'investir voire se réfugier.

  • Amore 14 de Federico Moccia

    amore 14.jpgEditions Calmann-Lévy - 601 pages

    Présentation de l'éditeur : Amore 14, c’est le journal intime de Carolina, une adolescente de quatorze ans qui vit à Rome. À ce cahier, elle confie tout, ses doutes et ses espoirs, ses relations avec ses meilleures copines, les disputes dans la famille, notamment entre son frère aîné et son père. C’est vers son journal qu’elle se tourne quand son grand-père meurt, et quand son frère quitte la maison familiale après une violente scène avec son père. Mais la vie de Carolina, c’est aussi des coups de coeur. Notamment pour Massimilliano, qu’elle a rencontré dans un magasin de disques. Un seul regard et c’est le coup de foudre ! Une vision étonnante de réalisme et de candeur, qui dit tout sur l’allégresse des premiers troubles de l’adolescence, sur ses cruelles désillusions aussi, avec une exquise tendresse...

    De plus en plus de livres sont édités avec deux couvertures : l'une pour le rayon jeunesse-jeunes adultes, l'autre pour le rayon littérature grand public.

    S'agissant d'Amore 14, cette double déclinaison souligne le fait que ce choix marketing n'est pas forcément pensé pour le public mais davantage pour des intérêts financiers. En effet, le roman de Federico Moccia, aussi qualitatif soit-il, n'a pas vraiment sa place dans la littérature adulte. Formidablement bien écrit, drôle, émouvant, il n'en reste pas moins un livre à destination des jeunes demoiselles. Certes, il offre aux grandes filles l'occasion de se replonger dans leurs émois adolescents mais bon.

    Quoiqu'il en soit, ce journal intime est une bien jolie plongée dans l'âge des coups de coeur, de l'amitié à la vie à la mort, des espoirs, des doutes, des conflits parents-enfants ou frères-soeurs et tout et tout. Son héroïne peut s'avérer une très bonne amie pour accompagner les adolescentes un peu perdue dans cet âge tourmenté. D'une point du vue adulte en revanche, Carolina est un peu trop réfléchie pour son âge - ce qui en fait une jeune fille parfaite au goût des parents mais pas tout à fait crédible - et un peu trop libre de sortir comme bon lui semble - peut-être l'éducation est-elle différente en Italie... Tout en étant moral, ce roman n'en reste pas moins actuel, moderne et sans tabous. Loin d'être cucul, il est divertissant, vivifiant, intelligent, même s'il est un chouilla trop rose.

    Au final, pour les parents soucieux de mettre des lectures éclairées entre les mains de leurs filles sans les barber, ce livre est tout ce qu'il y a de plus adapté.

    Extraits :

    Septembre, j'aime bien aussi parce que tu peux te rappeler ton été. Et quel été ! L'été de mon premier baiser. OK. D'accord, ce n'est pas un titre original, mais je crois que rien n'est extraordinaire dans la vie d'une personne, sauf justement pour cette personne.

    ...

    Et vous riez encore plus fort. Vous vous regardez, tout vous fait rire, alors tu ris, tu ris et tu ris encore, et le destin a l'air d'accord avec toi, ça vaut la peine de rire un bon coup. Voilà, aujourd'hui encore, je crois que c'est un de mes meilleurs souvenirs, parce qu'on a passé un après-midi à rire tellement qu'on en avait mal au ventre. Pendant ces moments, il n'y a rien de plus beau que ces rires, tu oublies ce qui va mal et tu te sens en paix avec le monde. Alors tu arrêtes de rire, jusque encore quelques éclats nerveux, mais ensuite tu te sens satisfaite, tu soupires un grand coup, de soulagement. Voilà, c'est ça, la vie, rire comme ça, avec quelqu'un que tu aime et de qui tu te sens aimée.

    ...

    Mais parfois, il faut savoir résister à l'envie de passer un coup de fil , parce que l'autre est énervé et qu'il peut avoir besoin d'être seul, de ne parler à personne, même pas à ceux qui l'aiment.

    ...

    "Certes nous étions jeunes, nous étions arrogants, nous étions ridicules, nous étions excessifs, nous étions irréfléchis, mais nous avions raison."

    Abbie Hoffman

    ...

    "La liberté n'est pas le fait de choisir entre blanc et noir, mais de se soustraitr à ce choix prescrit."

    Adorno

    ...

    Comme je dis toujours, chacun se comporte comme il veut, inutile de trop s'en faire. Chacun suit sa route et sa façon de vivre, et même si parfois on n'est pas en syntonie, il ne faut pas juger.

    ...

    L'amour de ma vie. La personne avec qui je partage tout, qui me comprend, qui me fait rire et rêver? Vivre avec lui, se lever tous les matins en se regardant dans les yeux, partager les joies et les douleurs, les difficultés et les surprises, et l'envie de continuer année après année, toujours ensemble. J'ai de la chance, j'aime et je suis aimée. Et le quotidien n'a rien abîmé, il n'a pas fait disparaître la magie. Notre amour s'est transformé dans le temps, nous avons su le faire grandir par notre volonté. Parce qu'une histoire ne fonctionne qu'avec de l'engagement, des sentiments et de la collaboration. Les papillons dans l'estomac ne suffisent pas, comme dit Carolina. Ca, c'est le point de départ. Ensuite, il faut avoir un projet à construire.

    ...

    C'est la mort, que je ne comprends pas. Elle emporte les gens comme ça, sans qu'on puisse rien y faire. On ne peut plus jamais leur parler, les toucher, les voir, rire avec eux. Plus jamais les écouter, plus jamais pouvoir leur acheter un cadeau ou leur dire ce qu'on n'a jamais eu le courage de leur dire.

    ...

    "Il meurt lentement celui qui évite la passion / celui qui préfère le noir au blanc / les points sur les i à un tourbillon d'émotions / celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés"

  • Les secrets de Summer Street de Cathy Kelly

    secrets summer street.jpgEditions Presses de la Cité - 498 pages

    Présentation de l'éditeur : Dublin. Summer Street, une rue pimpante, des maisons bariolées. Tout ici respire la sérénité, la vie simple, les vraies valeurs. Cette petite maison de brique par exemple : elle abrite l'exemplaire famille Devlin - trente ans de vie commune, une réussite. Cette autre voit le retour au bercail de Maggie, beauté timide cachée derrière ses boucles rousses. Dans cette autre encore, Faye élève seule une ado qui se cherche. Trois maisons. Trois familles. Trois lourds secrets. Qui ne demandent qu'à être révélés...

    Le soleil, enfin. S'il est plus communément synonyme de petites robes, petites jupes, petits shorts, petits débardeurs, petites sandales, etc., il appelle en plus chez moi à une toute autre légèreté : celle de la littérature. Les premiers vrais rayons chauds me donnent envie de frivolité, de bons sentiments, d'ondes positives.

    Pour autant, hors de question de tomber dans le dégoulinant. Cathy Kelly, que je découvre ici, est en ce sens un parfait compromis. Une lecture facile-futile mais pas inconsistante dans la veine de la trilogie de Pancol. Bref, un petit plaisir tout féminin avec de jolies héroïnes toutes générations confondues qu'on dévore sans culpabilité.

    Extraits :

    - Regarder en arrière, c'est terrible. Avec le recul, il y a beaucoup de choses qu'on aurait dû faire ou ne pas faire. Mais c'est comme ça qu'on apprend pour la fois suivante.

    ...

    "Qu'est-ce que je peux faire ?" se demanda-t-elle à haute voix. On pouvait tout surmonter grâce à sa volonté. Elle avait oeuvré à le croire et aimait lire les récits de femmes qui avaient traversé un long tunnel de douleur pour ressortir grandies, plus fortes, intouchables. Elles faisaient partie du même club, exclusivement féminin. Un club qui s'appelait "J'ai cafouillé mais je suis toujours là !".