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Chick lit, romance - Page 3

  • La femme qui décida de passer une année au lit de Sue Townsend

    À paraître le 8 février 2013.la femme qui décida....jpg

    Éditions Charleston - 446 pages

    Présentation de l'éditeur : Le jour où ses jumeaux quittent la maison pour partir à l’université, Eva se met au lit au beau milieu de la journée… et y reste pendant un an. Elle n’est pas malade, bien au contraire. Depuis les confins de son lit, elle va trouver le sens de la vie, rien de moins ! Le rêve secret de TOUTES les femmes vu par Sue Townsend, la papesse de la comédie satirique made in England, auteur de l’inoubliable Journal d’Adrien, 13 ans 3/4, un classique de la littérature jeunesse (plus de 8 millions d’exemplaires vendus dans le monde) et du truculent La Reine et moi.

    Ma note :

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    Broché : 21 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

    Se mettre au lit et n'en plus bouger pour une durée indéterminée, telle est, d'un jour apparemment comme un autre au lendemain, la décision pas banale prise par Eva. À l'origine de cette "initiative", la découverte d'une tâche à base de tomate - très ordinaire bien qu'agaçante - sur son fauteuil préféré. Une décision radicale qui pourrait apparaître un brin excessive, mais ce serait négliger le fait que cette souillure n'est que la goutte d'eau qui fait déborder une coupe déjà bien pleine.

    Ce que l'on va découvrir au fil des pages, c'est qu'Eva était une desperate housewive cinquantenaire au bord de la crise de nerf qui ne demandait qu'à exploser. Délaissée, méprisée, bafouée, humiliée... par son mari, ses enfants, sa mère, sa belle-mère... Effarée et déprimée par les violences, les injustices, les horreurs... de la société et même de l'Humanité, il ne lui fallait pas plus qu'une simple salissure pour qu'elle décide de se retirer de cette vie qu'elle déteste et de ce monde qu'elle ne comprend plus et qui ne lui accorde qu'une place insignifiante qu'elle ne veut plus accepter.

    Ce qu’Eva n'avait pas prévu en revanche, alors qu'elle n'aspire qu'à la tranquillité, c'est qu'en souhaitant littéralement ne plus mettre un orteil en dehors de sa couche, elle allait avoir besoin des autres pour la nourrir ou encore pour la débarrasser de ses excrétions. Sans compter que l'attention générale se braque rapidement sur cette "drôle de femme au lit"...

    Alors, caprice ou délire psychiatrique ? Et comment tout cela va-t-il finir ? C'est ce que Sue Townsend, "l'une des romancières les plus drôles de son époque" selon le Times, nous raconte dans cette comédie satirique aux cocasseries so british. Elle nous plonge dès les premières pages dans son roman choral à la pléthore de personnages farfelus, aussi extravagants les uns que les autres, chacun à sa façon... mais également profonds.

    Eva est une fille, une épouse, une mère... Et surtout une femme qui ne se reconnaît plus, dont la vie insatisfaisante manque cruellement d'existence. Mais il n'est jamais trop tard pour bousculer la vie qui ne nous convient pas. Ce qui m'a le plus touché chez elle, c'est son réveil, son sursaut de conscience, cette envie de dire stop et de le faire, même si sa façon peut sembler discutable, égoïste et pas réellement active ainsi que son empathie, trop rare dans un monde où individualisme et indifférence sont devenus la norme. Et de nous attacher à cette anti-héroïne ordinaire malmenée par la vie ordinaire... Ordinaire ? Normal ? Mais l'est-ce vraiment ? Et si la décision d’Eva était l'action la plus sensée en ce monde qui marche sur la tête ?

    Quand l'absurdité de la réalité rencontre l'humour anglais, cela donne un récit émouvant et drôle derrière lequel se cache une réflexion sur le monde en général, notre vie en particulier, au coeur desquels on oscille constamment entre désir d'agir, léthargie et pétage de plombs. Si le rythme est maîtrisé par l'auteur, j'ai été un petit peu déçue par les dénouements, un peu précipités à mon goût. L'ensemble reste malgré tout un très agréable moment de lecture. Servi par une écriture vigoureuse et des chapitres courts, véritables mini-cliffhangers, La femme qui décida de passer une année au lit est de ces romans qu'on ne repose qu'une fois achevés.

    Ils en parlent aussi : Onirik.

    Vous aimerez sûrement :

    Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

    Dolce agonia de Nancy Huston

    Un génie ordinaire de M. Ann Jacoby

    Rien ne va plus et La poursuite du bonheur de Douglas Kennedy

    La double vie d'Irina de Lionel Shriver

    Vacances anglaises, N'oublie pas mes petits souliers et S.O.S. de Joseph Connolly

    Extraits :

    Dans sa chambre, sans ôter ni ses vêtements ni ses chaussures, elle se mit au lit et y resta un an.

    Elle ignorait que cela allait durer un an, bien sûr. Lorsqu'elle se coucha, elle pensais se relever une demi-heure plus tard, mais c'était tellement délicieux de se lover entre les draps blancs et propres où flottait une odeur de neige fraîche.

    ...

    Elle comprit à son regard dérouté qu'après vingt-cinq ans de mariage, l'univers domestique qu'il connaissait si bien s'effondrait.

    ...

    Avant que Brian ne parte, elle lui demanda : "Tu crois qu'il y a vraiment un Dieu, Brian ?"

    (...) "Ne me dis pas que tu te tournes vers la religion, Eva. Ca finit toujours par des larmes. D'après le dernier livre de Steve Hawking, Dieu n'a aucune finalité. C'est un personnage de conte de fées.

    - Alors pourquoi des millions de gens croient en lui ?

    - Eva... Il est prouvé, statistiquement, que quelque chose peut sortir de rien. Le principe d'incertitude de Heisenberg rend possible l'apparition d'un bulle d'espace-temps à partir de nulle part... " Il marque une pause. "Mais je reconnais que sur le plan des particules, c'est complexe. Il faut vraiment que les gars de la supersymétrie dans la théorie des cordes trouvent le boson de Higgs. Et la réduction du paquet d'ondes reste problématique."

    Eva hocha la tête et dit : "Je vois. Merci."

    ...

    En fait, j'étais en train de crever mais personne ne s'en rendait compte, parce qu'on faisait tous pareil.

    ..

    Il n'était pas un mauvais mari, pensait-il. Il ne l'avait jamais frappée - pas trop fort en tout cas. Bon, il la bousculait un peu de temps en temps, et une fois - après avoir trouvé une carte de la Saint-Valentin qu'elle avait caché derrière la chaudière et qui disait : "Eva, quitte-le, viens avec moi" -, il l'avait suspendue la tête en bas au-dessus de la rambarde du palier. C'était pour rire, bien sûr. Il est vrai qu'il avait eu un peu de mal à la remonter, et qu'à un moment il avait semblé qu'il pourrait bien la laisser tomber sur le carrelage en dessous. Mais ça ne justifiait pas les hurlement stridents qu'elle avait poussés. Il fallait toujours qu'elle exagère.

    Elle n'avait pas le sens de l'humour, se dit-il.

    ...

    Elle voulait des héros et des héroïnes dans sa vie. Sinon des héros, en tout cas des gens à admirer et à respecter.

  • Les Roses de Somerset de Leila Meacham

    les roses de somerset.jpgA paraître le 18 janvier 2013.

    Éditions Charleston - 509 pages

    Présentation de l'éditeur : Howbutker, Texas, 1916. A la mort de son père, la jeune Mary Toliver hérite de Somerset, la plantation de coton des Toliver, l'une des familles fondatrices de Howbutker. La jeune femme devra-t-elle sacrifier son amour pour Percy Warwick, magnat de l'exploitation forestière, pour faire vivre le sol de ses ancêtres ? Confrontés aux trahisons, aux secrets et aux tragédies qui les entourent, renonceront-ils à ce qui aurait pu exister, non seulement pour eux, mais aussi pour les générations futures ? Dans ce livre haletant, Leila Meacham renoue avec les codes des grandes sagas historiques pour mieux les réinventer. Ecrit comme on filme une série TV, avec un suspense à couper le souffle, ce roman d'amour et de sacrifice fera vibrer les lectrices de Barbara Taylor Bradford et de Kathryn Stockett. Traduit dans vingt-cinq pays, ce roman d'amour et de sacrifice a déjà conquis les lectrices du monde entier.

    Ma note :

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    Broché : 22,50 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

    Une habitude très surfaite consiste à systématiquement critiquer les romans à l'eau de rose en prétextant un contenu médiocre, mollasson et sans surprise pour ne pas dire convenu. Au-delà de cette pose un peu ridicule pseudo-intellectuelle, c'est vraiment méconnaître le sujet des romances en général - de qualité, s'entend - et celui du roman à l'eau de roses de Somerset en particulier !

    Car Leila Meacham, avec Les Roses de Somerset, ne nous offre pas du sentimentalisme mièvre et insipide mais nous plonge dans une saga historique et familiale haletante aux personnages hauts en couleurs. Elle joue avec les nerfs du lecteur par le truchement de rebondissements inattendus et nous émeut non pas avec des facilités romanesques bas de gamme mais par le biais d'un réalisme émotionnel qui bouleverse viscéralement. Ce livre nous remue les tripes parce qu'au fond, il nous parle de la vie, la vraie, avec ce qu'elle comprend de secrets, de sacrifices et de sentiments, qu'ils soit familiaux, amicaux, professionnels ou amoureux.

    Mary Tolliver est de ces héroïnes charismatiques auxquelles il est aisé de s'attacher, pourquoi pas de s'identifier, tant ses forces mais surtout ses failles sont crédibles. Cette figure centrale de ce roman choral, aussi admirable qu'agaçante dans certaines de ses décisions qui semblent incompréhensibles voire révoltantes, nous entraîne dans son univers fascinant, soit pas moins d'un siècle de passions et déchirements intergénérationnels, entre rêve et malédiction au coeur des plantations du sud texan.

    Très attachée à la symbolique des fleurs, j'ai particulièrement apprécié la réinterprétation qu'en fait l'écrivain. Elle s'écarte des significations classiques et réinvente un langage puissant et subtil particulièrement séduisant. Une chose est sûre, je ne regarderai jamais plus les roses de la même façon !

    Bref, cette romance est un véritable page turner poignant, qui bouscule, fait vibrer et surtout réfléchir. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire une saga addictive, d'autant plus que - c'est la grande nouvelle pour celles et ceux qui auront été séduits par cette première oeuvre magistrale ! - Leila Meacham vient tout juste d'achever l'écriture de la préquelle de ce premier tome. Espérons que les Éditions Charleston traduiront rapidement cette "suite" et souhaitons que ce premier roman aussi réussi sur le fond que sur la forme touchera, comme La couleur des sentiments en son temps, l'âme éclairée d'un réalisateur afin d'en faire une somptueuse adaptation cinématographique !

    Les Roses de Somerset signe l'inauguration de la toute nouvelle maison Charleston. Gageons que ce choix perspicace salué par la critique n'est que le premier pas magistral d'une longue vie éditoriale.

    Une saga captivante qui n'est pas sans rappeller Autant en emporte le vent.

    Publishers Weekly

    Une épopée sudiste digne d'un grand film.

    The New Yorker

    L'interview de Leila Meacham.

    Ils en parlent aussi : Callixta, Claire, Lady K, Rose, Fariboles.

    Vous aimerez sûrement :

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extraits :

    Pourquoi la vie semblait-elle commencer alors qu'elle arrivait à son terme ?

    ...

    Ne vous inquiétez pas pour moi. Je sais que je me comporte un peu bizarrement, aujourd'hui, mais c'est bon de faire ce qu'on veut, parfois.

    ...

    - J'apprends à ne rien espérer de ce que je ne peux pas contrôler, rétorqua-t-elle en luttant contre ses larmes.

    ...

    "Quand une femme qui n'est pas ta mère te regarde partir sous le porche, tu peux être sûr qu'elle éprouve pour toi plus que de la sympathie."

    ...

    Un homme sans rêves est un homme qui ne vit plus.

  • Connaissez-vous les Éditions Charleston ?

    éditions charleston.jpg

    Comme je l'annonçais récemment, j'ai été investie de nouvelles "responsabilités" relatives à ma passion. Parmi celles-ci, j'ai eu le plaisir et l'honneur d'avoir été sélectionnée pour être, parmi neuf autres chanceuses, Lectrice Charleston 2013.

    Mais qui sont les Éditions Charleston ? Une toute nouvelle maison à suivre de très prêt ! A l'origine, deux personnes. D'un côté, Stéphane Leduc, directeur depuis dix ans des Éditions Leduc.s spécialisées en guides pratiques pour mieux vivre, désireux d'apporter toujours plus de bien-être aux lectrices et lecteurs. D'un autre, Karine Bailly de Robien, éditrice en quête de nouvelles aventures professionnelles, tombée en amour pour la romance à l'occasion de son congé maternité aux États-Unis.

    Forcément, quand ces deux-là se croisent, ça ne peut que matcher ! Quoi de mieux qu'une belle histoire d'amour pour mieux vivre ? C'est de ce désir commun de publier de beaux romans, de belles histoires qui transportent et font du bien à l'âme, que sont nées les Éditions. Charleston serait leur nom.

    Au programme donc, romances, romans féminins, romans historiques, chick-lit, histoires d’amour... La première année de publication sera incontestablement sous le signe de textes vibrants !

    Pour avoir eu l'occasion de lire une rapide présentation de sept des dix romans Charleston à paraître en 2013, je peux d'ores et déjà dire qu'il me tarde de plonger le nez dedans. Un programme appétissant, laissant présager de nombreuses nuits de veille, qui ravira à n'en pas douter les inconditionnel(le)s d'Orgueil et préjugés, Bridget Jones, Autant en emporte le vent, Les oiseaux se cachent pour mourir, Jane Eyre, La couleur des sentiments, j'en passe et des meilleurs.

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    En qualité d'ambassadrice des Éditions Charleston, j'ai reçu et commencé à lire le tout premier roman de la maison à paraître le 14 janvier 2013 en numérique et le 18 en version papier dans toutes les bonnes librairies : Les Roses de Somerset de Leila Meacham. Une première parution de 512 pages qui confirme ma bonne impression du catalogue à venir et qui porte merveilleusement l'ambition de la maison de (re)donner lettres de noblesse et coup de jeune aux sagas, épopées, destinées et autres récits romanesques.

    A l'occasion de cette toute première année de publication, je recevrai donc chaque mois les épreuves des romans à paraître. Je pourrai poser mes questions aux auteurs, donner mon avis sur le texte, le titre, la couverture et même faire des suggestions. Une jolie façon de découvrir la vie d'un éditeur de l'intérieur, depuis les coulisses jusqu'aux tables des libraires. Des étapes passionnantes que je me ferai un plaisir de vous faire partager, en plus de mes avis de lectures !

    Alors, êtes-vous emballé(e)s par cette prometteuse ligne éditoriale ?

    Vous pouvez suivre toute l'actualité éditoriale Charleston sur la page Facebook ou sur Twitter @LillyCharleston et, pour les Parisiens, aller danser (le charleston of course !) une fois par mois.

  • Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

    Éditions Milady Romance - 397 pagesle journal de mr darcy.jpg

    Présentation de l'éditeur : "La seule chose qui me hante quand j'écris est le regard que je surpris de la part de Miss Elizabeth Bennet lorsque je fis remarquer qu'elle n'était pas assez belle pour me donner envie de danser. Si je ne savais pas que c'est impossible, je dirais qu'il était ironique." A travers la rédaction de son journal, Darcy nous dévoile le tréfonds de son âme. Déchiré entre les devoirs de l'honneur dus à son rang et ses sentiments naissants pour la charmante Elizabeth Bennet, il s'interdit de tomber amoureux.

    Ma note :

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    Poche : 7,90 euros

    Ebook : 5,99 euros

    Sans être une Janeite, je m'observe être enthousiasmée par le moindre estampillage Jane Austen. D'un naturel incrédule, j'avais entrepris de prendre connaissance d'un premier récit dérivé, convaincue d'être déçue tant il était foncièrement inimaginable qu'une plume puisse prendre la suite de l'incomparable femme de lettres anglaise au talent suffisamment inégalable pour être l'objet d'un véritable culte. La vie ayant pour habitude de mettre à mal les trop souvent infondés a priori, P.D. James m'avait littéralement bluffée. C'est ainsi que depuis cette heureuse expérience, je ne boude pas mon plaisir en fonçant sur tout récit pouvant me rappeler, ne serait-ce qu'un peu, le plaisir de la littérature austenienne.

    Quel ne fut pas mon enthousiasme quand j'appris la sortie courant novembre du Journal de Mr Darcy ! Comme son nom l'indique, il s'agit des confessions du célèbre et ténébreux héros de l'original Orgueil & préjugés.

    Amanda Grange revisite avec une infinie fidélité le roman adulé et ses scènes clés du point de vue de l'énigmatique Darcy qui nous livre, au travers d'un journal intime, ses impressions, ses doutes, ses émotions. L'on découvre ainsi l'envers du décor originel, comment l'illustre et charismatique gentleman est tombé amoureux de Miss Elizabeth Bennet et de quelle manière il est venu à bout de ses dilemmes intérieurs liés à l'étiquette et à l'honneur l'empêchant de céder à cette mésalliance.

    L'on peut certes s'interroger sur la crédibilité d'un tel journal de la part d'un homme si retenu qu'est censé l'être Darcy. A cela s'ajoute un style incontestablement en-deçà de celui dont il aurait usé s'il avait cédé à la tentation de l'écriture confession. Malgré tout, l'ensemble fonctionne et l'on en redemande. D'accord ce n'est pas de la grande littérature mais la dextérité de l'auteur prouve son excellente maîtrise de l'oeuvre primitive et son désir d'écriture respectueuse, tout en ayant l'audace, pour davantage encore de plaisir, d'aller un peu au-delà de la fin du texte duquel ce roman est inspiré.

    Je ne saurais donc que trop conseiller la lecture de ce journal aux amoureuses du légendaire Darcy qui souhaiteraient lever un peu le voile de mystère entourant ce personnage.

    Ce réel morceau de plaisir n'est d'ailleurs qu'un début puisque les spin off, sequels et autres préquelles, nombreux - et c'est peu dire ! - en anglais, sont de plus en plus traduits en français. Les inconditionnel(le)s d'Austen pourront se réjouir d'avoir à disposition dès 2013 Le journal du colonel Brandon d'Amanda Grange à paraître le 15 février (Raison et sentiments) ainsi que Charlotte Collins de Jennifer Becton à paraître le 18 janvier (Orgueil et préjugés), le tout toujours aux Éditions Milady Romance.

    Ils en parlent aussi : Onirik, Alice, Artemissia Gold, Fantastique roman.

    Vous aimerez sûrement :

    Sanditon de Jane Austen

    Les filles de Mr Darcy d'Elizabeth Aston

    La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

    Un portrait de Jane Austen de David Cecil

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    La fille qui voulait être Jane Austen de Polly Shulman

    Extraits :

    - Les chagrins d'amour sont douloureux tant qu'ils durent, mais on ne devrait pas les laisser s'éterniser.

    ...

    (...) ne pensez au passé que s'il doit vous donner du plaisir.

  • Sanditon de Jane Austen, achevé par une autre dame

    sanditon.jpgRoman achevé par une autre dame

    Éditions Lattès / Livre de poche - 403 pages

    Présentation de l'éditeur : En ce début du XIXe siècle où la bonne société anglaise découvre les bienfaits des bains de mer, les Parker se sont mis en tête de faire de la paisible bourgade de Sanditon une station balnéaire à la mode. Invitée dans leur magnifique villa, la jeune Charlotte Heywood va découvrir un monde où, en dépit des apparences « très comme il faut », se déchaînent les intrigues et les passions. Autour de la tyrannique lady Denham et de sa pupille Clara gravitent les demoiselles Beaufort, le ténébreux Henry Brudenall et l'étincelant Sidney Parker, peut-être le véritable meneur de jeu d'une folle ronde des sentiments. Observatrice avisée, Charlotte saura-t-elle demeurer spectatrice ? Le cœur ne va-t-il pas bouleverser les plans de la raison ? À sa mort en 1817, Jane Austen laissait cette œuvre inachevée. Une romancière d'aujourd'hui a relevé le défi de lui donner un prolongement. Un exercice mené à bien dans la plus remarquable fidélité, avec autant de tact que de brio.

    Ma note :

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     Poche : 7,10 euros

    Ebook : 6,99 euros

    L'inconvénient quand l'un de vos écrivains favoris est décédé, c'est qu'une fois fait le tour de sa bibliographie, vous avez l'assurance de ne jamais plus connaître le plaisir jubilatoire de la découverte ; vous ne pouvez que relire. Notons toutefois qu'il ne faut absolument pas minorer le délice de cette démarche qui est gage d'exploration approfondie du texte et donc de révélations inattendues ayant échappé à l'attention lors de la première lecture !

    Le seul espoir - bien ténu plus la disparition de l'auteur remonte dans le temps - reste la miraculeuse trouvaille d'un manuscrit inédit. Enfin, pas si unique que ça. Ce serait ignorer le potentiel passionnel inspiré par une femme de lettres de la trempe de Lady Jane Austen !

    Ainsi, bien que sa trop précoce disparition ait interrompu l'édification d'une oeuvre magistrale, l'incontournable plume britannique a laissé "suffisamment" d'ouvrages pour déclencher l'exaltation littéraire. Parmi ses nombreux admirateurs se sont trouvés des paires qui ont tenté, plus ou moins remarquablement, de prolonger l'existence des personnages les plus marquants des plus célèbres ouvrages (cf P.D. James et Elisabeth Aston dans la rubrique "vous aimerez sûrement" ci-dessous). Pour Sanditon, l'exercice est plus difficile encore puisqu'il s'agit de donner une fin à l'un des manuscrits inachevés de Jane Austen et donc de littéralement se fondre dans l'écriture originale.

    Sans ambages, le pari est parfaitement réussi par cette "autre dame", de son vrai nom Anne Telscombe ou Mary Dobbs, journaliste austalienne née en 1920. L'édition a l'intelligence de ne pas préciser a priori à quel moment l'une prend le relai de l'autre et je défie quiconque de le déterminer tant la gageure est exécutée avec brio, fidélité, nuances, subtilités, tant dans les thèmes que dans le style. L'on y retrouve tout ce que l'on aime et peut-être même plus encore tant le caractère inespéré d'un "nouveau texte" de l'auteur culte est grisant.

    Le plaisir à la lecture de ce texte dont j'ai attendu la réédition en trépignant fut donc immense. Félicité accrue par le choix du prénom de l'héroïne, Charlotte. Ravissement à son comble quand je me suis retrouvée dans certains traits de caractères de mon homonyme. Bref, jouissance littéraire, euphorie absolue.

    Ne me reste plus qu'à espérer qu'une plume tout aussi talentueuse se proposera d'achever l'autre manuscrit non abouti de la grande Jane : The Watsons dont l'ébauche est disponible chez Christian Bourgois Éditeur.

    Rappelons que Jane Austen a amorcé l'écriture de Sanditon alors qu'elle était mourante. L'omniprésence de l'hypocondrie dans ce roman ne peut qu'être saluée comme l'ultime clin d'oeil ironique de l'une, si ce n'est la plus grande des représentantes des lettres anglaises.

    Jane Austen reste résolument, incontestablement, définitivement la figure de proue de la romance féministe hautement subtile et la grande favorite de ma bibliothèque.

    Ils en parlent aussi : Alice, Lilly.

    Vous aimerez sûrement :

    Tous les romans de Jane Austen : Orgueil et préjugés, Emma, Northanger Abbey, Raison et sentiments, Lady Susan, Mansfield Park, Persuasion

    La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

    Les filles de Mr Darcy d'Elizabeth Aston

    Un portrait de Jane Austen de David Cecil

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Extraits :

    - (...) Je ne lis pas le tout-venant des romans. J'ai le plus souverain mépris pour la marchandise ordinaire des bibliothèques. Vous ne m'entendrez jamais prendre la défense de ces productions puériles qui ne détaillent rien que des principes discordants incapables d'amalgame, ou de ces vains tissus de banalités dont on ne peut tirer aucune déduction utile. Il ne sert à rien de les jeter dans l'alambic littéraire ; l'on n'en distille rien qui puisse ajouter à la science. Vous me comprenez, j'en suis convaincu ?

    - Je n'en suis pas certaine. Mais si vous décrivez le genre de romans que vous approuvez, je pense que cela me donnera une idée plus claire.

    - Bien volontiers, belle questionneuse. Les romans que j'approuve sont ceux qui déploient la nature humaine avec grandeur, qui le montrent dans les intensités sublimes du sentiment, qui exposent le progrès des passions violentes depuis le premier germe d'inclination naissante jusqu'aux ultimes énergies de la raison à demi détrônée, ceux où nous voyons la vive étincelle des appas de la femme susciter un tel feu dans l'âme de l'homme qu'il en arrive, même au risque de s'écarter de la droite ligne des obligations premières, à tout oser, à tout tenter, à tout exécuter pour la conquérir. Voilà les ouvrages que je parcoure pour mes délices et, j'espère pouvoir le dire, pour mon édification.

    ...

    Les demoiselles Beaufort furent bientôt satisfaites du "cercle dans lequel elles évoluaient à Sanditon", pour utiliser l'expression correcte, puisque tout le monde doit aujourd'hui "évoluer dans un cercle" ; c'est peut-être à la prédominance de ce mouvement rotatoire qu'il faut attribuer tant d'étourdissements et de faux-pas.

    ...

    Agréablement surprise par la diversité des fruits de serre que Sanditon House pouvait produire à volonté, Charlotte s'étonna que Lady Denham, qui aurait dû y pensait quand la conversation languissait, eût choisit pour accomplir ce geste le moment où les importuns étaient sur le point de partir. En suivant Mrs Parker vers la collation, elle tâchait, avec son esprit ordonné, de comprendre le mélange d'intentions généreuses, de calculs rusés et de comportement capricieux qui formait le caractère de leur hôtesse.

    ...

    Son aisance et sa franchise, la joie avec laquelle il s'emparait de tout ce qui pouvait contribuer à son amusement ou à celui d'autrui, tout cela, concédait-elle, était parfaitement admissible chez quelqu'un qui passait l'essentiel de son temps dans les cercles londoniens. Mais Charlotte, dont l'expérience étroite et limitée ne s'étendait guère au-delà du confortable milieu familial, était habituée à un comportement en société bien différent et à une toute autre échelle de valeurs. Une retenue constante en société, le respect dû aux voisins et parents, l'indulgence face aux défauts des autres, tels étaient les principes qu'on lui avait toujours appris à observer. Elle reconnaissait leur importance pour le maintien de bonnes relations entre individus destinés à se rencontrer chaque jour de leur vie, mais elle en percevait les inconvénients lorsqu'on attendait de vous une contribution spirituelle et vive à la conversation.

    ...

    - (...) Rares sont ceux parmi nous qui n'ont pas leurs défauts superficiels et chacun doit compter sur la bonté des autres pour fermer les yeux.

    - Mais les gens prennent tant de soin de leurs défauts et en font tant pour les rendre fascinants qu'il serait méchant de fermer les yeux, protesta Sidney. Ils préfèrent qu'on rie d'eux et qu'on les distingue plutôt que d'être perdus dans le lot.

    ...

    Il faut en déduire qu'elle était en bonne voie pour tomber amoureuse elle-même et qu'elle serait au milieu du chemin avant de se rendre compte qu'elle y était entrée. Malgré toute sa raison et son bon sens, Charlotte était ignorante de l'abîme qui s'ouvrait sous ses pas, de la folie suprême qui consiste à offrir son estime sans la moindre certitude d'en recevoir en retour ; comme plus d'une de ses semblables moins sensées, elle se comportait de la façon la plus normale et le plus illogique.

    ...

    Charlotte n'avait en rien épuisé toutes les émotions que peut ressentir une jeune femme qui a le malheur de s'éprendre sans la moindre assurance de voir ses sentimens payés de retour. Le bonheur et la peine, le trouble et les incertitudes l'avaient plongée tour à tour dans des phases de rêve et de doute. (...) Elle n'était pas préparée à la réaction de morne chagrin qui commençait maintenant.

    La bon sens avait fini par affirmer de nouveau ses droits, la prévenant qu'elle devait apprendre l'indifférence (...). Son coeur lui dictait encore des périodes de rêverie, mais elles n'avaient plus l'insouciance et le charme de jadis. Elle pouvait seulement espérer que le temps et le changement tempéreraient cette obsession unique qui occupait toutes ses pensées, qui venait obscurcir toute perspective de plaisir et tuer tout l'intérêt qu'elle ressentait auparavant pour la société de Sanditon. Le souvenir de cet intermède pourrait redevenir heureux et normal lorsque se serait évanoui un peu de son attachement pour lui, lorsqu'elle pourrait revoir tout le passé, une fois retrouvée la sécurité de son foyer tranquille. Alors elle pourrait au moins songer qu'elle avait vécu des instants qu'elle ne retrouverait jamais et qui ne cesseraient jamais de lui être chers.

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    Vous savez, je suis moi-même un individu très prosaïque, raisonnable et bien peu romantique, et j'ai toujours eu à coeur de trouver la femme la plus raisonnable, la plus prudente et la plus sensée du monde. Mais, par ailleurs, il est très important pour moi qu'elle possède un défaut très particulier : elle doit perdre la tête dès qu'il s'agit de moi. Il lui suffirait de me regarder un instant et, quelle que soit la solidité de sa raison, elle l'égarerait en quelques secondes. Elle serait prête à s'enfuir avec moi, sans y réfléchir, au moment où je le lui demanderais. C'est la seule façon dont je peux espérer être certain d'avoir trouvé exactement ce que je cherche. Si une femme affirme qu'elle a toujours les pieds fermes sur terre, comment peut-on découvrir qu'elle a parfois la tête dans les nuages ?