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Blog - Page 3

  • Les autres gens de Thomas Cadène et collectif

    Editions Dupuis

    Les autres gens #1 - 220 pages

    Les autres gens #2 - 220 pages

    Présentation de l'éditeur : À partir d'une trame de soap-opera contemporain, Thomas Cadène a initié sur le web l'une des oeuvres collectives les plus étonnantes du moment, en fédérant toute une génération de dessinateurs blogueurs. Avec sa narration feuilletonesque au croisement de la BD et du manga, sa totale liberté graphique et son rythme quotidien, le webfeuilleton Les Autres gens développe jour après jour une approche à la fois novatrice et très premier degré du medium BD. La série ose l'amour, les larmes et les drames petits et grands. Elle révèle aussi les meilleurs talents d'aujourd'hui, primés et honorés dans tous les festivals (Bastien Vivès, Nicolas Nemiri, Kris, Aseyn, Vincent Sorel, Thomas Cadène et tous les autres). Chaque jour un nouveau chapitre est mis en ligne, depuis le mois de mars 2010. L'équivalent pour la seule année 2010 de 1400 pages de BD, dont les qualités graphiques et scénaristiques ont été salué par une presse enthousiaste ! La diffusion web continue quotidiennement, et les albums "rediffusent" les épisodes, mois par mois, à la manière dont les séries tv connaissent une première diffusion sur des chaines câblées, puis sont repris sur les chaines généralistes.

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    C'est l'histoire de Mathilde, une étudiante comme tant d'autres, qui croise un type lui demandant de compléter sa grille de loto et qui lui donne son numéro pour lui donner la moitié de ses gains s'il gagne. Il décroche la timbale, elle l'appelle, il est honnête, elle se retrouve multi-millionnaire. Comment gérer cette nouvelle vie, avec sa famille, ses amis, les inconnus ?

    Rien que l'idée de départ est géniale puisque tout être normalement constitué mais n'ayant pas été pourvu à la naissance d'un compte en banque bien garni s'est déjà imaginé ce que serait sa vie une fois décroché le pactole. Dès le début donc, il y a identification. Et puis comme le principe est le feuilleton et que les scénaristes - pas moins de quinze qui se passent le relais à chaque épisode - sont balaises, impossible de décrocher une fois qu'on a plongé le nez dans le quotidien de la brochette de personnalités un poil carticaturales (le frère homo, l'arabe encarté UMP, les parents gauchos, le séducteur, etc.).

    Les plus impatients pourront retrouver l'épisode quotidien de la série sur le site payant Les autres gens, les autres n'attendront pas trop puisque le premier tome a paru en avril, le second en mai, que le troisième est annoncé en août et que le rythme prévu est callé sur celui des mangas (deux à trois mois).

    Un bien joli projet qui à l'intelligence de contenter les soap-addicts tout en les décollant de leur télévision.

  • La classe américaine

    Avec un titre pareil, je pourrais évoquer, comme certains s'en doute sûrement, Le grand détournement et proposer de visionner en particulier ça ou ça histoire de se poiler cinq minutes.

    L'utilisation du conditionnel indiquant naturellement au lecteur le plus subtil que telle n'est pas mon intention, l'interrogation naturelle est donc : laquelle est-elle ?

    L'on pourrait intuitivement déduire que je m'apprête alors à me la raconter. Ce qui n'est pas complètement faux. Mais en fait, ma véritable intention (même si l'idée est un peu de se la jouer) est de saluer deux auteurs dont j'ai apprécié le talent.

    Je veux parler de Kris (Les ensembles contraires) et d'Olivier Jouvray (Nous ne serons jamais des héros).

    Figurez-vous qu'après avoir chroniqué leurs bd respectives, ces deux auteurs ont eu la gentillesse de me remercier pour mes chroniques :

    Juste un petit mot pour te remercier du tien (de petit mot) au sujet des Ensembles contraires...

    Eric T. se joint à moi.

    Amitiés contraires ou pas, mais sincères...

    Kris.

    ...

    Un ami m'a prévenu de votre article et sincèrement, ça me touche beaucoup ! Merci vraiment. Je me permets juste une remarque, mais peut-être que ce n'est pas dit clairement dans l'album, le dernier pays par lequel ils passent n'est pas l'Alaska mais la Finlande ! ;-)

    Mes amitiés et à bientôt.

    Olivier Jouvray

    Moi, des mecs brillants qui restent en hallu' de voir leurs talents reconnus et dont l'humilité les laisse proches de leurs publics, ben je trouve ça choupi.

  • Cadavre exquis de Pénélope Bagieu

    cadavre exquis.jpgEditions Gallimard - 124 pages

    Présentation de l'éditeur : Zoé  un boulot pas drôle : elle est hôtesse d'accueil dans les salons de l'automobile ou du fromage et doit faire bonne figure, debout toute la journée avec des chaussures qui font mal aux pieds. Le jour où elle rencontre Thomas Rocher, écrivain à succès, la vie semble enfin lui sourire. Mais pourquoi Thomas ne sort-il jamais de son grand appartement parisien ? L'amour peut-il vivre en huis-clos ? Et quel est dans cette histoire le rôle d'Agathe, la belle, froide et machiavélique éditrice de l'écrivain ?

    D'un point de vue du trait, l'on reconnaît inconstestablement la griffe de Pénélope Jolicoeur. Mais d'un point de vue du contenu, l'on est bien loin - enfin ? - de la BD girly, de la chick' litt' dessinée. L'histoire est réellement excellente, pleine de rebondissements et au dénouement magistral. L'on en viendrait presque à regretter que ce ne soit pas un roman (uniquement parce qu'il offrirait un traitement plus inscrit dans la durée).

    Jusqu'à présent, Pénélope Bagieu était pour moi une people de la blogo avec un talent certain d'illustratrice lui ayant permis de faire de la BD (Ma vie est tout à fait fascinante et Joséphine 1 & 2) et de la pub. Cadavre exquis la consacre véritablement auteur. Chapeau.

  • J'aurais adoré être ethnologue de Margaux Motin

    ethnologue.jpgEditions Marabout - 135 pages

    Quatrième de couv' : ... j'aurais étudié la symbolique de la chaussure à talon chez les pygmées, observé la fréquence d'épilation des femmes en Amazonie, établi une typologie du bébé morue dans les sociétés inuit, j'aurais même probablement appris à construire une pirogue avec un bretelle de soutif et une tong, et pris des cuites à l'alcool de manioc. La vie aurait été une course folle, une nuit d'ivresse interminable, un vaste champ des possibles ! Mais je suis une grosse feignasse, je vomis quand je suis soûle et j'ai peur des guêpes. Et puis, de toute façon, tout ce que je sais faire, c'est dessiner...

    Je sais, je suis pas en avance mais bon, si l'on considère que la BD est relativement chère au regard du temps de lecture procuré, j'avais jusqu'à présent privilégié les bons vieux pavés jusqu'à ma nouvelle carrière de libraire m'offrant l'opportunité d'emprunter à l'envi tout qu'est-ce que je veux (na dans ta face).

    Donc. Ben c'est juste génial. Comme le blog... même si l'on peut constater un certain absentéisme ces derniers temps mais c'est à n'en pas douter pour la bonne cause éditoriale. Outre un humour décapant disons féminin trash, il faut surtout noter la finesse du dessin et la précision du mouvement des personnages. Bluffant.

  • La vie d'une autre de Frédérique Deghelt

    vie d'une autre.jpgEditions Actes Sud - 252 pages

    Quatrième de couv' :  Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre pour le beau Pablo, nuit d'amour et le lendemain... Elle se réveille à ses côtés, douze ans plus tard, mariée, mère de trois enfants, sans un seul souvenir de ces années écoulées. Comment faire pour donner le change à son entourage ? Et comment retrouver sa propre vie ? C'est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a écrit ce roman sur l'amour et le temps qui passe, sur les rêves de jeunes filles confrontés au quoitidien et à la force des choix qui déterminent l'existence.

    Après Bonne à tout faire, Brel par Leloir, Tant que je serai noire, Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates et Les rois du crimes, Babelio m'a permis de me plonger dans le Prix des lecteurs sélection 2010. Décidément, j'ai du bol, je pourrais être obligée de me colter un gros navet - auquel cas, si je n'avais pas la manie de toujours laisser sa chance au produit jusqu'au dernier mot, je pourrais tout à fait m'arrêter au bout de quelques pages en déclarant "illisible" - mais non. Une fois encore, l'attribution semi-aléatoire m'a gâtée.

    Derrière une simple histoire d'amnésie, c'est toute une réflexion sur l'amour, l'amitié, la vie qui est menée avec brio jusqu'au final. De quoi remettre en perspective le "travail de mémoire". C'est très agréablement écrit et le suspens, sans être insoutenable, oblige le lecteur à ne pas lâcher facilement son livre.

    Extraits :

    "Et alors, qu'est-ce que tu deviens ?" Une question qui m'a toujours donné envie de répondre : "Rien." Est-ce qu'il faut vraiment devenir quelque chose ou quelqu'un aux yeux de celui qui vous signifie ouvertement une sorte de mépris anticipé ? Ou simplement la question exprime-t-elle qu'il n'y a pas d'écoulement du temps sans devenir, pas de possibles retrouvailles sans évolution ?

    ...

    Mais aujourd'hui, je ne sais plus où est l'amour. Est-ce que j'aime Pablo ? Ai-je cessé de l'aimer ? Ai-je voulu oublier que je ne l'aimais plus ou ai-je voulu l'oublier pour l'aimer à nouveau ?

    ...

    Avant, il ya a douze ans ou quatre semaines, je n'étais pas un modèle de fidélité. Je pensais l'amour en termes de plaisir. Je n'avais aucun esprit de vengeance, aucune ardeur pour combler les manques de l'un avec la nouveauté de l'autre. Je regardais avec consternation le cirque des petits couples qui m'entouraient. J'avertissais mes amants : J'ai besoin de liberté. Je ne comble jamais les vides, j'accumule le bonheur. L'autre n'a rien que vous n'avez pas. Il est juste un autre, et en cela, il est irremplaçable. En face, c'était l'incrédulité ! Le principe affirmé de la jouissance à deux et sans la contrainte de l'exclusivité n'est pas facile à assumer pour une femme. Tout de suite, on me reprochait de fonctionner comme un homme, ce qui est un comble ! une hérésie totale !

    ...

    Vous connaissez sûrement l'histoire extrêment bourgeoise que l'on raconte sur la longévité des couples : c'est un petit vieux et une petite vieille de quatre-vingt-seize et quatre-vingt-dix-huit ans qui demandent le divorce. Et l'avocat étonné leur demande : " Pourquoi divorcer après tant d'années de vie commune ?" Le plus sérieusement du monde, ils répondent : " On attendaient que les enfants soient morts." C'est terrible, dis-je tout en riant. Oui, c'est effectivement ce qu'on pense quand on nous la raconte. Et elle fait plus ou moins rire selon les personnes. Mais notez tout ce qu'il y a d'espoir sur la vie qui reste. Et c'est cela, Marie, que dit cette histoire plus philosophique qu'il n'y paraît : à tout âge, quelles que soient les convenances stupides d'un environnement ou d'une morale, on a encore droit au bonheur quand on s'est trompé.

    ...

    Quand nous ne pouvons plus rien maîtriser des sentiments, des émotions qui nous arrivent, quand des forces extérieurs rencontrent nos gouffres intérieurs, nous mourrons ou nous devenons fous. Votre personnage et moi n'avons pas su choisir. Nous avons suicidé l'intérieur et, vus de l'extérieur, nous sommes fous...

    ...

    J'ouvre une année puis une autre, je parcours, je vais en diagonale ! A la fin de l'après-midi, j'ai retenu des perturbations du monde la guerre du Golfe, la guerre en Bosnie, le deux cent millième épisodes des conflits israëlo-palestiniens, une impressionnante avancée du sida, la chute du mur de Berlin, la mort du communisme, la France titulaire de la Coupe du monde de football, des guerres un peu partout, ethniques, affreuses... Et toutes les informations qui me semblent minimisées mais vont sans doute marquer les années à venir : le réchauffement de la planète, la percée de la couche d'ozone et la folie humaine de vouloir tout fabriquer, même ce qui est vivant ! Bref, le coup de théâtre du siècle n'a pas eu lieu pendant que je "dormais". Mais tout prendre ainsi en pleine face en un seul après-midi me cloue de peur. J'avais raison de ne pas me pencher sur tout ça. Ce n'est que du passé... A un détail près. Mes enfants vont vivre dans ce monde-là et le recul que me donne cette froide découverte est bien plus effrayant que les événements vécus au jour le jour. En sortant de la bibliothèque ce soir-là, je regarde autour de moi et il me semble voir le monde en sursis...

    ...

    "Les gens qui ne pleurent jamais sont pleins de larmes. Mais les gens qui ne rient jamais ne sont pas pleins de rires, ça se saurait !"