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Bande dessinée - Page 7

  • Paul à Québec de Michel Rabagliati

    Editions de la Pastèque - 184 pagespaul à québec.jpg

    Présentation de l'éditeur : L’achat d’une première maison et la mort d’un proche sont au coeur de ce nouvel opus fort attendu. D’Ahuntsic à St-Nicolas, en passant par le célèbre Madrid de l’autoroute 20, l’auteur nous propose, cette fois-ci, de découvrir sa famille à travers une histoire fort émouvante : ce sont les derniers mois de Roland, le père de Lucie et beau-père de Paul. Autour de Roland, rongé par le cancer, la famille se soude… Il faut un talent de conteur remarquable pour faire passer du rire aux larmes en une seule et même planche. C’est ce que réussit Michel Rabagliati dans Paul à Québec. L’auteur nous démontre, une fois de plus, qu’il est en pleine maîtrise de ses moyens, il dessine la vie… tout simplement.

    Paul est au 9e art ce que Martine est à l'album jeunesse. Je doute que d'un point de vue qualitatif, la comparaison soit très juste pour la production québecoise mais c'est pour présenter le concept : Paul à la campagne, Paul au parc, Paul à la pêche, Paul en appartement, Paul a un travail d'été, Paul dans le métro. Bref Paul, c'est des histoires de la vie d'un mec comme tout le monde, qui fait son petit bonhomme de chemin dans l'existence au gré des joies et des soucis.

    Je ne connaissais pas du tout. Mais le mot Québec a un effet galvanisant sur ma petite personne tant la littérature qui émane de ce territoire me subjugue sans jamais, je dis bien jamais (jusqu'à présent), me décevoir. Quand, de surcroît, l'auteur EST Québécois, alors là, c'est le pompon !

    J'ai donc pris la vie de Paul en cours de route, au moment où il achète une maison et où son beau-père entre en phase terminale d'une saloperie de cancer. Bon, dit comme ça, ça donne un peu l'impression d'être un bouquin qui donne envie de se tirer une balle mais en réalité, même si pour être honnête on peut difficilement ne pas chialer, ben c'est aussi beaucoup d'humour, de tendresse et de jolis moments familiaux. Et ça donne furieusement envie de se plonger plus avant dans les aventures de Paul.

    Cet opus a reçu le Grand prix de la Ville de Québec pour la meilleure bande dessinée québécoise de 2009 au Festival de la bande dessinée francophone de Québec, le Bédélys du meilleur album québécois 2009, le Bédélys du meilleur album francophone 2009 et last but not least, le Prix du public au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2010.

    Au cas où cette flopée de prix de serait pas assez parlante sur le high level de Paul, sachez qu'une adaptation cinématographique est prévue pour 2013.

  • Le sursis de Jean-Pierre Gibrat

    Editions Dupuis

    Tome 1 - 52 pages

    Tome 2 - 54 pages

    Présentation de l'éditeur : Le sursis raconte la drôle de guerre vécue par un jeune homme. En 1943, alors que tout le monde le croit mort, il passe ses journées dans une maison abandonnée d'où il assiste, impuissant, à l'activité cachée de la Résistance mais aussi aux exactions de la milice. Mais l'arrivée d'une jeune serveuse dans le café d'en face fait basculer son destin... Gibrat mêle réalisme et romantisme dans cette histoire séduisante au dénouement inattendu. Et il dessine comme personne la sensualité des personnages féminins. Malgré sa légèreté apparente, Le sursis invite à une réflexion sur l'engagement personnel.

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    D'un trait élégant, fin et précis, Gibrat ouvre une petite lucarne sur la Seconde Guerre Mondiale dans la bourgade aveyronnaise de Cambeyrac. Mêlant la romance au récit historique, l'auteur nous pose la question du choix à laquelle il est impossible de répondre tant que l'Histoire ne nous l'impose pas et celle de la destinée, invérifiable malgré, parfois, les coïncidences...

    Gibrat réussit ici le défi périlleux d'aborder des sujets délicats aux travers de personnages typés, typiques, mais jamais caricaturaux. En plus d'un dessin exceptionnel, il nous offre des textes d'une grande qualité pour un ensemble absolument remarquable.

    Un très émouvant diptyque qui sait surprendre jusqu'à la dernière case, à lire pour la qualité du récit et à relire pour le plaisir des yeux.

  • Une âme à l'amer de Jean-Christophe Pol et Albertine Ralenti

    Editions Carabas

    Tome 1 - 45 pages - akt 1

    Tome 2 - 44 pages - akt 2

    Tome 3 - 45 pages - akt 3

    Scénario et dessin : Jean-Christophe Pol - Couleur : Albertine Ralenti

    Présentation de l'éditeur : La vie de Terry ressemble à un cauchemar : harcelé au bureau, racketé quotidiennement par des voyous et ignoré de sa femme Mélina qui ne lui parle pas. Sa Mélina, rieuse et tendre, a disparu le jour où le médecin leur a annoncé qu’il était stérile. Chaque jour, son existence s’efface un peu plus. La folie meurtrière d'un tueur psychopathe le sauvera-t-il ?

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    C'est la vie d'un mec... Enfin, la vie, l'enfer oui ! Alex Claudet est un loser. Rien ne va dans son existence que tout un chacun s'acharne à lui pourrir. Mais alors que le désespoir dans lequel il s'enfonce semble sans fin, ses bourreaux sont massacrés un à un par un mystérieux tueur et ces meurtres semblent redonner le sourire à notre victime.

    Dans un suspens insoutenable, ce thriller sombre et étonnant entraîne aux portes de la folie et même bien au-delà. Violences physique et psychique sont la substantifique moelle de cette trilogie complètement enragée qui expose à outrance les traumatismes et les fantasmes de personnages tous plus inquiétants les uns que les autres. La tension est quasi insoutenable et n'est que rehaussée par la noirceur du dessin. Un récit horrifiant et fascinant qui n'est pas à mettre entre toutes les mains.

  • Les petits ruisseaux de Rabaté

    Editions Futuropolis - 94 pagesles petits ruisseaux.jpg

    Présentation de l'éditeur : Rabaté signe un album d'une rare humanité. Un bonheur de vie. Rien de moins. Y a quoi devant quand tout est derrière ? Chaque jour, Edmond et Pierre, deux petits vieux, s'installent au bord de la rivière pour pêcher. Ils font de temps à autre des pauses pour casser la graine ou boire un coup de blanc. Et parfois, ça mord un peu. Le temps s'écoule ainsi, au rythme des prises. Le soir, chacun rentre chez lui. Edmond retrouve son chat, et Pierre parle à la photo de sa femme décédée d'un cancer. Un jour, Edmond apprend à son ami qu'il a rencontré quelqu'un, grâce aux annonces qu'il lit depuis quelques temps. Et là, il semble que ce soit la bonne personne. « C'est pas parce que l'on a passé l'âge de la gaudriole épicée qu'il faut faire maigre jusqu'au trou ! ». Edmond lui montre aussi son violon d'Ingres, la peinture. Il s'y est mis après le divorce d'avec sa femme. Il dessine des nus féminins, d'après les pages centrales de Playboy. Pour Pierre, c'est un choc. Impensable pour lui d'imaginer faire la même chose. Le souvenir de sa femme, l'âge... autant de freins à une vie aussi libérée. Alors que Pierre rumine ces sombres pensées, Edmond, de retour chez lui, meurt, terrassé par une crise cardiaque. Pierre, bouleversé par ces événements et la mort de son ami, décide alors de reprendre sa vie en main... Léger et drôle quand il s'agit de croquer la vie de village, Rabaté sait se faire plus grave lorsqu'il s'interroge sur le sens que pourrait avoir l'existence alors que le dernier acte est sur le point de se jouer. Son dessin, à l'image de son récit, est incisif, juste et sensible.

    Les petits ruisseaux est un bijou du neuvième art qui a érigé Rabaté au rang de ces auteurs dont je guette la production avec avidité, à l'instar d'un Davodeau dans la même partie pour ne citer que lui, ou d'un Irving pour ce qui est du roman. Dans ce récit qui nous promet sexe, drogue et rock'n'roll, c'est davantage de la tendresse et une intense humanité que l'on découvre avec délice. L'histoire nous offre un éclairage touchant sur cette période de la vie qu'on catalogue trop vite comme le déclin, le dernier chapitre, le premier pied dans la tombe. Mais ceux que l'on appelle les vioques et dont on pense qu'il ne font plus rien qu'attendre la fin peuvent se révéler bien plus audacieux que ceux dit dans la force de l'âge. On rit, on pleure, on s'étonne, bref on est remué et on en redemande.

    Cet album est bourré de poésie, d'espoir, de vie. Son authenticité a d'ailleurs fait mouche puisque l'auteur a obtenu une véritable avalanche de prix : le Grand Prix de la Critique Bandes Dessinées 2007, la Mention spéciale Prix des libraires de bande dessinée 2007 et le Prix du meilleur album 2006 du journal Le Point, mais surtout un accueil plus qu'enthousiaste du public et une adaptation cinématographique, rien de moins.

    Laissez-vous porter sans hésiter là où vous ne vous y attendez pas. Impossible que vous le regrettiez.

  • Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

    le bleu.jpgEditions Glénat - 156 pages

    Présentation de l'éditeur : Le roman-graphique bouleversant d'une vie qui bascule grâce à l'amour. « Mon ange de bleu Bleu du ciel Bleu des rivières Source de vie… » La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres. Un récit tendre et sensible.

    Si cet émouvant album s'est vu décerner le Prix Jeune Auteur au Salon de la BD et des Arts Graphiques de Roubaix 2010, le Prix Conseil Régional au festival de Blois 2010, le Prix du Public au Festival d'Angoulême 2011, le Prix BD des lycéens de la Guadeloupe et le Prix du Meilleur album international lors du 4e Festival international de la BD d'Alger en 2011, ce n'est pas un hasard. Il s'agit tout simplement d'un chef-d'oeuvre.

    Ce one shot tout en délicatesse et romantisme nous parle d'une jeune fille, Clémentine, qui se découvre homosexuelle. L'on vit ses états d'âme, son inquiétude, son mal-être de ne pas rentrer dans le moule et d'être rejetée pour ce qu'elle est, ses tentatives pour échapper à son moi véritable, puis son acceptation, son amour pour celle qui la révèle à elle-même et les difficultés de la relation. Car oui, comme toute histoire passionnée, celle entre deux personnes d'un même sexe est compliquée. Et le refoulement, l'intolérance, la stigmatisation ne font qu'ajouter des difficultés à cette délicate entreprise qu'est l'amour.

    Si cet album est un acte militant qui clame haut et fort le droit homosexuel d'aimer, il est surtout un hymne à l'amour tout court, qui est le même quels qu'en soit les protagonistes : beau et dur à la fois. Une telle entreprise, un XXIe siècle, peut sembler un tantinet éculée et pourtant, certains tabous perdurent et la situation de la communauté gay reste dramatique dans de nombreuses régions du monde (prison voire peine de mort). Un album utile donc et émouvant au traitement graphique magistral à destination d'un public averti.