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  • Tablette ou netbook ?

    Ah, Internet ! Formidable outil de recherche où l'on trouve toutes les réponses à toutes les questions ; surtout celles que l'on ne se pose pas. De l'art de la sépendipité, dirons-nous, hum...

    Cela étant, malgré mes nombreux clics dans les méandres de la Toile, mon questionnement reste en suspens. Je vais donc tester la formidable dimension participative et collaborative du web pour obtenir une réponse satisfaisante. Réponse ayant pour but d'orienter mon acte d'achat - ah, société de consommation ! : tablette ou netbook, comme le titre l'indique.

    À votre bon coeur donc et surtout à vos compétences geek. Néanmoins, je ne fais pas une enquête de préférence. Je voudrais savoir quel est le produit le plus adapté à mes desideratas que voici :

    J'ai besoin d'un produit léger que je pourrais utiliser alitée.

    Je veux évidemment pouvoir surfer mais surtout utiliser la plateforme de blogs Hautetfort.

    Si le netbook est le plus adapté : peut-on y installer Bluestacks pour utiliser quelques applications Androïd ?

    Si la tablette est plus adaptée : peut-on y raccorder un clavier non tactile ?

    Sur mon ancienne tablette (Arnova 10 G 2), je ne parvenais pas à atteindre le bloc saisie de texte de mon blog. Pour quelle raison ? Est-il possible, par exemple par le biais d'une simple installation, de remédier à ce problème ?

    Si je peux jouer, regarder des films ou écouter de la musique, c'est un plus mais pas indispensable.

    Je vous remercie infiniment pour votre aide ainsi que vos éclairages supplémentaires sur les dimensions techniques qui m'auraient échappées.

    Et si vous êtes Asus ou n'importe quel autre fabricant de tablettes ou netbooks, vous pouvez aussi offrir du matériel adapté à une pauvre invalide qui vous le rendra sur son blog au centuple.

  • Et rester vivant de Jean-Philippe Blondel

    et rester vivant.jpgÉditions Pocket pour Buchet/Chastel - 159 pages

    Présentation de l'éditeur : Le narrateur a vingt-deux ans. Il a perdu sa mère, son frère, dans un accident de voiture. L'histoire commence, il vient de perdre son père dans un accident de voiture... Seul désormais, il décide de vendre l'appartement familial et de partir avec ses deux plus proches amis : Laure et Samuel. Direction : Morro Bay, Californie. Morro Bay : une obsession nourrie depuis des années par la chanson de Lloyd Cole. La Californie : le pays mythique qui a marqué une génération. Et rester vivant raconte ce voyage initiatique. Entre fous rires et douleur. Découvertes, rencontres et retours sur le passé. Pour la première fois, Jean-Philippe Blondel se raconte. On retrouve sa douceur, on découvre son incroyable capacité de résistance. Et ce texte, qui fait définitivement le deuil, rend surtout un véritable hommage à la vie.

    Ma note :

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    Broché : 14,70 euros

    Poche : 6,10 euros

    Ebook : 8,99 euros

    Bientôt disponible en édition Grands Caractères

    Un grand merci aux Éditions Pocket pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    À force d'entendre parler de Jean-Philippe Blondel, l'envie s'est faite pressante de combler enfin mes lacunes et goûter une fois pour toutes à sa plume. Si j'ai choisi ce titre, c'est en raison de la dimension largement autobiographique de ce court roman ; parti pris narratif idéal je crois pour faire vraiment connaissance avec un auteur inconnu.

    Et rester vivant, c'est donc l'histoire d'un jeune type - l'auteur - ayant perdu à intervalle rapproché sa mère, son frère puis son père, tous trois dans des accidents de voiture. Tragique ironie de la vie se permettant des libertés qui ne sont crédibles que parce qu'elles sont vraies. Ou quand la réalité dépasse la fiction...

    Une triple perte. De toute part, de la pitié dans les regards. Un héritage, beaucoup d'argent et l'illégitimité pour tout sentiment. Impossible retour à cette vie qui n'existe plus. Donc tout plaquer. Et tout claquer. Inévitable effondrement pour mieux se reconstruire. Nécessaire parenthèse pour mieux revenir dans le monde des vivants. Une fois réglées les formalités administratives de succession, cet orphelin novice décide de partir en compagnie de ses deux meilleurs amis. Fuite en avant et en trio sur fond d'imbroglio sentimental et amical.

    Et en voiture. Car la voiture est un personnage à part entière, pour ne pas dire central, de ce récit. Elle est à la fois ce bourreau qui distribue la mort et ce cocon de renaissance. Indispensable monture pour tailler librement la route, outil nécessaire pour ce road trip initiatique en quête d'identité, d'avenir. Elle est surtout la représentation allégorique du cheminement intérieur et s'ajoute aux nombreuses métaphores jalonnant le récit et symbolisant de façon très poétique le retour à la vie.

    Ce qui différencie à mon sens un simple auteur d'un grand écrivain, c'est sa façon d'accomoder les mots. Le premier fera de simples phrases, le second vous transportera, vous fera voyager sur les mots, imposera des émotions. Blondel m'est apparu en un seul livre comme faisant partie de la seconde catégorie. Fort de son vécu, il parvient à en transcender le verbe. L'on n'observe pas un inconnu se dépatouiller dans un pan tragique de son existence, l'on est deuil comme lui, l'on suffoque avec lui, l'on surnage à ses côtés dans les mêmes eaux troubles. Blondel nous plonge dans sa tête, ses souvenirs, ses émotions. L'on ne peut que le lire comme Flaubert lisait sa Bovarie, "Blondel, c'est moi". Des mots vivants qui ont autant de style que d'intelligence puisque l'auteur accomplit la prouesse de l'intime tout en pudeur - de quoi convaincre les allergiques à cette tendance littéraire de l'épanchement voire du déballage qui transforme le lecteur en voyeur. C'est triste mais pas larmoyant. C'est sensible mais sans sensiblerie. C'est beau et même parfois drôle.

    Ces pérégrinations géographiques et introspectives sont servies par des phrases courtes, rythmées, visuelles. De son écriture cadencée et photographique, Blondel érige son texte en véritable road movie. Chaque phrase de sa confession est pesée. Il retranscrit de manière très authentique ce sentiment ambivalent chez les orphelins : d'une part la peur, l'incertitude face à l'apparente impossibilité de vivre dans un monde où père et mère ne sont plus et d'autre part, la liberté absolue de pouvoir agir sans plus jamais se demander si l'on va décevoir. Les mots mis sur l'indicible sont justes et sobres, à n'en pas douter grâce à la distance d'avec les événements. Parce que ce livre est un deuil à retardement. Un deuil qui aura pris du temps.

    Il est cependant bien plus qu'un livre sur la perte. Il est également un vibrant hommage à l'amitié qui aide à rester debout, celle d'amis fidèles de longue date ou celle d'âmes soeurs passagères croisées au gré des routes californiennes. Il est surtout un fervent hymne à la vie, à l'envie de s'en sortir, malgré les épreuves que le destin nous impose régulièrement et qui font, bon an mal an, partie de l'aventure existentielle. Ce formidable concentré de mélancolie et d'optimisme apporte une somptueuse réponse à cette question qui nous taraude dans les heures sombres : comment croire à demain ?

    Il est inutile d'y croire. Il suffit juste de laisser à demain l'occasion de poindre. Et demain se chargera de nous convaincre... Ou après-demain... Restons vivants !

    Entretien avec l'auteur.

    Ils en parlent aussi : Lucie, George, Bladelor, La ruelle bleue.

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    Petit art de la fuite d'Enrico Remmert

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    Dieu est un pote à moi de Cyril Massarotto

    L'amour sans le faire de Serge Joncour

    Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois

    Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu

    Les chagrins de Judith Perrignon

    Homo erectus de Tonino Benacquista

    Les témoins de la mariée de Didier Van Cauwelaert

    Extraits :

    Bien sûr, ça m'a déjà traversé l'esprit, d'écrire sur cette période-là.

    J'ai tourné autour. J'ai effleuré.

    Mais je me disais que si je me mettais vraiement à raconter ce qui s'était passé, personne ne me croirait.

    Parce qu'il y a des limites à la fiction, mine de rien.

    ...

    La vie. La mort. Le destin.

    Depuis, quand on me croise, on compatit. On me touche le coude, on m'effleure le bras, on refoule des larmes, on me dit que c'est bien, que je suis courageux, que ça va aller, hein ? Je ne réponds pas. Je laisse glisser. Je continue d'enchaîner les longueurs dans ma piscine intérieure et je fais attention à ce que le chlore ne rougisse pas mes yeux.

    ...

    Et tout le monde a obéi. Être le roi du malheur, ça a quand même des avantages. Les sujets se plient de mauvaise grâce à vos désirs, mais ils n'ont pas assez de cran de vous contredire.

    ...

    Je ne m'explique pas ma fascination pour ce titre.

    J'en prends acte, c'est tout.

    ...

    Je n'aime pas les photographies. Je n'aime pas ce qui fixe. Je préfère le mouvant. L'indistinct. Le fondu enchaîné. C'est ce que je suis. Fondu et enchaîné.

    ...

    Je ne reconnais rien de ce dont j'avais rêvé.

    Je me demande si ce sera toujours pareil.

    ...

    Ensuite, c'est une histoire de désillusion.

    ...

    Je sens l'air froid dans mes narines et, en remontant doucement, il se met à aérer mes pensées. Elles s'ouvrent au monde. Elles me questionnent. Elles me demandent si, malgré tout, ce fracas d'existence ne vaut pas la peine d'être vécu.

    ...

    C'est l'adolescence. C'est un "âge difficile", dit ma mère à la voisine. Un adolescent, c'est souvent décevant. Je n'échappe pas à la règle.

    ...

    Elle avait trente-sept, trente-huit, trente-neuf ans. Les possibles se refermaient lentement sur une vie qu'elle n'avait pas choisie. Elle balayait les questions. Elle savait que les choix, de toute façon, ne sont que des illusions que l'on se façonne pour prétendre être libre.

    ...

    Les mots se bousculent, la langue me fait défaut.

    ...

    Je ne pleure jamais dans la vie quotidienne.

    Je pleure silencieusement devant les films, en lisant des livres, en écoutant de la musique. Dans la vie courante, je reste de marbre.

    ...

    - Tu as envie d'être un ballon d'hélium qui s'échappe ?

    - Je ne suis pas un ballon. Je suis un fardeau. Je serai un fardeau pour tous ceux que je rencontrerai. Je traîne trop de casseroles.

    - On en traîne tous. Et puis vient un âge où tout le monde traîne toute la misère du monde sur ses épaules.

    - J'ai hâte d'avoir cet âge-là.

    - Il viendra tout seul. Ne gâche pas tout en l'attendant.

    ...

    Je ne bouge pas. Des sons et des couleurs me traversent. Une poche a été trouée, quelque part, à l'intérieur de mon corps. Les souvenirs coulent, un abcès qui s'évacue, du pus, du poison, mon poison, c'est mon poison.

    Il mettra quelques années à se reconstituer - à un moment donné, il obstruera de nouveau la vision et les idées. Jusqu'à ce qu'il crève, de nouveau. Et ce, jusqu'à la fin. Je suis fatigué. Je suis très fatigué d'avance.

    ...

    Un jour, j'en suis revenu aussi. Et après, la vie a repris ses droits.

    ...

    Pendant des années, j'ai eu l'impression d'être un brouillon. Je vais mieux aujourd'hui. Mes traits sont plus marqués - et je n'ai plus peur de gommer les imperfections.

  • La Silencieuse d'Ariane Schréder

    À paraître le 7 février 2013.culture,littérature,livre,roman,citation,campagne,art

    Éditions Philippe Rey - 217 pages

    Présentation de l'éditeur : "Je n'ai jamais été très douée avec les mots. Ceux qu'il faut prononcer, échanger. Les miens restens bloqués à l'intérieur, encombrés au moment de sortir, disparus. Ils me reviennent quand il n'y a plus personne pour les recevoir." C'est dans une grande maison isolée au bord d'un fleuve que Clara vient se réfugier après une rupture amoureuse. Là, elle passes ses journées dans l'atelier à sculpter d'aériennes silhouettes, des mobiles qui touchent terre. Au contact de la nature et des gens du village, la jeune artiste va s'ouvrir peu à peu, reprendre pied. Jusqu'à ce qu'un nouvelle perte menace cet équilivre fragile... Dans ce roman délicat, Ariane Schréder dépeint une femme discrète sur le chemin qui la mènera des mots du silence à ceux de la vie.

    Ma note :

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    Broché : 17 euros

    Ebook : 11,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Philippe Rey pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir cette oeuvre en avant-première.

    Premier roman. Les premiers romans sont denrées trop rares au rayon des nourritures intellectuelles. Et pourtant si délicieuses ! Car vrai talent en devenir ou simple chance du débutant, le premier roman est souvent l'une des, si ce n'est la meilleure oeuvre de nombres de bibliographies. Une savante alchimie entre une réelle maîtrise du verbe, du récit, de l'intrigue et une sorte de fraîcheur, de vérité, exclusives aux premières fois.

    Avec La Silencieuse, Ariane Schréder livre une première oeuvre digne de figurer au panthéon contemporain des premières oeuvres magistrales telles Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows, La déesse des petites victoires de Yannick Grannec, La couleur des sentiments de Kathryn Stockett ou encore Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia.

    Avec une infinie délicatesse, elle nous entraîne dans l'univers taiseux d'une jeune artiste exilée à la campagne après une déception amoureuse. Mais est-il possible de se reconstruire dans la fuite ? Le silence ? La solitude ? L'on se faufile à la suite de la simple et fragile Clara, on la lit d'un regard bienveillant, en souhaitant fort que tout se passe bien.

    D'une plume aérienne, péotique, quasi sensorielle, Ariane Schréder nous entraîne dans un petit coin de campagne, ordinaire et atypique à la fois ; nous invite à observer, au rythme des saisons qui passent, la renaissance, les liens naissants, se défaisant...

    Cet émouvant premier roman dégage, malgré une atmosphère parfois pesante, oppressante, une sérénité, une légèreté qui n'a d'égale qui la puissance des émotions provoquées. Il exhale une sorte de pureté, de vérité... La Silencieuse est de ces romans qui pointent du doigt quelque chose d'essentiel. D'authentique. Tout simplement parce qu'il touche à ce qu'il y a de plus profond, de plus viscéral en chacun de nous. Il évoque le réel, sans concession et cette quête que nous menons, tous, tout ou partie de nos vies. Celle de Clara, panorama bucolique, suit son cours plus qu'elle n'est dirigée. Contemplative plutôt qu'active. Subtile. Poignante. Au gré des petits riens où se joue le tout pour le tout, de relations interpersonnelles en introspections, l'on découvre à ces questionnements universels une réponse possible, sensible, bouleversante, violente. Vivante.

    L'on voit immanquablement un peu d'Ariane dans Clara. Une chose est sûre, cette silencieuse-là a les mots. Ce roman qui remue est aussi bien écrit que pensé. La Silencieuse n'est pas un simple livre, c'est de la littérature. C'est beau, tout simplement.

    Décidément, pour faire suite à Vous ne connaître ni le jour ni l'heure de Pierre Béguin et Petit art de la fuite d'Enrico Remmert, c'est un véritable sans faute pour les Éditions Philippe Rey dont je poursuis ma découverte du catalogue avec un plaisir de plus en plus intense.

    Ils en parlent aussi : Marianne, Florence, Yael.

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    Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois

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    La femme au miroir d'Éric-Emmanuel Schmitt

    Extraits :

    Je n'ai jamais été très douée avec les mots. Ceux qu'il faut prononcer, échanger. Les miens restent bloqués à l'intérieur, encombrés au moment de sortir, disparus. Ils me reviennent quand il n'y a plus personne pour les recevoir.

    Je ne sais pas quand j'ai commencé à m'enfoncer dans le silence.7

    ...

    C'est ce que j'aime ici : ce sentiment de l'immense. Tous les soirs depuis que je suis arrivée, sauf les rares jours où il a plu, je m'installe sous la nuit blanche d'étoiles, dans le bruissement des feuilles et le chant des grillons. D'autres regardent la télé.

    ...

    Je voudrais qu'il y ait encore moins de choses. C'est l'abondance qui me paraît épuisante.

    ...

    La vie des autres m'est étrangère. Parfois il me semble que la mienne coule comme l'eau lente du fleuve. Je n'ai pas d'horaires, pas contraintes, pas de famille. Je ne regarde presque jamais l'heure. Je vis à mon rythme.

    ...

    "Il paraît que vous avez décidé de vous retirer à la campagne. Pourquoi ?"

    J'ai balbutié que j'avais besoin de prendre un peu de recul.

    "C'est toujours ce qu'on dit quand on est malheureux. Et puis, à force de reculer, on se retrouve parfois à son point de départ. La terre est ronde, non ? Vous n'allez pas vous enterrer là-bas, quand même ? Ni épouser un paysan, j'espère !"

    ...

    Et il faut bien que je me désensauvageonne.

    ...

    Il faut avoir des yeux de loupe pour aimer la campagne. Le regard à ras de terre, ou bien accroché aux étoiles.

    ...

    - (...) J'ai juste un peu de mal avec les gens qui sont certains de quelque chose. (...)

    "Un philosophe, qui s'appelait Nietzsche, a écrit : "Ce n'est pas le doute qui rend fou, ce sont les certitudes."

    ...

    C'est par amour, par deuil, qu'Arp a cessé de sculpter. Pour Giacometti, c'est autre chose. La conscience trop aiguë des limites de son art. Il écrit :

    "Il m'est impossible de modeler, peindre ou dessiner une tête, par exemple, telle que je la vois et pourtant c'est la seule chose que j'essaie de faire. Tout ce que je pourrais faire ne sera jamais qu'un pâle image de ce que je vois et ma réussite toujours égale à l'échec."

    Parfois il me semble que Giacometti complique. Qu'il s'est de lui-même installé dans une contradiction. Comme tout le monde sans doute.

  • Journal d'un dégonflé de Jeff Kinney

    journal d'un dégonflé.jpgÀ paraître le 7 février 2013.

    Tome 6 - Carrément claustro !

    Éditions du Seuil - 223 pages

    Présentation de l'auteur : Si le père Noël ne récompense que les enfants sages, Greg n'aura pas de cadeau cette année... Greg Heffley est dans le pétrin. Le collège a été vandalisé et il est le premier suspect ! Pourtant, il est innocent. Enfin, presque... L'enquête avance, et Greg n'est pas loin de se faire attraper. Mais une tempête de neige s'abat sur la ville, et les Henffley se retrouvent coincés chez eux. Quand la neige aura fondu, Greg sait qu'il devra faire face à une avalanche de problèmes... En attendant, quelle punition pourrait être pire que de rester enfermé avec sa famille pendant toutes les vacances de Noël ?

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Natalie Zimmermann.

    Ma note :

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    Broché : 11,50 euros

    Un grand merci aux Éditions du Seuil pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Pas moins de six tomes, quatre-vingts millions d'exemplaires vendus dans le monde et trois adaptations cinématographiques. Si j'avais bel et bien observé en librairie les effets du phénomène, je n'avais jamais pris le temps de plonger le nez dans cette série incontournable mettant en scène l'ado ordinaire le plus célèbre de la planète.

    Après avoir rattrapé mon retard, mon impression - impression d'adulte du haut de son âge semi canonique ayant pris l'habitude et le goût des sagas jeunesse répondant aux attentes de lecteurs plus mûrs que la cible primo-convoitée - mon injuste première impression disais-je aurait été : mouaif.

    Sauf que. Certains titres jeunesse ne sont parfois "que" ce qu'ils sont, à savoir des livres uniquement à destination de jeunes lecteurs. En me remémorant ce principe premier et en plaçant ce livre entre les mains de mes neveux (9 et 11 ans), alors là, ça fonctionne complètement ! Par nature lecteurs mais pas trop, ils ont tout de suite adhérés.

    La recette magique de ce Greg qui pourrait être le frère du Petit Nicolas ? La forme de son carnet de bord - parce que journal intime, c'est un truc de fille : un roman dessiné. Combien de débats/conflits adultes/enfants éclatant en librairie sur le thème "j'aime pas lire", "non, tu ne prends pas une bd, tu prends un vrai livre"...?

    Exit ces aberrants plaidoyers ! Avec Le journal d'un dégonflé, tout le monde est content, il y a du texte et des dessins. De quoi satisfaire les parents qui pensent que l'écrit mis en bulle n'est pas vraiment de la lecture et les enfants allergiques aux textes non illustrés. Un excellent compromis qui évite de dramatiquement ériger l'acte d'achat et de lecture en conflit familial.

    Les habitués retrouveront donc dans ce nouvel opus Greg, 12 ans, qui poursuit la narration de son quotidien en phrases et en illustrations ! Sa famille, ses amis, les cours, les filles... Tout y passe. D'aventures en mésaventures, ce journal n'est pas seulement la vie d'un jeune ado au jour le jour, c'est un véritable miroir générationnel qui permet à ses contemporains de s'identifier, de comprendre que ce qu'ils vivent est parfois fun, parfois moins, à la fois unique et universel. Bref, ça parle de grandir sur un ton léger et n'oublions pas qu'à cet âge, il est bon d'avoir un copain, même en papier, pour nous accompagner dans cette période aussi palpitante que bouleversante. Étant clair que les parents et autres vieux ne comprennent rien à rien, il est bien entendu que ce n'est pas sur eux que la jeunesse va s'appuyer...

    Mais Le journal d'un dégonflé, c'est avant toute chose une histoire profondément drôle. Avec un héros sarcastique pétri de mauvaise foi et jamais le dernier pour faire des bêtises et autres gaffes, il serait difficile de faire autrement... De quoi chasser la sinistrose et faire de la lecture un agréable moment de franche et intelligente rigolade, sans jamais tomber dans la vulgarité.

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    Le gentil petit diable & La sorcière de la rue Mouffetard de Pierre Gripari

  • Les saisons de l'envol de Manjushree Thapa

    À paraître le 7 février 2013.les saisons de l'envol.jpg

    Éditions Albin Michel - 275 pages

    Présentation de l'éditeur : En arrivant à Los Angeles munie d’une green card gagnée à la loterie du gouvernement américain, Prema laisse derrière elle le Népal, les bosquets de bambou et les rizières. La guerre civile et la pauvreté. Elle veut prendre un nouveau départ, vivre son American dream. Mais les milliers de kilomètres qui la séparent de son pays natal n’effacent ni son histoire ni son passé. Plus tout à fait népalaise, pas encore américaine, Prema flotte entre deux mondes. Ses différentes rencontres et sa passion pour El Segundo Blue, une espèce de papillon en voie de disparition, lui permettront-elles de trouver sa place ? Réflexion sur l’exil et le déracinement, Les Saisons de l’Envol est le récit lumineux d’une femme qui décide de rompre avec son passé pour donner un sens à sa vie. Porté par une très belle écriture, ce roman révèle le talent de l’écrivain népalais Manjushree Thapa.

    Traduit de l'anglais (Inde) par Esther Ménévis.

    Ma note :

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    Broché : 22,50 euros

    Ebook : 15,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Il m'a fallu quelques dizaines de pages pour entrer pleinement dans Les saisons de l'envol. De prime abord, j'ai été doublement déconcertée.

    Tout d'abord, par le personnage principal : Prema. J'ai éprouvé un peu de difficulté à sympathiser avec cette jeune femme que je n'arrivais pas à cerner. Je la trouvais distante, indifférente et je ne voyais pas vraiment où elle m'emmenait. Jusqu'à ce que je comprenne que Prema elle-même se cherchait, ne savait pas qui elle était, où elle allait, ni pourquoi. Alors au lieu de tenter de me mettre à sa place, j'ai compris que je ne pouvais que l'accompagner dans sa quête d'elle-même et du sens de sa vie.

    Autre détail qui m'a déroutée, le style de l'écrivain. S'écarter des sentiers traditionnels de ce que j'appellerais la littérature himalayenne est un parti pris certes surprenant mais qui, éclairé de l'ambition de l'auteur, prend tout son sens : Manjushree Thapa a souhaité "écrire à propos de ses personnages népalais avec la même complexité que permet la littérature occidentale pour les personnages occidentaux. Elle a toujours évité de rendre ses personnages exotiques."

    Deux surprises, un nécessaire temps d'adaptation pour plonger pleinement dans l'histoire de l'auteur et non celle que je m'imaginais. Quoi de mieux finalement ? Une fois relevé le défi de me laisser porter, j'ai pleinement profité de ce récit loin de tous clichés sur le déracinement, l'intégration et la quête identitaire envers et contre toutes les aliénations émotionnelles, politiques ou existentielles. Malgré son apparente froideur, Prema est parvenue à m'embarquer dans un voyage rempli d'émotions, au coeur de son intériorité complexe, de sa vie somme toute banale et malgré tout extra-ordinaire.

    Ce livre ne sera peut-être pas de ceux dont je garderai un souvenir impérissable, faute finalement de cette particularité exotique qui ancrerait le roman dans ses racines, mais il comptera parmi ceux dont j'ai apprécié le cheminement. Et c'est déjà beaucoup, un agréable moment !

    Ils en parlent aussi : Yael, Le choix des libraires.

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    Le livre de Joe, Perte et fracas, Tout peut arriver & C'est ici que l'on se quitte de Jonathan Tropper

    Extraits :

    Elle n'était pas douée pour l'introspection. C'est en examinant le monde extérieur qu'elle entrevoyait ce qui se cachait en elle.

    ...

    Certains aspects de nous-mêmes trouvent leur origine dans des choses qui nous sont étrangères, auxquelles nous nous retrouvons liés par association. Qui prennent possession de nous.

    ...

    C'est par la douleur que le corps avertit les animaux d'un danger. Si l'animal est en mesure de le faire, être attentif à la douleur peut lui sauver la vie. Si cela lui est impossible, s'il est captif par exemple, alors le mal qui lui a été fait est irrémédiable. Chez les hommes, il existe une concience de leur mort imminente. Mais au moment de mourir, il est psychologiquement plus facile de ne pas savoir que notre heure approche, que nous soit épargnée l'anticipation de notre mort. Le plus difficile, c'est de savoir que l'on va mourir. Ici, maintenant.

    ...

    "Nous vivons une époque d'extinction massive sur terre. Les hommes sont en train d'exterminer beaucoup plus d'espèces que la nature n'en remplace. C'est ce qu'on appelle un collapsus écologique. Ca veut dire que nous n'avons plus assez de ressources. Les hommes sont en train de détruire leur habitat naturel."

    ...

    Cette incertitude tenace - ne jamais savoir, ne jamais savoir avec certitude ou ne jamais savoir du tout - lui resta.