Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Travaux forcés de Mark SaFranko

    13E Note Éditions - 316 pagesculture,citation,biographie,roman,littérature,livre,travail,écriture,rentrée littéraire

    Présentation de l'éditeur : Ce quatrième opus des aventures de Max Zajack (l’alter ego de Mark SaFranko) n’est toujours pas publié aux États-Unis. Quand le travail devient un mot d’ordre, Zajack retrousse ses manches et cravache pour se payer le luxe d’écrire dans une société où il ne se sent pas à sa place. Travaux forcés se situe chronologiquement entre Dieu bénisse l’Amérique et Putain d’Olivia. Le héros, en quête de reconnaissance et d’intégration sociales passant par des travaux gratifiants et des conquêtes féminines, s’y essaie à une multitude de jobs sans lendemain. S'abêtissant à balayer des débris de verre dans une brasserie, Max rêve d’être le prochain Dostoïevski. Même s’il plane considérablement, cet homme bourré de contradictions est ambitieux et plein de talent – mais certes pas pour la livraison d’annuaires ou le rapprochement de listings numériques. Afin d’échapper à la conscription qui l’enverrait au Viêtnam, SaFranko s’inscrit à l'université qu'il quitte illico pour vendre des billets de cirque par téléphone. Mal dans sa peau, écorché vif, incapable de rencontrer l’âme sœur, ses activités vont de la lecture assidue à la masturbation frénétique. Révolté contre les valeurs du Système américain qu'il subit au quotidien, ses commentaires acerbes sont toujours pleins d’un humour ravageur. Formaté en chapitres courts, enlevés et finement écrits, le nouveau roman de Mark Safranko déroule des expériences de vie souvent dégradantes.

    Ma note :

    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

    Broché : 20 euros

    Un grand merci à 13E Note Éditions pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Quand un communiqué de presse parle d'un auteur réunissant "les qualités littéraires d'un Richard Ford, d'un Raymond Carver et d'un James Frey", difficile de résister. Après lecture, je dirais plutôt de SaFranko que sa littérature a quelque chose des auteurs de la Beat Generation (Fante, Kerouac...) et des grandes plumes telles Harrison, Bukowski, Faulkner ou Burroughs. Des figures incontournables de la littérature américaine, excusez de peu... mais, du point de vue totalement subjectif de mes préférences personnelles, pas de celles que je préfère. Si la qualité du verbe est incontestable et certaines conceptions de la vie si ce n'est admirables tout du moins auxquelles je m'identifie, les récits de cette mouvance littéraire finissent toujours pas m'ennuyer. Je suis d'abord subjuguée, puis l'histoire s'essouffle et le trait de caractère contemplatif intrinsèque du genre rend quelque peu laborieuse l'atteinte du point final.

    Mais les nombreux inconditionnels des écrivains précédemment cités ne manqueront pas de goûter cette plongée dans le nouvel opus des errances de Max Zajack. Dans ce livre, SaFranko puise à nouveau dans les abîmes de sa propre condition afin de mettre en scène pour la quatrième fois son héros alter ego et partager ses conceptions de l'existence en parfaite opposition avec le monde qui l'entoure. Entre manifeste anti-conformiste et auto-biographie sur le ton de l'auto-dérision, SaFranko fait revivre un pan de l'Amérique dans sa toute puissance et son absurdité, décrit son quotidien de galérien sous-qualifié, décrie l'obligation de travailler et partage ses aspirations littéraires contrariées par un quotidien trop souvent ennemi de celui qui le vit.

    Entre mésaventures du forçat tantôt col bleu tantôt col blanc et parcours initiatique de l'écrivain dont Dan Fante dit qu'il "préfère écrire que respirer", Travaux forcés offre une critique du monde du travail sans concession, aussi jubilatoire que désespérante tant les appelés à sortir du "système" sont nombreux mais les élus fatalement rares. Une diatribe d'une telle justesse que j'ai eu l'impression qu'il avait écrit ce que j'avais dans la tête. Dommage à mes yeux que l'ensemble se perde un peu en longueurs avec des conceptions passablement... rétro... des relations aux femmes ; mais il faut bien entendu recontextualiser et le coeur de l'ouvrage n'en reste pas moins puissant.

    Un texte dans la parfaite continuité underground de la ligne éditoriale de 13E Note Éditions dont j'avais particulièrement apprécié La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli et Regarde les hommes mourir de Barry Graham.

    Ils en parlent aussi : Arnaud, Claude.

    Vous aimerez sûrement :

    Ciseaux de Stéphane Michaka

    Demande à la poussière de John Fante

    Sur la route de Jack Kerouac

    Souvenirs d'un pas grand-chose de Charles Bukowski

    Courir avec des ciseaux d'Augusten Burroughs

    Sanctuaire et Le bruit et la fureur de William Faulkner

    Les jeux de la nuit et De Marquette à Veracruz de Jim Harrison

    Extraits :

    La seule pensée de m'asseoir en face d'un type derrière un bureau pour lui dire que je cherchais un boulot, que j'étais qualifié, c'était trop pour moi. Franchement, la vie me faisait horreur, tout ce qu'un homme devait faire pour avoir de la bouffe, un pieu et des fringues.

    Charles Bukowski, Factotum

    ...

    Comment diable un mec peut-il apprécier d'être réveillé à six heures trente par un réveil, de bondir de son lit, s'habiller, ingurgiter un petit-déjeuner, chier, pisser, se brosser les dents et les cheveux, se bagarrer en bagnole pour arriver dans un endroit où il fait essentiellement du fric pour quelqu'un d'autre et où on lui demande de dire merci pour la chance qu'il a ?

    Ibid

    ...

    Cette civilisation est le paradis de la médiocrité.

    Édouard Limonov, Le poète russe préfère les grands nègres

    ...

    Les premières semaines, je n'avais pas à me plaindre. Six dollars de l'heure : jamais je n'avais gagné autant. Et ça ne me gênait pas de passer la nuit planté à côté du convoyeur, avec mon balai et mes lunettes de protection. J'avais tout le loisir de rêvasser, une activité pour laquelle j'étais particulièrement doué. La plupart du temps, je pensais aux bouquins, à la musique et à toutes les filles que j'allais me taper.

    J'étais con.

    ...

    C'était encore pire quand on produisait des canettes à la place, ce qui arrivait deux fois par semaine. J'entendais un tir de mitraillette qui continuait à résonner dans ma tête des heures après le boulot. Il y avait de quoi rendre maboul n'importe qui. Je ne sais pas comment ils tenaient, les autres, ceux qui étaient là depuis des années. Moi, j'avais l'impression que je ne m'y habituerais jamais. C'était ahurissant. Comment un être humain pouvait-il accepter de travailler dans de telles conditions ?

    Et pourtant je l'acceptais.

    Alors, je continuais à boire pour me détendre.

    ...

    J'étais coincé. Même quand on vit l'enfer, ce n'est pas évident de renoncer à un boulot.

    ...

    J'étais dérouté. Un homme est censé faire quelque chose de sa vie, du moins c'est ce qu'on m'avait toujours appris. Et "faire quelque chose" signifie en général gagner de l'argent. Pourquoi est-ce qu'on ne me laissait pas glander peinard dans mon coin ? Manifestement, ce n'était pas possible.

    (...) Dès que j'avais une heure devant moi, je filais à la bibliothèque de Princeton University, juste à côté du boulot. J'avais soif de quelque chose - la voie, la vérité, la réponse - que je ne trouvais pas dans mon quotidien. Alors, pour compenser, je cherchais à m'évader très loin de mon existence monotone.

    (...) J'étais conscient que je me racontais des histoires, mais j'avais besoin de voir de grandes choses dans l'avenir de Max Jazack. L'idée de rester un clampin anonyme me terrifiait.

    De temps en temps, je reprenais mes esprits, comme un homme qui s'éveille d'un rêve. Qu'est-ce que j'espérais ?

    (...) Pour lutter contre le désespoir et la folie, je me cherchais un gourou et je lisais tous les auteurs qui pouvaient faire l'affaire, du philosophe Ralph Waldo Emerson au père de la "pensée positive', Norman Vince Peale. "Jour après jour, dans tous les domaines, je ne cesse de progresser", me répétais-je. Je voulais y croire, mais ça ne marchait pas vraiment...

    ...

    Alors, même pour quatre misérables dollars de l'heure, il fallait se battre ? J'aurais dû m'en douter.

    ...

    - Où souhaiteriez-vous être dans cinq ans ?

    J'ai senti monter une sueur froide. Je me suis dandiné sur ma chaise.

    - Euh, c'est difficile à dire... Mais où que je sois, je peux affirmer que je ferai du bon travail, du très bon travail. Je n'ai pas peur de m'investir à fond.

    Putain, ce qu'il ne fallait pas inventer ! Mais c'était tout ce qui m'était venu à l'esprit dans l'urgence. Jamais je n'avais bluffé comme ça. J'avais honte de moi et je haïssais Pepper de m'obliger à mentir comme un arracheur de dents. Mais c'est comme ça qu'ils te coincent. Tu as besoin d'eux et ils le savent. Et presque tout le monde tombe dans le piège, même les meilleurs.

    ...

    Comme toujours quand on me proposait du travail, j'avais l'impression d'être un lemming suicidaire sur le point de se balancer à l'eau.

    ...

    Comment pouvais-je espérer faire mon travail si je n'étais même pas capable de lire un texte qui en parlait ?

    C'était mon premier emploi de bureau, mais je n'ai pas tardé à voir ce qui se cachait derrière la façade : les métiers où l'on ne se salit pas les mains ne valent pas mieux que les autres. Parfois c'est même pire, parce que c'est plus difficile de donner le change. N'importe qui peut creuser une tranchée, mais combien sont aptes à jongler avec des millions de dollars ?

    De toute manière, n'importe quel travail devient une corvée quand on n'aime pas ce qu'on fait. Et y a-t-il beaucoup de gens qui sont satisfaits de ce qu'ils font ? Ca arrive une ou deux fois dans une vie, si on a de la chance.

    (...) J'aurais dû me lever et partir. Je n'ai pas bougé. Quand je souffre, j'ai tendance à subir. Cette attitude vient sans doute de mon éducation.

    ...

    Je regardais les gens avec envie autour de moi, en particulier les clochards et les ivrognes de l'East State Street qui pouvaient profiter librement de ce soleil radieux. Et si j'envoyais tout balader ?

    ...

    Dans "Pourquoi ne pas essayer d'écrire", il y avait ce passage :

    "Jour après jour, nous assassinons nos élans les plus justes. Et après, nous sommes bouleversés à la lecture des phrases écrites par un maître, car nous les reconnaissons comme nôtres, ces petites graines que nous avons tuées dans l'oeuf, parce que nous n'avions pas foi en nos capacités, en nos critères de vérité et de beauté. S'il se tait, s'il est absolument honnête avec lui-même, chaque homme est capable d'écrire des vérités profondes..."

    ...

    Non, rien ne changerait jamais - si je ne me bougeais pas.

    Mais au lieu d'agir, je lisais. Constamment.

    ...

    On est censé être triste quand quelqu'un disparaît, mais on se rend vite compte que c'est une perte de temps. On sais qu'un jour ce sera notre tour d'être allongé dans un cercueil, mais en attendant la vie continue. Et pour ceux qui restent, c'est elle la plus forte, même si au bout du compte c'est toujours la mort qui gagne. C'est étrange. C'est inconcevable. Cela signifie que nous tous sommes prisonniers d'un mystère, chaque jour de notre existence, et que rien n'a de sens. Inutile d'essayer de se libérer ou de résoudre l'énigme. Nous sommes des mouches prises entre la moustiquaire et la vitre. Nulle part où aller.

    ...

    C'était pour ça que j'avais voulu secouer le joug du travail manuel, pour ne plus avoir à m'échiner comme une bête de somme, comme mon père et ma mère qui s'étaient esquintés toute leur vie dans les usines, les cuisines et les chiottes des riches. Mais il faut regarder les choses en face : on est toujours perdant, qu'on porte un bleu ou une cravate. La seule différence, c'est que dans un cas on rentre chez soi avec un lumbago et dans l'autre avec la migraine...

    ...

    Je n'en pouvais plus de rester sur mon cul à perdre mon temps. J'étais fébrile. Je me sentais inutile et coupable. Il n'y avait pas de raison, mais c'était plus fort que moi. C'est la société, le monde qui nous culpabilise. On est censé faire quelque chose, et de préférence quelque chose de "constructif", sinon on est un paria, un rien du tout. Ca ne me gênait pas outre mesure d'être un paria, en revanche, un rien du tout...

  • Rescapé de Sam Pivnik

    culture,citation,littérature,livre,biographie,document,témoignage,guerre,shoah,angleterreÀ paraître le 10 janvier 2013.

    Auschwitz, la marche de la mort et mon combat pour la liberté

    Éditions Fleuve noir - 326 pages

    Présentation de l'éditeur : Sam Pivnik est l'un des tout derniers survivants de la Shoah. Un miraculé. Il a à peine 13 ans lorsque les nazis envahissent la Pologne et sa ville, Bedzin, en 1939. Pour la communauté juive, c'est le début de la vie en ghetto, les privations, les humiliations, les violences arbitraires, la peur, les rafles. Puis en 1943, Sam est déporté avec son père, sa mère, ses deux soeurs et ses trois frères cadets au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Il est le seul à échapper aux chambres à gaz. Il n'a que 16 ans. Porté par une volonté de vivre hors du commun, il travaille alors successivement au déchargement des trains à leur arrivée au camp, sur la funeste Rampe de la mort, puis dans la mine de Fürstengrube, avant de connaître les Marches de la mort et de survivre au bombardement accidentel du paquebot Cap Arcona par la RAF... Aujourd'hui âgé de 86 ans, Sam Pivnik raconte son histoire pour la première fois : un témoignage saisissant à destination des générations futures, pour ne jamais oublier que cela a eu lieu, que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants n'en sont jamais revenus.

    Ma note :

    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

    Broché : 19,90 euros

    Ebook : 13,99 euros

    Si le XXe siècle fut riche de découvertes, de progrès, d'innovations en tous genres, il fut également le théâtre d'évènements historiques tragiques incomparables ayant donné naissance à un courant littéraire dont n'importe quel lecteur se serait volontiers passé : la littérature concentrationnaire.

    L'homme ayant réussi à repousser les limites de l'atrocité, de l'innommable, il fallait bien un genre littéraire à part entière pour aborder l'expérience des camps. Quelque soixante-dix années après la fin de l'une des horreurs les plus absolues de l'Histoire, l'on ne compte plus les ouvrages qui témoignent de cette sombre période, dont certains sont devenus de véritables classiques parfois étudiés dès le collège, tel Primo Levi avec Si c'est un homme pour n'en citer qu'un.

    Outre les révisionnistes et autres négationnistes, ces nombreux livres ont eu leur part de détracteurs arguant du manque de style ou de l'écriture lourde de cette littérature. Attaques auxquelles certains auteurs ont rétorqué très justement que ces écrits n'avaient pas pour ambition d'être des oeuvres littéraires dans l'acception esthétique du terme mais des témoignages puissants de l'abomination, de la souffrance. Et d'ajouter combien il est difficile de trouver les mots justes, combien le langage est, si ce n'est impuissant, du moins limité pour qualifier l'inhumanité, l'irréalité de ces univers abjects. Mais malgré tout, de nombreuses victimes ont tenu à surmonter autant que faire se pouvait les limites du verbe afin de transmettre une idée de leur calvaire, une idée forcément partielle, mais une idée présente, une idée vivante, une idée que l'infamie n'est pas parvenu à anéantir.

    C'est dans cette optique de crier la vie que Sam Pivnik livre, entre expérience personnelle et données historiographiques générales, son approche du cauchemar nazi, de la libération, de la création d'Israël et du combat sionniste. Alors certes, Rescapé est un énième témoignage qui n'apporte pas grand chose de plus que ses prédécesseurs si ce n'est, excusez du peu, contribuer, nécessairement, fondamentalement, essentiellement, à ce que l'on appelle le devoir de mémoire.

    Un récit tout en retenue, entre défauts d'une mémoire qui ne veut pas trop se souvenir et indispensable pudeur, qui ne peut laisser indifférent.

    Vous aimerez sûrement :

    Deuxième génération de Michel Kichka

    Des nouvelles d'Alain de Guibert, Keler & Lemercier

    Marthe et Mathilde de Pascale Hugues

    Un fusil dans la main un poème dans la poche d'Emmanuel Dongala

    Tant que je serai noire de Maya Angelou

    Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

    Extraits :

    Et nous commençâmes à remarquer la fréquence accrue des trains de marchandises qui cliquetaient et ahanaient à l'aiguillage situé à proximité de Modzewojska. Des wagons de fret, en bois, qu'on voyait quotidiennement si l'on vivait près du chemin de fer, transportant du bétail, des porcs, des moutons ou de la volaille vers l'abattoir. Mais ceux-ci étaient différents. Il y avait des cadenas posés sur les portes coulissantes et du barbelé devant les trous d'aération.

    ...

    J'étais à un mois de mon dix-septième anniversaire et je rampais dans une grenier surchauffé dans la pénombre en buvant de l'urine et en écoutant les sanglots de mes frères et soeurs tandis que dehors les Allemands tiraient sur mon peuple.

    La fin du ghetto. La fin de tout ?

    ...

    S'il devait se passer quelque chose, c'était maintenant. Notre groupe ne comptait pas beaucoup d'hommes. Mon père avait la cinquantaine - je le prenais pour un vieillard, à l'époque - et moi seize ans. Que pouvions-nous faire ? Foncer sur les rangs SS ? Sauter sur la voie et s'enfuir ? Tout le monde avait une famille - des femmes, des mères, des enfants. Pourtant, lors de notre chaotique embarquement à bord de ce train, on aurait pu tenter quelque chose. Mais il ne se passa rien. Nous attendîmes commes des moutons (...).

    ...

    Si je n'avais pas été si terrifié, si démoralisé, l'efficacité glaçante du lieu m'aurait impressionné. Déhumanisé en moins de deux heures.

    ...

    A Auschwitz comme dans tous les camps de concentration, l'ordre naturel des choses était inversé. Dans l'univers contre-nature du génocide, la pire racaille tenait les rênes ; les fous géraient l'asile.

    ...

    La mesure du temps. On ne se rend pas compte à quel point on en a besoin avant d'en être privé. A l'école, la sonnerie rythmait l'existence. A la maison, il y avait le rituel immuable des repas pris ensemble, même à Kamionka. A l'usine, on pointait en arrivant et en partant. A Auschwitz, il n'y avait pas d'horloge et on travaillait jusqu'à ce qu'on nous dise de cesser, ou qu'on tombe d'épuisement.

    ...

    On était responsable de son matériel, et coupable de sa disparition. Je n'ai vu aucun homme de Bedzin voler quoi que ce soit, mais nous savions tous que nous étions prêts à voler, si les circonstances l'exigeaient, parce que c'était la nature du camp - la loi de la jungle.

    ...

    Je suis abasourdi aujourd'hui de constater la vitesse avec laquelle la routine du Bloc quarantaine devint un mode de vie à part entière.

    ...

    Une femme consciente de ce qui allait se produire se lança dans un strip-tease au profit des SS. Cette femme avait été danseuse avant toute cette folie et deux hommes, l'Unterscharfürher Josef Schillinger et le Rottenfürher Wilhelm Emmerich, furent captivés par ses mouvements giratoires assez longtemps pour qu'elle s'empare du pistolet de Schillinger dans sa gaine et fasse feu plusieurs fois sur les deux Allemands. Puis elle retourna dans la foule des femmes à demi-nues et une bagarre éclata, pendant laquelle la tâche ardue et sans gloire d'évacuer leurs camarades blessés et le Sonderkommando échut aux SS.

    Ils gazèrent immédiatement celles qui étaient déjà dans la chambre, et fauchèrent les autres à la mitrailleuse. Je n'ai jamais réussi à retrouver le nom de cette femme, mais elle devint une héroïne pour nous tous, (...).

    ...

    Je possède une photo de moi, prise peu de temps après la fin de la guerre. J'ai dix-huit ans. C'est la seule photo qui ait un vague rapport avec mon enfance. Toutes les autres - du reste, il n'en existait certainement pas beaucoup - avaient été jetées et détruites par les nazis dans leur tentative d'anéantir ma vie et, plus généralement, tout un mode de vie. Sur cette photo mes cheveux ont suffisamment repoussé pour que je puisse tracer une raie dans mes boucles.

    "Il a l'air d'aller bien, diraient les révisionnistes d'aujourd'hui dans leur dénégation de l'Holocauste. Si l'on considère ce qu'il est censé avoir traversé."

    ...

    De toutes les émotions qui tourbillonnaient dans nos têtes durant ces premiers jours de liberté, la plus forte était l'instinct de vengeance.

    ...

    L'uniforme SS avait été jeté aux orties, et sa démarche élégante et hautaine avait suivi le même chemin. Il n'y avait plus d'Oberscharfürher, et en lieu et place de celui-ci, il y avait ce vieux Max Schmidt, fils de fermier, qui s'asseyait parmi nous.  (...) Il nous rejoignit à table et bavarda avec nous de choses anodines comme si nous étions tous de vieux copains en pleines retrouvailles d'après-guerre. (...) Son comportement me glaçait le sang. La guerre avait-elle eu lieu ? Auschwitz avait-il jamais existé ? Ces trois dernières années avaient-elle fait des victimes ? C'était invraisemblable.

    ...

    Au fond, je me demandais, en ce début 1945, ce que j'allais faire du reste de ma vie. J'avais déjà vécu les proverbiales neuf vies du chat comme l'assure le dicton, et je n'avais pas encore vingt ans.

    ...

    (...) Harry Truman, devint le premier dirigeant international à reconnaître le nouvel État. Nous n'avions plus qu'à nous battre pour le défendre.

    ...

    Lorsque sa femme lui demanda si on gazait vraiment les gens à Auschwitz-Birkenau, il écrivit : "Au printemps 1942, beaucoup de gens dans la fleur de l'âge passèrent sous les arbres en fleurs de la ferme et de ses dépendances sans avoir aucune prémonition de leur mort prochaine." Comme il est plaisant de noter qu'un des massacreurs les plus efficaces de l'Histoire était aussi - presque - un poète. On pendit Rudolf Höss devant le Bloc II d'Auschwitz I - le Bloc de la mort, où tant de gens avaient péri sur son ordre.

    ...

    L'expérience de l'Holocauste était si douloureuse et destructrice qu'il est probablement impossible à quiconque aujourd'hui de la saisir dans sa totalité.

  • La femme qui décida de passer une année au lit de Sue Townsend

    À paraître le 8 février 2013.la femme qui décida....jpg

    Éditions Charleston - 446 pages

    Présentation de l'éditeur : Le jour où ses jumeaux quittent la maison pour partir à l’université, Eva se met au lit au beau milieu de la journée… et y reste pendant un an. Elle n’est pas malade, bien au contraire. Depuis les confins de son lit, elle va trouver le sens de la vie, rien de moins ! Le rêve secret de TOUTES les femmes vu par Sue Townsend, la papesse de la comédie satirique made in England, auteur de l’inoubliable Journal d’Adrien, 13 ans 3/4, un classique de la littérature jeunesse (plus de 8 millions d’exemplaires vendus dans le monde) et du truculent La Reine et moi.

    Ma note :

    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

    Broché : 21 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

    Se mettre au lit et n'en plus bouger pour une durée indéterminée, telle est, d'un jour apparemment comme un autre au lendemain, la décision pas banale prise par Eva. À l'origine de cette "initiative", la découverte d'une tâche à base de tomate - très ordinaire bien qu'agaçante - sur son fauteuil préféré. Une décision radicale qui pourrait apparaître un brin excessive, mais ce serait négliger le fait que cette souillure n'est que la goutte d'eau qui fait déborder une coupe déjà bien pleine.

    Ce que l'on va découvrir au fil des pages, c'est qu'Eva était une desperate housewive cinquantenaire au bord de la crise de nerf qui ne demandait qu'à exploser. Délaissée, méprisée, bafouée, humiliée... par son mari, ses enfants, sa mère, sa belle-mère... Effarée et déprimée par les violences, les injustices, les horreurs... de la société et même de l'Humanité, il ne lui fallait pas plus qu'une simple salissure pour qu'elle décide de se retirer de cette vie qu'elle déteste et de ce monde qu'elle ne comprend plus et qui ne lui accorde qu'une place insignifiante qu'elle ne veut plus accepter.

    Ce qu’Eva n'avait pas prévu en revanche, alors qu'elle n'aspire qu'à la tranquillité, c'est qu'en souhaitant littéralement ne plus mettre un orteil en dehors de sa couche, elle allait avoir besoin des autres pour la nourrir ou encore pour la débarrasser de ses excrétions. Sans compter que l'attention générale se braque rapidement sur cette "drôle de femme au lit"...

    Alors, caprice ou délire psychiatrique ? Et comment tout cela va-t-il finir ? C'est ce que Sue Townsend, "l'une des romancières les plus drôles de son époque" selon le Times, nous raconte dans cette comédie satirique aux cocasseries so british. Elle nous plonge dès les premières pages dans son roman choral à la pléthore de personnages farfelus, aussi extravagants les uns que les autres, chacun à sa façon... mais également profonds.

    Eva est une fille, une épouse, une mère... Et surtout une femme qui ne se reconnaît plus, dont la vie insatisfaisante manque cruellement d'existence. Mais il n'est jamais trop tard pour bousculer la vie qui ne nous convient pas. Ce qui m'a le plus touché chez elle, c'est son réveil, son sursaut de conscience, cette envie de dire stop et de le faire, même si sa façon peut sembler discutable, égoïste et pas réellement active ainsi que son empathie, trop rare dans un monde où individualisme et indifférence sont devenus la norme. Et de nous attacher à cette anti-héroïne ordinaire malmenée par la vie ordinaire... Ordinaire ? Normal ? Mais l'est-ce vraiment ? Et si la décision d’Eva était l'action la plus sensée en ce monde qui marche sur la tête ?

    Quand l'absurdité de la réalité rencontre l'humour anglais, cela donne un récit émouvant et drôle derrière lequel se cache une réflexion sur le monde en général, notre vie en particulier, au coeur desquels on oscille constamment entre désir d'agir, léthargie et pétage de plombs. Si le rythme est maîtrisé par l'auteur, j'ai été un petit peu déçue par les dénouements, un peu précipités à mon goût. L'ensemble reste malgré tout un très agréable moment de lecture. Servi par une écriture vigoureuse et des chapitres courts, véritables mini-cliffhangers, La femme qui décida de passer une année au lit est de ces romans qu'on ne repose qu'une fois achevés.

    Ils en parlent aussi : Onirik.

    Vous aimerez sûrement :

    Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

    Dolce agonia de Nancy Huston

    Un génie ordinaire de M. Ann Jacoby

    Rien ne va plus et La poursuite du bonheur de Douglas Kennedy

    La double vie d'Irina de Lionel Shriver

    Vacances anglaises, N'oublie pas mes petits souliers et S.O.S. de Joseph Connolly

    Extraits :

    Dans sa chambre, sans ôter ni ses vêtements ni ses chaussures, elle se mit au lit et y resta un an.

    Elle ignorait que cela allait durer un an, bien sûr. Lorsqu'elle se coucha, elle pensais se relever une demi-heure plus tard, mais c'était tellement délicieux de se lover entre les draps blancs et propres où flottait une odeur de neige fraîche.

    ...

    Elle comprit à son regard dérouté qu'après vingt-cinq ans de mariage, l'univers domestique qu'il connaissait si bien s'effondrait.

    ...

    Avant que Brian ne parte, elle lui demanda : "Tu crois qu'il y a vraiment un Dieu, Brian ?"

    (...) "Ne me dis pas que tu te tournes vers la religion, Eva. Ca finit toujours par des larmes. D'après le dernier livre de Steve Hawking, Dieu n'a aucune finalité. C'est un personnage de conte de fées.

    - Alors pourquoi des millions de gens croient en lui ?

    - Eva... Il est prouvé, statistiquement, que quelque chose peut sortir de rien. Le principe d'incertitude de Heisenberg rend possible l'apparition d'un bulle d'espace-temps à partir de nulle part... " Il marque une pause. "Mais je reconnais que sur le plan des particules, c'est complexe. Il faut vraiment que les gars de la supersymétrie dans la théorie des cordes trouvent le boson de Higgs. Et la réduction du paquet d'ondes reste problématique."

    Eva hocha la tête et dit : "Je vois. Merci."

    ...

    En fait, j'étais en train de crever mais personne ne s'en rendait compte, parce qu'on faisait tous pareil.

    ..

    Il n'était pas un mauvais mari, pensait-il. Il ne l'avait jamais frappée - pas trop fort en tout cas. Bon, il la bousculait un peu de temps en temps, et une fois - après avoir trouvé une carte de la Saint-Valentin qu'elle avait caché derrière la chaudière et qui disait : "Eva, quitte-le, viens avec moi" -, il l'avait suspendue la tête en bas au-dessus de la rambarde du palier. C'était pour rire, bien sûr. Il est vrai qu'il avait eu un peu de mal à la remonter, et qu'à un moment il avait semblé qu'il pourrait bien la laisser tomber sur le carrelage en dessous. Mais ça ne justifiait pas les hurlement stridents qu'elle avait poussés. Il fallait toujours qu'elle exagère.

    Elle n'avait pas le sens de l'humour, se dit-il.

    ...

    Elle voulait des héros et des héroïnes dans sa vie. Sinon des héros, en tout cas des gens à admirer et à respecter.

  • Les Roses de Somerset de Leila Meacham

    les roses de somerset.jpgA paraître le 18 janvier 2013.

    Éditions Charleston - 509 pages

    Présentation de l'éditeur : Howbutker, Texas, 1916. A la mort de son père, la jeune Mary Toliver hérite de Somerset, la plantation de coton des Toliver, l'une des familles fondatrices de Howbutker. La jeune femme devra-t-elle sacrifier son amour pour Percy Warwick, magnat de l'exploitation forestière, pour faire vivre le sol de ses ancêtres ? Confrontés aux trahisons, aux secrets et aux tragédies qui les entourent, renonceront-ils à ce qui aurait pu exister, non seulement pour eux, mais aussi pour les générations futures ? Dans ce livre haletant, Leila Meacham renoue avec les codes des grandes sagas historiques pour mieux les réinventer. Ecrit comme on filme une série TV, avec un suspense à couper le souffle, ce roman d'amour et de sacrifice fera vibrer les lectrices de Barbara Taylor Bradford et de Kathryn Stockett. Traduit dans vingt-cinq pays, ce roman d'amour et de sacrifice a déjà conquis les lectrices du monde entier.

    Ma note :

    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

    Broché : 22,50 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

    Une habitude très surfaite consiste à systématiquement critiquer les romans à l'eau de rose en prétextant un contenu médiocre, mollasson et sans surprise pour ne pas dire convenu. Au-delà de cette pose un peu ridicule pseudo-intellectuelle, c'est vraiment méconnaître le sujet des romances en général - de qualité, s'entend - et celui du roman à l'eau de roses de Somerset en particulier !

    Car Leila Meacham, avec Les Roses de Somerset, ne nous offre pas du sentimentalisme mièvre et insipide mais nous plonge dans une saga historique et familiale haletante aux personnages hauts en couleurs. Elle joue avec les nerfs du lecteur par le truchement de rebondissements inattendus et nous émeut non pas avec des facilités romanesques bas de gamme mais par le biais d'un réalisme émotionnel qui bouleverse viscéralement. Ce livre nous remue les tripes parce qu'au fond, il nous parle de la vie, la vraie, avec ce qu'elle comprend de secrets, de sacrifices et de sentiments, qu'ils soit familiaux, amicaux, professionnels ou amoureux.

    Mary Tolliver est de ces héroïnes charismatiques auxquelles il est aisé de s'attacher, pourquoi pas de s'identifier, tant ses forces mais surtout ses failles sont crédibles. Cette figure centrale de ce roman choral, aussi admirable qu'agaçante dans certaines de ses décisions qui semblent incompréhensibles voire révoltantes, nous entraîne dans son univers fascinant, soit pas moins d'un siècle de passions et déchirements intergénérationnels, entre rêve et malédiction au coeur des plantations du sud texan.

    Très attachée à la symbolique des fleurs, j'ai particulièrement apprécié la réinterprétation qu'en fait l'écrivain. Elle s'écarte des significations classiques et réinvente un langage puissant et subtil particulièrement séduisant. Une chose est sûre, je ne regarderai jamais plus les roses de la même façon !

    Bref, cette romance est un véritable page turner poignant, qui bouscule, fait vibrer et surtout réfléchir. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire une saga addictive, d'autant plus que - c'est la grande nouvelle pour celles et ceux qui auront été séduits par cette première oeuvre magistrale ! - Leila Meacham vient tout juste d'achever l'écriture de la préquelle de ce premier tome. Espérons que les Éditions Charleston traduiront rapidement cette "suite" et souhaitons que ce premier roman aussi réussi sur le fond que sur la forme touchera, comme La couleur des sentiments en son temps, l'âme éclairée d'un réalisateur afin d'en faire une somptueuse adaptation cinématographique !

    Les Roses de Somerset signe l'inauguration de la toute nouvelle maison Charleston. Gageons que ce choix perspicace salué par la critique n'est que le premier pas magistral d'une longue vie éditoriale.

    Une saga captivante qui n'est pas sans rappeller Autant en emporte le vent.

    Publishers Weekly

    Une épopée sudiste digne d'un grand film.

    The New Yorker

    L'interview de Leila Meacham.

    Ils en parlent aussi : Callixta, Claire, Lady K, Rose, Fariboles.

    Vous aimerez sûrement :

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extraits :

    Pourquoi la vie semblait-elle commencer alors qu'elle arrivait à son terme ?

    ...

    Ne vous inquiétez pas pour moi. Je sais que je me comporte un peu bizarrement, aujourd'hui, mais c'est bon de faire ce qu'on veut, parfois.

    ...

    - J'apprends à ne rien espérer de ce que je ne peux pas contrôler, rétorqua-t-elle en luttant contre ses larmes.

    ...

    "Quand une femme qui n'est pas ta mère te regarde partir sous le porche, tu peux être sûr qu'elle éprouve pour toi plus que de la sympathie."

    ...

    Un homme sans rêves est un homme qui ne vit plus.

  • Gwordia vous souhaite ses meilleurs voeux

    N'en déplaise aux pessimistes qui spéculent sur l'aussi hypothétique qu'inélégante rime riche supposée faire suite à "2012 la lose", je ne vais pas vous souhaiter mais vous garantir à toutes et à tous une merveilleuse année 2013. Impossible promesse ? Pourtant, je n'ai pas la santé, je suis fauchée, mais malgré tout j'y crois. Pourquoi ? Parce que comme le disait Manu Larcenet dans le dernier tome de sa somptueuse tétralogie Le combat ordinaire :

    Le pur désespoir pose des questions tellement essentielles qu'il ne peut s'accomoder d'idéologie... L'escroquerie idéologique, c'est de convaincre qu'il existe une vérité. Le réel n'importe plus alors que dans la mesure où il peut se plier pour s'y conformer. Pourtant, la rue ou les métastases, par exemple, sont abyssalement indifférentes au CAC 40 ou à la ligne du parti... On m'objectera sans doute qu'elles le sont tout autant à la poésie, et on aura tort. Délestée de toute logique, la poésie est la seule manière libre de remarquer ce qui est précieux. Depardon, Brassens, Miyazaki, Bonnard, Jarmush, Sempé, Tom Waits, Cézanne, Monty Pithon, Monet... Brel, Desproges, Klee, Cartier-Bresson, Springsteen, Céline, Harvey Keitel, Baudelaire, Van Gogh... La poésie rachète tout.

    Alors certes, joie, santé, prospérité, succès, chance... ne seront peut-être pas le lot quotidien des 364 jours à venir. Mais la littérature, oui. Alors l'on va s'y réfugier à s'en faire péter les yeux dans ces bouquins ! Romans, BD, polars, essais, jeunesse, bio, SF... Il y en aura ici encore et toujours pour tous les goûts. J'espère que vous continuerez à franchir toutes les frontières littéraires à mes côtés. Merci pour votre intérêt, à très bientôt et, pour sacrifier une dernière fois au rituel : la meilleure année possible à toutes et à tous !

    book.jpg