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  • Journal d'un corps de Daniel Pennac

    journal d'un corps.jpgEditions Gallimard - 382 pages

    Présentation de l'éditeur : De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire.

    Pennac a ce sens de la justesse qui fait de lui un auteur d'exception. Il nous offre ici une portion d'intimité tantôt touchante, tantôt hilarante à laquelle tout un chacun peut s'identifier. Pas toujours pour les mêmes raisons mais immanquablement.

    Le rapport au corps, que nous entretenons tous d'une façon ou d'une autre, est dépeint avec une précision quasi-chirurgicale du début à la fin de l'existence du narrateur et peut se révéler aussi rassurante qu'anxiogène selon. Je suppose que le degré d'hypocondrie ou de bienséance du lecteur sera déterminant pour l'appréciation de l'ouvrage. Ayant grandi dans une famille de soignants et étant de nature à appeler un chat un chat, j'ai adoré. Et vous, oserez-vous vous plonger dans l'histoire de la vie d'un homme mais qui vous parle beaucoup de vous ?

    Extraits :

    Je me demande combien il faudrait de cahiers pour seulement décrire tout ce que notre corps fait sans que nous y pensions jamais. Les fonctions automatiques sont-elles innombrables ? On n'y fait jamais attention mais il faut que l'une d'elles se détraque pour qu'on ne pense plus qu'à elle ! Quand il trouvait que je me plaignait trop, papa me citait toujours la même phrase de Sénèque : Chaque homme croit porter le plus lourd des fardeaux. Eh bien, c'est ce qui se passe quand une de nos fonctions se détraque ! Nous devenons le type le plus malheureux du monde.

    ...

    La prudence est l'intelligence du courage.

    ...

    Quand Violette m'a dit qu'elle allait nettoyer ça avec le calva de Manès, je n'ai pas pu m'empêcher de lui demander si ça allait faire mal. Bien sûr, qu'est-ce que tu crois, la gnôle de Manès ce n'est pas de la bibine ! Donne ta jambe. J'ai tendu la jambe en me cramponnant à la chaise. Tu es prêt ? (Tijo surveillait l'opération avec beaucoup d'intérêt.) J'ai serré les dents et les paupières, j'ai fait signe que oui, Violette a frotté la plaie, et je n'ai absolument rien senti ! Parce qu'elle s'est mise à hurler à ma place. Un véritable hurlement de douleur comme si on la dépiautait vive ! Ca m'a d'abord sidéré, et puis ça nous a fait rire, Tijo et moi. Ensuite, j'ai senti sur mon genou la fraîcheur de l'alcool qui s'évapore. Il emportait une partie de la douleur. J'ai dit à Violette que ça ne marcherait pas pour le second genou puisque maintenant je connaissais le truc. Tu paries ? Donne l'autre jambe. Cette fois-ci elle a poussé un autre cri. Un cri d'oiseau incroyablement aigu qui m'a vrillé les tympans. Même résultat. Rien senti non plus. Ca mon petit gaillard, ça s'appelle L'anesthésie auditive. Elle n'a pas crié en nettoyant mes mains et son silence m'a encore plus surpris que ses hurlements. C'était fini avant que je ressente quoi que ce soit. 

    ...

    L'opprobre jeté sur cette apothéose de la sensation est tout dans la laideur des mots qu'on emploie pour en parler. "Se branler" fait malade des nerfs, "se tripoter" est idiot, "se caresser" fait chienchien à sa mémère, "se masturber" est dégoûtant (il y a quelque chose de spongieux dans ce terme, même en latin), "se toucher" ne veut rien dire. "Vous êtes-vous touché ?" demande le confesseur. Bien sûr ! Comment faire ma toilette autrement ? Nous en avons longuement débattu avec Etienne et les copains. Je crois avoir trouvé l'expression juste : se prendre en main. Dorénavant, quand un adulte me recommandera de me prendre en main, je pourrai le lui promettre sans risquer le mensonge.

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    Je ne sais pas si quelqu'un s'est jamais penché sur la question de la santé dans les guerres clandestines mais c'est un sujet à creuser. J'ai vu très peu de malades parmi mes camarades. Nous avons tout imposé à nos corps : la faim, la soif, l'inconfort, l'insomnie, l'épuisement, la peur, la solitude, le confinement, l'ennui, les blessures, ils ne regimbaient pas. Nous ne tombions pas malades. Une dysenterie occasionnelle, un refroidissement vite réchauffé par les nécessités du service, rien de sérieux. Nous dormions le ventre creux, nous marchions la cheville foulée, nous n'étions pas beaux à voir, mais nous ne tombions pas malades. J'ignore si mon observation vaut pour l'ensemble des maquis, c'est en tout casq ce que j'ai constaté dans mon réseau. Il n'en allait pas de même pour les garçons qui s'étaient laissé prendre par le STO. Ceux-là tombaient comme des mouches. Les accidents du travail, les dépressions nerveuses, les épidémies, les infections en tout genre, les automutilations de ceux qui voulaient s'enfuir décimaient les ateliers ; cette main-d'oeuvre gratuite payait de sa santé un travail qui n'en voulait qu'à son corps. Nous, c'est l'esprit qui était mobilisé. Quelque nom qu'on lui donnât, l'esprit de révolte, le patriotisme, la haine de l'occupant, le désir de vengeance, le goût de la bagarre, l'idéal politique, la fraternité, la perspective de la libération, quoi que ce fût, cela nous gardait en bonne santé. Notre esprit mettait notre corps au service d'un grand corps de combat.

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    Hypocondrie : dérèglement de la conscience entraînant une perception hypertrophique de manifestations du corps. Forme de délire de persécution dans laquelle nous sommes à la fois le persécuteur et le persécuté.

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    Ponctuation amoureuse de Mona : Confiez-moi cette virgule que j'en fasse un point d'exclamation.

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    En voyant Etienne s'admirer dans un miroir, je m'avise que je ne me suis jamais vraiment regardé, moi, dans une glace. Jamais un de ces coups d'oeil innocemment narcissiques, jamais une de ces saisies coquines qui vous font jouir de votre image. J'ai toujours les miroirs à leurs fonctions. Fonction d'inventaire quand adolescent j'y vérifiais la croissance de mes muscles, fonction vestimentaire quand il faut accorder cravate, veste et chemise, fonction de vigilance quand je me rase le matin. Mais la vision d'ensemble ne me retient pas.

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    Pourquoi le vertige se manifeste-t-il d'abord chez moi par la strangulation des testicules ? En est-il de même chez les autres ? (...) Demandé à Mona si les ovaires sont eux aussi les sentinelles du vertige. Réponse : non. En revanche, mes testicules se sont à nouveau étranglés quand je l'ai vue s'approcher du bord de la falaise. J'ai eu le vertige à sa place. Couilles empathiques ?

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    Naissance de Bruno. Un bébé nous est né. Installé à la maison comme s'il était là depuis toujours ! J'en reste sans voix. Mon fils m'est un objet de stupeur familière.

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    Hier soir réveillon chez R. Distribution de cigares. Débat sur les mérites comparés de Cuba, Manille et je ne sais quels autres pays producteurs de tabac. Mon avis est requis. Mais, à voir ces connaisseurs couper leurs barreaux de chaise avec componction, je n'ai pu m'enlever de l'idée que l'anus, sectionnant l'étron, remplit la fonction d'un coupe-cigare. Et le visage, dans les deux circonstances, arbore la même expression appliquée.

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    Qu'on ait perdu un bras ou les deux, on ne dispose que d'un seul mot : manchot. Les unijambistes et les culs-de-jatte sont mieux traités, les borgnes et les aveugles aussi.

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    Tijo me fait observer que quand j'éternue je dis ATCHOUM, littéralement. Il y voit un souci d'orthodoxie. Toi et tes bonnes manières ! Tu es si bien élevé que si ton cul pouvait parler, il dirait "prout".

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    L'homme naît dans l'hyperréalisme pour se distendre peu à peu jusqu'à finir en un pointillisme très approximatif avant de s'éparpiller en poussières d'abstraction.

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    Au dessus d'un étron irréprochable, tout d'une pièce, parfaitement lisse et moulé, dense sans être collant, odorant sans puanteur, à le section nette et d'un brun uniforme, produit d'une poussé unique et d'un passage soyeux, et qui ne laisse aucune trace sur le papier, ce coup d'oeil d'artisan comblé : mon corps a bien travaillé.

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    "Va te chier" a tout de même une autre dimension que "pauvre con" ou "va te faire enculer". L'impératif du verbe chier conjugué au sens pronominal réfléchi est une arme meurtrière. L'adversaire réduit à n'être que son propre excrément et à qui on ordonne de se déféquer lui-même, qui dit pire ?

    ...

    Nous nous repaissons en sevcret des miasmes que nous retenons en public. Ce double jeu vaut aussi pour nos pensées et cette duplicité est la grande affaire de notre vie. Rentré chacun chez nous, ma joueuse de tennis et moi jouirons, chacun de notre côté, d'un de ces longs pets que nous ferons remonter jusqu'à nos narines par la vague que nous savons, de vieille science, imprimer à nos draps.

    ...

    Un chagrin sans objet, pure douleur d'être, m'assaille par vagues inattendues, dévastatrices comme des ruptures de barrage. Dépression nerveuse post-opératoire, tout à fait prévisible, paraît-il, liquéfaction de mon âme après la vidange de mon sang.

    ...

    De l'angoisse au sentiment de culpabilité... Mona, a qui je raconte la chose, m'apprend que le verbe "culpabiliser" s'est installé dans la langue française en 1946. Et le verbe "culpabiliser" en 1968. Quand l'Histoire parle d'elle-même...

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    L'autre peut être un remède à l'angoisse, à condition qu'il nous soit intimement étrangr, un peu indifférent. (...) Mais les proches, eux, les nôtres, trinquent à tous les coups, parce qu'ils sont nôtres précisément, constitutifs de nous-mêmes, victimes propitiatoires du marmot que nous restons toute notre vie.

    ...

    Ah ! cette joie de l'adulte revenu de tout devant la candeur d'une affection enfantine !

    ...

    Mes nuits entrecoupées par ces envies pressantes et peu productives. Miction impossible. (Joli titre) Combien de fois ? me demandait jadis mon confesseur. Combien de fois ? me demande aujourd'hui mon urologue.

  • KIA Dubstep Contest Euro 2012 : KDO énOOOrmes !

    Fans de foot ou désireux de changer votre voiture ? Cet article vous concerne. Mais il va falloir être créatif et réactif !

    Le jeu concours qui pourrait faire de vos envies une réalité, le KIA Dubstep Contest, se termine le 13 mai 2012 ! Donc très très bientôt. Pour tenter de gagner : à vos tutus, à vos ballons, à vos je-ne-sais-quoi mais imaginez une chorégraphie dubstep-football sur le morceau de DJ Pavilion I Can't Stop. Bougez, ondulez, shootez, buzzez et remportez peut-être des places pour le match d'ouverture de l'Euro 2012 ainsi que la nouvelle Kia Picanto ! Inutile d'être danceur professionnel (il y a même des tutoriaux pour ceux qui ne voient absolument pas en quoi consiste le dubstep), il faut seulement tenter et surtout, s'amuser.

    Pour participer, rendez-vous immédiatement sur l'application Facebook  Kia DubStep Contest, remplissez le formulaire, uploadez votre "clip" et croisez les doigts. Vous pouvez move your body seul ou à plusieurs mais sachez que si vous réunissez une véritable compagnie pour votre choré, il n'y aura que deux gagnants par vidéo invités à l'Euro. Les mineurs n'ont pas le droit de se qualifier pour être sélectionnés mais ils peuvent participer aux films. Les 8 finalistes gagneront le voyage en Pologne incluant vol, hôtel et places pour le match d'ouverture à Varsovie le 8 juin 2012. Le grand gagnant aura en plus une nouvelle Kia Picanto. Les 16 premières équipes seront désignées en fonction de leur talent, de leur créativité et de leur divertissement par des juges et les 8 meilleures seront départagées par le vote des fans sur la fan page Facebook de Kia.

    Donc hop hop hop, allez imaginer de super pas, vous n'avez que jusqu'à dimanche ! Pour vous décomplexer; j'ai osé :

     

    A ma décharge, je viens de me faire opérer et je suis handicapée du dos... Donc possibilités limitées... Merci de votre compréhension bande de petits moqueurs.

    Article sponsorisé

    Vidéo virale par ebuzzing