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  • Chronique amoureuse #19

    Et puis tu as le mec qui te laisse refouler du goulot.

    Non pas que j'ai tendance à puer du bec (j'insiste), mais comme tout un chacun, après une soirée arrosée, enfumée et une courte nuit de sommeil en (a priori) délicieuse compagnie, j'ai tendance à me réveiller avec la bouche pâteuse et l'haleine fétide.

    Cette fois-là, je n'avais pas planifié de découcher et n'avais donc prévu aucun kit de survie (culotte de rechange, brosse-à-dents, laque). Devant me rendre sur les bancs de l'amphithéâtre de la fac de droit que je fréquentais alors (plus qu'occasionnellement), je me devais au moins de me laver les dents (l'absence de changement de sous-vêtements étant moins repérable). Je demande donc tout naturellement à mon hôte de me prêter sa brosse-à-dents... et essuie un refus catégorique au motif que :

    - Non, vraiment, je peux pas, c'est trop personnel, tu comprends mon père est dentiste.

    - Et ben heureusement qu'il est pas gynéco, on se serait drôlement ennuyés sinon.

    N'empêche que dans ce cas, je serais sûrement rentrée directement chez moi la veille au soir et aurais probablement évité de nombreuses déconvenues. A commencer par les regards pincés des personnes auxquelles je me suis adressée ce matin-là.

  • Brassens ou la liberté de Clémentine Deroudille et Joann Sfar

    Editions Dargaud - 322 pagesbrassens ou la liberté.jpg

    Présentation de l'éditeur : À l occasion de l'exposition consacrée à Georges Brassens qui se tiendra à la Cité de la musique, les deux commissaires, Clémentine Deroudille et Joann Sfar, réalisent un livre événement. Articulant textes, illustrations et très nombreuses pages de bande dessinée, cet imposant ouvrage est tant la biographie ultime de Brassens que le catalogue augmenté de l'exposition, puisqu'il présente des documents inédits des photos, des manuscrits, etc. exhumés pour la première fois depuis la mort du chanteur en 1981. Joann Sfar s'est emparé de cette somme extraordinaire pour dessiner l'oeuvre, la vie et la philosophie du grand chanteur populaire qu est toujours Georges Brassens.

    A tous les amoureux du célèbre libertaire que le succès dérangeait, voici LE livre à vous offrir (ou vous faire offrir). Une documentation riche, de nombreuses photos, des illustrations croustillantes de Sfar... Tout est réuni pour se (re)plonger avec délectation dans la fascinante existence et la pensée hors norme de cet homme extra-ordinaire. Ses idées - parfois dérangeantes, souvent contestées - restent un terreau fertile à la remise en question de la société et de l'âme humaine. Un poète, un penseur, un trublion à (re)découvrir de toute urgence.

    Extrait :

    Chez les écrivains que j'ai aimés, je les ai aimés parce que ce que je trouvais chez eux je l'avais déjà en moi et je l'ignorais (...)

  • Julia et Roem d'Enki Bilal

    culture,littérature,livre,bande dessinée,bdEditions Casterman - 90 pages

    Présentation de l'éditeur : Après le « Coup de sang » environnemental dont Animal’z relatait l’impact tragique et dévastateur, la planète s’apaise et se recompose, les survivants réapprennent à s’organiser. Dans cette géographie chamboulée, des déserts ont surgi. Et c’est au coeur de l’un d’entre eux, bien improbablement situé à l’emplacement de la mer Baltique, que l’on suit la trace d’un ex-aumônier militaire énigmatique, installé au volant d’une Ferrari électrique lancée à plein régime. Trois personnages vont croiser sa route : deux jeunes hommes qu’il sauve in extremis de la mort par déshydratation et un rapace blessé par balle, dont il répare l’aile cassée...

    Dans le tout nouveau récit futuriste de Bilal, l'on retrouve l'univers tourmenté, dévasté d'Animal'z. Là encore, ne régnent que la désolation... Et l'amour. Dans un monde régi par l'instinct de survie, Bilal met en évidence l'odieux mais inévitable individualisme et les intrinsèques élans du coeur. La conjugaison improbable bilalienne nous rejoue Shakespeare en décalage séculaire dans une version où les difficultés environnantes n'ont pas raison de l'amour. C'est ce qui fait le formidable optimisme de l'auteur : malgré tout, malgré l'anéantissement quasi total de l'humanité, la disparition des repères, du confort, l'obligation de la lutte pour la vie, le bonheur est possible. Un message fort.

  • Animal'z d'Enki Bilal

    Editions Casterman - 104 pagesculture,littérature,livre,bande dessinée,BD

    Présentation de l'éditeur : Dans ce monde dont on ne sait trop s’il est l’émanation d’une histoire parallèle ou simplement le récit de notre futur, le dérèglement climatique s’est brutalement généralisé. La catastrophe porte un nom : le Coup de Sang. Sur la planète dévastée, martyrisée, l’eau potable est soudain devenue un trésor, et la survie individuelle l’obsession de chacun. Désormais, les transports sont rares et dangereux, les communications aléatoires. Seuls quelques Eldorados très isolés, refuges protégés par leur situation géographique particulière, ont réussi à préserver un semblant d’ordre social. On ne peut les rejoindre que par la mer, immense ; l’unique milieu naturel, peut-être, qui conserve quelque chance de perdurer en ces temps d’incertitude absolue… Tel est le décor, fascinant, qui sert d’écrin à Animal’z. Fidèle à ses thèmes de prédilection (la fiction conjecturale, en étroite résonance avec les convulsions et les névroses collectives de notre présent), l’auteur explore les conséquences possibles des dommages infligés au climat, dans un registre graphique nerveux qui comblera les attentes de ses très nombreux fidèles. Déroutant, surprenant, passionnant : un one-shot d’une centaine de pages à savourer sans retenue.

    Mon premier pas dans l'univers Bilal (oui, je retarde quelque peu) est une vraie réussite. Un univers sombre accentué par l'omniprésence du gris-bleu, un imaginaire exceptionnel et un dessin (en gris-bleu donc)... pfiou... Tout est mystérieux, captivant et un poil flippant puisque sous couvert de fiction, de surréalisme, se cache peut-être un futur pas si lointain. Bilal sait parfaitement conjuguer l'actuel et l'anticipation, l'apocalyptique et le poétique. Les hommes et les animaux (qui parfois ne font qu'un...) vivent dans des conditions plus que précaires, une sorte d'équilibre instable où malgré tout, l'amour triomphe inévitablement. Naturellement.

    Bilal, ce n'est pas du dessin, c'est une oeuvre d'art. Ce n'est pas non plus une histoire, c'est l'incarnation du désespoir-espoir. Bref, c'est beau.

  • Chronique amoureuse #18

    Et puis un jour, tu découvres que certains fantasmes doivent le rester.

    Non mais c'est vrai quoi, j'entends déjà ricaner dans les chaumières et fuser les petites réflexions du genre "Ca alors ! Comme ça il ne faut pas réaliser tous ses fantasmes ? Tu m'en diras tant !". N'empêche qu'avant qu'on te dise ou que tu découvres par toi-même que boire beaucoup et vite ne fera pas que ta soirée sera géniale vite mais qu'elle sera plus courte, ben tu ne le savais pas. Pour les fantasmes et la question de leur réalisation (ou non), c'est pareil. Alors profil bas s'il te plaît.

    Savoir conserver le fantasme intact, donc. Telle est la question. Ou plutôt la réponse. Car oui, qu'on se le dise, se contenter des petits sourires échangés en coin avec le Monsieur vestiaires de la piscine d'un camping du fin fond du Cher l'été de tes quinze ans plutôt que d'envoyer une lettre à la piscine d'un camping du fin fond du Cher l'été de tes quinze ans adressée au "Jeune homme des vestiaires" pour lui déclarer ta flamme, t'évitera de découvrir que derrière l'image du petit mec belle gueule bien gaulé qui enflamme tes nuits adolescentes se cache un lourdaud fan de foot à l'accent berrichon à couper au couteau*. CQFD.

    *la rédaction décline toute responsabilité quant aux préjugés honteux visant les lourdauds, les fans de foot et la culture berrichonne.