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  • Et le bébé était cuit à point de Mary Dollinger

    bébé.jpgJacques André éditeur - 61 pages

    Quatrième de couv' : Blanche, sous l'emprise d'une mère indigne et d'un prince qui se veut charmant, travaille dans une entreprise agro-alimentaire dirigée par un ogre. Sa vie est morne, la solitude la ronge. Puis elle croise un chat, botté, et tout devient possible. Lorsque vous aurez lu ce court roman, vous ne porterez plus le même regard sur les chats en général, et le vôtre en particulier. Un conte cruel, écrit par une humoriste à l'anglaise mais d'une tendresse toute française, qui vous rappellera ce qui s'est toujours raconté depuis la nuit des temps : les hommes et les femmes s'aiment, mais ne savent ni le montrer ni le démontrer. Quand au bébé, sa cuisson reste une affaire bien délicate.

    Après m'avoir gentiment fait parvenir ses deux premiers romans Au secours Mrs Dalloway et Journal désespéré d'un écrivain raté, Mary Dollinger m'a envoyé son petit numéro trois. J'aurais aimé pouvoir en faire une critique parfaite. Malheureusement, je ne peux que m'extasier sur le style et les multiples interrogations post-lecture qui ont le mérite d'être bien loin de l'indifférence. Car entre relation complexe mère-fille, symbolique de la castration et félinité mystique, je dois bien avouer qu'à l'instar d'Endiablade de Mikhaïl Boulgakov et de La course au mouton sauvage d'Haruki Murakami, des clés m'échappent, me donnant la nette impression d'atteindre les limites de mon intelligence.

    Je ne peux que me réjouir du fait que, d'une manière que je n'avais pas a priori envisagée, je vais contribuer malgré tout au plaisir de l'auteur et de ses lecteurs plus érudits que moi. Alphonse Allais ne disait-il pas :

    Il faut être trois pour apprécier une bonne histoire : un pour la raconter bien, un pour la goûter et un pour ne pas la comprendre. Car le plaisir des deux premiers est doublé par l'incompréhension du troisième.

    Mary, si tu veux bien me pardonner et me faire part de tes éclairages, je les attends avidement.

  • Chronique féministe #4

    Extrait d'un manuel catholique d'économie domestique pour les femmes, publié en 1960, incontestablement écrit par des hommes... :féminisme2.jpg

    Vous vous êtes mariée dans Dieu et les hommes.

    Vous devez être à la hauteur de votre mission.

    LE SOIR QUAND IL RENTRE

    Préparez les choses à l'avance afin qu'un délicieux repas l'attende. C'est un façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et que vous vous souciez de ses besoins.

    SOYEZ PRÊTE

    Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d'être détendue. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Sa dure journée a besoin d'être égayée, c'est un de vos devoirs de faire en sorte qu'elle le soit. Votre mari aura le sentiment d'avoir atteint un havre de repos et d'ordre et cela vous rendra également heureuse.

    En définitive, veillez à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle.

    REDUISEZ TOUS LES BRUITS AU MAXIMUM

    Au moment de son arrivée, éliminez tous les bruits de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Encouragez les enfants à être calmes. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire.

    ECOUTEZ-LE

    Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n'est pas le moment opportun. Laissez-le parler d'abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres.

    NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S'IL RENTRE TARD

    Ou sort pour dîner ou pour aller dans d'autres lieux de divertissement sans vous.

    NE L'ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS PLAINTES ET VOS PROBLEMES

    Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou d'aller s'étendre dans la chambre à coucher. Parlez d'une voix douce, apaisante. Ne lui posez pas de questions et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu'il est le maître du foyer et qu'en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté.

    LORSQU'IL A FINI DE SOUPER, DEBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE

    Si votre mari propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et, après une longue journée de labeur, il n'a nul besoin de travail supplémentaire. Encouragez-le à se livrer à ses passe-temps favoris et montrez vous intéressée sans toutefois donner l'impression d'empiéter sur son domaine. Faites en sorte de ne pas l'ennuyer en lui parlant car les centres d'intérêt des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes.

    Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre, préparez-vous à vous mettre au lit promptement.

    ASSUREZ-VOUS D'ÊTRE A VOTRE MEILLEUR AVANTAGE EN ALLANT VOUS COUCHER

    Essayez d'avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil car cela pourrait le choquer de s'endormir sur un tel spectacle.

    EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI

    Il est important de vous rappeler vos voeux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S'il estime qu'il a besoin de dormir immédiatement, qu'il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par ses désirs et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

    SI VOTRE MARI SUGGERE L'ACCOUPLEMENT

    Acceptez alors avec humilité tout en gardant à l'esprit que le plaisir de l'homme est plus important que celui d'une femme. Lorsqu'il atteint l'orgasme, un petit gémissement de votre part l'encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

    SI VOTRE MARI SUGGERE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES

    Montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez un éventuel manque d'enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s'endormira alors rapidement : ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

    VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE REVEIL

    Afin d'être debout peu de temps avant lui, le matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu'il se réveillera.

  • Femmes dans les arts d'Afrique au musée Dapper

    Présentation de l'exposition :

    Figures debout, agenouillées, assises, parfois accompagnées d'un enfant posé sur les genoux, porté sur la hanche ou dans le dos, les femmes sont fortement valorisées dans les arts africains.

    jumeaux.jpgDe la naissance au plus grand âge, en passant par les étapes obligées du mariage et de la mise au monde de nombreux enfants, les femmes occupaient en Afrique - et occupent souvent encore dans les sociétés villageoises - une place très particulière. Celle-ci reflète souvent une ambivalence marquée par une présence affirmée au sein de l'espace privé, celui de la famille, ou un effacement dans la sphère communautaire qui réunit les membres du clan.

    A travers près de cent cinquante oeuvres, dont beaucoup sont exceptionnelles, la nouvelle exposition du musée Dapper met l'accent sur l'étonnante diversité des représentations féminines. Celles-ci, principalement réalisées par des hommes (sculpteurs, forgerons), traduisent la dimension plurielle des conditions et des statuts dévolus aux femmes. Nécessaires et obligatoires, les pratiques culturelles conduites lors des initiations et des cérémonies marquent les moments forts des cycles de vie. Les oeuvres, qui subliment tout particulièrement la grossesse et la maternité, révèlent, tant par l'ornementation que par la gestuelle, le vécu des femmes.essamba.jpg

    De ce lieu de culture au cadre absolument ex-cep-tio-nnel, je retiens particulièrement le somptueux travail à l'argentique de la photographe camerounaise Angèle Etoundi Essamba à laquelle le musée Dapper a offert ses cymaises en ouverture de l'exposition (ci-contre, Les Amazones, Série "Noirs", 2002). Au coeur de la position duelle de la femme africaine et des rites cruels qui jalonnent encore aujourd'hui sa vie (scarification, excision, infibulation), je garde la vision complémentaire et égalitaire qu'en ont les Yorubas du Nigéria.

    Seul petit bémol : de nombreuses régions d'Afrique représentées, un nombre encore plus grand d'ethnies évoquées... Au final, complexité, embrouillamini et mémorisation proche de ground zero. Suggestion : des expositions consacrées à une seule région et ses différentes ethnies ou à une seule ethnie dans ses différentes régions.

    Musée Dapper
    35 bis, rue Paul Valéry - Paris 16
    Tél. : 01 45 00 91 75

    M° Victor Hugo, Charles de Gaulle-Etoile ou Kléber

    Jusqu'au 12 juillet 2009, tous les jours sauf le mardi de 11 h à 19 h.

    www.dapper.com

  • Pub gonflées : les pneumatiques s'y mettent

    Parmi les différents ressorts créatifs visant à élaborer un support publicitaire sachant séduire la cible, nous trouvons la provoc'.

    Tout a commencé en 1981 avec l'afficheur Avenir qui, souhaitant étayer son slogan "Avenir, l'afficheur qui tient ses promesses", avait mis en place une campagne teasing pour le moins inédite à l'époque. Ainsi, le public avait pu découvrir fin août sur les panneaux publicitaires de France et de Navarre, qui avec amusement, qui avec indignation, mais tous avec impatience, la photo de Myriam, jolie jeune femme en bikini sur fond de plage. La jeune femme déclarait "le 2 septembre, j'enlève le haut", sans autre indication. Le 2 septembre, affiche similaire à ceci près que Myriam dévoilait sa poitrine, ayant effectivement ôté le haut de son maillot de bain et déclarait "le 4 septembre, j'enlève le bas". L'effervescence à son comble pendant deux jours interminables, le public avait pu découvrir, comme promis puisque c'était le fond du message, Myriam, nue... mais de dos.

    Depuis, la provoc' a fait du chemin, dans tous les styles. Mais dans le registre osé, nous avons pu observer, il y quelques années, la campagne Télémarket.fr avec ses slogans "marre de se taper des queues", "la queue ça va 5 minutes" et "des queues j'en ai assez vu". Pour les files d'attentes dans les supermarchés, donc.

    Plus récemment, 321auto.com s'est illustré dans les couloirs du métro avec ses accroches "j'astique la mienne tous les matins", "celle de mon mari ne tombe jamais en panne, c'est agréable...", "mon mari en a une trop grosse pour ce qu'on en fait", "j'en ai une petite mais ma femme l'adore", "la mienne démarre difficilement, mais une fois chaude...". Le sujet étant la voiture, n'est-ce pas.

    Aujourd'hui, ce sont les pneus allemands Fulda qui s'illustrent au travers d'une campagne de marketing viral aux vidéos pour le moins décalées. Le but ? Attirer l'attention des automobilistes sur le rapport qualité-prix de ses gammes de pneumatiques en faisant le parallèle entre le plaisir d'avoir fait un achat intelligent - potentiel kilométrique, optimisation de la consommation de carburant, tenue de route, prix ultra compétitifs... - et d'autres plaisirs plus intimes.

     

    Efficace or not ?

    Je trouve personnellement qu'outre une facilité conceptuelle quelque peu réductrice pour le public - et la profession de créa -, ce type de communication n'est guère efficace dans le sens où tout un chacun mémorise les phrases choc mais rarement le nom de l'annonceur. L'on peut également se poser la question de l'exposition des jeunes publics mais en l'occurrence, l'innocence est sauve si tant est que les parents surveillent la navigation internet de leurs rejetons. En définitive, ce type de campagnes coup de poing n'a de véritable efficacité que parce qu'elle permet d'acquérir une visibilité massive à un instant t mais qui doit impérativement être utilisée pour une campagne plus sérieuse qui ancrera durablement le nom de la marque dans l'esprit des consommateurs.

    Be provocative ! But intelligently...

    Article sponsorisé

  • La valse lente des tortues de Katherine Pancol

    Editions Albin Michel - 673 pagestortues.jpg

    Quatrième de couv' : Ce livre est une bourrasque de vie... Un baiser brûlant du seul qu'on ne doit pas embrasser. Deux bras qui enlacent ou qui tuent. Un homme inquiétant, mais si charmant. Une femme qui tremble et qui espère ardemment... Un homme qui ment si savamment. Une femme qui croit mener la danse, mais passe son tour. Des adolescents plus avertis que les grands... Un homme qui joue les revenants. Un père, là-haut dans les étoiles, qui murmure à l'oreille de sa fille... Un chien si laid qu'on s'écarte sur son passage. Des personnages qui avancent obstinément comme des petites tortues entêtées qui apprendraient à danser lentement, lentement dans un monde trop rapide, trop violent...

    Suite de Les yeux jaunes des crocodiles, ce roman peut néanmoins être lu indépendamment du premier tome. Comme pour toute oeuvre reposant sur ce concept - à l'instar de la tribu Malaussène de Pennac -, je ne saurais trop conseiller de s'en tenir à l'ordre de la série. Non seulement pour éviter les inévitables "pertes" malgré l'indépendance des opus mais du surcroît parce qu'en la matière, le numéro deux de Katherine Pancol pâtit quelque peu du syndrôme de la suite. En conclusion, soit on lit tout dans l'ordre et on ne rate rien, soit on se contente d'un seul volet mais de préférence le premier. A noter l'incroyable faculté de l'auteur à coller à la réalité, à pousser l'identification du lecteur jusqu'à son paroxysme grâce à un style hyper-réaliste extrêmement fluide.

    Extraits :

    Et qu'est-ce qu'on fait quand l'amour creuse un trou dans le coeur, un trou tellement gros qu'on dirait un trou d'obus, tellement énorme qu'on pourrait voir le ciel à travers ? se demandait Joséphine en allant retrouver Luca. Qui pourra me dire ce qu'il ressent pour moi ? Je n'ose pas lui dire "je vous aime", j'ai peur que ce ne soit un trop grand mot. Je sais bien que dans mes "je vous aime", il y a un "m'aimez-vous ?", que je n'ose pas prononcer de peur qu'il ne s'éloigne les mains dans les poches de son duffle-coat. Une femme amoureuse est-elle forcément une femme inquiète, douloureuse ?

    ...

    L'émotion était un luxe qu'elle ne pouvait s'offrir. A chaque fois qu'elle était sur le point de succomber, elle bloquait tout. Clic, clac, elle fermait les écoutilles. Et ainsi, elle continuait à être de bon conseil pour elle-même. Elle restait sa meilleure amie. C'est le problème avec les émotions, elles vous torpillent. Vous éparpillent en mille morceaux. Vous tombez amoureuse et, tout à coup vous vous trouvez trop grosse, trop maigre, trop petits seins, trop gros seins, trop grosse, trop maigre, trop petits seins, trop gros seins, trops basse sur pattes, trop haute sur pattes, trop grand nez, trop petite bouche, dents jaunes, cheveux gras, stupide, ricanante, collante, ignare, moulin à paroles, muette. Vous n'êtes plus votre meilleure amie.

    ...

    - Plus ça va, moins je les comprends...

    - Tu parles à la femme ou à la mère ? demanda Shirley.

    - Les femmes sont si... pragmatiques ! Vous pensez aux détails, vous avancez mues par une logique implacable, vous or-ga-ni-sez votre vie ! Pourquoi est-ce que je ne rencontre que des filles qui savent exactement où elles veulent aller, ce qu'elles veulent faire, comment elles vont le faire... Faire, faire, faire ! Elles n'ont que ce mot à la bouche !

    - Peut-être parce qu'on est dans la matière tout le temps. On pétrit, on lave, on repasse, on coud, on cuisine, on récure ou on se défend contre les mains baladeuses des hommes ! On ne rêve pas, on fait !

    - Nous aussi, on fait...

    - Pas pareil ! A quatorze ans, on a nos règles et on n'a pas le choix. On "fait" avec. A dix-huit, on comprend très vite qu'il va falloir se battre deux fois plus qu'un homme, faire deux fois plus de choses si on veut exister. Ensuite, on "fait" des bébés, on les porte pendant neuf mois, ils nous donnent le mal de mer, des coups de pieds, ils nous déchirent en arrivant au monde, encore des détails pratiques ! Puis, il faut les laver, les nourrir, les habiller, les peser, leur beurrer les fessiers. On "fait" sans se poser de questions et on "fait" le reste en plus. Les heures de travail et la danse du ventre pour l'Homme, le soir. On est sans arrêt en train de "faire", rares sont les filles qui vivent dans les étoiles, le nez en l'air. Vous, vous faites une seule chose : vous faites l'homme ! Le mode d'emploi est inscrit depuis des siècles dans vos gènes, vous le faites sans effort. Nous, il faut nous battre tout le temps... on finit par devenir pragmatique, comme tu dis !

    - Je voudrais rencontrer une fille qui ne sache pas "faire", qui n'ait pas de plan de carrière, qui ne sache pas compter, pas conduire, même pas prendre le métro. Une fille qui vive dans les livres en buvant des litres de thé, en caressant son vieux chat enroulé sur son ventre !

    ...

    Il referma Le Monde et sortit de sa poche le roman de Romain Gary. Il l'ouvrit au hasard et lut cette phrase : "Aimer est la seule richesse qui croît avec la prodigalité. Plus on en donne et plus il vous en reste."