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  • L'habit tendance pas made in France

    D'aucuns diront sans doute que la titraille pléonastique n'est qu'un camouflet à l'esprit modeur supérieur qui sait, bien que préférant faire mine de ne pas savoir rapport à ce qu'on connaît ou pire ce qu'on ignore, que tout ce qu'il porte est Made in China. Mais la polémique étant comme la vérité - ailleurs -, nous ne nous arrêterons pas sur les contingences subalternes de la création modesque pour ne parler que du résultat final, si ce n'est made in du moins think in : la sape, italienne de surcoît.

    Pourquoi cette précision ? Tout simplement parce que l'Italie est à la mode ce que les Etats-Unis sont à l'illégitimité : une référence. Et que le marketing, pour vendre, doit s'appuyer sur des références. Rappelez-vous cette époque où les VRP qui avaient tout le matériel dans la R16 stickerisaient leur véhicule de fonction à l'aide de phrases d'appel du chaland du genre "Articles de Paris". Maintenant, c'est ringard, certes. Mais question fringues, associer Milan au vêtement, ça n'a rien de dépassé. Tape à l'oeil, tout au plus.

    La sape italienne, donc.

    La magie de notre génération résidant dans le fait que désormais, point n'est besoin de faire le tour du monde en quatre-vingts jours comme ce bon vieux Philéas pour réassortir sa garde-robe, ma mission est de vous indiquer, dans ce fog qu'est la Toile, quel site visiter pour faire vos achats. Vos soldes, pour être tout à fait à propos. Ce en quoi je m'exécute dès à présent.

    Italboutique est un magasin en ligne, regroupant différentes marques italiennes tendances, s'adressant à l'homme, à la femme et à l'enfant. De la fringue mode au sportwear en passant par la lingerie, il y en a pour tous les goûts. Les demoiselles se feront un plaisir de s'offrir de la lingerie à tout petit prix de la marque Lormar pendant que ces messieurs qui se plaignent sans arrêt d'avoir moins de choix que le sexe opposé en matière vestimentaire pourront s'en donner à coeur joie grâce à la marque Blackjack qui ne lance pas moins de six collections par an. Pour ma part, je choisirai ce petit débardeur de la marque Arancia Meccanica qui sera parfait pour l'été... s'il veut bien montrer enfin plus que le bout de son nez.

  • Le combat ordinaire de Manu Larcenet

    Editions Dargaud

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    Décidément, Manu Larcenet n'a pas son pareil pour faire de l'autobiographie romancée à peine dissimulée. En parallèle de la fantastique série Le retour à la terre, où il aborde ses problèmes existentiels de manière légère et drôle, l'on retrouve dans la série Le combat ordinaire, comme le fait John Irving dans son oeuvre, des sujets récurrents ; en l'occurrence des angoisses comme la peur de l'engagement ou la panique de devenir père. Mais cette fois-ci, Larcenet nous dresse un auto-portrait plus vrai parce que plus profond. La tonalité grave, perfectionnée au fil des albums, érige un quasi nouveau genre : la philosophie illustrée alliant la Dessin à la Pensée. Parfois, la bande dessinée comble ses lacunes rédactionnelles par de magnifiques illustrations. Ici, il n'en est rien. Le texte est aussi riche que le trait, le style est transcendé et c'est ce qui en fait une grande oeuvre.

  • Ordinateur mon ami de Lewis Trondheim

    ordinateur mon ami.jpgEditions Dargaud - 48 pages

    Quatrième de couv' : Quand il y a plus de vingt ans, nous jouions avec fièvre au premier ping pong électronique, pensions-nous une seconde que nous serions ridicule aux yeux de la nouvelle génération, pitoyables pour la génération suivante et misérables pour celle d'après ? Mais la fierté d'avoir été les premiers Homo Electronicus ne nous sera jamais enlevée. Pionniers nous fûmes, et pionniers nous resterons. Nous avons su où se dessinait l'Avenir. Une humanité où tous les hommes regardent enfin dans la même direction, celle de leur écran d'ordinateur.

    Sans être follement drôle, ce tome 2 des Formidables aventures sans Lapinot force le sourire. L'accumulation de vécus, communs à tout utilisateur d'ordinateur, pousse immanquablement à l'identification et crée presque - je dis bien presque - la nostalgie de l'ère d'avant le Web 2.0 dont nous sommes les précurseurs, que les plus vieux ne pénétrent définitivement pas et que les plus jeunes ne peuvent concevoir.

  • Désoeuvré de Lewis Trondheim

    Editions L'Association, coll. éprouvette - 77 pages désoeuvré.jpg

    Entre autres achats bédéesques compulsifs, j'ai enrichi ma collection de Trondheim de deux tomes de la série Carnet de Bord. Je pourrais aborder une fois de plus, comme en témoigne ma catégorie Bande dessinée, le génie de l'auteur et patati et patata. Mais aujourd'hui est un jour nouveau dans l'ère de ma fan-attitude trondheimesque ou ma trondheimite aiguë, au choix. Oui, l'auteur de génie, incontestablement vénéré au fil des lecture a commis LE faux pas dans mon esprit on ne peut plus objectif de lectrice détenant la vérité absolue de la critique.

    A la lecture de Désoeuvré, ma déception a été grande, mais finalement, je suis contente. Contente de prouver à mon lectorat que non, je ne suis pas rémunérée par l'auteur pour dithyrambie propagandiste. Et heureuse de constater que non, vraiment non, la perfection n'existe pas, nul n'est infaillible, je peux déculpabiliser.

    Désoeuvré donc est une nouvelle crise d'angoisse du névrosé number one de la littérature illustrée - car oui, une fois pour toute la BD, de qualité j'entends, EST de la littérature. Ici, L.T. s'interroge sur le bien vieillir, ou plutôt son contraire, des auteurs de bande dessinée. Sa réflexion, véritable étude sociologique de niche, analyse au cas par cas pour établir l'inéluctable statistique qui nourrira son anxiété. Sauf que, véridique ou pas, la recherche bédéifiée est une accumulation de sucre cassé sur le dos des membres de la corporation. Bref, ça balance grave et personnellement, je trouve ça de moyen bon goût.

    Pour faire un parallèle, je dirais que Désoeuvré est à la BD ce que 99 Francs est au roman : une in-joke qui n'aurait pas du sortir du milieu autorisé.

  • Bonne à tout faire de Saira Rao

    bonne à tout faire.jpgEditions First - 350 pages

    Quatrième de couv' : Attention : risque de fous rires incontrôlables ! Sheila Raj est jeune, brillante et d'origine indienne. Un vrai modèle d'intégration : fraîchement diplômé de Columbia, elle rêve de travailler pour la ligue américaine des droits de l'Homme. Elle a même décroché le passeport pour les sommets : un stage auprès de l'Honorable Helga Friedman, juge fédéral de renom. Seulement, la fac de droit ne l'avait pas préparée à ce qu'elle va découvrir... Une psychopathe d'un mètre quarante - chignon inclus - assoifée de pouvoir, qui décrète d'emblée qu'elle est pakistanaise et la rebaptise Sheba ; des collègues dépressifs et paranoïaques ; sans parler des secrétaires de son Honneur - Roy qui se prend pour la réincarnation d'un barde médiéval et Janet la Bigote. Une équipe de choc ! Heureusement que Sheila peut souffler pendant ses dix minutes de pause-déjeuner, cloîtrée dans les toilettes, entre deux dossiers à synthétiser en urgence. Charmante perspective que celle de passer une année entière à jouer la bonne à tout faire pour Friedman ! Et ce n'est pas que sa santé mentale, mais bien son existence toute entière qui risque d'en être chamboulée...

    Comme je l'avais expliqué précédemment, le site Babelio organise régulièrement l'opération Masse critique* consistant à mettre gratuitement à disposition de lecteurs disposant de sites web personnels les titres de divers éditeurs en échange d'une critique dans le mois suivant l'envoi. Je suis venu, j'ai lu et moins déçue que prévu je me lance.

    Arrivée un peu tard dans l'opération ci-dessus mentionnée, l'inscription pour les titres qui m'auraient davantage enthousiasmée était déjà close. Je me suis de fait rabattue sur les oeuvres restantes et parmi celles-ci, ma candidature a été sélectionnée pour Bonne à tout faire de Saira Rao. Je dois bien avouer que je suis partie bourrée d'a priori. La chick-litt* et moi, c'est pas tout à fait ça. Voilà, le terme est lancé, ici se résume l'essentiel de ma critique. Il s'agit bien d'un roman chick-litt. D'office donc, le lectorat masculin est éliminé. Mais de toute façon, existe-t-il vraiment ? (mouahahah) Cela dit il faut bien reconnaître qu'en matière de littérature "Bridget Jones" (ouais c'est pour éviter de répéter chick-litt à tout bout de champ), quand on a lu un roman de la catégorie, on les a à peu de chose près tous lus. Mais, si l'on est fan du genre ou pas complétement allergique et n'en ayant pas lu depuis longtemps, je dois bien concéder que Bonne à tout faire se lit facilement, le style n'est pas désagréable et l'histoire, si elle n'est pas captivante, n'en est pas pour autant rebutante. Certes, je n'irais pas jusqu'à cautionner la quatrième de couv' et son particulièrement emphatique "fous rires incontrôlables", mais passons. En résumé, je dirais que ce titre est relativement idéal pour la saison ; le bord de plage se prêtant plus facilement aux lectures légères.

    Petit point négatif qui n'aura peut-être pas hérissé le seul poil de la correctrice obsessionnelle que je suis : un nombre de coquilles saute-aux-yeux particulièrement important. Editions First, je suis sans emploi, à bon entendeur...