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  • Echo #1

    Quand de candides rimes intitulées Les Chipies se transforment en véritable poésie.2000972002.jpg

    Les Chipies

    Les chipies ont du rire au fond des yeux

    Mais des peines emplissent leurs poches

    Décevez-les, elles ne vous en feront pas reproche,

    Tout simplement : vous n'exitez plus...

    D'un éclat de rire, elles vous balayent

    Un sanglot vous enterre et leurs larmes sèchent au soleil ;

    Au mieux, vous n'êtes que grimace passagère sur leurs lèvres vermeilles

    A demi-mots, demi-vie... Un jour non, un jour oui, tant mieux, tant pis

    Les chipies sont femmes bien au-delà de la folie...

    Sourire carnassier sur coeur brisé.

    Elles cheminent ; yeux fermés, gorge offerte, au gré de leur Passion.

    Sans tricherie ou compromis elles reprisent savamment leurs rêves usés,

    Puis, elle revêtent ces hardes oniriques avec ostention.

    Vous les voulez posséder ? Vous perdez l'esprit !

    Les assagir ? Vous deviendrez fous !

    Que dites-vous ?

    Intransigeantes ? Pleines de mépris ?

    Les avez-vous seulement écoutées ?

    Avec votre coeur regardées ?

    Au lieu d'une corde, messieurs, munissez-vous d'une clef.

    Car à celui qui les saura aimer,

    Les chipies promettent une chose :

    "Luxe, calme et volupté".

    Sista Claire Alliguié 

  • More respect pour les Anciens

    2030075201.jpg Après avoir approché au plus près Zion grâce à l'envoûtante musique du charismatique Max Romeo* le 2 février dernier à l'Elysée Montmartre, le phénomène de quasi transe musicale s'est reproduit il y a peu. Les notes orgasmiques auraient pu être jouées un jour comme un autre. Mais non. Elles le furent le jour de mon anniversaire (9 avril), tout simplement. Ce magnifique et eurythmique présent en ce jour très particulier pour moi, je le dois aux Congos et aux légendaires Israel Vibration.

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    Quatre heures de show assuré par des sexagénaires, de surcroît juchés sur des béquilles pour les Israel touchés par la poliomyélite dans leur enfance, quand les petits trentenaires plafonnents à soixante/quatre-vingt dix minutes de prestation, c'est ce que j'appelle les grandes leçons des Anciens.

    D'ailleurs, le public ne s'y trompe guère. Survolté comme jamais, l'hommage a été pleinement rendu.

  • Sanctuaire de William Faulkner

    Editions Gallimard - 376 pages889251527.jpg

    Quatrième de couv' : Temple ne vit pas, n'entendit pas s'ouvrir la porte de sa chambre. Au bout d'un instant, elle tourna par hasard les yeux de ce côté et y aperçut Popeye, son chapeau sur le coin de la figure. Sans bruit, il entre, ferma la porte, poussa le verrou, se dirigea vers elle. Tout doucement, elle se renfonça dans le lit, remontant jusqu'au menton les couvertures, et resta ainsi, anxieusement attentive aux gestes de Popeye. Il s'approcha, la regarda. Elle sentit son corps se contracter insensiblement, se dérober dans un isolement aussi absolu que si elle eût été attachée sur le clocher d'une église. Elle sourit à Popeye d'un pauvre sourire humble et gauche, découvrant l'émail de ses dents.

    Seconde lecture de Faulkner après Le bruit et la fureur. Il s'agit définitivement d'un auteur complexe à la plume hermétique. Mais pas au sens rédhibitoire du terme, la preuve, j'y reviens. Le plus fascinant est cette aisance de l'écrivain à jongler avec les points de vue de ses protagonistes, à perdre sciemment son lecteur dans une situation insaisissable pour toujours mieux l'éclairer par la suite. Titiller l'intuition et la patience du lectorat, voilà le secret de Faulkner. Le second étant de pouvoir évoquer avec autant de simplicité et de pudeur l'abjection humaine, comme s'il s'était fait une raison sur l'aptitude de l'Homme à l'horreur.

    Le fait est qu'il est extrêmement difficile de parler d'un style si mystérieux. On ne peut que le lire, y adhérer ou le bannir. Une chose est sûre, la noirceur de l'homme, son acceptation résignée et surtout dépourvue de jugement était au centre des préoccupations de l'écrivain.

    Extraits :

    Un monde inégal, puissant, sauvagement personnel, non sans vulgarité parfois. Monde où l'homme n'existe qu'écrasé. Il n'y a pas d'"homme" de Faulkner, ni de valeurs, ni même de psychologie, malgré les monologues intérieurs de ses premiers livres. Mais il y a un Destin dressé, unique, derrière tous ces êtres différents et semblables, comme la mort derrière une salle des incurables. Une obsession intense broie en les heurtant ses personnages, sans qu'aucun d'eux l'apaise ; elle reste derrière eux, toujours la même, et les appelle au lieu d'être appelée par eux.

    Préface d'André Malraux

    ...

    Mais il savait bien que tout cela n'était que des mots. Et il se rendait compte qu'elle s'en doutait aussi, grâce à cet irrésistible penchant qui porte les femmes à suspecter tous les actes d'autrui - penchant qui paraît n'être qu'affinité avec le mal, mais qui est, en réalité, une forme pratique de la sagesse.

  • Chronique de l'effort #19

    Ou ma vie de rédactrice en quête d'épanouissement professionnel (de chômeuse quoi).

    Quand tu deviens ce qu'on appelle un demandeur d'emploi, véritable impropriété pour certains, tu dois, ô joie, te coltiner pléthore de démarches administratives. Narration de mes premiers pas dans la quatrième dimension* ou l'expérience interdite*.

    Les Assédic

    Dans la salle d'attente coexiste une dizaine de personnes dont les trois quarts sont de couleurs ou âgées de plus de quarante-cinq ans voire les deux. La France, un pays de discrimination ? Non, je ne vois pas...

    La dame de l'accueil s'adresse à moi de manière courtoise, le volume de sa voix est quasi intimiste. Cette même dame de l'accueil s'adresse aux personnes de couleur de manière infantilisante, la tonalité de sa voix s'est adaptée pour faire profiter l'assemblée du spectacle de son pouvoir d'humiliation sur des HUMAINS, mâdâme, des EGAUX, médéme... Mais elle ne semble manifestement pas les considèrer comme tels. Salope.

    La personne en charge de mon dossier fouille tant et si bien dans le monceau de paperasse qui m'a été demandé qu'elle finit par trouver le détail qui met mon dossier en suspens, le temps que je trouve l'aiguille dans la botte de foin. Malgré mon Bac + 3 et mon maniement du verbe suffisamment aguerri pour m'être spécialisée dans le rédactionnel, je dois fournir des efforts exceptionnels pour comprendre ce que me raconte la bureaucrate en charge de mon dossier. Quand je retraduis ce qu'elle me dit et lui demande si c'est bien ça, je ne sais même pas si elle me dit oui ou non. Un obscurantisme que j'explique de deux façons : faire traîner les choses pour raquer le plus tard possible - j'ai d'ailleurs eu droit à mon petit sermon culpabilisant - et asseoir toujours plus son pouvoir d'humiliation face aux personnes en général et celles qui ne manient pas parfaitement la langue française en particulier.

    L'ANPE

    La conseillère me prévient d'office que dans ma branche d'activité, c'est bouché. Probablement l'excuse donnée à tous les membres de tous les corps de métiers pour justifier le fait que l'Agence ne soit à l'origine que d'un très faible pour ne pas dire infinitésimal pourcentage de retour à l'emploi.

    Je lui explique ce que je recherche, en l'occurrence un emploi de rédacteur. Elle me dit que c'est impossible puisqu'il est nécessaire d'avoir une carte de presse. Je lui dit que non. Elle maintient que oui. Bilan : je suis inscrite comme aspirante chargée de communication spécialisée en événementiel (!). Une chose est sûre, ils n'augmenteront pas leurs statistiques avec moi.

    Elle me demande ensuite si je suis au point sur la recherche d'emploi. Je lui dis que, bon, hein, je sors d'une agence spécialisée en RH. Grossière erreur Charlotte ! Et de me taper mon deuxième sermon en moins de deux heures sur la façon dont sont chaussés les cordonniers.

    Elle me met enfin en garde sur les très prochaines réformes et que j'ai plutôt intérêt à me bouger les fesses parce que bientôt, niark niark, au bout de deux offres refusées, je serai radiée. Je dois avoir l'air d'un parasite. Ca me fait penser à ma cousine, dans la même situation que moi, de gros problèmes de santé en plus, notamment une incapacité à rester en station debout de manière prolongée. A la base, elle a un profil de Directrice Marketing... La seule offre reçue de l'ANPE : démonstratrice charcuterie en grande surface. No comment.

    Quand je rentre chez moi et feuillette le dossier, je vois que la conseillère a indiqué sur mon profil que je disposais d'un véhicule. Si elle m'avait posé la question, elle aurait su que non. Mais c'est de ma faute, j'ai indiqué "titulaire du Permis B" sur mon CV.

    La CAF

    Quand j'ai téléphoné pour préciser civiquement que le lien pour télécharger le dossier sur internet ne fonctionnait pas, l'opératrice a commencé à être sur la défensive. Je lui ai demandé poliment de me l'envoyer par internet. Elle m'a dit que c'était impossible. Je lui ai dit qu'il suffisait de me joindre le PDF. Ne sachant manifestement pas de quoi je parlais, elle a commencé à s'énerver en disant que ce serait par courrier et rien d'autre parce que c'est bon, ils sont pas là pour assister les gens. Ah. De manière un peu suffisante, je lui ai dit bon ok, qu'elle me le balance par courrier. Elle m'a raccroché au nez. J'ai rappelé, j'ai demandé une responsable pour lui préciser que primo, ses employés étaient hystériques et que segundo, je pouvais même pas la balancer puisque le processus est tellement bien élaboré que les téléopérateurs ne se présentent pas. Quand j'ai raccroché, j'ai regretté de ne pas avoir pensé à dire que ce serait accessoirement pas mal de leur payer une formation pour qu'ils découvrent ce qu'est un PeuDeuFeu et arrêtent de gaspiller du papier et les deniers publics en timbres inutiles.

    Pour ces trois organismes, les démarches peuvent être faites par internet ou par téléphone. Comme leurs sites respectifs ne fonctionnent jamais, il faut se rabattre sur l'option téléphonique, naturellement surtaxée. Logique puisque ces services s'adressent à des gents blindés de maille !

    Non, y'a pas à dire, le social est une vocation. La question est : est-ce que les professionnels de ce secteur deviennent cons par usure ou est-ce par sadisme, par déspotisme gagne-petit qu'ils s'orientent vers de telles carrières ?

    PS : toutes mes excuses aux trop rares dévoués consciencieux du secteur. 

  • Bravo M. Leclerc

    Loin de moi l'idée de faire l'apologie des distributeurs qui sont à l'origine des plus fortes augmentations de prix en cette période où notre pouvoir1275321041.jpg d'achat se réduit chaque jour davantage. Mais, quitte à subir une avalanche d'insultes de la part des pharmaciens et autres lobbistes assimilés, je tenais à saluer l'initiative publicitaire de Michel-Edouard Leclerc* concernant la vente des médicaments non remboursés.

    Naturellement, la corporation est montée sur ses grands chevaux. Mais en tant que consommatrice, je trouve ce premier pas particulièrement pertinent. Ne nous rebat-on pas sempiternellement les oreilles s'agissant du déficit de notre future feue Sécurité Sociale ? Or, si le pharmacien étaient à l'origine un expert en potions qu'il préparait minutieusement à la commande à l'aide de son mortier et de son pilon, il n'est aujourd'hui qu'un commerçant s'octroyant une marge considérable sur le prix de base d'un produit qu'il se contente de sortir d'un tiroir. Une marge telle - largement responsable du déficit - qu'il peut se permettre de racheter, sans apport, une officine à 3,2 millions d'euros et de la rembourser en seulement 12 ans ! Si les médicaments étaient en dépôt chez les médecins et vendus à prix coûtant, non seulement l'économie serait substancielle mais, de surcroît, la limitation de stockage du professionnel le conduirait à ne disposer que des médicaments essentiels et donc de réduire le problème de la prescription à outrance.

    Une vision certes utopique puisqu'à n'en pas douter les laboratoires feraient exploser les prix de base mais qui ouvre la voix à une nécessaire réflexion.