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Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, troisième sélection

Après une première et une deuxième sélection des premiers romans à paraître en cette rentrée littéraire 2013 consultable en un clin d'oeil, voici le troisième volet de présentation des 86 plumes jamais lues qui deviendront, peut-être et c'est bien tout le mal qu'on leur souhaite, les best seller de demain...

Aux Éditions de la Martinière :

Pour Invalides, changer à Opéra de Stéphane Ronchewski, à paraître le 22 août : Un contrôleur de la RATP encore en formation qui se réjouit d’avoir des collègues et même un chef d’équipe. Un drôle de type qui a envie de manger des huîtres dès 8 heures du matin et pour qui aucun couloir de métro ne ressemble à un autre. Gras et heureux, nous dit-il aux premières lignes du roman. La bouffe et la baise comme leitmotiv. Rêver à tout ce qui pourrait le remplir enfin. Il y a aussi la peinture, le cinéma, la littérature russe. Les choses se compliquent. Qu’est-il donc venu faire là ? Quelle place cherche-t-il à y valider ? Intermittent du spectacle gagnant sa vie confortablement, c’est Pôle emploi qui lui a suggéré cette formation. Il a saisi cette occasion d’oeuvrer six pieds sous terre dans un costume vert (ce qui est un comble pour un comédien) tout en divisant ses revenus par quatre. "Je m’offrais le luxe inouï de changer de vie. Je changeais absolument de conversation, d’esthétique, de femmes, de costume, de peau. Je m’aérais la tête beaucoup plus sûrement que si j’avais été dans les Alpes. Je changeais de caste, je quittais le monde". Pour Invalides, changer à Opéra est un premier roman plein de sincérité, de générosité et d'humour. La voix de son narrateur allie fantaisie et gravité pour nous dire l’intersection des mondes et la difficulté à trouver sa place.

Aux Éditions Stock :

Palladium de Boris Razon, à paraître le 21 août : « Tu sais, je n’arrive pas à comprendre où et quand commençait la réalité, ce sarcophage où je suis enfermé, les résultats médicaux, le rien de ma vie. Et cet autre monde, ces autres mondes où je vivais. J’étais plongé dans des nuits multiples, comme des labyrinthes d’où je devais m’extraire. Je devais trouver la sortie. Je la savais en moi, quelque part. »

Aux Éditions Belfond :

Chambre 2 de Julie Bonnie, à paraître le 14 août : La naissance : le plus beau moment de la vie et pourtant... Lorsqu'elle ouvre les chambres de la maternité où elle travaille comme puéricultrice, Béatrice doute de l'existence qu'elle a choisie. Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes. Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d'autres encore, compagnons d'une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale.  Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l'hôpital. Un hommage poignant au corps des femmes, et un regard impitoyable sur ce qu'on lui impose.

 Aux Éditions Fayard :

Aime la guerre ! de Paulina Dalmayer, à paraître le 2 septembre : En 2010, guidée par Kessel et Bouvier, Hanna s’envole vers l'Afghanistan. Kaboul offre mille sujets : corruption et désert institutionnel, trafic, bavures des armées régulières et coups tordus confiés à des sociétés privées. Mais enquêter implique de côtoyer aussi les aventuriers qu’un autre genre d’ambition attire vers les régions du monde sous tension. Or Hanna aime les hommes aux manches retroussées. Qu’ils aient un revolver dans la poche et dorment sur un matelas rempli de billets ne la dérange pas. À compter de sa rencontre avec Robert, ancien mercenaire, et Bastien, ancien agent de renseignement, le séjour d’Hanna prend une autre tournure. Les deux hommes n’entravent en rien son goût extrême pour la vérité, son plaisir diabolique à relever les contradictions. Au contraire, il suffit d’entrer dans leur sillage pour tout voir, tout comprendre, même à leur insu. Mais près d’eux Hanna découvre que son penchant pour les hommes odieux et formidables cache une fascination pour le mode de vie qu’impose un pays en guerre. Quand les pires moments sont aussi les meilleurs. Quand on a l’impression de danser sur un volcan. Alors ne faudra-t-il pas qu’elle s’en détache ? Que l’intelligence l’emporte sur l’instinct ? Ce qu’ils vivent est homérique. Mais elle est la seule à en avoir pleinement conscience et à pouvoir le raconter. Si la passion pour la guerre ne cesse jamais de troubler la narratrice, au moins lui permet-elle d’en révéler toutes les facettes. La guerre et ceux qui la font, l’orchestrent ou en meurent, la guerre dont Paulina Dalmayer décrit l’énergie archaïque avec le raffinement intellectuel de la Mitteleuropa.

Lamb de Bonnie Nadzam, à paraître le 4 septembre : Dans la banlieue de Chicago, là où les impasses résidentielles s’achèvent sur le mur qui protège l’autoroute, Tommie, onze ans, des dizaines de taches de rousseur et une mère qui ne la surveille pas, rencontre Lamb, la cinquantaine et qui traverse une mauvaise passe. On ne saurait parler d’amitié entre deux êtres séparés par une telle différence d’âge. D’emblée Lamb endosse le rôle d’une sorte de jeune grand-père, ou de vieil oncle, un peu pontifiant, un peu donneur de leçons. Mais, des leçons, la fillette n’en a sans doute pas reçu assez, et elle écoute Lamb avec plaisir lorsqu’ils se donnent rendez-vous après l’école pour manger un hot-dog. C’est lui qui suggère qu’ils quittent la ville tous les deux. Il a un chalet dans la montagne, loin, au-delà des grandes plaines du Midwest, où ils pourront vivre au grand air. Elle le soupçonne parfois d’affabuler, pourtant un beau jour ils partent bel et bien. Elle n’a rien dit à ses parents mais ce n’est pas grave. Ce sera leur secret à tous les deux. Ils ne devaient passer que quelques jours ensemble, ils resteront au chalet plusieurs semaines. Parfois Tommie doit se cacher dans l’atelier, afin que les rares visiteurs qui troublent leur retraite n’aillent surtout pas se faire des idées. Et, seule, dans le froid, elle tente de se persuader que Lamb, en toutes circonstances, n’agit que pour son bien.

Aux Éditions du Seuil :

Le Produit de Kevin Orr, à paraître le 22 août : Le narrateur, âgé d’une trentaine d’années, vit à Paris. Son obsession, c’est le Produit. Il s’efforce de ne pas y songer, mais sans cesse revient en lui la sensation de manque. Il faudrait pouvoir penser à autre chose. Changer d’air. Départ pour New York, chez un couple d’amis qui font office de parents adoptifs depuis l’enfance. Ils sont un peu effrayés de le trouver dans cet état, ils le connaissent pourtant depuis longtemps. Quelques jours à la campagne, au bord de l’Hudson, puis retour à New York, puis Paris de nouveau. Comment se délivrer de ce satané Produit ? Le livre est le journal de bord de cette souffrance créée par le manque, peu à peu compensée par l’écriture. Notamment celle de morceaux romanesques où l’on échappe miraculeusement mais provisoirement à l’obsession du Produit. La littérature prend alors une dimension cathartique, elle seule semble à même de sauver l’auteur, dans une langue nerveuse, irritée, violente, presque syncopée.

Idiopathie. Un roman d'amour, de narcissisme et de vaches en souffrances, à paraître le 22 août : Idiopathie idjopati n. f. : Maladie ou état qui apparaît spontanément ou dont la cause est inconnue. Qui va mal dans le roman de Sam Byers ? Tout le monde, à commencer par Katherine, qui n’aime rien ni personne, et surtout pas elle-même. La trentaine, coincée dans un job minable, enchainant les déceptions amoureuses, elle se demande s’il n’est pas temps de tirer un trait sur le bonheur en général. Ou bien Daniel, son ex, qui vit confortablement avec sa nouvelle petite amie et occupe un poste important dans une unité de recherche biologique. La vie en rose, peut-être, mais sous la perfection des apparences, quelque chose cloche sérieusement. Ou encore Nathan, qui fut leur ami et qui se remet d’un séjour en hôpital psychiatrique, épisode douloureux dont sa mère s’est emparée sans scrupule pour écrire un témoignage en passe de devenir un best seller. Idiopathie est une comédie cinglante qui dresse le portrait d’une génération – les trentenaires des années 2000 – et d’une société à la dérive. Styliste hors pair et maître dans l’art de l’autodérision, Sam Byers dissèque les failles d’une époque qui se laisse aller à la mélancolie, même si ce n’était guère mieux avant.

Aux Éditions Buchet/Chastel :

La fabrique du monde de Sophie Van Der Linden, à paraître le 22 août : Et je me vois là, dans tout ça. Une petite chinoise de dix-sept ans, une paysanne, partie à l'usine parce que son grand frère entrait à l'université. Quantité des plus négligeables, petite abeille laborieuse prise au piège de sa ruche. Enfermée là pour une éternité. Aujourd'hui en Chine. Mei, jeune ouvrière de dix-sept ans vit, dort et travaille dans son usine. Elle rêve aussi. Confrontant un souffle romantique à l'âpre réalité, La Fabrique du monde est une plongée intime dans un esprit qui s'éveille à l'amour, à la vie et s'autorise, non sans dommage, une perception de son individualité.

Aux Éditions Kero :

Ta gueule ! On tourne de Jade-Rose Parker, à paraître le 29 août : Un premier roman alerte et drôle qui brosse un portrait hilarant, tendre et gentiment moqueur du monde du cinéma. Michel, Karen et François sont trois amis en constat d'échec. Michel rêve de devenir réalisateur mais son scénario est refusé pour la énième fois. Karen, séduisante jeune femme, enchaîne castings et projets minables tandis qu'elle aspire à une carrière d'actrice hollywoodienne. Quant à François, ses montages financiers frauduleux l'ont mené à la faillite, sa femme l'a quitté, et il s'apprête à se pendre dans son appartement bourgeois dont les meubles ont été saisis. Ces trois-là n'ont plus rien à perdre et c'est forts de ce capital qu'ils s'associent dans une entreprise insensée : kidnapper les six plus grandes stars du cinéma pour les obliger à jouer dans le film de Michel, dont Karen sera la vedette et François, le producteur. Un plan en béton. Mais tout ne se passera pas comme ils l'avaient prévu : entre revendication syndicale, caprice de star, manipulation, séduction et rivalité, le tournage tourne au cauchemar !

Aux Éditions Calmann-Lévy :

As-tu jamais rêvé que tu volais ? d'Austin Ratner, à paraître le 21 août : Autriche, 1928. Un jeune homme de vingt-deux ans est injustement accusé du meurtre de son père. Il est la proie d’un système judiciaire gangrené par la corruption et la montée inexorable du nazisme. Albert Einstein et Thomas Mann se portent garants de sa personne. Sigmund Freud est appelé à la barre. La parodie de procès qui s’ensuit va ébranler l’Europe. Bouffée d’espoir et d’onirisme dans un monde hostile et destructeur, ces mots sont ceux qu’adresse depuis sa geôle le jeune Philippe à sa fiancée alors que l’envie de mettre fin à ses jours le taraude. Plongé dans les ténèbres de l’iniquité, de la culpabilité et de la haine de soi, il échappe à la mort grâce à une mobilisation internationale. La vie rejaillit alors plus puissante que jamais, et Philippe s’y accroche, déterminé à s’élancer vers la lumière, cette lumière qu’il emploiera comme d’autres utilisent un pinceau. Il trouvera asile en France, croisera la route de Gide, des surréalistes, avant de s’enfuir pour les États-Unis où l’attend un destin fabuleux – ses collaborations avec Marilyn Monroe, Alfred Hitchcock ou Salvador Dalí sont entrées dans la mémoire collective. De cette force de rebond naîtra l’artiste : Philippe Halsman, photographe de génie, qui mettra son expérience personnelle au service de son art, en faisant sauter les plus grands de son temps. Avec une précision psychologique et une finesse infinies, Austin Ratner nous immerge dans l’enfer personnel de Philippe Halsman. Mêlant la fiction et la littérature aux détails historiques et biographiques, As-tu jamais rêvé que tu volais ? rend un hommage vibrant à l’un des photographes les plus doués au monde.

Aux Éditions Belles Lettres :

Manhattan Volcano, fragments d'une ville dévastée de Pierre Demarty, à paraître le 23 août :

« Le 24 août 79, le Vésuve entre en éruption et ravage Pompéi, faisant plusieurs milliers de morts. Dix-neuf siècles plus tard, un certain mardi matin de septembre 2001, c'est une autre éruption, celle de la violence humaine, qui réduit en poussière une partie de la ville de New York. De ces deux catastrophes que sépare la nuit des temps, dissemblables par nature mais similaires à bien d’autres égards, le souvenir a été conservé par une multitude de témoignages. Dans le cas du Vésuve, aucun sans doute n’est si précis ni éloquent que celui de Pline le Jeune, qui dans deux lettres à l’historien Tacite relate en détail le ciel déchiré par les « immenses langues de feu » du volcan, le « torrent » du brouillard de cendres qui s’abat sur les habitants terrorisés de Pompéi, et la mort exemplaire de son oncle Pline l’Ancien. Reprenant la forme épistolaire choisie par Pline, et se situant tout autant que lui à la frontière ténue du vrai et de la fiction, Manhattan Volcano est un récit du 11 Septembre tel que l’a vécu un jeune Français parti un beau jour à la conquête de New York et qui, sitôt arrivé dans la ville de ses rêves, s’est retrouvé par le plus terrible des hasards confronté à l’inimaginable. Dans quatre lettres adressées à ses proches, datées aussi bien d’avant que d’après le 11 Septembre, depuis le vif de l’événement jusqu’à aujourd’hui même, douze ans après les faits, il tente de raconter l’irracontable – et, ce faisant, interroge la valeur même de la mémoire, sa véracité, sa fidélité, sa nécessité mais aussi ses impasses. Qu’a-t-il vraiment vu, au fond, à New York ce jour-là ? Comment saisir, à l’échelle individuelle, un événement dont l’ampleur dépasse toute dimension humaine ? Pline le Jeune, désirait, en racontant l’éruption du Vésuve, en perpétuer le souvenir, lui donner « en quelque sorte l’assurance de vivre éternellement ». Manhattan Volcano, par-delà les siècles, fait écho à cet irrépressible besoin de mémoire vive face au néant de la destruction : témoignage édifiant de « choses vues », méditation intime et nostalgique, hantée de doutes et d’interrogations, ces lettres composent in fine, plutôt qu’un requiem, un chant d’amour, plein de bruit et de fureur, adressé à la plus volcanique des grandes cités de notre temps, qui à l’image de Pompéi, survit et renaît toujours de ses cendres par la grâce de ceux qui la racontent. »

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