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17/05/2013

Une vie plus une vie de Maurice Mimoun

une vie plus une vie.jpgÉditions Albin Michel - 200 pages

Présentation de l'éditeur : « Maurice Mimoun est un chirurgien fameux, aimé fidèlement par ceux qui grâce à lui ont pu retrouver leur apparence physique même après les plus désastreuses blessures. À la compétence médicale est liée chez lui une exceptionnelle connaissance de la vie ; c’est grâce à elle que ce livre a pu naître : le vrai roman d’un vrai romancier. Dans ses personnages il ne faut pas chercher quelque autobiographie dissimulée, mais les grands thèmes de l’existence humaine : le corps, la douleur, l’amitié, la peur, la fatigue, la fidélité, la trahison, la vieillesse… Et la mort - avec une étonnante imagination onirique il s’interroge : sera-t-il possible un jour de la chasser de nos vies ? » Milan Kundera

Ma note :

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Broché : 15 euros

Ebook : 9,99 euros

Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

Dans les couloirs des hôpitaux, les centres de rééducation, les cabinets de kinésithérapie ou même indépendamment de tout cadre de santé... N'en déplaise aux intéressés, les chirurgiens ne jouissent pas à proprement parler d'une réputation glorieuse, humainement parlant. Souvent jugés d'une suffisance arrogante, nombre de patients déplorent leur manque d'égard, leur déplorable écoute, leur mépris de la communication et leur absence d'émotionnalité. Bref, souvent réduits à des numéros de chambre ou des pathologies plutôt que d'être considérés comme des individus en souffrance, les malades doivent trop souvent ajouter à leurs maux la douleur provoquée par le manque d'humanité des coupeurs de mou. Si vous en doutez encore, interrogez les habitués des blouses blanches (votre humble serviteuse) ou lisez Hors de moi de Claire Marin.

Pourtant, Une vie plus une vie, véritable Jules et Jim dans les couloirs d'un hôpital, en abordant tous les grands thèmes de la vie avec émotions et sensibilité, témoigne d'une indiscutable humanité et d'une connaissance aigüe et attentionnée de l'âme humaine. En revisitant le triangle amoureux dans ce premier roman, il y a fort à parier que le Docteur Maurice Mimoun, directeur du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique de l'hôpital Saint-Louis et du centre de traitement des brûlés, redore un peu le blason des couturiers de la chair. Et se fasse une place de choix dans le monde des lettres puisque le taiseux romancier tchèque Milan Kundera a brisé son légendaire silence sur la production contemporaine pour louer le texte de Maurice Mimoun dont il signe d'ailleurs l'élogieuse quatrième de couv' et le bandeau.

Depuis l'enfance, Rania, Simon et Tom entretiennent une amitié fusionnelle qui évolue naturellement en grandissant. Mais l'alchimie amoureuse qui règne entre eux est complexe. Devenue chirurgienne, Rania devrait logiquement choisir le discret et sensible Simon, brillant chercheur en cancérologie. C'est pourtant l'arrogant et hypocondriaque homme d'affaires Tom qui deviendra son époux... Ce choix est-il raisonnable ? Raisonné ? L'amitié pourra-t-elle survivre à l'amour ? À la mort ?...

C'est donc bien d'amitié et d'amour dont il est question dans ce roman, avec tout ce que ces notions impliquent d'incompréhensible et d'irrationnel. Au-delà d'une analyse des sentiments, ce texte romantique amène à une profonde réflexion existentielle en évoquant brillamment l'éthique médicale, la quête d'éternité, la folie et, évidemment, la mort.

C'est sans doute parce que le médecin ayant troqué son scalpel pour une plume est un témoin privilégié des êtres dans leur fébrilité la plus nue entre Vie et Mort qu'il parvient avec intensité et authenticité à retranscrire leurs blessures, leurs solitudes, leurs secrets, leurs angoisses, tout autant que leurs plaisirs, leurs désirs, leurs moments de communion, leurs instants magiques.

De ce premier roman, Maurice Mimoun confie que "ciseler les mots est aussi difficile que faire de la chirurgie". Il faut croire que la maîtrise du bistouri prédispose à celle de la plume puisque le chirurgien-écrivain signe un roman délicat, esthétique et émouvant, empreint de lyrisme et de poésie. Entre réalité et onirisme, il fouille sans pathos les états affectifs de l'âme et interroge avec finesse les désirs d'éternité.

Ils en parlent aussi : Télérama, Marie-Claire, Claire.

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Ce parfait ciel bleu de Xavier de Moulins

Extraits :

Il faut n'écrire que des livres dont l'absence fait souffrir.

Marina Tsvetaïeva

...

Le début de l'amour, c'est peut-être ça, un mouvement inversé qui vient contredire un rythme. Un contre-courant.

...

- Quand deux arbres grandissent côte à côte, leurs couronnes se pénètrent, se mélangent. Quand les arbres sont timides, leurs branches ne s'élancent pas l'une vers l'autre, mais seulement vers le haut. Elles s'évitent, se bloquent à quelques dizaines de centimètres de distance. Vue du sol, une fente claire se dessine autour de la couronne. C'est la fente de timidité.

- Étrange !

- Il y a peu d'arbres timides.

Tandis qu'elle lui parlait, elle réalisa qu'elle se tenait elle-aussi à une dizaine de centimètres de Simon.

09:47 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature française, Livre, Première oeuvre, Roman | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | | Pin it!

Commentaires

Je suis moins séduite que toi par ce roman. Je l'ai fini il y a plusieurs semaines et je peine à écrire mon billet n'ayant pratiquement rien éprouvé à sa lecture (ni irritation, ni émotion). Ce n'est pas mauvais mais je crois que ce roman sera de loin pas inoubliable pour ma part.

Écrit par : zarline | 11/06/2013

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Bien qu'ayant apprécié, je t'avoue avoir eu du mal aussi à trouver les mots. Il semble bizarrement difficile d'en parler... mais tu as finalement réussi, comme en témoigne ta chronique que je viens de découvrir. Merci pour le lien ainsi que ta visite, à bientôt !

Écrit par : charlotte à zarline | 13/06/2013

Bonjour à tous,
Si vous voulez rencontrer quelqu'un d'aussi chaleureux qu'un marbre de boucher le jour de l'opération (incapable même de vous saluer), si vous voulez vous faire charcuter par ses sbires en apprentissage, si vous voulez poireauter des heures durant pour attendre "le grand maître", si vous voulez vous faire chier en lisant un truc plat et stupide (lisez son dernier livre, une vraie daube), si vous voulez repartir de son service en ayant juste prononcer deux mots auxquels il n'aura même pas prêté attention, allez voir tout de go ce MIMOUN, ce magicien au coeur froid mais au portefeuille bien matelassé !

Écrit par : soyeusehuit | 16/10/2014

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