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23/04/2013

Passager de la fin du jour de Rubens Figueiredo

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Books Éditions - 247 pages

Présentation de l'éditeur : Pedro tient une petite librairie de quartier dans le centre-ville d’une métropole brésilienne. Comme chaque week-end depuis six mois, pour retrouver Rosane, sa fiancée, il se rend en bus dans le quartier du Tirol, une banlieue délabrée à 40 kilomètres de là. Le temps d’un voyage, alors que des rumeurs d’émeute attisent les tensions et font dévier le bus de son trajet initial, Pedro, dont les pensées vagabondent, nous livre un portrait sensible d’un Brésil méconnu. Dans son sac à dos, un livre bon marché sur le passage de Darwin dans son pays, qu’il lit par intermittence : la brutalité du monde animal et celle du monde humain se répondent.

Traduit du portugais par Dominique Nédellec.

Ma note :

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Broché : 20 euros

Un grand merci à Books Éditions pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

À l'horizon 2016, Rio de Janeiro deviendra la première ville sud-américaine a accueillir les Jeux Olympiques d'été. Pour ce faire, la Cidade Maravilhosa tente, tant bien que mal, de mettre les petits plats dans les grands, d'achever dans les délais les travaux titanesques requis et de faire disparaître à grands coups de pelleteuses et de matraques les points noirs (favelas, trafics, violences, pauvreté) qui gangrènent le paysage idyllique formaté exigé par le CIO.

Bien loin des clichés carnavalesques et sabloneux made in Copacabana ou Ipanema, Rubens Figueiredo, deux fois lauréat du Prix Jabuti - équivalent brésilien du Goncourt - entre autres distinctions littéraires, livre dans Passager de la fin du jour un portrait subtil, sensible et réaliste de son Brésil. Un Brésil méconnu ou volontairement ignoré où gronde la violence derrière les paillettes. Un pays divisé entre misère et prospérité.

D'une écriture singulière qui oscille indistinctement entre évocations du passé, observation du présent et lecture d'un texte de Darwin, l'auteur ne donne pas une représentation passive et résignée de cette part sombre de sa terre. Il cherche au contraire à dénoncer les inégalités et les injustices trop souvent considérées comme naturelles voire inéluctables, rendant par là-même honneur à tous les laissés pour comptes, les oubliés, les relégués, ceux dits en marge. Et, en filigrane, il lance un avertissement : la revanche est possible, l'injustice n'est pas une fatalité...

Cette émouvante fresque, brossée par un narrateur plutôt contemplatif, n'a rien d'un livre d'action. Pour autant, le récit, que d'aucuns trouveront peut-être ennuyeux, est bel et bien vivant, vibrant et la tension sous-jacente va crescendo, mettant les nerfs de l'obervateur extérieur à rude épreuve. La plume fine et l'analyse perçante de Figueiredo prouvent, si besoin était, que les vrais héros sont ceux, injustement qualifiés de petites gens, qui se déménent au quotidien.

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Extraits :

Ne pas voir, ne pas comprendre et même ne pas sentir. Tout cela sans passer sans un idiot et encore moins pour un fou aux yeux des gens. Un grand distrait, en quelque sorte - mais plutôt malgré lui, ce qui jouait souvent en sa faveur. Motif de moquerie pour les uns, d'affection pour les autres, c'était là une disposition qui, à presque trente ans, pouvait se confondre avec sa vraie nature - aux yeux des gens. Sauf que ça ne suffisait pas. Il avait beau être distrait, il lui fallait toujours chercher d'autres motifs de distraction.

...

De sa main qui tremblait légèrement par moments, le juge retirait un livre. Il l'ouvrait de ses doigts longs, aux articulations saillantes et couronnées de quelques poils grisonnants. Il le feuilletait tout doucement, et la précision des brefs mouvements de ses doigts lorsqu'il manipulait les pages témoignait de sa familiarité avec le papier et l'écrit, et du respect qu'ils lui inspiraient.

...

En somme, tout cela - le travail, l'école, savoir lire et écrire, le centre-ville, la ville proprement dite, avec ses quartiers et ses activités officiels -, tout cela appartenait au monde qui les avait abandonnées à leur sort, qui les avait fait sombrer : c'était le monde de leurs ennemis.

16:10 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Littérature brésilienne, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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