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  • Rainbow Warriors d'Ayerdhal

    Sortie en librairie ce jour.rainbow warriors.jpg

    Éditions Au Diable Vauvert - 523 pages

    Présentation de l'éditeur : Mis à la retraite sur requête du bureau ovale, le général de division Geoff Tyler se voit proposé par l’ancien secrétaire général des Nations Unies de reprendre du collier à la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences. Son objectif : renverser le dictateur d’un État africain, soutenir le gouvernement transitoire le temps de la rédaction d’une constitution démocratique, et permettre la tenue d’élections en bonne et due forme. Ses moyens : à lui de les définir, l’argent n’est pas un problème. Son effectif : Un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation. Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail. Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT. Lesbian, Gay, Bi, Trans.

    Ma note :

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    Broché : 20 euros

    Ebook : Tome 1 gratuit - Tomes 2 à 8 à 0,99 euros

    Ebook version complète disponible le 2 mai 2013 : 7,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Au Diable Vauvert pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Attention, coup de coeur. Énôôôrme révélation ! La découverte de ce prodige signé Ayerdhal dont je n'avais jamais encore croisé le nom alors même qu'il est l'auteur de plus de vingt romans, deux fois lauréat du Grand Prix de l'Imaginaire et récompensé en 2011 par le Prix Cyrano pour l'ensemble de son oeuvre, m'a convaincue de me plonger sérieusement dans la bibliographie de ce lyonnais.

    Rainbow Warriors n'est pas un simple page turner. C'est LE livre à ne manquer sous aucun prétexte. Derrière un pitch loufoque d'un point de vue hétéro-macho - une armée de 10 000 "gouines, pédés, à voile et à vapeur et... euh... trans" (Général Geoff Tyler) pour renverser une dictature africaine ! - se cache un féroce chef-d'oeuvre d'humour et d'impertinence politique.

    Du rire aux larmes, de la comédie au drame, de la légèreté à la profondeur, l'on passe par tous les états à la lecture de cette satire inclassable. D'une intelligence constante, elle amène à réfléchir sur la nature humaine, l'ingérence militaire sous prétexte humanitaire, la solidarité à l'échelle mondiale, la défense inconditionnelle des droits de l'Homme, etc. Critique unique en son genre, elle ravira les inconditionnels de la géopolitique, de la stratégie militaire ou des services secrets et ne manquera pas de glacer de vérité les béotiens tel que moi en les faisant passer de l'autre côté du miroir aux alouettes.

    Et si l'on décidait d'être lucides ? Et s'il suffisait de croire à la liberté pour que le monde change ? Plus que jamais inscrit dans l'actualité à l'heure où une frange fangeuse de la population cherche à priver du droit à l'amour une autre partie de la population, Rainbow Warriors, écrit façon 99 francs de Beigbeder en utilisant de faux noms dissimulant à peine ceux de personnes bien réelles, est un bijou littéraire comme il y en a peu, dont on sort grandi intellectuellement et humainement. Un lieu commun n'est pas coutume : OLNI à lire de toute urgence !

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    Enfants de la paranoïa de Trevor Shane

    Jour de confession d'Allan Folsom

    Le blues du braqueur de banque de Flemming Jensen

    Apocalypse bébé de Virginie Despentes

    99 F de Frédéric Beigbeder

    Extraits :

    À toutes celles et à tous ceux qui, partout dans le monde, sous prétexte de leurs préférences sexuelles ou de leur genre, qu'ils aient choisi celui-ci ou pas, sont privés du droit premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme. "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."

    ...

    C'était en Amérique centrale, lors d'une de ces guerres que les livres d'histoire ne nomment pas, dans laquelle le Pentagone tait que des soldats américains étaient engagés, dont les médias n'ont jamais dit que la plupart d'entre eux ne sont pas revenus. Ce n'est pas que personne ne sait, c'est que personne ne veut savoir. Dans les vallons du cimetière d'Arlington, la guerre a ce goût depuis que Roosevelt est mort : quand on l'appelle par son nom, c'est pour cacher qu'on se livre à l'annexion. Le temps de prendre une déculottée, comme au Vietnam, ou de mettre un gouvernement de paille en place, comme partout ailleurs.

    ...

    On peut manipuler les peuples, pas décider de leur destin.

    ...

    LGBT. Maintenant Geoff sait ce que cela signifie. Lesbian, gay, bi, trans, même s'il dirait plutôt gouines, pédés, à voile et à vapeur et... euh... trans, parce qu'il manque un petit peu de vocabulaire sur le sujet. Et ce n'est pas qu'il soit homophobe ou...euh... intolérant, c'est juste qu'il aime bien appeler un chat un chat et que...

    ...

    - Ne vous réjouissez pas. Nous n'en reviendrons pas toutes et celles qui reviendront seront traumatisées et peut-être pas entières. Merde, nous ne partons pas pour une gay pride !

    ...

    Je comprends bien l'utilité des rangers, sergent. Elles sont étanches, solides, antichocs et elles limitent les traumatismes articulaires. Mais, outres que c'est une offense pour l'ouïe sur certains terrains, la vision en toute occasion et l'odorat quand on les enlève, elles sont impossibles à lacer rapidement en cas d'urgence, elles martyrisent l'épiderme, brutalisent la malléole, fatiguent la jambe et mettent à la torture certains ligaments parce qu'elles ne sont conçues que pour la randonnée et la chute des avions. Saperlipopette en latex ! Personne n'a jamais eu l'idée de passer un coup de téléphone aux fabricants de chaussures de ski. Parce que, côté fermeture, modulations de la dureté, changement de l'inclinaison et confort du chausson, ils ont déjà tout inventé. Pour le design, je vous l'accorde, il vaudrait mieux s'adresser à Kenzo.

    ...

    Et ce n'est pas avec les nouvelles arrivantes que le camp va se délurer ! Outre qu'elles sont aussi homos qu'eux, elles ont l'air à peu près aussi drôle qu'un bataillon MLF s'abattant sur une délégation de publicistes venus chercher pitance à la désignation de Miss Univers.

    ...

    Le regard de Koffane plonge dans celui de Tyler. C'est le regard d'un homme qui connaît l'humanité sous toutes ses facettes et qui a décidé de l'aimer quand même.

    ...

    In G, I billow like a light sail

    On the mast that makes up ship

    When, together we are on the trail

    That makes our love spring from the deep

    But in the streets I cannot kiss your lips

    Big Brothers watch us and see great rips

     

    No desire, no brain, no sex control

    No gender, no choice ; no love control

    We don't need your permission

    Choir : You don't have to authorize

    We don't need legislation

    Choir : You don't have to legislate

    We don't need to be released

    Choir : You don't have to liberate

    We don't need to be included

    Choir : You don't have to reinstate

    We don't need to be absolved

    Choir : You don't have to absolve us

    Being Human is not a right

    Nor a privilege, nor a fight,

    L.G.B.T. are a few letters

    In humanity's great book

    On which you just may have a look

    But don't decide what mankind prefers

     

    In B, my hands play on both keyboards

    To accompany baritone

    Or soprano until explosion

    My way is swinging on all the roads

    But AC/DC may not be persons

    Big Brothers watch us and see demons

     

    In T, il I just could read the leaves

    I would see my desperate loves

    Become the pleasure I will receive

    And will make me flying like a dove

    But we can't have a social existence

    Big Brothers watch us and see offence

     

    No desire, no brain, no sex control

    No gender, no choice ; no love control...

    ...

    - L'apparence est illusion. (...) L'apparence, c'est parfois l'illusion que l'on veut montrer, de soi aux autres. (...) C'est l'illusion que l'on se fait de soi-même, la tromperie qui nous arrange, avec laquelle on dérange. (...) L'apparence, c'est surtout ce qu'on voit. C'est ce qui nous plaît ou nous rebute, nous rassure ou nous choque, mais toujours ce qu'on interprète selon notre éducation, notre expérience, nos sentiments, nos croyances, nos certitudes. L'apparence n'est rien. Mais si l'on s'y arrête, sur la foi ou la conviction de nos seules références, les émotions qu'elle provoque peuvent être infiniment dangereuses.

  • Les arbres voyagent la nuit d'Aude Le Corff

    les arbres voyagent la nuit.jpgÉditions Stock - 293 pages

    Présentation de l'éditeur : Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l’école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n’est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu. Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l’approcher. C’est autour de la lecture du Petit Prince qu’ils échangent leurs premières confidences. En côtoyant Manon, le vieil homme va rencontrer d’autres voisins : Sophie, une femme singulière qui le met mal à l’aise, et Pierre, le père de la fillette. C’est tous ensemble qu’ils entreprendront un voyage inattendu jusqu’au Maroc.

    Ma note :

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    Broché : 19 euros

    Ebook : 13,99 euros

    Un immense merci à l'auteur pour m'avoir généreusement proposé de découvrir son roman en avant-première, pour son adorable dédicace et aux Éditions Stock pour avoir mis le livre à ma disposition.

    Je ne cesserai jamais de le répéter, j'ai un sérieux faible pour les premiers romans. Ils ont comme un supplément d'âme qui donne à sentir que l'auteur, si ce n'est débutant du moins primo-édité, met ses tripes dans son verbe, trempe sa plume dans son sang. C'est donc avec une gourmandise et une tendresse non dissimulées que je me lance dans les oeuvres premières en général et que je suis partie à l'assaut de celui d'Aude Le Corff en particulier, qui fait ses armes aux éditions Stock, excusez du peu.

    Loin d'être freinée dans mon élan enthousiaste a priori, j'ai découvert un livre magnifique dépassant largement mes attentes. Comme promis en jaquette - rédigée à la perfection par l'auteur elle-même si je ne m'abuse -, l'on y trouve de nombreux personnages, un sacré mélange générationnel, un drame, des blessures diverses. Et puis de jolies choses... Tout ce beau monde est réuni pour un périple le conduisant, ainsi que le lecteur, de la France au Maroc en passant par l'Espagne.

    En bon road trip qui se respecte, le voyage est, pour chacun des protagonistes, moins géographique que spirituel. Véritable quête identitaire où l'on se trouve soi-même en cherchant l'autre, ce bout de chemin partagé tout en émotions est étonnant dans son rythme. Si dans un premier temps, la vie semble figée, le vol suspendu du temps laisse rapidement place à l'urgence de l'expédition. Pourtant, la douceur de l'écriture est constante mais la cadence de lecture quant à elle est effrénée dès les premiers paragraphes tant ils vous happent dans ce morceau de présent que l'on fait sien pour un moment et dont on veut à tout prix connaître le dénouement.

    Aude Le Corff parvient avec brio et surtout authenticité à se glisser dans la peau d'une enfant, d'adultes de tous sexes, d'un vieil homme. Une aisance qui laisse deviner une personne sensible, fine observatrice, attentive aux gens. Et de nous embarquer dans son histoire au style infiniment poétique parsemé de déclarations d'amour à la littérature laissant entrevoir aussi l'amoureuse des lettres.

    Si j'aime à rêver par le prisme de grandes destinées, j'ai une affection particulière pour les héros ordinaires qui se cognent à la vie, auxquels on s'identifie plus profondément tant ils nous ressemblent dans leurs bonheurs et leurs épreuves, réalités simples et complexes de la vie, la vraie. L'on ne peut que s'attacher à Manon, Anatole, Sophie, Pierre, Anaïs et leur souhaiter le meilleur. Mais la vie étant rarement un conte de fée, comment finira cette fable du réel ? Il faut le lire pour le découvrir !

    Après cette première oeuvre plus que réussie soutenue par les prestigieuses éditions Stock, il y a fort à parier que le nom d'Aude Le Corff saura s'inscrire dans le temps et sur d'autres couvertures. C'est tout ce que je lui souhaite, en plus du voeu que Les arbres voyagent la nuit se vende et se lise, car ce livre de toute beauté le mérite sincèrement.

    Si besoin était d'en rajouter pour achever de vous convaincre de lire cette petite pépite, je dirais que la présentation du livre, dans sa dimension du lien fort entre le vieil Anatole et la petite Manon, m'avait instantément remis en mémoire L'élégance du hérisson. Si la ressemblance entre ces deux histoires s'arrête là, elles ont un second point commun mais non des moindres : l'intelligence et la beauté de la narration. Alors si vous avez aimé l'un, précipitez-vous sur l'autre !

    Ils en parlent aussi : Delphine.

    Vous aimerez sûrement :

    L'élégance du hérisson de Muriel Barbery

    Et rester vivant de Jean-Philippe Blondel

    La silencieuse d'Ariane Schréder

    Petit art de la fuite d'Enrico Remmert

    La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli

    Un été de trop d'Isabelle Aeschlimann

    Dieu est un pote à moi de Cyril Massarotto

    Ce parfait ciel bleu de Xavier de Moulins

    L'amour sans le faire de Serge Joncour

    Extraits :

    Quelles perspectives lui offre-t-on en prolongeant cette agonie ? Supporter une existence devenue morne et pesante, sans but ni projet ? Contempler avec impuissance ses forces s'envoler une à une ? Consulter sans relâche kinés et médecins pour atténuer quelques secondes la douleur qui le mine, mais aussi pour sentir encore le contact de mains mêmes inconnues sur un corps qui n'attire plus personne ? Subir l'humiliation des sphincters qui lâchent, des premiers incidents en public, en baissant les yeux devant les passants amusés qui n'ont pas conscience que, bientôt, leur tour viendra ?

    ...

    Pourquoi le temps s'écoule-t-il à sens unique ? L'homme ne peut aller que dans une seule direction, de la jeunesse vers la vieillesse, de la naissance vers la mort, de la fraîcheur vers la décrépitude, de l'aube vers le crépuscule. Les cerisiers dépérissent en automne et refleurissent au printemps, dans un éternel recommencement que nous ne connaîtrons pas.

    ...

    Quand Anaïs lisait, elle n'entendait plus rien, son environnement s'effaçait, son esprit s'envolait.

    ...

    - Comment on sait qu'on est dans un rêve ou qu'on ne l'est pas ?

    Il sourit :

    - Très bonne question.

    - Il suffit de se pincer, et si on dort, on se sent tomber dans un précipice et on se réveille, non ?

    - Oui, mais qu'est-ce qui te dit que tu ne te réveilles pas dans ton rêve, et que ton rêve n'est pas la réalité ?

    ...

    La réalité prend parfois des allures surprenantes, surtout quand on traverse des épreuves pénibles.

    ...

    On perd l'habitude d'exprimer ses sentiments avec les années. Or, sans manifestation de tendresse, que reste-t-il à l'autre ? Un affreux sentiment de vide et de solitude ; l'impression de ne plus exister.

    ...

    - Le plus dur quand on est catalogué atypique, c'est-à-dire potentiellement dangereux, c'est que certain ne font même pas l'effort de nous connaître et d'aller au-delà de l'apparence. On est noir, transexuel, handicapé, dont jugé à travers un prisme qui nous déforme. On suscite peur et méfiance, il vaut mieux nous éviter.

  • Sayonara Gangsters de Genichiro Takahashi

    À paraître le 20 mars 2013.sayonara gangsters.jpg

    Books Éditions - 223 pages

    Présentation de l'éditeur : La vie tranquille d’un professeur de poésie est bouleversée par sa rencontre avec un groupe de terroristes : les « gangsters ». Il entame alors un trépidant périple littéraire. Au cours de ce voyage, le lecteur fait de mémorables rencontres, parmi lesquelles : la muse du poète, « Livre de Chansons » ; un réfrigérateur flambant neuf, réincarnation de Virgile ; Henri IV, un matou bibliophile amateur de lait-vodka. Entre science-fiction, traité philosophique, poésie, roman noir et autobiographie, Sayonara Gangsters est une œuvre d’une originalité sidérante, souvent drôle voire hilarante, parfois incroyablement émouvante.

    Ma note :

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    Broché : 18 euros

    Un grand merci à Books Éditions pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    En général, je commence les notes des livres que je n'ai pas achevés par le numéro de page auquel j'ai interrompu ma lecture. Je ne parlerais pas ici d'abandon en page 113 puisque je sais que je finirai, au moment opportun, le livre de Genichiro Takahashi.

    Sayonara Gangsters est de ces livres, tel Enig marcheur de Russel Hoban, qui ne se lisent pas d'une traite. Complexes, ils se dégustent, se remachent, phrase après phrase, avec lenteur et attention pour être sûr de n'en pas louper la substantifique moelle... qui finit pourtant toujours pas m'échapper... J'ai beau entendre et comprendre l'engouement pour la littérature nippone, mes diverses tentatives m'ont fait comprendre que ce n'était pas ma came ; ces récits se heurtent à mon esprit par trop cartésien.

    Malgré tout, dès les premières pages, j'ai été fascinée autant que troublée par cette narration follement poétique. Ou lyriquement dingue. L'atmosphère surréaliste m'a imméditament conduite à la comparaison d'avec Boris Vian. D'une même plume fantasmagorique dissimulée sous de réalistes apparences laissant à penser au lecteur qu'il est victime d'hallucinations littéraires, l'auteur transmet beaucoup. Mais quoi ? Le sens profond est aussi certain qu'indéfinissable. Je ne saurais que dire si ce n'est qu'il semble évident que les inconditionnels de Murakami Ryû, d'Haruki Murakami ou du Vernon Sullivan de nos latitudes seront séduits par ce livre inclassable d'une ahurissante originalité.

    Ce texte inédit en France a paru en 1982 au Japon. Lauréat du prestigieux Prix Gunzo, il est rapidement devenu culte dans l'Empire du Soleil Levant et a érigé Takahashi comme l'une des figures du renouveau des lettres japonaises. À quelque trois décennies d'écart, parviendra-t-il à s'imposer auprès du lectorat français ? Pour ma part, je continuerai à piocher dans ce texte et il ne sera pas dit qu'il m'échappera définitivement !

    Ils en parlent aussi : Sha.

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    Un été en vêtements de deuil d'Akira Yoshimu

    Les bébés de la onsigne automatique de Murakami Ryû

    La course au mouton sauvage d'Haruki Murakami

    Et le bébé était cuit à point de Mary Dollinger

    Extraits :

    Et c'est ainsi que nous avons commencé à nous nommer les uns les autres.

    Nous demandons à la personne dont nous désirons qu'elle nous nomme de nous donner un nom.

    C'est notre manière de faire la cour.

    J'ai donné mille noms et les ai perdus mille fois. J'ai circulé sans nom quelques temps avant de rencontrer Livre-de-Chansons.

    À force de donner des noms, on devient prudent.

    ...

    La première fois où Livre-de-Chansons m'a embrassé, Henri IV nous regardait attentivement dans son panier en clignant des yeux.

    Henri IV est un affreux matou géant noir qui boit des cocktails lait-vodka avant de s'endormir à nos pieds.

    ...

    Quand Livre-de-Chansons est toute nue, on a l'impression qu'elle porte encore un dernier jupon.

    "C'est ridicule ! Quand je me mets nue, je suis vraiment nue, mais quand tu te mets nu tu n'as pas du tout l'air nu", affirme Livre-de-Chansons avec sa logique toute aristotélicienne.

    ...

    Il est très triste de sentir quand on fait l'amour que nos corps sont simplement des machines à faire l'amour.

    Je me sens épanoui quand je fais l'amour avec Livre-de-Chansons.

    Faire l'amour est un dialogue.

  • La maison d'hôtes de Debbie Macomber

    la maison d'hôtes.jpgÀ paraître le 15 mars 2013.

    Éditions Charleston - 350 pages

    Présentation de l'éditeur : Après la mort tragique de son mari, Jo-Marie décide de changer de vie et reprend une maison d'hôtes dans la petite ville de Cedar Cove : la Villa Rose. Sa première cliente, Abby, a survécu à un accident de voiture, dans lequel sa meilleure amie a trouvé la mort. Elle n'a jamais eu le coeur à retourner dans la ville où elle est née, jusqu'à ce jour, dix ans après l'accident. Josh, le second client, doit prendre en charge son beau-père, un vieil homme à présent, avec qui il ne s'est jamais entendu. Derrière les portes de la jolie maison d'hôtes, ces personnages inoubliables trouveront l'amour, le pardon et la possibilité d'un nouveau départ. Un roman chaleureux et touchant sur les destinées humaines, à lire bien douillettement sous sa couette, avec des personnages que l'on rêverait d'avoir comme amis, dans une ville où l'on aimerait vivre, et une intrigue délicieusement captivante.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Florence Bertrand.

    Ma note :

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    Broché : 19,90 euros

    Ebook : 12,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

    Une maison d'hôtes. Un concept qui a le vent en poupe depuis quelques années. Mais la Villa Rose n'est pas un simple bed & breakfast comme tant d'autres. C'est un lieu magique où les cœurs brisés, les âmes en peine parviennent, grâce à l'étrange alchimie du lieu, à se reconstruire, à rebondir après que la vie les a jetés à terre. Mieux encore, ce havre de paix se situe dans une bourgade idyllique dans laquelle on aimerait vivre tant ses habitants sont accueillants, prévenants, amicaux et plus si affinités... Tout est orchestré pour que l'on se sente bien à Cedar Cove en général, à la Villa Rose en particulier.

    Sans tomber dans un absurde et peu crédible déni des difficultés intrinsèques à l'existence, l'histoire prouve qu'il ne faut jamais abandonner la partie, que l'espoir ne doit jamais s'éteindre car même si les blessures sont inévitables, tout finit toujours par s'arranger et les inexorables fins ne sont que préambules à d'autres commencements.

    Davantage encore qu'un écrin de sérénité emplie d'une atmosphère chaleureuse, le roman de Debbie Macomber est une leçon d'optimisme. En ces temps moroses - que l'on parle du contexte général ou simplement de météo -, ce n'est vraiment pas un luxe ; j'irais même jusqu'à dire que c'est une indispensable médication qui mériterait d'être remboursée par la Sécurité sociale. De la littéra-peuthique, en somme ! Bref, un concentré de bonnes ondes à ne pas manquer.

    Alors d'accord, c'est assez convenu, l'on sait exactement - ou presque - où l'on va... Mais à l'ère de l'incertitude angoissante globalisée, qui oserait dire qu'il n'a pas besoin d'une petite dose de tranquillité, de sécurité, de convictions ? Et c'est exactement ce que fait La maison d'hôtes : ce roman console, apaise. L'on sort complètement rasséréné de ce roman choral touchant. Ce ne sont pas de simples personnages attachants que l'on quitte en refermant ce livre, ce sont de véritables amis, une famille.

    Le maître mot de cette histoire étant l'optimiste, nul adieu en perspective mais un simple au revoir puisque La maison d'hôtes n'est que le premier volet de six tomes constitutifs de la saga Retour à Cedar Cove... Il y a fort à parier que les prochains épisodes de cette romance seront aussi parfaitement maîtrisés par celle qui compte comme l'une des reines incontestées du roman féminin.

    L'interview de Debbie Macomber par les Lectrices Charleston.

    Ils en parlent aussi : Pauline, Artémis, Callixta, Fangtasia, Mle Alice.

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    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

    Les roses de Somerset de Leila Meacham

    Rien ne va plus, La poursuite du bonheur & L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extrait :

    L'adolescente insouciante d'autrefois est morte (...). Sa vie entière a changé après l'accident - et même sa personnalité. Avant, elle était sociable, amicale, elle aimait s'amuser. Elle est devenue réservée, sombre, silencieuse.

  • Avant d'aller dormir de S.J. Watson

    Éditions Sonatine - 410 pagesculture,citation,littérature,livre,thriller,angleterre,roman,polar

    Présentation de l'éditeur : La révélation 2011 du thriller. Un premier roman que les amateurs du genre n'oublieront pas. À la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent. Ne le dis à personne d'Harlan Coben, Shutter Island de Dennis Lehane, Tokyo de Mo Hayder... Il est des livres dont la publication marque irrémédiablement le genre et hisse leur auteur au rang des incontournables du polar. Gageons qu'Avant d aller dormir de S.J. Watson va tout de suite aller rejoindre ce cercle très fermé. Avec une héroïne à laquelle on s'attache instantanément, un récit à la construction aussi machiavélique qu'époustouflante et un suspense de tous les instants, une seule question hante l'esprit du lecteur une fois la dernière page refermée : à quand le prochain Watson ? Les éditeurs évoquent souvent « un livre qu'on ne peut pas lâcher ». Voici un livre qu'on ne peut véritablement pas lâcher !

    Traduit de l'anglais par Sophie Aslanides.

    Ma note :

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    Broché : 21 euros

    Poche : 7,60 euros (à paraître le 7 mai 2013)

    Un grand merci à Sonatine Éditions & aux Éditions Pocket pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première de la sortie poche.

    Avant d'aller dormir est de ces romans qui ont fait beaucoup de bruit au moment de leur sortie. Salué par la critique, vanté par des pointures tels Sophie Hannah, Denis Lehane, Harlan Coben ou encore Mo Hayder - excusez du peu - et encensé par les lecteurs, ce n'est pourtant pas sans appréhension que j'ai abordé cette lecture. Déjà parce que plus on parle d'un livre, plus les attentes deviennent démesurées et sont donc souvent déçues. Ensuite parce que je ne suis pas férue du genre et qu'à force de lire les mots "angoisse", "stress" et autre qualificatifs anxiogènes, j'étais a priori passablement tendue ; sensation que je ne convoite pas particulièrement au moment de m'abandonner aux bras de Morphée.

    Mes doutes se sont pourtant progressivement dissipés au fil du récit et c'est enchantée que j'ai achevé, plus que rapidement, ce thriller psychologique. Petit conseil à toutes les personnes qui seraient tentées par cette lecture : évitez de l'entamer une veille de jour travaillé sous peine de n'être pas vraiment productif... Une fois amorcé, impossible de se défaire de ce page turner.

    Watson plonge le lecteur dès les premières lignes dans le présent incessant de Chris. Amnésique depuis une vingtaine d'année, chaque nuit efface sa mémoire. Ses seuls souvenirs sont ceux qu'elle retranscrit dans son journal qu'il lui faut relire chaque matin. Le rythme, parfaitement maîtrisé, permet d'évoluer en symbiose avec les émotions de la protagoniste. L'on mène donc, à ses côtés, l'enquête de sa propre vie et c'est avec elle que l'on affronte les incohérences entre ses mémoires et ce que lui raconte son entourage. Dès le début, le doute est semé et il ne nous lâche pas de tout le récit...

    Bien que très exploitée, l'idée de l'amnésie est ici traitée avec beaucoup d'originalité et l'auteur la développe à merveille. Même si chaque matin, l'on repart à zéro, l'écueil de la répétition est magistralement évité. J'ai tenté de trouver des incohérences tant il est difficile de ne pas commettre ne serait-ce qu'un tout petit impair dans ce genre de narration mais rien à faire, l'intelligence de l'auteur est d'autant plus surprenante que ce roman est son premier !

    Je ne le qualifierais pourtant pas d'angoissant. La tension va certes crescendo mais elle n'est pas insoutenable et la violence gratuite n'a pas droit de cité. La définition la plus juste à mon sens serait : une première oeuvre glaçante très prometteuse, menée tout en finesse, dont les droits d'adaptation ont d'ores et déjà été achetés par Ridley Scott. Gageons qu'avec un tel scénario, le passage de l'écrit à l'écran sera une réussite.

    Ma seule réserve sera pour les adeptes de l'angoisse menée sur un rythme trépidant. La dimension thriller n'arrivant que tardivement dans le récit, ils seront certainement déçus. Il n'y a pour autant aucune sensation de longueur...

    Ils en parlent aussi : Bruno, La Bouquineuse, Gruz.

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    Le dîner d'Herman Koch

    Vengeances de Philippe Djian

    Shutter Island de Denis Lehane

    Extraits :

    Je suis né demain

    Aujourd'hui je vis

    Hier m'a tué.

    Parviz Owsia

    ...

    Je n'arrive pas à imaginer comment je supporterai de découvrir que ma vie est derrière moi, qu'elle s'est déjà déroulée et qu'il n'en reste pas une trace. Pas de coffre aux trésors plein de souvenirs, pas la moindre richesse issue de l'expérience, pas de sagesse accumulée à transmettre. Que sommes-nous d'autre que la somme de nos souvenirs ?