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Sayonara Gangsters de Genichiro Takahashi

À paraître le 20 mars 2013.sayonara gangsters.jpg

Books Éditions - 223 pages

Présentation de l'éditeur : La vie tranquille d’un professeur de poésie est bouleversée par sa rencontre avec un groupe de terroristes : les « gangsters ». Il entame alors un trépidant périple littéraire. Au cours de ce voyage, le lecteur fait de mémorables rencontres, parmi lesquelles : la muse du poète, « Livre de Chansons » ; un réfrigérateur flambant neuf, réincarnation de Virgile ; Henri IV, un matou bibliophile amateur de lait-vodka. Entre science-fiction, traité philosophique, poésie, roman noir et autobiographie, Sayonara Gangsters est une œuvre d’une originalité sidérante, souvent drôle voire hilarante, parfois incroyablement émouvante.

Ma note :

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Broché : 18 euros

Un grand merci à Books Éditions pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

En général, je commence les notes des livres que je n'ai pas achevés par le numéro de page auquel j'ai interrompu ma lecture. Je ne parlerais pas ici d'abandon en page 113 puisque je sais que je finirai, au moment opportun, le livre de Genichiro Takahashi.

Sayonara Gangsters est de ces livres, tel Enig marcheur de Russel Hoban, qui ne se lisent pas d'une traite. Complexes, ils se dégustent, se remachent, phrase après phrase, avec lenteur et attention pour être sûr de n'en pas louper la substantifique moelle... qui finit pourtant toujours pas m'échapper... J'ai beau entendre et comprendre l'engouement pour la littérature nippone, mes diverses tentatives m'ont fait comprendre que ce n'était pas ma came ; ces récits se heurtent à mon esprit par trop cartésien.

Malgré tout, dès les premières pages, j'ai été fascinée autant que troublée par cette narration follement poétique. Ou lyriquement dingue. L'atmosphère surréaliste m'a imméditament conduite à la comparaison d'avec Boris Vian. D'une même plume fantasmagorique dissimulée sous de réalistes apparences laissant à penser au lecteur qu'il est victime d'hallucinations littéraires, l'auteur transmet beaucoup. Mais quoi ? Le sens profond est aussi certain qu'indéfinissable. Je ne saurais que dire si ce n'est qu'il semble évident que les inconditionnels de Murakami Ryû, d'Haruki Murakami ou du Vernon Sullivan de nos latitudes seront séduits par ce livre inclassable d'une ahurissante originalité.

Ce texte inédit en France a paru en 1982 au Japon. Lauréat du prestigieux Prix Gunzo, il est rapidement devenu culte dans l'Empire du Soleil Levant et a érigé Takahashi comme l'une des figures du renouveau des lettres japonaises. À quelque trois décennies d'écart, parviendra-t-il à s'imposer auprès du lectorat français ? Pour ma part, je continuerai à piocher dans ce texte et il ne sera pas dit qu'il m'échappera définitivement !

Ils en parlent aussi : Sha.

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Extraits :

Et c'est ainsi que nous avons commencé à nous nommer les uns les autres.

Nous demandons à la personne dont nous désirons qu'elle nous nomme de nous donner un nom.

C'est notre manière de faire la cour.

J'ai donné mille noms et les ai perdus mille fois. J'ai circulé sans nom quelques temps avant de rencontrer Livre-de-Chansons.

À force de donner des noms, on devient prudent.

...

La première fois où Livre-de-Chansons m'a embrassé, Henri IV nous regardait attentivement dans son panier en clignant des yeux.

Henri IV est un affreux matou géant noir qui boit des cocktails lait-vodka avant de s'endormir à nos pieds.

...

Quand Livre-de-Chansons est toute nue, on a l'impression qu'elle porte encore un dernier jupon.

"C'est ridicule ! Quand je me mets nue, je suis vraiment nue, mais quand tu te mets nu tu n'as pas du tout l'air nu", affirme Livre-de-Chansons avec sa logique toute aristotélicienne.

...

Il est très triste de sentir quand on fait l'amour que nos corps sont simplement des machines à faire l'amour.

Je me sens épanoui quand je fais l'amour avec Livre-de-Chansons.

Faire l'amour est un dialogue.

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