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03/05/2013

Coup de foudre à Austenland de Shannon Hale

coup de foudre à austenland.jpgSortie ce jour en librairie.

Éditions Charleston - 260 pages

Présentation de l'éditeur : Jane Hayes est une jeune New Yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret : son obsession secrète pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l’adaptation de la BBC de Pride and Prejudice. Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant : aucun homme n’est à la hauteur de la comparaison. Quand une riche parente lui laisse en héritage un séjour de trois semaines dans un centre chic pour les Austen-addicts, les fantasmes de Jane impliquant une rencontre fortuite avec un héros tiré tout droit de l’époque de la Régence deviennent un peu trop réels. Cette immersion dans cet Austenland réussira-t-elle à débarrasser Jane de son obsession pour lui permettre de rencontrer un vrai Mr Darcy ?

Traduit de l'anglais par Julia Taylor.

Ma note :

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Broché : 17 euros

Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

Combien sommes-nous à avoir été contaminée par nos lectures, notamment celles de Jane Austen ? Forcément, après de telles histoires, difficile pour ces messieurs de souffrir la comparaison d'avec un Darcy ou encore un colonel Brandon ! Mais de là à parasiter complètement sa vie sentimentale, il y a un pas...

Jane Hayes, elle, est de ces femmes dont l'idéalisation absolue les empêche de profiter concrètement de leurs histoires de coeur ; contrarie même toute relation tant elles versent dans une analogie pathologique.

Face à cet état de fait plutôt inquiétant pour l'avenir amoureux de la jeune femme, sa grand-tante Carolyn décide, avant de passer l'arme à gauche, de coucher Jane sur son héritage d'une façon plutôt inattendue : afin de la désintoxiquer, de la débarrasser de son obsession pour le ténébreux Darcy sous les traits du sexy Colin Firth, elle l'envoie en séjour à Austenland.

Austenland, c'est une maison d'hôtes, un jeu de rôle grandeur nature. Mais qui sont les acteurs et qui sont les invités ? Cette immersion dans l'univers austenien permettra-t-elle à Jane d'être davantage ancrée dans la réalité ? C'est ce que Shannon Hale nous propose de découvrir avec beaucoup de suspens, d'humour et d'émotions.

Cette comédie romantique dont l'intrigue vise à libérer la protagoniste de ses fantasmes a véritablement chatouillé les miens. Alors concrètement, où se trouve ce fameux Austenland ? Et si ça n'existe pas encore, pour quand est-ce prévu ? Non, parce que là, j'ai une envie urgente, furieuse, de porter de jolies toilettes, de sacrifier au rituel du thé, de jouer au whist et de me lancer dans les préparatifs du prochain bal !

En somme, une lecture très amusante... mais dangereusement addictive. L'univers de la grande dame des lettres anglaises n'en finit décidément pas d'inspirer de nombreux auteurs, pour notre plus grand plaisir !

La seule faiblesse de ce texte est sa jaquette. Cette couverture illustrée résolument marquée modernité version chick lit manque cruellement à mon sens d'une forte évocation victorienne. Mais gageons que le bandeau rouge flashy signé Stéphanie Meyer clamant haut et fort "Adorable ! Le meilleur hommage à Jane Austen !" saura pallier cette légère défaillance. La célèbre auteur de Twilight s'est d'ailleurs lancée dans la production cinématographique de ce livre, qui devrait sortir fin 2013, courant 2014 sur les écrans. Avis aux adeptes des adaptations.

La vraie cerise sur le gâteau, du haut de mon impartiale subjectivité, étant la présence dans le rabat de la troisième de couv' de MON commentaire SIGNÉ ! Plus près de toi ma Jane Austen...

Bref, je ne vous dirai pas si Jane est soignée mais moi, cette lecture m'a rendue complètement malade. JE. VEUX. ALLER. À. AUSTENLAND. Et pas qu'une fois ! Si le concept existait, je ne me contenterais pas de ne vivre qu'Orgueil et préjugés par procuration. À moi toutes les aventures de toutes les héroïnes de Lady Austen, à commencer par Persuasion, Sanditon et Mansfield Park. Mais en attendant ou à défaut, Coup de foudre à Austenland est un délicieux dérivatif qui saura réenchanter un instant toutes les Janéites et convaincre les béotiennes de partir à l'assaut de la version originale, unique et irremplaçable.

Ils en parlent aussi : Julie, Lady K, Moonshine, Pandora.

Vous aimerez sûrement :

Sanditon de Jane Austen et tous ses romans.

Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

Les filles de Mr Darcy d'Elizabeth Aston

La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

Extraits :

À Colin Firth,

Vous êtes un type génial, mais je suis mariée,

Je pense que nous devrions seulement être amis.

...

À trente ans passés, une femme était bien trop vieille pour perdre son temps à rêver d'un personnage de fiction ayant vécu deux cents ans plus tôt au point de laisser ses fantasmes prendre le pas sur sa vie réelle et amoureuse.

...

Quelques années auparavant, elle avait tenté de commencer une psychothérapie et, même si elle avait ensuite décidé que ce n'était pas fait pour elle, elle en était arrivée à une conclusion : dès son plus jeune âge, elle avait appris à aimer grâce à Jane Austen. Malgré son immaturité, elle avait compris que, dans le monde d'Austen, un simple flirt n'existait pas. Chaque histoire d'amour devait mener au mariage, chaque flirt n'était qu'un moyen pour trouver un partenaire avec qui passer le reste de sa vie. Donc, pour Jane, chaque fois qu'une histoire se terminait et qu'il restait un petit espoir - même infime -, c'était aussi douloureux qu'un divorce. Un peu extrême, non ?

...

Vous êtes une jeune femme célibataire et ne devrez donc jamais être seule avec un homme sans chaperon, sauf à l'extérieur tant que vous êtes en mouvement, à cheval, à pied ou en calèche. Pas de contact physique à l'exception des obligations liées aux bonnes manières, comme par exemple prendre la main d'un homme lorsqu'il vous aide à descendre d'une calèche ou son bras lorsqu'il vous accompagne à la salle à manger pour le diner. Vous ne parlerez de rien de personnel ou d'intime. J'ai cru comprendre, par mes conversations avec d'anciennes clientes, que, lorsqu'une romance naît dans ce cadre très restrictif, elle n'en est que plus passionnée.

...

Les ruptures avaient effacé tous les bons moments. Dans sa mémoire, les rires disparaissaient, les personnalités de ses divers petits amis se fondaient les unes dans les autres, les vacances et week-ends se brouillaient et lui semblaient avoir duré deux minutes. Toute la relation se condensait et se reformait dans son esprit pour ne plus comporter que la fin.

...

Plus elle trouvait d'anachronismes, plus il lui était difficile de prétendre que toute cette histoire n'était autre chose que la réalisation d'un fantasme pour célibataire pathétique.

...

Si Jane avait été le genre de personne à chercher des signes dans ce qui l'entourait, elle aurait dit que la pièce semblait trembler d'anticipation, comme si quelque chose d'important se préparait. Mais elle n'était pas comme ça.

...

- Alors, vous êtes capable de deviner la valeur, le mérite et la noblesse d'une personne d'un simple regard ? demanda Jane qui avait de plus en plus de mal à garder son calme.

- Vous non ? répondit-il avec une lueur de défi dans le regard. Pouvez-vous vraiment m'affirmer que, dès les premiers instants où vous avez rencontré chaque personne présente dans cette pièce, vous n'avez pas formé de jugement sur leur caractère que jusqu'à présent vous n'avez pas remis en doute ?

Elle eut un petit sourire.

- Vous avez raison, monsieur. Cependant, j'espère bien que, dans un cas du moins, ma première impression s'avèrera erronée.

...

Ces derniers temps, j'ai l'impression de ne plus savoir qui je suis et je pensais qu'en venant ici j'arriverais peut-être à me retrouver.

...

Quelqu'un à embrasser et qui lui donnait l'impression d'être belle et sexy. Quelqu'un qui n'insistait pas pour qu'elle lui donne plus que ce qu'elle était prête à donner, qui lui permettait de vivre des moments de perfection, qui lui donnait envie de sourire au lieu de sans cesse se projeter dans un futur qui n'arriverait jamais.

...

Après toutes les heures qu'elle avait passées à rêver de vivre au temps de Jane Austen, voilà qu'elle y était et qu'elle ne rêvait que de normalité. Quelle ironie !

...

Les fantasmes sont l'opium des femmes.

19:15 Écrit par charlotte sapin dans Chick lit, romance, Citation, Culture, Littérature américaine, Littérature jeunesse, young adult, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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