Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Travaux forcés de Mark SaFranko | Page d'accueil | La Moselle de Florian Martinez »

15/01/2013

Madame Hemingway de Paula McLain

madame hemingway.jpgÉditions Buchet/Chastel / Livre de poche - 500 pages

Présentation de l'éditeur : Chicago, octobre 1920. Hadley Richardson a 28 ans et débarque du Missouri lorsqu’elle fait la connaissance d’un jeune homme de 20 ans, revenu blessé de la Grande Guerre, Ernest Hemingway. Après un mariage éclair, ils embarquent pour la France et se retrouvent à Paris au cœur d’une « génération perdue » d’écrivains anglo-saxons expatriés – Gertrud Stein, Ezra Pound, James Joyce, Scott Fitzgerald… Rive gauche, entre l’alcool et la cocaïne, la guerre des ego, les couples qui se font et se défont et la beauté des femmes, Ernest travaille à son premier roman : Le soleil se lève aussi, qui lui apportera consécration et argent. Mais à quel prix ? Hadley saura-t-elle répondre aux exigences et aux excès de son écrivain de mari ? Pourra-t-elle rester sa muse, sa complice, son épouse ?

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Broché : 24,35 euros

Poche : 7,60 euros

Ebook : 7,99 euros

Un grand merci aux Éditions du Livre de poche pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

J'ai horreur d'Hemingway ! J'ai beau tenter et retenter, rien à faire, je n'aime pas son écriture. Être considéré comme l'un des géants des lettres américaines n'épargne nullement de jamais faire l'unanimité. En cela, j'ai découvert - il n'y a pas de hasard - rejoindre mon auteur préféré, John Irving, également insupporté par ce style qui, sous couvert de retour à l'essentialité de l'écriture, n'appelle pas un chat un chat, ne dit jamais clairement les choses.

Pourquoi donc choisir de lire Madame Hemingway ? Primo, parce que ce n'est pas de lui - ah ah. Segundo, parce que le livre prend le parti de se concentrer sur Madame et que je suis une inconditionnelle des destins de femmes. Ensuite et c'est étrange, comme pour l'autre célèbre couple de la Génération perdue, les Scott Fitzgerald, si je ne goûte pas l'oeuvre de ces monstres littéraires, j'adore en revanche me plonger dans leurs vies. Indépendemment de la qualité de leurs oeuvres à l'aune de ma propre subjectivité, je suis fascinée par l'existence des artistes - des personnalités illustres en général - qui semblent sucer la substantifique moelle de la vie, aimer et souffrir mieux que personne et dont les gestes les plus ordinaires paraissent dix mille fois plus exhaltants que ceux du commun des mortels.

Bien que romancées, ces biographies brodées sont fidèlement bâties autour des éléments d'histoire réels des personnages célèbres qu'elles mettent en scène. L'avantage des libertés romanesques étant d'appréhender le sujet de manière plus agréable qu'un ouvrage purement factuel. Ici donc, l'on découvre Ernest avant qu'il soit Hemingway par le prisme d'Hadley Richardson, première de ses quatre épouses, première à avoir cru en lui et ayant contribué à le révéler ; à lui-même, au monde entier.

C'est toute l'intimité d'un couple fusionnel qui est dévoilée dans ce roman : celle d'un jeune homme de vingt ans, ambitieux et inspiré mais aussi profondément transformé par la guerre et celle d'une femme de presque trente ans qui ne pouvait espérer mieux dans son existence morne que d'être ériger au rang de muse.

Mais l'intensité de cette relation n'a d'égale que celle de sa fin annoncée. Comment supporter éternellement les humeurs d'un homme dévasté par la guerre (et surtout bipolaire non diagnostiqué) dans les yeux duquel elle voit cette lueur du regard de son père suicidé ? Comment surmonter les assauts d'une époque vibrante et excessive ? Comment rivaliser avec ces modernes garçonnes séductrices ? Comment concurrencer les sirènes du succès ?

Paula McLain entraîne le lecteur à la suite d'Hadley, elle-même à la suite de Papa Hem, à ce moment charnière où tout va commencer pour lui. De Schruns en Autriche à Pampelune en passant par le sud de la France ou encore et surtout au coeur du Paris littéraire des Années folles envahi par les écrivains anglo-saxons exilés qui se côtoient autant qu'ils se confrontent (Stein, Pound, Joyce, Fitzgerald...), l'on observe les couples qui se font, se défont, embrumés par les vapeurs d'alcool et les codes changeants des amours revisitées. Entre séquelles psychologiques de la Grande Guerre et émulation de la Rive Gauche, l'on découvre un Hemingway torturé, égocentré, parfois tendre, souvent cruel, à la hauteur de ce que l'on imagine ; mais surtout le destin d'une femme, amie, amante, mère, inspiratrice qui sacrifiera beaucoup d'elle-même pour affronter les affres de la création du grand amour qui l'aura sauvée et la perdra. La puissance de ce récit féminin est renforcée par les quelques chapitres en italique sous la plume, dans les pensées de l'écrivain aux carnets Moleskine.

Après lecture, je n'ai pas tellement plus de sympathie pour Hemingway, voire un peu moins... Je vais pourtant me lancer dans Paris est une fête qui prend depuis trop longtemps la poussière dans ma bibliothèque et dont Paula McLain s'est largement inspirée. Parce que Madame Hemingway m'a tellement transportée que j'ai envie de rester dans le sillage de ce couple phare d'une époque parisiano-artistique tourbillonnante. Cette course à l'idéal, à la perfection, à la vérité, dans la vie comme dans l'oeuvre - quête que l'on retrouve chez nombre de couples d'artistes - est tout bonnement envoûtante.

Bref, Madame Hemingway est l'un des titres poche phares de cette rentrée littéraire d'hiver, que l'on dévore avec délice et que l'on regrette de finir trop vite.

Ils en parlent aussi : Gérard Collard, Virginie, Lili Galipette.

Vous aimerez sûrement :

Beauvoir in love d'Irène Frain

Alabama Song de Gilles Leroy

Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald

Tendre est la nuit de Francis Scott Fitzgerald

La déesse des petites victoires de Yannick Grannec

Loving Frank de Nancy Horan

Ciseaux de Stéphane Michaka

L'aimer ou le fuir de Delphine de Malherbe

Extraits :

J'ai eu beau essayer de guérir de Paris, il m'a bien fallut admettre un jour qu'on ne s'en remet pas.

...

Il disait souvent qu'il était mort à la guerre, l'espace d'un instant ; que son âme avait quitté son corps comme un mouchoir de soie se serait échappé de sa poche de poitrine et flotterait dans les airs. Elle était revenue sans qu'on la rappelle et je me demandais souvent si écrire, pour lui, n'était pas un moyen de savoir que son âme était bien là en fin de compte, de retour à sa place. Une façon de se dire à lui-même, sinon à quelqu'un d'autre, qu'il avait vu ce qu'il avait vu, ressenti ces choses terribles, mais qu'il était vivant quand même. Qu'il avait rendu l'âme, mais qu'il n'était plus mort.

...

Il y avait des gens intéressants partout alors. Les cafés de Montparnasse en étaient pleins, des peintres français, des danseurs russes, des écrivains américains.

...

Tout le monde ne croyait pas au mariage à l'époque. Se marier signifiait que vous aviez foi dans l'avenir et aussi dans le passé - que l'histoire, la tradition et l'espoir pouvaient rester soudés pour vous élever. Mais la guerre était venue qui s'était emparée de tous le garçons bien, de notre foi aussi. Il ne restait que l'instant présent, qu'à s'y jeter sans penser au lendemain, et encore moins à toujours. Pour vous empêcher de penser, il y avait l'alcool, un océan d'alcool, et tous les vices habituels et bien assez de cordes pour vous pendre. Mais un petit nombre d'entre nous, très peu en fin de compte, ont parié sur le mariage contre toute attente. Et, sans vraiment me voir comme une chose sacrée, je sentais bien que ce que nous vivions était rare et authentique - et que nous étions en sécurité dans ce mariage que nous avions construit et construisions encore chaque jour.

...

Je pensais me marier ou me trouver un métier comme mes condisciples. Elles étaient dévenues de jeunes mères soucieuses, institutrices, secrétaires ou conceptrices-rédactrices publicitaires en herbe, comme Kate. Quelle que soit leur situation, elles vivaient leurs vies, se lançaient, faisaient leurs propres erreurs. Moi, sans savoir pourquoi, j'étais restée en rade, coincée quelque part - bien avant la maladie de ma mère - et je ne savais pas très bien quoi faire pour me libérer.

(...) C'était terrible de se sentir aussi vide, comme si je n'étais rien. Pourquoi n'arrivais-je pas à être heureuse ? Et d'ailleurs, c'était quoi, au juste, le bonheur ? Pouvait-on le feindre, comme le suggérait Nora Bayes ? Pouvait-on le forcer comme un bulbe de fleur au printemps dans sa cuisine, ou se frotter contre lui à une soirée à Chicago et l'attraper comme un rhume ?

...

Je n'avais jamais rencontré quelqu'un d'aussi vibrant et plein de vie. C'était de la lumière en mouvement. Il n'arrêtait pas de bouger - ou de penser, ou de rêver, semblait-il.

...

Je n'ai pas appris à nager, ni couru ni joué dans le parc comme le faisait mes amis. Non, moi je lisais des livres, bien au chaud dans le fauteuil du petit salon, près de la fenêtre aux tentures bordeaux, baignant dans la lumière colorée des vitraux. Au bout d'un certain temps, j'ai cessé de lutter, même intérieurement, contre le calme qui m'était prescrit. Les livres pouvaient être une aventure extraordinaire. Je restais donc sous ma couverture, remuant à peine, et nul n'aurait pu deviner qu'avec ces histoires, mon esprit galopait, mon coeur s'emballait. Je pouvais disparaître dans n'importe quel univers sans que personne s'en aperçoive, là, pendant que ma mère aboyait ses instructions aux domestiques ou recevait ses déplaisantes amies.

...

(...) et je sortis de la pièce pour ouvrir l'enveloppe. Elle était aussi froissée et chiffonnée que si elle était restée des jours dans sa poche - et j'aimais déjà ça, quoi qu'elle contînt. Une fois tranquille, réfugiée dans la salon à côté de mon piano, je découvris qu'à l'intérieur les pages aussi étaient froissées et griffonnées à l'encre noire. Chère Hasovich - commençait-elle - Vous dans ce train, moi ici, et tout plus vide maintenant que vous n'êtes plus là. Dites-moi, êtes-vous réelle ?

...

Allez vous enfin débarquer ici pour me faire partager un peu de cette fichue réalité que vous êtes ?

Ses lettres arrivaient froissées, chiffonnées, absolument délicieuses, parfois deux, trois par jour.

(...) J'étais déchirée entre le désir de savoir si je pouvais me fier à Ernest et l'envie de rester suffisamment aveugle pour ne rien changer à la situation existante. Ses mots avaient déjà une telle importance pour moi - trop d'importance. Chacune de ses lettres me faisait l'effet d'un remontant, lui écrire aussi, d'ailleurs, (...).

...

Lorsqu'il fut de tout son poids sur moi et que je sentis chaque bosse et contour du toit contre mes épaules et mes reins à travers les couvertures, j'éprouvai un bonheur aussi pur qu'extrême, un sentiment que je savais gravé à jamais dans ma mémoire. C'était comme si nous nous pressions l'un contre l'autre jusqu'à ce que ses os passent dans les miens et que nous ne fassions plus qu'un, fût-ce de manière fugitive.

...

"J'espère qu'on aura la chance de vieillir ensemble, de devenir comme ces couples que l'on croise dans la rue, mariés depuis si longtemps qu'ils ont fini par se ressembler à s'y méprendre. Qu'en dis-tu ?

- J'adorerais te ressembler, répondis-je. J'adorerais être toi."

Je n'avais jamais rien dit qui fût plus vrai. Je serais volontiers sortie de ma peau pour entrer dans la sienne cette nuit-là car je croyais que c'était cela, l'amour.

...

Écrire à temps partiel et ne pas percer était une chose, mais maintenant il se consacrait à l'écriture, il y travaillait tous les jours et ça ne marchait toujours pas. Qu'est-ce que cela augurait de l'avenir ?

...

Tellement paumé, avait-il dit, et je l'avais vu dans son regard, qui me rappelait celui de mon père. Qu'en était-il au juste ? Ces accès étaient-ils liés à ce qu'il avait vécu pendant la guerre ? Ses souvenirs venaient-ils le hanter de temps à autre ou bien était-ce plus personnel ? Cette tristesse faisait-elle partie d'Ernest, de la même façon qu'elle avait été fatale à mon père ?

...

C'est fou ce que nous étions naïfs, ce soir-là. Nous nous cramponnions l'un à l'autre, faisions des promesses impossibles à tenir et que nous n'aurions jamais dû faire. C'est cela aussi, l'amour, parfois. Je l'aimais déjà plus que je n'avais jamais aimé quiconque. Je savais qu'il avait terriblement besoin de moi et je voulais qu'il continue à avoir besoin de moi, pour toujours.

...

Anderson nous avait recommandé Montparnasse, mais c'était au-dessus de nos moyens, de même que les autres quartiers à la mode. Nous habitions donc le vieux Paris, dans la cinquième arrondissement, loin des bons cafés et des restaurants à touristes, grouillant au contraire de Parisiens de la classe ouvrière, avec leurs charrettes, leurs boucs, leurs paniers de fruits et leurs mains tendues pour ceux qui en étaient réduits à mendier.

...

"On s'en souviendra. On dira un jour que le son de cet accordéon fut celui de notre première année à Paris.

- L'accordéon, les putes et les haut-le-coeur, renchérit-il. C'est notre musique."

...

(...) le processus était parfois lent et douloureux. Il lui arrivait fréquemment de rentrer à la maison l'air épuisé, vaincu, comme s'il avait passé la journée à se colleter avec des sacs de charbon et non avec une phrase à la fois.

...

"Les meilleurs ne croient plus à rien, les pires se gonflent de l'ardeur des passions mauvaises."

William Butler Yeats, The Second Coming

...

Pendant que Stein parlait, le visage d'Ernest se décomposa, puis il se reprit. Elle avait mis le doigt sur quelque chose que lui-même avait récemment commencé à comprendre, la nécessité d'aller à l'essentiel, vers une langue aussi dépouillée que possible.

"Quand vous vous y remettrez, ne gardez que l'essentiel."

Il approuva en rougissant légèrement, et je pouvais presque l'entendre enregistrer ce conseil dans sa tête et l'ajouter à celui de Pound. "Éliminez tout ce qui est superflu, lui avait-il dit. Méfiez-vous des abstractions. Ne dites pas au lecteur ce qu'il doit penser. Il faut que l'action parle d'elle-même."

...

"Pendant notre guerre - il marque un temps pour faire un signe de tête à Ernest -, quand la ligne de front allait jusqu'à la Manche, il y avait des hommes qui obtenaient de courtes permissions pour aller prendre le thé chez eux. A leur retour, ils reprenaient leur baïonnette et leur masque à gaz, et ils s'y recollaient avec encore un goût du biscuit dans la bouche.

- Impossible de se remettre d'une telle rupture, dit Ernest. La tête ne suit pas. On reste coincé dans un endroit ou dans un autre, ou quelque part entre les deux. Et là, c'est le début de la dépression.

...

On ne pouvait pas tabler sur la mémoire. Le temps n'était pas fiable, tout se dissolvait et mourait - même et surtout si cela avait les apparences de la vie. Comme le printemps.

...

Il appartenait à la sphère créative, moi pas, et je ne savais pas si quelque chose pourrait venir changer cela un jour. Alice semblait s'accomoder plus facilement de son rôle de femme d'artiste, se consacrant totalement à l'ambition de Gertrude, mais peut-être avait-elle juste pris le pli et appris à mieux dissimuler sa jalousie avec le temps. (...) Nous étions là, tous les deux, me dis-je. Tout était beau, merveilleux. Il me suffisait d'en être consciente, d'en profiter, de m'en réjouir. C'était ce que j'allais faire. Essayer, en tout cas.

...

Lorsqu'on gagnait, on buvait du champagne, parfois aussi quand on perdait, parce que nous étions heureux d'être là et d'y être ensemble, et d'ailleurs, l'argent importait peu. On n'en avait jamais suffisamment pour qu'en perdre puisse faire une réelle différence.

...

Nous avons fait griller mes trois truites sur le feu avec des piques, en même temps que la demi-douzaine pêchée par Chink et Ernest.

"Je préfère les miennes, affirmai-je en léchant le sel que j'avais sur les doigts.

- Moi aussi, je préfère les tiennes", renchérit Ernest, et il ouvrit une autre bouteille de vin tandis que le ciel s'adoucissait et que le soir tombait.

...

J'avais promis à maintes reprises de ne pas m'interposer entre son travail et lui, surtout au début de notre mariage, alors que je voyais sa carrière comme si c'était la mienne et croyais que c'était mon rôle et même mon destin de l'aider à faire son chemin. Mais, de plus en plus, je me rendais compte que je n'avais pas conscience de la portée de ces promesses.

...

"Ce que tu fais est nouveau, lui dit un jour Pound, dans son atelier. Ne l'oublie pas quand ça commence à être douloureux.

- Ce qui est douloureux, c'est d'attendre.

- L'attente donne à l'oeuvre le temps de mijoter jusqu'à être réduite à sa plus simple expression. Ce qui est essentiel, sans compter que la souffrance est utile à tout le processus."

...

Ce fut la fin du combat d'Ernest avec l'apprentissage et la fin d'autres choses également. Il ne serait plus jamais inconnu. Mais nous ne serions plus jamais aussi heureux.

...

Le voir devenir précisément le genre d'artiste qui lui donnait des boutons deux ans auparavant ne manquait pas de sel, mais c'était aussi un peu douloureux pour moi. Il me manquait et je n'étais pas certaine de toujours le reconnaître, mais je ne voulais pas non plus le retenir. Pas au moment où ça commençait enfin à marcher pour lui.

Ernest était en train de changer, mais Montparnasse aussi.

...

N'empêche, j'ai la nostalgie des gens honorables et bons d'avant, qui se contentaient d'essayer de faire quelque chose de leur vie. En toute simplicité, sans faire de tort à personne.

...

- Pas facile de savoir comment mener sa vie, n'est-ce pas ?

...

Scott pouvait se soûler affreusement, à en devenir insupportable, Ernest pouvait s'en prendre cruellement à quelqu'un qui l'avait beaucoup aidé et aimé - mais là, devant leur patient, rien de tout cela ne comptait plus. Finalement, pour l'un comme pour l'autre, il n'y avait que le patient sur la table d'opération, et le travail, le travail, le travail.

...

- On fait sa vie avec quelqu'un, on aime cette personne et on croit que ça va suffire. Mais ce n'est jamais suffisant, n'est-ce pas ?

- Comment savoir ? L'amour, je ne sais plus ce que c'est. Je voudrais juste pouvoir ne plus rien ressentir pendant quelques temps. Crois-tu qu'on puisse y arriver ?

- C'est à ça que sert le whisky.

...

Tu m'as changé plus que tu ne l'imagines, et tu feras toujours partie de moi. C'est une des choses que tout cela m'aura apprises. On ne perd jamais vraiment les gens qu'on aime.

...

Ensemble, nous faisions tout, puis nous le flanquions en l'air.

...

Cet homme était une véritable énigme, en fin de compte - bon, fort, faible et cruel à la fois. Un ami incomparable et un salopard. Finalement, tout était vrai à son sujet.

14:55 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Littérature américaine, Livre, Première oeuvre, Roman | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | | Pin it!

Commentaires

Comme toi, il y a des auteurs avec lesquels je n'accroche pas du tout mais dont la vie me fascine, Tolstoi en est un exemple. Pour le coup, je n'ai encore jamais lu Hemingway. Oui, je sais, honte à moi, j'ai réussi à passer entre les gouttes au cours d'anglais. Mais la vie de cet auteur m'attire beaucoup et j'ai très envie de découvrir ce livre... C'est noté!

Écrit par : zarline | 15/01/2013

Répondre à ce commentaire

Ah, je veux bien que tu me donnes une référence d'un livre mettant en scène l'existence de Tolstoi (dont par ailleurs j'apprécie l'oeuvre, pour ma part) !

J'ai réussi à ne pas étudier Hemingway non plus. Je me suis lancée seule (Le soleil se lève aussi) et si je n'étais pas allée lire une explication de texte sur internet, je n'aurais pas compris tant il est obscure dans son écriture... Très déplaisant ! Mais son parcours d'écrivain, retracé dans Madame Hemingway, est vraiment fascinant ! Bonne lecture...

Écrit par : charlotte à zarline | 17/01/2013

J'ai Ma vie de Sofia Tolstoï dans ma PAL, qui me tente beaucoup. C'est une autobiographique et pas un roman, mais je pense que la vie avec ce cher Léon doit valoir son pesant d'or ;-) Pour Hemingway, mon homme est fan... je vais bien devoir me lancer un jour, avec peut-être Madame Hemingway en amuse-bouche.

Écrit par : zarline | 18/01/2013

Répondre à ce commentaire

Ah, j'ai plus de mal avec les bio pures et dures... Je suis curieuse de savoir ce que tu penseras de l'écriture du grand Ernest. Après moult discussions, il semblerait qu'avec lui, la demi-mesure n'existe pas : on adore ou on déteste ! To be continued...

Écrit par : charlotte à zarline | 20/01/2013

Si en plus tu cites des titres que j'ai beaucoup aimé, je ne peux que noter.

Écrit par : Theoma | 18/01/2013

Répondre à ce commentaire

Merci de me confirmer que les titres comparatifs sont utiles. Bonne lecture !

Écrit par : charlotte à Theoma | 20/01/2013

Les commentaires sont fermés.