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L'or perdu de la joie d'Olympia Alberti

Éditions Salvator - 250 pagesl'or perdu de la joie.jpg

Présentation de l'éditeur : Durant l'automne 1902, le poète Rainer Maria Rilke, venu rencontrer Rodin à Paris, croise une femme superbe dans les jardins du Luxembourg, Camille Claudel. Son regard, bientôt ses créations de sculptrice, l'émerveillent. Une relation va s'instaurer et les unir, secrète, épisodique - parce que le poète sans domicile fixe voyage et parcourt l'Europe. Leurs conversations, tour à tour directes ou épistolaires, constituent peu à peu un dialogue où l'amitié amoureuse ouvre sur des partages artistiques et spirituels passionnants. Dans ce roman, Olympia Alberti, fidèle à sa recherche intérieure, crée l'espace de densité et de lumière où les deux âmes échangent, en toute audace, en toute liberté. Pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

 Broché : 20 euros

Un grand merci aux Éditions Salavator et à Babelio pour m'avoir offert la possibilité de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique.

Abandon en page 45. Quelle déception !

Véritable inconditionnelle des biographies romancées, je me réjouissais de mon plonger dans un récit mettant en scène le poète Rainer Marie Rilke et la sculptrice Camille Claudel. Mais mon enthousiasme a priori et mon admiration des débuts pour le style de l'auteur ont rapidement laissé place au renoncement.

Je n'ai certes pas été très patiente mais le verbe que je trouvais élégant, érudit au commencement et rapidement devenu pesant, pompeux. L'ensemble se perd en onanisme intellectuel et donne la sensation que l'écrivain se regarde écrire. De fait, les quarante-cinq pages se sont avérées très très longues et toujours pas trace de Camille. L'impression que rien ne débuterait jamais vraiment a eu définitivement raison de mon envie. Si j'apprécie le langage soutenu, les envolées poético-métaphysiques et les réflexions profondes, je crois qu'il y a un juste milieu qui n'a, ici, pas été trouvé. Dommage.

Je le retenterai à l'occasion, qui sait, peut-être est-il arrivé à un moment où je n'étais pas disposée à ce type d'écriture ?

Ils en parlent aussi : Nathalie, Blanche, Cerisia, Asphodèle.

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Extraits :

Je lui ai montré le chemin de l'or, mais l'or qu'elle trouve est bien à elle.

Auguste Rodin

...

Elle n'avait rien, et tout était à elle. C'était cette impression, quand je la découvris, seule, debout, quand je la regardai elle regardant le monde, regardant à travers le monde, loin, là où personne ne va souvent... Son regard se posait, touchait les choses, les gens. Elle était là, unie, immense, belle et ignorant à quel point elle l'était. Elle ne possédait rien, et le monde lui appartenait.

Dans notre vie, ces instants saisis, comme d'une reconnaissance... La voir, la rencontrer dans mon regard et mon coeur, dans l'ouvert, ce fut cela. Quelque chose de grand et de suspendu, qui a éclaboussé mon intérieur de sa lumière.

Comment dépasser cet instant-là, cette tempête dans mon coeur sauvé de sa lassitude ? Où être assez grand pour le contenir ?

...

Il se moqua de lui-même : comme il savait bien faire cela, marcher, rêver, projeter, attendre, attendre que vienne l'instant lumineux où le souffle de la création viendrait jusqu'à lui. La doucereuse procrastination - cet horrible mot français, il venait de l'apprendre - s'appliquait à lui, qui ne cessait de reporter au lendemain la réalisation de ses idées, de ses projets.

Il aurait voulu s'en éloigner, s'en défaire, comme d'un linge sale, d'une maladie honteuse - aucune malade ne l'était, mais là, il sentait bien qu'il s'agissait de lui, d'un restant d'immaturité, d'un mêlement de honte et de désir, oui, c'était bien cela, une sorte d'insatisfaction créatrice qui lui faisait honte devant son impuissance, un balbutiement de longue adolescence qui laissait la place à son manque de résolution à se mettre au travail, au regret rongeant face à son besoin d'être secoué, poussé - il attendait beaucoup, et assez paresseusement, de l'inspiration.

Mais l'inspiration, il le savait pourtant depuis ses premiers poèmes, n'était pas extérieure. Il fallait travailler, beaucoup, (...).

...

L'autre n'est toujours qu'un détour de nous.

...

Il n'y a pas en moi de volonté assez résolue, assez tendue - je suis souvent absorbé par mes faiblesses physiques, et mes tourmentes psychiques -, je ne me sens pas à la hauteur de mon espérance, et cela me paralyse parfois sur de longues journées inutilement perdues. Il me faudrait avoir de l'obéissance à l'intime, l'intimé, c'est cela, l'humilité d'être plus simple, de m'accorder à une forme de don, de spontanéité - y revenir, après, et bâtir, bien plus tard, une oeuvre solide. Ce manque de confiance, est-ce une trace de l'enfance si malmenée en moi ?

...

A chacun de nous il incombe la tâche, inapparente et donc que l'on croit négligeable, mais c'est un fort devoir, de polir un point, en nous, pour le réaliser - le rendre réel, et joyeux, donc relié. Et peut-être qu'une fois ce point atteint, il diffuse en nous une lumière qui nous éclaire sur les autres points à combattre, à fortifier, sur lesquels lutter pour obtenir, tel le chevalier, le droit, une fois terrassé le dragon, de passer à une autre étape du chemin de notre vie.

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