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Pas mieux d'Arnaud Le Guilcher

pas mieux.jpgStéphane Million Editeur / Pocket - 316 pages

Présentation de l'éditeur : Un sac rose ou une valise ? Marié ou célibataire ? Amidonner ou blanchir ? Neverland ou Graceland ? Drogues dures ou drogues douces ? Impala ou Cayenne ? Fétichisme ou missionnaire ? Un chien ou un rat ? Dolce ou Gabbana ? Un imbécile ou un génie ? La ville ou la cambrousse ? La bourse ou la vie ? Des rires ou des larmes ? Billet vert ou billet doux ? Schizophrénie ou paranoïa ? Être ou ne pas être ? Pas mieux... Quinze ans après Sandpiper, un soir de Noël, Emma revient… avec le fiston !

Ma note :

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Broché : 17 euros

Poche : 6,70 euros

E-book : non disponible

Le résumé : Quinze ans après Sandpiper, notre loser magnifique est de retour. Quarantenaire à l'existence tranquille - pour ne pas dire minable -, il a arrêté de picoler, gère le pressing de Mme Kurosawa et partage son existence avec un bouledogue alcoolique. Alors qu'il s'apprête à recevoir ses pitoyables mais fidèles amis pour fêter Noël, la sonnette retentit, il ouvre la porte : Emma. Et le gamin qu'ils ont eu ensemble, devenu adolescent gothique. Tous deux bien décidés à s'installer chez ce compagnon et père qu'ils ont plaqué depuis trois lustres...

Suite. Qu'il s'agisse d'un livre ou d'un film, une suite est toujours un pari risqué ; a fortiori quand le premier volet est une réussite sur tous les plans comme le fut à mes yeux En moins bien. Mais même pas peur quand on s'appelle Arnaud Le Guilcher, c'est-à-dire qu'on est à la littérature ce qu'Audiard et Tarantino réunis sont au septième art ! Si ma note de 5/5 nécessitait quelques éclairages, je dirais que ce livre est époustouflant ! Correction : bordel, un bouquin comac, c'est vraiment bonard !

Arnaud Le Guilcher ne nous raconte pas une simple histoire. Il nous embarque dans un road-movie déjanté, dans un univers désenchanté aussi glauque qu'hilarant, tout à la fois sordide et aérien. De sa plume "argoétique" virtuose, il joue sur les associations improbables, accumule les situations cocasses, bref, il en fait des tonnes, mais ça fonctionne ! L'auteur entrelace les situations sont jamais s'emmêler les pinceaux. Ainsi, notre anti-héros doit apprendre à être père, échapper à la faillite, devenir une célébrité tout en en cotoyant, gérer le potentiel du fiston, le tout dans une Amérique dont le président Barack Obama a été renvoyé de la Maison Blanche après avoir eu une liaison avec Lady Gaga. Le décor absurde et jubilatoire est planté. Ajoutant à cela un sens de la formule aussi original qu'extra-ordinaire et un réel talent pour dresser une galerie de personnages banals autant que singuliers mais immanquablement attachants, le cocktail est explosif. Les multiples références culturelles distillées tout au long du récit sont autant de clins d'oeil au lecteur qui ne peut qu'être subjugué par cette connivence délicieuse.

Alors que je m'embourbais dans un marasme littéraire depuis quelque dix jours - ni envie de lire, ni prête à apprécier quelque texte que ce soit -, ce livre a été dès les premiers mots LE déclencheur d'une reprise en fanfare de lecture après cette phase d'abstinence comme tous les lecteurs en connaissent à certains moments. Et les morceaux de choix se multiplient de pages en pages. J'ajouterais que si un jour j'écrivais un bouquin, je serais comblée s'il avait ne serait-ce qu'un peu du style de Le Guilcher. C'est bien simple, je suis tellement accro à cette saga - les tomes peuvent se lire indépendamment même s'il est mieux de respecter l'ordre - que je me réjouis follement du final de ce deuxième volet qui en appelle en troisième !

Pour conclure, je dirais : que vous alliez bien ou mal, lisez ce formidable doublé littéraire (l'on attend impatiemment le triplé !), vous n'en irez que mieux. Pour parler sans ambages, En moins bien et Pas mieux sont de ces livres qui font du bien à l'âme. Intelligence, humanité et humour sont les bonnes ondes qui se dégagent de ces magnifiques textes qui sont tout simplement des pépites littéraires. Comment pourrait-il en être autrement de la part d'un écrivain qui utilise une citation de Jonathan Tropper Le livre de Joe en incipit de l'un de ses chapitres ? Avec cette deuxième performance, Arnaud Le Guilcher s'inscrit pour moi comme un grand auteur français qui n'a rien à envier aux plus grandq auteurs américains ; et ça, pour moi, c'est la consécration ultime.

Ils en parlent aussi : Le Bibliophare, L'ex-fonctionnaire, Seren Dipity.

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Extraits :

On peut imaginer un avenir noir. Pourquoi ne pas en imaginer un qui soit riant ? Modifier son vocabulaire, ses pensées et ses convictions peut transformer santé, bien-être, émotivité, vie relationnelle, carrière, finances et évolution spirituelle.

Libérez-vous de la pensée positive.

David Lawson

...

Meilleur copain à la con.

Meilleur copain roi des foireux.

Meilleur copain quand même.

...

Ne jamais oublier ça.

Eviter de charrier si ça plante.

Rester digne dans la victoire comme dans l'échec.

...

En ce magnifique 24 décembre 2013, mon appart dégueulait un plein container de guirlandes bariolées, de boules bling-bling, et de peluches rouges et blanches. Ca clignotait sec du côté décoration. Sans tout à fait me ruiner, j'avais quand même clairement tapé au-dessus de mes moyens. Mais bon, on crève seul et à petit feu tous les jours ; quand on est accompagné - même mal - on peut sortir quelques lampions pour marquer le coup.

...

On dit que quand la roue tourne on ne sait jamais où elle s'arrête. Chez moi je sais : toujours sur zéro.

...

Depuis le naufrage de Sandpiper et le départ d'Emma, j'étais devenu le locataire de mon existence. Ma vie se dessinait en pastel, s'épanouissait indolemment au printemps ou en automne, et s'éteignait en été ou en hiver... Pour faire joli, je dirais que mon ambition était un souffle atone qui ne faisait rien bruire. En parlant cru, j'évoquerais un pet sur une toile cirée.

Les jours s'étaient amassés sur mon envie de vivre comme s'entassent les pellicules sur les épaules des vieux : par petits paquets floconneux. Les nuits sans sexe, qui s'agglutinent sur un lit de canettes ; les journées fades qui s'éteignent sans amour, sans but et sans ami (ou presque)... Un micro-événement de temps à autre pour juger de ma capacité à réagir. Une infime douleur ou une mini joie, et mon existence reprenait sa marche arthritique.

...

On a la tête boulonnée aux endosses ?

C'est entendu.

On tient la baraque contre tornade et tsunami ?

On a des balloches grosses comme des citernes de flotte ?

OK.

Mais au fond, tout au fond de nous, face à une femme nue et en position d'étoile, nous autres, les hommes du XXIe siècle, restons bien peu de chose.

...

Mettre au monde un gamin exige un certain sens de l'irresponsabilité. Si on résume la situation actuelle, point par point, on a envie de mettre un pistolet sur la tempe de nos gamètes.

...

Le groom m'était familier : c'était le cliché du groom décati et cacochyme comme on en croise dans les romans de Chandler. Son nez luisant était couvert de petits cratères, il avait du poil blanc qui sortait par touffes du tarbouif et des étiquettes, il puait la vinasse, et il avait une bonne centaine d'années. Ses dents et ses yeux étaient ton sur ton, dans un subtil camaïeu de jaune et d'orange.

Ce brave homme devait être l'arrière-arrière-arrière-grand-père alcoolo de Spirou.

Commentaires

  • Wowww quelle chronique !
    Et quel plaisir de te lire de nouveau !
    Et que de changements (note, pistes de prolongement, etc.) !
    Bref, j'aime !!!

  • Merci et merci ! Je suis contente que cela te plaise ! Je crois que ça enrichit un peu le schmilblick...

  • Heureux de te retrouver, et surtout avec une si belle chronique! ;-)

  • Merci à toi ! La rédaction fut un peu laborieuse, je suis toute rouillée. J'espère que ça ne se ressent pas trop et que j'ai réussit à rendre hommage à cet auteur qui me fascine...

  • Quel retour !!
    Je te rassure, tu n'es absolument pas rouillée. Le mordant qui te caractérise et que j'aime tant est toujours là ;-) . L'idée des pistes de lecture est vraiment géniale, elle va nous permettre (nous ce sont tes lecteurs) d'aller plus loin et de faire encore davantage exploser nos PAL.
    Pour ce qui est de Arnaud Le Guilcher, pas étonnant qu'il soit aussi bon. Je peux même te donner sa recette : il a été élevé à coup de fest noz et de chou-chenn dans une petite commune du centre bretagne dans laquelle j'ai habité. Non à part ça je ne suis pas chauvine ;-)

    Bon retour parmi nous !!!

  • Ooooohhh ! Tu es adorable. Merci beaucoup.
    Oui les pistes de lecture sont à double tranchant ah ah.
    As-tu lus ces deux livres ? J'ai vraiment adoré.
    C'est ça le secret d'Arnaud Le Guilcher ? Tu m'excuses, je file, je dois aller me jeter un petit godet de chou-chenn...
    Encore merci pour ton soutien et ton enthousiasme !!!

  • J'espère que tu as bien savouré ton (ou tes !!) verre(s) de chou-chenn, fais gaffe, il paraît que l'on s'y fait vite ;) Je n'ai pas encore lu ses livres. Son premier opus est quelque part dans une de mes PAL ;)

  • Ah ah... Non, toujours pas goûté ! Ce ne serait pas raisonnable avec mes prescriptions médicales stupéfiantes...
    S'il est dans un petit coin alors, c'est l'essentiel. Il est bon de savoir que l'on a de bons livres en réserve !

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