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04/11/2012

Salut Marie ! d'Antoine Sénanque

culture,littérature,livre,roman,citation,religion,prix féminaEditions Grasset - 252 pages

Présentation de l'éditeur : "La Vierge m'est apparue le 1er avril 2008. La date était mal choisie. Je sais qu'humour et spiritualité ne sont pas toujours antagonistes, mais sincèrement, j'aurais préféré le 31 mars." Quand la Vierge Marie apparaît à Pierre Mourange, vétérinaire incroyant et morose, elle croit sans doute lui faire plaisir. Elle aurait dû lui demander son avis. Cocktail d'humour et d'insolence pour une subtile comédie d'Antoine Sénanque.

Un grand merci à Denis Sixou et aux éditions Grasset de m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

Ma note :

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 Broché : 17 euros

E-book : 11,99 euros en format Kindle

Lorsque je finis un livre, même si je ne sais pas précisément ce que je vais dire dans ma critique, l'invariable point de départ est l'axe j'aime / j'aime pas - grossière simplification puisque l'éventail, beaucoup plus large, s'étend davantage de j'adôôôôôre à abandon par berk en passant par mouaif ou encore WTF ?.

S'agissant de Salut Marie ! le distinguo est particulièrement subtil, trouver les mots justes est une gageure tant je suis perplexe au sortir de cette lecture.

En effet, la nuance entre ce que je m'attendais à lire et ce que j'ai effectivement lu est relativement conséquente. La promesse d'un "cocktail d'humour et d'insolence" en quatrième de couverture m'avait particulièrement séduite ; une fois la lecture achevée, je ne peux qu'avouer qu'à aucun moment je ne me suis esclaffée en parcourant les mots d'Antoine Sénanque. Pour autant, avec son air de ne pas y toucher, l'histoire est intelligemment irrévérencieuse et son petit côté pince-sans-rire, sans être désopilant, est très agréable. Ajoutons à cela que les très belles relations qui se jouent sous les yeux des lecteurs sont un concentré de bonnes ondes. Salut Marie ! n'est donc finalement pas de ses livres qui vous chatouillent les zygomatiques mais de ceux qui vous font du bien en toute simplicité, avec beaucoup de délicatesse et ce soupçon de décalage qui transforme le banal en original.

La seconde particularité de ce roman qui m'a quelque peu déstabilisée est le fait que je suis tout bonnement incapable d'expliquer l'intention de l'auteur. Qu'a-t-il voulu transmettre ? Quid de la religion ?... Mais à l'instar de l'écart considérable entre ma conception a priori et mon ressenti a posteriori, mon incapacité à traduire verbalement le concept du livre n'est au final aucunement un frein à mon enthousiasme. Certes, l'idée de départ de la visitation de la Vierge à un homme tout ce qu'il y a de plus commun aurait pu être traitée de bien des façons, délirantes ou décriantes. Finalement, l'alibi de la religion est moins une façon d'utiliser un sujet hautement polémique en ces temps de tous les fanatismes qu'une porte d'entrée à la fable du réel qui nous parle de notre époque, des gens, de l'air du temps.

Salut Marie ! s'est en somme révélé être complètement différent de ce que j'en attendais mais le bilan de cette aventure littéraire est qu'une attente déçue peut laisser place à une plaisante surprise. L'écriture et l'intrigue ont ce petit quelque chose d'indéfinissable faisant de ce roman un livre singulier, remarquable sous ses airs ordinaires. Mon sentiment est que je ne garderai certainement pas un souvenir impérissable de ce titre mais sa lecture m'a déjà offert un très plaisible moment et une sensation d'apaisement, ce qui est déjà beaucoup et même mieux que nombre de livres.

Notons que Salut Marie ! a été en lice jusqu'à la deuxième des trois sélections pour le Prix Femina qui sera remis ce lundi 5 novembre 2012 à... ?

Ils en parlent aussi : Baudoin, La Critiquante, Mille et une pagesJe me livre.

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La calèche de Jean Diwo
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Extraits :

Je note sur un carnet, à la date du 2 avril :

Question : La Vierge existe-t-elle ?

Réponse : Oui, j'en ai la preuve, la seule digne de foi, l'expérience personnelle.

Pourquoi m'informer de son existence ? Le mystère est là.

Pourquoi m'avoir choisi ? J'ai un bilan au passif lourd d'à peu près tous les péchés véniels recensés plus quelques péchés mortels qui n'ont pas fait couler de sang. Je suis aussi déméritant que n'importe lequel de mes prochains en liberté. Pourquoi ? J'ai lu que Dieu recherchait parfois la performance avec des âmes perdues, mais il me semble que je manque d'infamie pour le séduire.

...

Je l'aime bien, Solange. Elle ne mérite pas de ne pas être aimée. De toute façon, on ne peut pas la détester. Elle est si ennuyeuse que les haines les plus farouches s'endorment à ses pieds.

Après deux années passées en candidature libre dans une faculté de philososphie nécessiteuse, elle est parvenue à la conclusion qu'il fallait arrêter de réfléchir pour être heureux. Elle affiche depuis, un indestructible sourire suspendu à sa bouche par un cintre virtuel.

...

"Le bonheur n'est pas compatible avec la conscience."

Ses premiers mots sont restés dans ma mémoire.

- La dépression est le maître symptôme de la lucidité. Comme l'anxiété et l'insomnie qui vont souvent avec. La volonté de vivre est un réflexe archaïque retrouvé chez les bactéries qui s'affaiblit à mesure que l'on gravit l'échelle. L'évolution de l'espèce s'accompagne de l'involution du réflexe de survie. Par conséquent, le suicide est une preuve de développement. Il ne faut donc pas vous troubler, votre humeur est humaine.

En résumé, la perte de ma femme n'y changeait rien. La dépression réactionnelle à un drame était le dopage administré par le destin à notre dépression constitutionnelle qui n'exigeait pourtant pas d'amélioration de ses performances.

00:15 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

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