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15/09/2012

La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

Editions Fayard - 393 pagesla mort s'invite à pemberley.jpg

Présentation de l'éditeur : Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa sœur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l’imposante bibliothèque du château. Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d’automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sœur d’Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s’invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes. Dans La mort s’invite à Pemberley, P.D. James associe sa longue passion pour l’œuvre de Jane Austen à son talent d’auteur de romans policiers pour imaginer une suite à Orgueil et Préjugés et camper avec brio une intrigue à suspense. Elle allie une grande fidélité aux personnages d’Austen au plus pur style de ses romans policiers, ne manquant pas, selon son habitude, d’aborder les problèmes de société – ici, ceux de l’Angleterre du début du XIXe siècle.

L'on m'a souvent posé la question de mon auteur favori. Etant un fervente défenseure de l'égalité des sexes, j'ai toujours répondu à cette interrogation en donnant le nom d'un et d'une auteur dont je ne pourrais me passer.

Depuis fort longtemps maintenant et je pense pouvoir affirmer pour longtemps encore - pour ne pas dire toujours puisqu'il ne faut jamais dire jamais -, ces deux-là sont John Irving et Jane Austen.

Si Irving écrit encore régulièrement et pour encore de nombreuses années je le souhaite pour lui comme pour moi, Austen n'a laissé que peu de romans derrière elle que j'ai évidemment tous dévorés. Ma passion pour cette écrivain du XIXe anglais étant insatiable, je la relis régulièrement et multiplie autant que faire ce peut la lecture des parutions tournant autour d'elle ou de son univers. C'est ainsi que j'ai lu et apprécié Un portrait de Jane Austen de David Cecil, La fille qui voulait être Jane Austen de Polly Shulman ou encore Le club de Jane Austen de Karen Joy Fowler que je n'ai pas encore chroniqué.

C'est bien évidemment avec un plaisir non dissimulé que j'ai découvert récemment l'existence du nouveau roman de la célèbre P.D. James, La mort s'invite à Pemberley. Que dire si ce n'est que P.D. James a relevé le défi incroyable de me laisser croire que je lisais un nouveau roman de ma chère Jane Austen. Les personnages, l'atmosphère, le style, tout y est. L'on ne peut que sentir la passion de l'écrivain pour l'oeuvre laissée par la célèbre et adulée maîtresse féministe du discours indirect libre et de la critique sociale réaliste et symbolique teintée d'humour et d'ironie.

La défunte figure de proue des lettres anglaises de l'époque victorienne disait dans le dernier chapitre de Mansfield Park :

Laissons à d'autres plumes que la mienne le soin de s'attarder sur la culpabilité et le malheur. J'abandonne promptement des sujets aussi détestables, car je suis impatiente de faire retrouver à ceux qui n'ont pas grand-chose à se reprocher une certaine tranquillité, et d'en avoir terminé avec les autres.

Si P.D. James, dans sa préface, s'excuse de n'avoir pas respecté cette volonté, il me plaît à croire que Jane Austen aurait salué la performance de la baronne, lauréate du Silver Dagar Award, du Grand Prix français de littérature policière et membre éminent des auteurs britanniques et de la Chambre des Lords. Ce roman enchantera assurément, comme je l'ai été, les nombreux admirateurs de Jane Austen et comblera à n'en pas douter ceux de la nouvelle reine du crime.

Je vais de ce pas me plonger dans Les filles de Mr Darcy et Les aventures de Miss Alethea Darcy d'Elizabeth Aston que je viens tout juste d'acquérir. Passion insatiable, je vous dis, mais qui se passera évidemment - à l'heure de la pléthore de réadaptations cinématographiques des classiques austeniens - des misérables réécritures à la sauce zombie ou érotique qui, elles, ne font vraiment pas honneur à la grande Jane.

Extraits :

A cet instant, Alveston s'interpose : "Pardonnez-moi, Monsieur, si je me permets d'intervenir. Vous discutez de ce qu'il convient que Miss Darcy fasse comme si elle était une enfant. Nous sommes au dix-neuvième siècle, que diable ! et point n'est besoin d'être un disciple de Mrs Wollstonecraft pour juger qu'il ne convient pas de refuser aux femmes d'avoir voix au chapitre sur les sujets qui les concernent. Cela fait plusieurs siècles déjà que nous avons admis que les femmes ont une âme. N'est-il pas grand temps d'admettre qu'elles ont également un cerveau ?"

...

Il n'est jamais aussi difficile de féliciter une amie pour son bonheur que lorsqu'on le juge immérité.

...

"Je n'ai jamais approuvé les agonies qui n'en finissent pas. Dans l'aristocratie, c'est de l'affectation ; dans les classes inférieures, ce n'est que prétexte pour se dérober au travail. (...) Les gens devraient prendre la décision de vivre ou de mourir et faire l'un ou l'autre avec le moins de désagrément possible pour autrui."

...

Un observateur extérieur, songea-t-elle, aurait pu croire que leur petit groupe partait en pique-nique - les crinières au vent, le cocher en livrée, le panier de victuailles, le séduisant jeune homme les accompagnant à cheval. Quand ils s'engagèrent dans le bois, la voûte de branches brunes qui, au crépuscule, présentait la compacité massive d'un toit de prison, laissait filtrer des rayons de soleil qui se posaient sur le chemin jonché de feuilles et animaient le vert sombre des buissons d'une vivacité printanière.

...

C'était une petite femme mince, dont le visage, semblable à une aquarelle fanée, évoquait encore la joliesse fragile et les promesses de la jeunesse ; mais l'angoisse et la tension suscitées par l'attente de la mort de son fils l'avaient prématurément vieillie.

11:53 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature anglaise, Livre, Polar, thriller, roman noir, Roman | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | | Pin it!

Commentaires

Mon avis rejoint le tien, PD James a réussi avec talent à combler les fans de Jane Austen!

Écrit par : Deuzenn | 15/09/2012

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Oui, c'est fascinant. J'espère que les deux livres que j'ai acheté d'Elizabeth Aston sont dans la même veine ! Peut-être les as-tu lus ? Si oui, qu'en as-tu pensé ? Merci de ta visite. A bientôt !
PS : le graphisme de ton blog et la typo de tes titres sont très chouettes, j'aime beaucoup.

Écrit par : charlotte à Deuzenn | 19/09/2012

Etant de la vieille école, les premières phrases m'ont directement fait penser à Agatha Christie, auteur que j'apprécie enormément, peut-être oubliée par la nouvelle génération ?

Écrit par : francoise | 16/09/2012

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Etant de la vieille école, les premières phrases m'ont directement fait penser à Agatha Christie, auteur que j'apprécie enormément, peut-être oubliée par la nouvelle génération ?

Écrit par : francoise | 16/09/2012

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Etant de la vieille école, les premières phrases m'ont directement fait penser à Agatha Christie, auteur que j'apprécie enormément, peut-être oubliée par la nouvelle génération ?

Écrit par : francoise | 16/09/2012

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Etant de la vieille école, les premières phrases m'ont directement fait penser à Agatha Christie, auteur que j'apprécie enormément, peut-être oubliée par la nouvelle génération ?

Écrit par : francoise | 16/09/2012

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Pour l'avoir beaucoup vendue en librairie, je peux affirmer qu'Agatha Christie est loin d'être oubliée. D'autant plus qu'elle est prescrite au collège par de nombreux professeurs. Je dois bien avouer que pour ma part, je n'ai lu que les Dix petits nègres, n'étant pas amatrice plus que cela de polars...

Écrit par : charlotte à françoise | 19/09/2012

Les commentaires sont fermés.